Hilali-Fontenla, un an ! La rétrospective

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Par rachmaninov
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Allo ? Darius ? © denisub90

Bon anniversaire les Londoniens ! Un an, ça s'arrose, ça se fête. C'est aussi un bon moment pour souffler, prendre de la hauteur et faire le bilan... Accrochez vos ceintures.

Nous sommes en décembre 2009 et le Racing va mal. Très mal. Plus mal qu'il ne l'a sans doute jamais été. L'ère Ginestet n'en finit pas de s'achever. Le Racing a une méchante gueule de bois suite à la folle soirée de Montpellier. Pour s'en remettre, il a bien tenté de soigner le mal par le mal avec une rasade de Gress, aussitôt recrachée. Quant au beau carrosse Eurostadium, il s'est transformé en vilaine citrouille. Nous sommes en décembre, et Philippe Ginestet passe la main pour de bon. Les supporters strasbourgeois découvrent le nouveau président-salarié, Julien Fournier, jeune et dynamique, qui a fait ses preuves à l'OM. Il est accompagné d'un avocat suisse spécialisé dans le football, Ralph Isenegger, à la réputation sulfureuse. Bonne pioche ? Oui et non. Car déjà apparaissent des zones d'ombre. Fournier, lors de sa première conférence de presse se montre évasif au moment d'expliquer qui possède le club : un Estonien, Roman Loban, et un mystérieux « monsieur Jafar » dont il ignore le nom !

Supporters et presse locale accueillent cette nouvelle équipe avec un peu de circonspection mais surtout avec soulagement. Julien Fournier ne promet-il pas 10M€ d'investissement en deux ou trois ans ?

Pendant une semaine - du 4 au 11 décembre 2009 - on croit tour à tour que les nouveaux actionnaires sont les duos Jafar Hilali (dont on a retrouvé le nom de famille entre temps) et Roman Loban, puis Alain Fontenla et Ralph Isenegger puis Loban et Fontenla pour finir avec Fontenla tout seul. Ce dernier annonce en effet que Roman Loban, déçu de l'accueil, a plié les gaules et le laisse, seul, présider aux destinées du Racing. Excuse purement diplomatique, comme le confirmera Hilali lui-même quelques temps plus tard sur racingstub.com. Le 15 décembre, la DNCG examine le dossier du Racing et demande un dépôt de garantie de trois millions d'euros. Rendez-vous est pris pour un nouveau passage le 3 janvier. Ce renvoi dans les 22 de la DNCG provoque un joli charivari. Fontenla, vexé, annonce son intention de revendre le club et donne une semaine aux actionnaires minoritaires pour se manifester. Dans le même temps, Fournier tire à boulets rouges dans la presse sur la stratégie de Fontenla, qui, sur les conseils d'Isenegger, souhaiterait faire du Racing une machine à transferts et à plus-value sur des joueurs ésotériques.

Henri Ancel, chargé de négocier au nom des actionnaires minoritaires entre dans la danse. Il pense alors régler le problème en quelques jours, et il se trompe lourdement. Les tractations trainent de longues semaines. Plusieurs fois, un accord semble proche. Début mars 2010, la revente tombe définitivement à l'eau. Les Londoniens restent maitres du Racing au terme de plus de trois mois de négociation. Ils n'auraient en fait jamais voulu vendre !

Pendant ce temps, d'autres problèmes apparaissent : la DNCG place le Racing sous recrutement contrôlé le 6 janvier. Luc Dayan, qui a rejoint le Racing fin décembre, n'a pas réussi à mettre l'organe de contrôle de la Ligue dans sa poche, contrairement à ce qu'il prétendait. Il faut dire que les trois millions d'euros exigés par la DNCG n'ont pas été versés sur le compte courant du club. Ce n'est qu'une vingtaine de jours plus tard que Fontenla s'exécute. Et c'est là que Carousel Finance entre officiellement en jeu, en mettant la moitié de la somme demandée sur la table pour empocher 15% des parts de Fontenla. Désormais, Hilali va progressivement éclipser Fontenla. Trop tard pour convaincre la DNCG d'annuler le contrôle du recrutement.

Pendant la première moitié de l'hiver, Julien Fournier reste le président du Racing alors même que Fontenla a annoncé vouloir le licencier mi-décembre. Plus personne ne semble diriger le club au quotidien et, paradoxalement, c'est à ce moment qu'arrivent les meilleurs résultats sportifs. Le 16 février, Julien Fournier est enfin limogé et c'est Luc Dayan qui lui succède, malgré l'échec de sa mission « DNCG ». Il ne fait pas long feu. Invisible, il est lui même débarqué après six petites semaines. Pour le remplacer, Hilali et Fontenla décident de frapper fort en s'offrant une caution sportive en la personne de Jean-Claude Plessis. L'ex-président de Sochaux arrive en Alsace avec une réputation de connaisseur du milieu et de ses instances et d'homme à poigne qui refuse la langue de bois. Il annonce d'emblée qu'il arrive avec les pleins pouvoirs ; on va voir ce qu'on va voir ! Sur le terrain, la timide embellie entrevue à l'hiver n'est plus qu'un souvenir, la relégation en National est de plus en plus menaçante. Pourtant, Plessis martèle que la descente n'est pas envisageable et qu'il n'y a pas de plan B. Le 14 mai, le Racing s'incline à Châteauroux et est relégué en National.

Cette descente n'arrange pas les affaires du Racing avec la DNCG. Plessis commence par tabler sur des ventes de joueurs mirobolantes pour éviter de licencier du personnel mais le Racing va devoir se résoudre tôt ou tard à sérieusement réduire la voilure. Le 2 juillet, la DNCG rétrograde le club à titre conservatoire en CFA. La Ville de Strasbourg donne deux coups de pouce, malgré ses différends avec Fontenla, en rachetant le centre de formation et en baissant le loyer de la Meinau. Pascal Janin est viré, Laurent Fournier le remplace. Ce dernier accepte une mission ardue : monter une équipe compétitive pour jouer la remontée malgré les incertitudes extra-sportives. Carousel accepte de renflouer les comptes et, le 21 juillet, la DNCG maintient le Racing en National. Cependant, la masse salariale est strictement encadrée et cette contrainte va poser bien des problèmes. Dès que le Racing veut rémunérer un nouveau joueur, il doit veiller à ce que cela ne fasse pas exploser le plafond de la masse salariale. Or, celui-ci est déjà atteint. Toute arrivée est donc conditionnée à des départs préalables.

Le Racing se retrouve dans une situation assez ubuesque en recrutant des joueurs sans être certain de pouvoir les qualifier. Le mois d'aout s'apparente à une course contre la montre où Plessis essaie tant bien que mal de refourguer des joueurs à droite à gauche pour libérer de la masse salariale pour les recrues par Laurent Fournier. En effet, le marché des transferts ferme le 31 aout, après cette limite, il sera trop tard. Le 1er septembre, la DNCG tranche : cinq joueurs restent sur le carreau, sans contrat. Plessis hurle au scandale, rien n'y fait. Les objectifs qu'il s'était fixé ne sont pas atteints. La colère commence à gronder sérieusement du côté des supporters, déjà bien échaudés par la descente. Elle vise en premier lieu Hilali, qui a définitivement supplanté Fontenla et s'affirme comme le vrai patron.

Sur le terrain, la saison commence timidement. Laurent Fournier doit composer avec un groupe très réduit du fait des blessures et des contrats non-homologués. Pour aborder le déplacement à Bastia, début septembre, seuls 14 joueurs professionnels sont opérationnels. Laurent Fournier est obligé de faire appel à des jeunes du centre de formation, alors que beaucoup ne sont pas encore prêts pour la plongée dans le grand bain. Plessis ne semble plus avoir prise sur grand chose, on commence à parler de son départ. Le 17 octobre, la nouvelle est officialisée. Hilali, qui se présentait jusqu'alors comme un financier qui travaille dans l'ombre et ne connaît rien au foot, décide de remplacer Plessis et devient le nouveau président du Racing le 10 novembre. Il accède à cette fonction dans un climat de tension maximale avec les UB90, avec lesquels il est en guerre ouverte depuis le match contre Fréjus et les banderoles l'invitant au départ.

L'arrivée au premier plan d'Hilali est l'occasion du retour de l'Arlésienne d'un nouveau stade. Le patron de Carousel Finance s'active comme un beau diable pour relancer la candidature de Strasbourg à l'Euro 2016, alors que la Ville a jeté l'éponge fin juillet. Il s'affiche au Sénat aux côté du celui qui n'est pas encore ministre, le président de la région Philippe Richert, contacte le bétonneur allemand Bögl et évoque pêle-mêle un projet Eurostadium-bis à Eckbolsheim avec zone commerciale, puis le même projet sans zone commerciale sans exclure une rénovation de la Meinau !

Aujourd'hui, le Racing est dixième de National, suspendu à la décision de la DNCG qui sera déterminante dans la façon d'aborder le mercato hivernal. Le projet de stade semble tombé aux oubliettes depuis plus de deux semaines. Nous sommes en décembre 2010 et le Racing va toujours mal. Plus mal qu'il ne l'a jamais été.

rachmaninov

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