Et Kombouaré s'en alla dans le silence...

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Par rcsmick
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Il est parti par la petite porte sans rien dire... © Karim Chergui

Antoine Kombouaré a quitté le Racing en silence. Pas de déclaration, pas de rancoeur, l'ancien coach strasbourgeois a préféré prendre du recul et laisser le club travailler en toute sérénité. Retour sur son parcours et sur son actualité...

Alors que c'est Gilbert Gress qui est attendu, c'est finalement Antoine Kombouaré qui pose ses valises en Alsace un matin de juin 2003. Kombouaré, une nouvelle carrière commence titrait alors racingstub.com. L'ancien Parisien arrivait en effet à Strasbourg sans aucune expérience afin de prendre en charge pour la première fois de sa vie, une équipe professionnelle. On ne pouvait toutefois pas dire de lui qu'il était inconnu dans le monde cruel des entraîneurs car il jouissait d'une belle image suite à son bon travail avec la réserve du Paris Saint Germain.

Tout le monde connaît la suite de l'histoire : Antoine Kombouaré passe six mois dans un fauteuil confortable mettant en place ce qu'il désigne comme « ses valeurs essentielles » : les notions de confiance, de respect et de rigueur. Il fait alors rêver les supporters strasbourgeois pendant cette moitié de saison avec un jeu direct, léché qui rappelle que le Kanak est un pur produit nantais. Le public alsacien se régale, notamment face à Marseille (4-1), match référence des cinq dernières saisons.

Kombouaré séduit la majorité des Alsaciens par son discours honnête, sa simplicité et sa gentillesse. Mais tout cela n'a pas suffit à éviter la chute. Le Racing commence à perdre pied petit à petit dans le championnat se retrouvant à pas grand chose des premiers reléguables. Le maintien acquis dans la douleur ne fit que retarder l'échéance pour « casque d'or », surnom hérité suite à son coup de tête victorieux dans les arrêts de jeu contre le Real Madrid en quart de finale de la Coupe de l'UEFA 1993. Le Racing perd la quasi totalité de ses matches de préparation pendant l'été et entame un début de saison catastrophique. Le 4 octobre 2004, suite à une nouvelle défaite à la Meinau face à Nantes (0-2), les dirigeants alsaciens annoncent le licenciement d'un entraîneur complètement lâché par ses joueurs à qui il avait confiait toute sa confiance.


Son départ

Mais dans l'humilité que l'on sait, Antoine n'a pas voulu « parler à chaud » et il voulait « se séparer de Strasbourg en bon terme ». Il n'a même pas essayé de faire changer d'avis les dirigeants strasbourgeois : « Ce n'est pas dans mon tempérament. La confiance s'était effritée, et sans elle, moi je ne peux plus fonctionner » déclare-t-il au journal L'Equipe quelques mois après. Pendant trois longs mois, il a profité de son temps libre pour voyager avec son épouse et il a entamé également la dernière partie du DEPF, le Diplôme d'entraîneur Professionnel (n'étant pas titulaire de ces diplômes, c'est son adjoint Bernard Guignedoux qui était officiellement l'entraîneur du RCS), à Clairefontaine.

Quand on parle du Racing à celui qui a connu ses premiers faits d'arme en tant qu'entraîneur à Strasbourg, on ne ressent pas une quelconque haine ou amertume sur ce qui s'est passé. Même avec le recul, il n'arrive pas à trouver de véritables explications à cette pente qui lui a été fatale : « Je crois être un entraîneur exigeant, dur. J'aurais peut-être dû plus insister sur l'aspect physique, faire le lien avec le mental. » Il avoue enfin que les joueurs n'avaient plus la confiance, la gnac nécessaire et surtout l'attention envers leur coach. Le Neo-Caledonien se refuse cependant à dire qu'il ne maîtrisait plus les évènements : « Ce n'est pas comme cela que je ressentais les choses. » affirme-t-il.


Le bilan et son avenir

Maintenant que « le dossier est clos » (Kombouaré a reçu ses indemnités de licenciement estimées à 500 000 €;), il tire un bilan satisfaisant de sa première expérience : « J'ai acquis de l'expérience(...), je n'ai aucune rancune envers le Racing , ni jalousie à l'encontre de Duguépéroux. L'échec fait grandir. » Il se réjouit du soutien de ses proches comme celui émanant de l'actuel entraîneur de Lyon, Paul Le Guen qui avait vécu une situation plus ou moins similaire avec Rennes en 2001.

« Je retiens ce qui est positif. J'ai l'impression qu'il faut rester soi même en dépit de tout » déclare-t-il en toute modestie. Ne recherchant pas la gloire personnelle, il a tout au long de son expérience au Racing cherché à mettre ses joueurs sur le devant de la scène. C'est à eux que revenait le mérite des victoires, pas à lui. Cet état d'esprit, on le retrouve quand il déclare être « incapable de se positionner » auprès de clubs dont l'entraîneur est sur la sellette. Il avoue même se faire discret lorsqu'il va dans un stade pour assister à un match de football : « On aura vite fait de croire que je guette une place ».

Antoine Kombouaré est un homme comme ça. Simple, fidèle à ses valeurs. Il n'est peut être pas encore taillé pour ce monde de requins mais ça ne l'empêche pas d'être approché par différents clubs. Il admet d'ailleurs avoir eu « quelques touches mais rien de précis ». « J'aimerais bien rester au pays. On me dit que je n'ai pas perdu ma bonne image, ça fait du bien. ». Le PSG aurait penser à lui pour remplacer « Coach Vahid » la semaine dernière mais c'est finalement Laurent Fournier, un autre ancien joueur parisien, qui a décroché le poste.


Le supporter du Racing

Antoine Kombouaré, quoi qu'on puisse en penser, se sent redevable auprès de ce club qui lui a fait confiance alors qu'il était inexpérimenté. Il avoue avoir une certaine fierté de voir des joueurs qu'il a plus ou moins lancé, réussir à s'imposer (Kanté, Abdessadki ou encore Arrache qu'il tenait à conserver à tout prix dans son effectif lorsqu'il était en fin de contrat). Il se félicite également des niveaux retrouvés par certains joueurs comme Niang, qu'il a envoyé en cure à Merano, Bassila ou encore Boka. Et il croit encore et encore au maintien : « L'échec fait grandir (...) C'est pourquoi je crois fermement au maintien en L1. Je sais que ce groupe est un bon groupe. »

Et quand le journaliste de L'équipe, Jean-Marc Butterlin, lui demande s'il reviendra à la Meinau, l'ancien coach répond qu'il le fera sûrement dès que « l'équipe sera à l'aise, quand ce sera plus tranquille ». « Bientot, j'espère... » finit-il. On l'espère aussi !

rcsmick

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