Le Racing et l'Europe

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Par conan
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Graz AK - Strasbourg marque le retour du Racing sur la scène européenne après 4 ans d'absence. Retour sur les performances des Bleus en Coupe d'Europe.

1961-1962, Coupe des villes de foire

A la genèse de la Coupe des villes de foire (ancêtre de la Coupe UEFA) les équipes jouaient sur invitation. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le Racing aurait peut être mieux fait cette année là de décliner ladite invitation ! Opposé d'entrée aux redoutables Hongrois du MTK Budapest, les Bleus furent largement dominés à la Meinau par les artistes Magyar. Mais cette défaite 3-1 ne fut rien à coté de l'incroyable déroute du match retour. Le Racing encaissa un 10-2 ! Ce record de la défaite la plus large subie par un club français en Coupe d'Europe tient toujours... Bref, des débuts absolument ridicules fort heureusement rattrapés lors des campagnes qui allaient suivre.


1964-1965, Coupe des villes de foire

La génération Gress-Hausser-Merschel a réussi à laver l'affront de Budapest en réalisant l'une des plus belles campagnes européennes de l'histoire du football français, à une époque de surcroît où les clubs de l'hexagone avaient la fâcheuse habitude de se faire balayer des Coupes d'Europe dés les premiers tours

Opposés au premier tour au grand Milan AC, on ne donnait pourtant aucune chance aux Alsaciens de passer ! Et pourtant les Bleus, menés par un Gérard Hausser en état de grâce, terrassèrent 2-0 les Lombards dans une Meinau incrédule. On crut encore cet écart insuffisant à San Siro lorsque Milan marqua au bout de 10 minutes de jeu, mais le Racing allait durant 80 minutes donner une leçon de réalisme défensif aux vedettes italiennes en résistant aux assauts milanais et signer l'une des plus belles performances de son histoire.

En 16e de finale le Racing confirma ces belles dispositions en écrasant le FC Bâle (1-0 en Suisse et 5-2 à la Meinau). Mais un autre monument du football continental se présenta alors à la Meinau ou le Racing devait affronter le FC Barcelone. Sur une pelouse gelée et enneigée, Strasbourg ne put faire mieux que 0-0 chez lui, hypothéquant grandement ses chances de qualification. Et pourtant le Racing renouvellera dans un Nou Camp médusé la prestation de San Siro. Ils menaient même de façon tout à fait méritée 2-1 face aux coéquipiers de Kocsis à la 89e minute, mais Seminario trompa Johnny Schuth, arrachant la prolongation (il n'y avait pas de règle de but à l'extérieur à l'époque). Il fallu alors jouer trente minutes supplémentaires de souffrance au cours desquelles plus rien ne sera marqué. A l'époque point de tirs aux buts, il fallait jouer le match d'appui, de surcroît en Catalogne.

Les Barcelonais étaient bien décidés à vaincre cette équipe, de leur propre aveu la plus belle qu'ils aient joué depuis longtemps. Mais le Racing se montra purement et simplement héroïque, défendant corps et âmes le 0-0 durant 120 minutes malgré l'énorme pression des blaugrana. 330 minutes et trois matchs acharnés n'avaient pu départager Strasbourg et Barcelone, il fallu donc tirer à pile ou face pour désigner le vainqueur. René Hauss, le capitaine de Racing, se montra plus habile que son adversaire à ce jeu et Strasbourg réalisa l'incroyable exploit d'éliminer Barcelone, et ce, quelques semaines après avoir sorti le Milan AC.

Un nouveau monstre en la personne de Manchester United se présenta à la Meinau. Malheureusement, Paul Frantz, l'entraîneur d'alors, commit l'erreur de céder à la pression de ses joueurs et d'abandonner son système de défense avec libéro pour jouer la zone, afin de permettre à Denis Devaux de s'adapter au système de l'équipe de France et d'éventuellement jouer la coupe du Monde 1966. Face aux Charlton, Best, Stiles et autres Law, cela n'a pas pardonné. Les Strasbourgeois, dépassés tactiquement et émoussés par un championnat éprouvant, furent humiliés 5-0 à la Meinau. C'est pour l'honneur qu'ils séduisirent Old Trafford lors du match retour ou ils arrachèrent devant plus de 40 000 personnes le 0-0. On avait a cette occasion retrouvé le véritable Racing, celui qui bouta Milan et Barcelone hors de la Coupe d'Europe. Dommage que ce ne fut que pour du beurre...


1965-1966, Coupe des villes de foires

Par un curieux hasard, le Racing, comme lors de la saison dernière, devait affronter le Milan AC au premier tour. Et comme lors de la saison passée, il allait réaliser une performance de premier plan. A San Siro, Strasbourg, une fois encore prodigieux en défense perdit par la plus petite des marges 1-0. Un score qu'il parvint à rattraper lors du match retour à la Meinau ou les Rosseneri furent vaincus 2-1. La règle des buts à l'extérieur n'étant toujours pas appliqué, ce score fut suffisant pour arracher le matchs d'appui, qui hélas pour le Racing, se déroula à l'extérieur. En Italie, les coéquipiers de René Hauss furent une fois encore immenses, arrachant le match nul 1-1. Malheureusement, la pièce ne fut cette fois-ci pas favorable, et le Racing fut éliminé la tête très haute, confirmant par la même occasion que leur parcours de l'année précédente ne fut pas un accident. Cette belle génération fut récompensée cette année là par une victoire en Coupe de France face au FC Nantes, à l'époque réputé invincible.


1966-1967, Coupe des Coupes

Le parcours européen du Racing se résuma pour cette saison là à des voyages dans les pays de l'Est, périples à l'époque toujours délicats. Victorieux au premier tour 1-0 face au Steaua Bucarest, les Bleus arrachèrent de Roumanie le nul 1-1 qualificatif, Gérard Hausser marquant le but décisif.

Pour les 8e de finale, il fallut affronter les solides Bulgares du Slavia Sofia. Même scénario que face à Bucarest au match aller, victoire 1-0 à la Meinau. Malheureusement, ce fut là insuffisant, les Bulgares parvenant à renverser la vapeur à Sofia, l'emportant 2-0 sans vraiment dominer et grâce à ce genre de buts que l'on qualifie généralement de stupide. Un sentiment d'inachevé entoure cette campagne européenne où le Racing aurait pu faire beaucoup mieux.


1978-1979, Coupe de l'UEFA

Le Racing, brillant 3e du championnat précédent et leader surprise de l'exercice 78-79, retrouvait l'Europe. On ne peut pas vraiment dire que ce retour se passa bien, les Strasbourgeois étant dominés 2-0 par la physique et rugueuse équipe suédoise de Elfsborg. A la Meinau, le Racing frôla de très peu l'élimination, ne menant que 2-1 a ¼ d'heure de la fin du match. Fort heureusement, les coups de boutoir de Gemmrich et Wagner portèrent le score à 4-1 et qualifièrent de justesse le Racing.

Il fallait au second tour affronter les solides Ecossais de Hibernians. Le Racing obtint à la Meinau une victoire 2-0 sans bavure qui lui permettait de voir la suite sereinement. Les Bleus offrirent en Ecosse une belle leçon de réalisme, ne s'inclinant que 1-0, sur un penalty douteux transformé à l'heure de jeu par Mac Leod.

En 8e de finale, les zèbres de Duisbourg se présentaient à la Meinau. Mals en point en Bundesliga, les Allemands firent subir au Racing une cruelle leçon de réalisme, montrant du doigt les immenses lacunes du football français de l'époque et l'énorme fossé qui le séparait encore de l'élite européenne. Contraints au 0-0 à la Meinau, le Racing se noya littéralement dans la cité minière de la Ruhr, encaissant sur une pelouse verglacée un 4-0 sans bavure. Strasbourg, et les clubs français en général, avaient encore tant à apprendre...


1979-1980, Coupe des clubs Champions

Mal en point en championnat, le tenant du titre représenta dignement la France dans la plus prestigieuse des coupes européennes. Après un premier tour sans histoire contre les amateurs norvégiens de Kristiansand, le Racing affronta lors des 8e de finale les redoutables Tchécoslovaques du Dukla de Prague, dont l'équipe composait l'ossature de l'équipe nationale championne d'Europe en 1976. Face à un adversaire d'un tel calibre, le Racing réalisa une prestation inoubliable. Vaincu 1-0 à Prague, les Strasbourgeois, portés par une Meinau chauffée à blanc comme jamais, arrachèrent le droit de jouer la prolongation sur une tête plongeante rageuse de Piasecki. Les 30 minutes supplémentaires donnèrent lieu a un magnifique combat entre deux équipes sublimées par l'enjeu. La délivrance eu lieu a quelques minutes de la fin, lorsque le Suisse du Racing Michel Decastel marqua de façon peu académique le but qui ouvrait au Racing les portes du paradis des ¼ de finales.

Le Racing faisait alors partie des huit meilleures équipes d'Europe. Il lui fallut lutter face aux terribles Hollandais de l'Ajax Amsterdam. A la Meinau, des Strasbourgeois pleins de volonté et de détermination bousculèrent les joueurs bataves, frappant par deux fois les montants. Mais l'Ajax a tenu bon. Lors du match retour à Amsterdam, il n'y eut pas photo entre les deux formations. Comme l'année précédente, la campagne européenne du Racing s'acheva sur un triste 4-0, mais il n'y avait là rien à faire...


1995-1996, Coupe de l'UEFA

Pour la première édition de la coupe Intertoto, le Racing joua le coup à fond, parvenant à l'une des finales de cette étrange compétition qui faisait office également de tour préliminaire. Ballottés en Autriche et durant une heure au stade de la Meinau par le Tyrol Innsbruck, la bande de Sauzée, Leboeuf, Keller et Mostovoï firent finalement exploser leurs adversaire lors d'une dernière demi heure époustouflante. C'est grâce à un 6-1 fracassant (triplé de Keller) que le Racing renoua enfin avec l'Europe après 15 ans de disette.

Lors du premier tour, les hommes de Jacky Duguépéroux offrirent un magnifique spectacle face aux courageux Hongrois d'Ujpest. Le score de 3-0 refléta fort mal l'intense domination strasbourgeoise. Le match retour à Budapest, remporté sans problème 2-0, ne fut qu'une formalité.

Pour les 16e de finale, ce fut une autre paire de manche, puisque pour la troisième fois de son histoire, le Racing dut affronter le Milan AC, alors considéré comme le meilleur club du monde. Condamnés à l'exploit, les bleus, malheureusement trop timides et respectueux en première période, bousculèrent les stars italiennes en deuxième mi temps. Keller, ratant l'immanquable, fut même à deux doigts d'ouvrir le score. Hélas, le Racing laissa passer sa chance et subit en fin de match l'implacable réalisme à l'italienne en encaissant un but de Simone sur un superbe contre de Weah.

Lors du match retour à San Siro, Roberto Baggio tua définitivement tout suspense en marquant deux buts peu avant la mi temps. Mais on retiendra que Franck Sauzée sauva l'honneur de manière fort spectaculaire par un coup franc d'une violence inouïe. Le Racing fut éliminé par plus fort que lui, c'est incontestable. Pourtant, il reste toujours ce sentiment d'être passé a coté de quelque chose d'énorme. Avec un peu plus de culot et de réussite, Milan n'était pas si invincible que cela, Bordeaux le prouva quelques mois plus tard...


1997-1998, Coupe de l'UEFA

Le Racing, alors en crise tant sur le plan sportif (résultats catastrophiques) qu'au niveau des coulisses (arrivée difficile d'IMG) offrit à ses supporters un rayon de soleil inattendu et spectaculaire grâce a une brillante et étonnante campagne européenne.

On ne donnait pourtant pas cher de sa peau à l'heure de recevoir les Ecossais des Glasgow Rangers. Pourtant, face aux coéquipiers de Laudrup et Gascoigne, des joueurs transfigurés par l'enjeu arrachèrent aux tripes une belle victoire 2-1 à la Meinau à l'issue d'une rencontre curieuse dont les trois buts furent marqués sur penalty. Ce score semblait constituer une bien maigre avance pour ces Strasbourgeois, amorphes en championnat. Les carottes semblèrent même bien cuites lorsque, dans le vacarme assourdissant d' Ibrox Park, Gattuso marqua le but qu'il fallait aux Ecossais pour se qualifier après 11 minutes de jeu. Pourtant, un Racing étonnant de maîtrise allait arracher sa qualification. Baticle égalisa peu avant la mi temps et Zitelli clôtura le score à la 49e minute. Les Strasbourgeois, faisant état d'un bel esprit de corps, parvinrent a sauvegarder leur avance et par la même être l'auteur d'une très belle performance. Mais que dire de ce qui allait suivre ?

Face aux mythiques Reds de Liverpool, le Racing, toujours aussi médiocre en championnat, offrit à ses supporters l'une des plus incroyables confrontations de son histoire. Lors du match aller, on retrouva le grand David Zitelli de la saison 96/97. Celui-ci, portant un bandeau sur la tête suite à l'agression du terrible Niel Ruddock, marqua deux buts magnifiques qui sonnèrent littéralement les joueurs de Liverpool. Le KO définitif fut l'oeuvre de Denni Conteh, qui marqua sans doute pour l'occasion le but le plus important de sa carrière. 3-0, ce n'était pas de trop avant le terrible déplacement dans l'enfer d'Anfield Road où les Anglais vexés et poussés par leur public fantastique se ruèrent à l'attaque. Les vagues rouges, de plus en plus terribles au fil de la rencontre, s'abattirent sur une défense strasbourgeoise aux abois, mais héroïque, à l'image de son gardien, Alexander Vencel, au sommet de sa forme. Il fallu un penalty de Robbie Fowler peu après l'heure de jeu pour voir la défense de bleus rompre une première fois. Ce but eut pour effet de décupler encore l'intensité des attaques de Liverpool. Une tête rageuse de Karl Heinz Riedle à la 84e minute fit vivre une fin de match digne des plus terribles enfers aux Strasbourgeois, qui vaillamment s'accrochèrent comme ils purent à ce petit but d'avance. Le coup de sifflet final libéra tous les amoureux du Racing qui venaient de vivre là l'une de leur plus belle soirée. Leurs joueurs avaient en effet pour beaucoup réalisé à Anfield Road l'exploit de leur vie...

Le rêve sembla se poursuivre en 8e de finale où cet incroyable Racing terrassa une fois de plus un géant à la Meinau. Et pourtant, l'Inter Milan de Ronaldo, Zanetti, Simeone, Djorkaeff, Pagliuca et Bergomi, ce n'était pas n'importe quoi ! Qu'importe, le Racing, de plus en plus pathétique au fur et à mesure que le championnat avançait, se métamorphosait les soirs de Coupe d'Europe. Baticle et Ismaël marquèrent tour à tour et Dacourt faillit a la 45e minute porter le score à 3-0, son coup franc frappant le montant d'un Pagliuca aux fraises. La Meinau n'en croyait pas ses yeux. Et pourtant, après une deuxième mi-temps homérique et, il faut bien l'avouer, un brin de chance (l'arbitre refusant à Diego Simeone un but valable) le Racing parvint à tenir ce score de 2-0. C'est donc plein d'espoir que ce stupéfiant Racing se rendit à Giuseppe Meazza, avec au bout l'espoir d'une qualification historique pour un ¼ de finale de Coupe d'Europe. Hélas cette fois-ci, le miracle ne se renouvela pas. L'Inter, bien aidé par un arbitre bulgare qui ne voulait pas que du bien aux Alsaciens, était tout simplement trop fort pour le Racing. Malgré un Vencel en état de grâce qui arrêta même un penalty, l'Inter renversa la vapeur et l'emporta 3-0. La déception fut rude, d'autant plus douloureuse qu'il fallait à présent songer aux tristes réalités d'un championnat où le Racing n'avait d'autres buts que celui de sauver sa tête en D1. Il n'en reste pas moins que 8 ans plus tard, cette campagne européenne reste dans les mémoires comme l'un des plus glorieux fait d'arme de l'histoire du Racing.


2001-2002, Coupe de l'UEFA

La dernière apparition du Racing dans les compétitions européennes reste anecdotique du fait du contexte très particulier d'alors. Relégués en D2 suite a un exercice 2000/2001 calamiteux, Strasbourg avait acquis le droit de participer aux joutes continentales grâce à son étonnante victoire en Coupe de France. Les esprits étaient tournés vers l'unique objectif qui était la remontée en D1, la Coupe d'Europe n'étant que du bonus.

Pourtant, le Racing n'a pas a rougir de sa brève participation face au Standard de Liège. Il fut battu 2-0 à Sclessin bien qu'ayant soutenu largement la comparaison avec les Belges. Alors que le score était encore de 1-0 Ljuboja marqua un but égalisateur et pourtant non validé par l'arbitre. Dans la foulée, le Standard fit le break en inscrivant un deuxième but.

Une semaine après cette défaite sévère qui n'a pas tenu à grand chose, le Racing offrit a une Meinau ébahie un très beau match et fut à deux doigt de l'exploit. A la mi temps, Strasbourg avait en effet refait son retard, menant 2-0 grâce a un doublé de l'inévitable Ljuboja. Le Serbe eut même en début de deuxième mi-temps le but du 3-0 au bout du pied. Malheureusement la chance était passée et les Belges, pourtant complètement dépassés par les événements et au bord de la rupture, marquèrent à l'heure de jeu deux buts en trois minutes. La messe était dite, le Racing avait laissé passer sa chance par manque de réalisme. Il eut au moins le mérite de faire vibrer ses supporters durant une heure...


Conclusion

Si Strasbourg n'a jamais connu de grandes épopées européennes à la Bastia en 78, il n'a absolument pas à rougir de son passé européen. Les campagnes de 1964 et 1997 restent parmi les plus étonnantes du football français, car ces résultats complètement inattendus ont été obtenu face à des adversaires qui semblaient hors de portée pour un Racing, parfois mal en point en championnat. On notera également l'aptitude du Racing à affronter des adversaires au nom prestigieux : Milan AC, Inter, Barcelone, Manchester, Steaua Bucarest, Ajax Amsterdam, Glasgow Rangers, Liverpool, Standard de Liège. Nombreux sont les clubs qui rêveraient de se mesurer, une seule fois dans leur histoire, à de tels monstres !

En définitive, l'une des grandes constante de l'histoire du Racing en Coupe d'Europe est d'avoir offert quelques belles tranches de bonheur à son public. Il reste a espérer que la campagne 2005/2006 soit de la même verve.

Faites nous plaisir ! Faites vous plaisir !


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conan

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