La sexualité dans les 100 premières pages d'un livre de P.Roth, The Human Stain

21/08/2006 18:09
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En cette saison de remise de mémoire de dernière minute qui occupe les plus intransigeants de nos anti-Cpe, étudiants, nous éditons, tel les Athena Notes de la page 20, un condensé d'un travail qui se perdra dans quelques fonds de bibliothèques, mais que nous mettons en ligne par la grâce d'une bienveillance toute et seulement amicale.
titre du mémoire: La sexualité dans les cent premières pages d'un livre de P.Roth The Human Stain, médiocrement traduit la tâche.

Coleman Silk est un septuagénaire qui a été destitué de sa brillante et dynamique carrière universitaire suite au drame surabondamment attisée par les jalousies et rancoeurs des rivaux du fait de propos vaguement racistes ou compris comme telle. Alors qu'il faisait l'appel lors de la cinquième séance de son cours, des élèves qu'il n'avait pas encore vu, il demanda : « est-ce que quelqu'un connaît ces gens ? Ils existent vraiment, ou bien ce sont des zombies ? » (p.17). Or le mot qu'il utilisa lui, le professeur de latin et de grec, est spook, qui signifie en effet zombie, mais qui a une vieille connotation pour celui qui sait s'en souvenir d'argot des années 50, comme bamboula, bougnoule. L'esclandre que cela déclencha fit la une des gazettes et plongea l'honorable universitaire juif dans une indignation destructrice ; « il savait, depuis l'affaire des zombies, que l'indignation, lorsqu'elle atteint ces proportions, est une forme de folie qui le guettait. Il savait qu'une indignation pareille ne peut mener à aucune approche raisonnée et méthodique du problème. En tant qu'éducateur il savait éduquer, en tant que père avoir des réactions paternelles, en tant qu'homme de soixante-dix ans passés, il savait qu'on ne doit jamais considérer une situation comme irréversible et sans appel, surtout au sein d'une famille, comporterait-elle un fils bourrelé de rancune. Et il n'avait pas attendu l'affaire des zombies pour savoir ce qui peut aigrir un homme qui se croit victime d'une injustice. Il le savait par al colère d'Achille, la fureur de Philoctète, les fulminations de Médée, la folie d'Ajax, le désespoir d'Electre et la souffrance de Prométhée : il s'ensuit des horreurs sans nombre quand le paroxysme de l'indignation conduit à exercer des représailles au nom de la justice, et qu'on entre dans le cycle de la vengeance. Et heureusement qu'il le savait, car il n'en fallut pas moins, il fallut bien toute la prophylaxie de la tragédie attique et de la poésie épique pour l'empêcher de téléphoner à Mark sur-le-champ, en lui disant qu'il était un petit con, et qu'il l'a toujours été. »(p.85-86). Il avait tenté d'écrire un livre pour exorciser sa rage et ce ne fut qu'à travers une liaison amoureuse et une aventure sexuelle qui ne put surmonter la douleur intensifié par la mort de sa femme.

1. De l'Iliade à Bill Clinton, en passant par Aschenbacher, le tumulte de la passion destructrice :

Si l'écrivain Philip Roth a commencé par la description brillante de la procédure d'empeachment menée contre Bill Clinton et de l'hypocrisie outrée et mortifiante qu'elle entoure, c'est pour placer l'histoire qui va suivre sous la lumière crue de la sexualité débridée et du corset puritain qui l'étreint. « Mais en Amérique, en général, ce fut le marathon de la tartuferie : le spectre du terrorisme, qui avait remplacé celui du communisme comme menace majeure pour la sécurité du pays, laissait la place au spectre de la turlute ; un président des Etats-Unis, quadragénaire plein de verdeur, et une de ses employées, une drôlesse de vingt et un ans folle de lui, batifolant dans le bureau ovale comme deux ados dans un parking, avaient rallumé la plus vieille passion fédératrice de l'Amérique, son plaisir le plus dangereux peut-être, le plus subversif historiquement : le vertige de l'indignation hypocrite. » (p.12) « en Amérique, cet été-là a vu le retour de la nausée ; ce furent des plaisanteries incessantes, des spéculations, des théories, une outrance incessantes ; l'obligation morale d'expliquer les réalités de la vie d'adulte aux enfants fut abrogée au profit d'une politique de maintien de toutes les illusions sur la vie adulte.[.... ]Ce fut l'été où le vandalisme moral prit le pas sur l'idéologie d'un tel et la moralité de tel autre. Cet été-là, chacun ne pensait plus qu'au sexe du président : la vie dans toute son impureté impudente, confondait une fois de plus l'Amérique. »(p.14). Le protagoniste est un professeur de lettres classiques et débute ses cours par le fondement de la littérature européenne, l'Iliade qu'il explique avoir pour origine la querelle « autour d'une jeune fille et de son jeune corps, des délices de la voracité sexuelle » Clytemnestre, ; « voilà comment, pour le meilleur et pour le pire, dans cette atteinte à la prérogative phallique, à la dignité phallique d'un prince guerrier dont c'est le flux vital, voilà comment débute la littérature d'imagination en europe. » ; Achille et Agamenon.

à suivre

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