L'essentialisme de l'essence

15/12/2006 16:32
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Nous pensions parler essence, nous avons dû nous contenter du gasoil.
Hier soir, nous avons assisté avec NV à la projection au palais universitaire d'un film, L'Alsace, terre étrangère, en présence de son réalisateur, Michel Deutsch. Ce film promettait d'interroger l'identité alsacienne, "trouver l'image pour la décadrer du cliché" pour finalement conclure, nous informe-t-on au préalable, que l'Alsace n'existe pas.

Parmi le nombreux public, certains étaient achalandés par le défi de la mise en image d'une identité, du défi de remplacer les vieux clichés par de nouveaux clichés, plus justes. Je crois que nous fûmes tous déçus. Le Jean-Luc Fonck alsacien n'a trouvé de mieux à son ambition de filmer des parkings et d'interroger ses "copains" (sic) (dont l'étonnant Francis Kern qui enseigne à l'université les mérites de l'économie cubaine). Si l'on ajoute un road-movie sous la neige, des façades de Strasbourg et des images de mai 68, on ne s'étonne plus guère que Michel Deutsch n'ait pas trouvé l'Alsace, partant de l'idée qu'il allait montrer ce qu'il y avait de commun à toutes les régions avec une bande-son de chansons folks américaines.
Le plus surprenant fut de constater la vaste culture du réalisateur, lors de la discussion sur le sujet, culture et patrimoine qu'il n'a nullement laissés transparaître dans le film. Un spectateur, d'une passionnante érudition, a demandé pourquoi il n'avait pas interrogé un viticulteur de Colmar, un agriculteur du Sundgau ou un pasteur strasbourgeois, avant de se faire rabrouer aggressivement par un autre spectateur , " vous n'aviez qu'à faire votre propre film".

Il y a dans ce manque de tenue, dans ce relâchement, qui est l'apanage des tenants de la "culture" un manque de sérieux et de noblesse qui aboutit à cet indifférenciation artistique tenue dans ce slogan : " nous sommes tous des artistes".

Selon vous, qu'est-ce qu'être alsacien?

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