L'oeil sociologique

23/10/2007 12:55
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La revue de la finesse sociologique et du beat frénétique revient cette semaine avec un bon concept auquel personne, à part Pontus le Gros, avait pensé. Sociologique et efficace, comme une antropologie du réel fait par Ph.Veitl.
Dj du samedi et sociologue du dimanche, bonsoir,

L'oeil sociologique
a du nouveau pour assouvir votre passion de la science sociale. Notre ami Pontus le Gros a mis sur la table un néo-concept qui, nous l'espérons, ne laissera pas insensible les plus férus et les plus caractériels d'entre vous.

Un paradigme a fait un hit, de telle manière que même un journaliste du figaro madame peut le sortir de son louis vuitton intellectuel. C'est devenu le cliché du moment. Il a été procré par le sociologue-demi-dieu, David Brooks, qui a popularisé le bourgeois-bohème, aka le "bobo" (qui a, lui aussi, son dj, mais nous préférons, tout adepte de bon deejing que nous sommes, jeter un voile pudique sur ce suisse, NDLR). Le bobo, qui n'est pas un singe qui fait toute la finesse des sketchs du sociologue antisémite dieudonné, désigne un type de conformisme qui initialement se voulait anti-conformisme. Des personnes de milieu aisé se sont saisis des oripeaux de l'artiste bohème, qui ne se préoccupe pas du lendemain et vit de façon désordonné. D'aucuns prétendent que c'est la mauvaise conscience des enfants issus de milieu aisé, qui peuvent dès lors translater leur espace mental vers des choses moins matérielles et plus éco-citoyennes, qui expliquent cette naissance.

Pontus Le Gros lui enrichit cette définition d'une nuance : le bobo-beauf.

En effet, il constate que les bourgeois font rivalité de l'impudeur, d'exhibitionnisme et d'aisance mondaine avec la chose sexuelle. Le bourgeois se veut libéré, il parle cul. Ainsi Catherine millet ou Marie-clothilde Angot épanchent leurs affres sexuelles. De la sorte, il convient de montrer que nous ne sommes en rien pudibond. Ce qui ravit la beauferie la plus crasse qui trouve une récompense et des honneurs inattendus. Canal + est la chaîne des bobobeaufs, qui allie conscience du monde et pornographie, anti-fascisme et blague de mauvais goût. Moustic et Gaccio sont de ceux-là. Au bureau de Pontus Le Gros (attention, considération de terrain), un collègue se vante d'acheter équitablement des vêtements en fibre guatemaltèque et fait des allusions salaces toutes les trois minutes sur les tenues légères de la secrétaire. Ce qui a le don d'exaspérer un autre collègue conpru (capitalo-conserva-prude, un autre paradigme).

Le bobobeauf est, en somme, la beaufrerie sous couvert de bonne conscience établi.


La bande-son du concept :

free music



Prochainement : la société liquide par zygmunt Bauman ou la crise de confiance par Robert putnam, nous hésitons.

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