« Nous avons une mission »

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En plein apprentissage

Dernier arrivé dans le groupe pro de Laurent Fournier, Cyriaque Rivieyran nous en dit plus sur son parcours et ses ambitions.

(racingstub.com) Comment êtes vous venu au football, vous qui êtes issu d'une famille plutôt rugby ?

Cyriaque Rivieyran : C'est vrai que toute ma famille du côté de mon père est originaire de Gaillac (Tarn), où c'est plutôt rugby à la base. J'ai un cousin, Sylvain Dupuy, qui est professionnel en Top 14, à Agen. Venant personnellement d'une terre de football, l'Alsace, je me suis orienté vers ce sport par l'intermédiaire d'un ami de mon père qui s'occupait du club de Duttlenheim. J'ai commencé dès les débutants, d'abord comme gardien, après je suis passé défenseur central et très vite milieu de terrain avant d'arriver à Strasbourg en benjamins première année.

Et justement, comment êtes-vous passé au Racing ?

Il y avait une journée de détection, un mercredi. Je m'étais levé, et j'avais la pression. J'avais même dit à mon père que je ne voulais plus y participer, pensant que les autres seraient meilleurs que moi. Finalement, mon père m'a convaincu d'y aller. C'est Jacky Duguépéroux qui s'occupait à l'époque des détections et il m'a proposé de venir m'entraîner quelques fois avec Strasbourg. J'ai aussi fait des tournois avec les poussins deuxième année, et l'année d'après j'ai signé ma première licence, en benjamins donc. Ca fait onze ans que je suis au Racing.

Est-ce que vous avez des souvenirs particuliers à la Meinau en tant que spectateur, que ce soit dans les tribunes ou même comme ramasseur de balles ?

Quand j'étais en 13 ans, nous faisions effectivement les ramasseurs de balle. Le match qui m'avait marqué c'était la victoire 4-1 contre Marseille en 2003, avec Mamadou Niang devant. C'est un très grand souvenir, le stade était plein. Sinon, je me souviens également de la qualification contre Saint-Etienne en coupe de la ligue en 2005. J'étais allé la veille à l'entraînement avec Nicolas Dreyer et j'avais demandé à Cédric Kanté s'il pouvait me donner son maillot après le match, ce qu'il a fait. Je l'ai encore ce maillot.

En 16 ans et en 19 ans vous avez également eu l'occasion d'être sélectionné en équipe de France, est-ce que c'est quelque chose que vous gardez en tête ?

Tout est parti de la coupe nationale des cadets, qui m'a permis d'être détecté pour jouer en équipe de France des 16 ans. J'ai fait toutes les pré-sélections et j'ai joué quelques matches en tant que milieu défensif. Deux ans plus tard, j'y suis retourné en tant qu'arrière droit. Ca s'était bien passé. Je n'ai plus été rappelé par le coach depuis, pour moi c'était du bonus. A l'époque c'était difficile avec la CFA et la sélection m'a redonné un peu d'oxygène. En ce moment, je me préoccupe plutôt de mon jeu à Strasbourg, et c'est quand on s'y attend le moins que les bonnes surprises arrivent. Je ne m'attendais pas du tout a être appelé une seconde fois, si ça doit revenir, ça reviendra. Je ne m'en préoccupe pas plus que cela.

On imagine quand même que vous suivez avec un oeil particulier cette génération, qui a décroché le titre de champion d'Europe et prépare le mondial des moins de 20 ans ?

Oui, je les suis. Il y en a qui sont partis plus jeunes à l'étranger et qui reviennent en France, comme Francis Coquelin à Lorient. Même en ayant fini champion d'Europe, ça n'est pas facile pour cette génération de percer. Il y a Gaëtan Bussmann qui réussit bien. Moi, je prends mon temps et si je dois être rappelé tant mieux.

Comment s'est déroule votre scolarité au centre de formation ?

J'étais en sport-études à Jean-Monnet jusqu'au lycée. A partir de la seconde, j'ai pu suivre les cours au centre de formation. Nous avons des professeurs qui viennent faire cours pour sept ou huit personnes. J'ai fait toute ma scolarité en tant que lycéen au centre de formation et j'ai passé le baccalauréat en candidat libre à Molsheim. C'est beaucoup plus facile d'apprendre avec un petit effectif comme cela, c'est quasiment des cours particuliers, avec une très bonne qualité d'enseignement. Une journée type au centre de formation, c'est à peu près six heures de cours pour deux heures de football. En général, nous avons cours de huit heures à dix heures, puis entraînement jusqu'à midi et après de nouveau cours l'après midi. Ca fait du bien car, quand ça ne va pas très bien en cours, il y a la possibilité de se reposer sur le football, et inversement. Ce qui permet de garder le moral.

Est-ce que ça n'est pas un peu dur de rester tout le temps dans un même endroit, de tout y faire ?

Personnellement, j'avais la possibilité de dormir chez moi car mes parents n'habitent pas loin. C'est vrai que les professeurs sont assez compréhensifs. Ils savent que notre rêve, c'est de devenir football professionnel et que les études viennent ensuite. Par exemple, si nous avons un déplacement le week-end qui nous fait rentrer tard, ils adaptent les cours du lundi à notre niveau de fatigue. J'ai trouvé que c'était plutôt plaisant. Le fait de na pas voir beaucoup de monde de l'extérieur ça n'est pas très gênant.

Vous qui avez fait toute votre formation ici, qu'est-ce que ça vous fait de voir tous les problèmes en cours, et les menaces qui pèsent sur l'avenir du club ?

C'est vrai que c'est dommage. Nous avons des infrastructures qui sont dignes d'un club de Ligue 1, nous avons tout ici pour réussir, un centre de formation exceptionnel avec des formateurs qui sont très bons. Tous m'ont appris quelque chose, surtout François Keller. Lors de ma première année en CFA, je n'étais pas très bien et c'est lui qui ma remis dans le droit chemin. Aujourd'hui, le stade est à moitié vide, c'est difficile de faire revenir les gens en National. Sportivement, nous faisons tout ce qui est possible pour remonter. Nous faisons notre job, et nous nous efforçons de faire confiance aux gens en coulisses pour faire de même. Nous avons une mission, et nous nous y tiendrons jusqu'au bout.

Vous alternez entre le poste de milieu de terrain et celui de latéral droit. Comment gère-t-on ces passages et quel est votre poste préféré ?

J'étais milieu de terrain jusqu'en 19 ans. C'est Claude Fichaux, qui entraînait à l'époque les U19, qui m'avait trouvé intéressant sur un match au cours duquel j'avais pas mal compensé les montées d'un arrière droit. Il voulait donc m'essayer à ce poste. Au début, je n'y étais pas très favorable car la ligne de touche me gênait, par opposition au poste de milieu de terrain où l'on a tout le jeu devant soi. En dépit de mes réticences initiales, le coach a su me faire aimer ce poste. Aujourd'hui, je préfère le poste d'arrière droit, car j'ai plus de liberté offensive tout en continuant à toucher autant le ballon. Dans un match, on peut vraiment faire pencher le jeu de son côté si on est bien et qu'on s'entend avec l'ailier. Mais ce que j'aime surtout dans le foot c'est aller au duel, récupérer des ballons et, au poste de milieu de terrain, cet aspect est aussi très présent. Donc j'aiM. Bien les deux postes, en fait.

Actuellement, vous faites la navette entre les pros et l'équipe réserve. Comment gère-t-on cela ? Est-ce que c'est décevant de devoir aller jouer en réserve le week-end quand on s'est entraîné toute la semaine avec les pros ?

S'entraîner avec le groupe professionnel, avec des joueurs qui ont cinq ou dix ans de plus que moi ça ne peut être que bénéfique. J'apprends beaucoup à l'entraînement, ça va plus vite il y a plus d'impact ce qui fait que je progresse énormément. Quand je me retrouve en équipe réserve le week-end je prends ça comme un moyen d'emmagasiner du temps de jeu. Il ne faut pas oublier qu'il y a aussi un gros challenge avec l'équipe réserve, puisque nous sommes actuellement deuxièmes. Quand je descends en CFA2, je fais en sorte que l'entraîneur puisse dire à Laurent Fournier que j'ai été bon et qu'il peut compter sur moi. Je peux aider l'équipe réserve avec ce que j'ai appris la semaine. Quand je suis dans le groupe pro, je me dis que j'ai beaucoup à apprendre, même si je ne rentre que cinq minutes. C'est par là que ça commence une carrière professionnelle : une période de transition, d'alternance entre la réserve et le groupe pro. Je ne suis donc pas déçu quand je ne suis pas dans le groupe pro le week-end, au contraire ça me donne encore plus envie de montrer au coach qu'il peut compter sur moi.

Comment avez-vous vécu votre première titularisation à Angers, pour un match télédiffusé de coupe de France ?

Je savais que toute ma famille allait regarder le match. Je me suis dit qu'il allait falloir jouer le plus simple possible. A l'échauffement, Jacky Canosi et les cadres comme Stéphane Pichot ou Julien Outrebon sont venus me parler, m'ont rassuré. Sur mon premier ballon, j'ai assuré et sur le deuxième également et, au fil du match, je n'ai plus du tout pensé à l'aspect extérieur. Je me suis fait siffler toute la première mi-temps à cause d'une petite simulation (sourire) mais je ne l'entendais même plus, j'étais vraiment dans mon match. C'est un des matches où j'ai pris le plus de plaisir, il y avait du monde, nous sommes restés solidaires sur le terrain car ça n'était pas facile. C'est un de mes meilleurs souvenirs de joueur de football.

Est-ce que vous vous êtes fixé des objectifs pour la fin de saison, que ce soit avec la réserve ou avec les pros ?

Avec la réserve, j'aimerais bien gagner une troisième fois la coupe d'Alsace et terminer premier du groupe. Car, même si Dijon ne peut pas monter, terminer premier ce serait la preuve que nous avons été les meilleurs cette année. Avec les pros, c'est difficile de quantifier mes objectifs. J'espère avoir encore du temps de jeu, que ce soit par l'intermédiaire de titularisations ou d'entrées en cours de match. J'aimerais accrocher un maximum de temps de jeu, ce qui pourra m'aider pour l'année prochaine. Mais je ne peux pas dire aujourd'hui que je voudrais faire encore trois ou cinq matches par exemple. Ca va dépendre de beaucoup de choses : de l'équipe adverse, des blessés, des méformes. Ca n'est pas comme un attaquant qui peut dire qu'il veut encore marquer un nombre précis de buts. Je veux juste jouer et me faire plaisir un maximum.

Propos recueillis pour racingstub.com par strohteam. Merci à Cyriaque Rivieyran pour sa disponibilité.

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