L'interventionnisme à contre-emploi

20/12/2006 18:50
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A la suite du forum du financement, il a été question de la stimulation des projets innovants par le biais d'un comparatif pôle de compétitivité français et Kompetenznetz allemand.
Les pôles de compétitivité ont été mis en place afin de faire émerger des projets de collaboration entre acteurs d'un même territoire. A caractère innovant, le projet doit lier des laboratoires de recherche avec des PME et ainsi recevoir une enveloppe financière non négligeable. Toutefois, selon le porteur du projet, les guichets ne sont pas les mêmes. Ce qui ajoute à la complexité administrative.

Les grandes entreprises participantes doivent rechercher le financement des projets auprès du fonds de compétitivité de la Direction générale des entreprises (DGE). Les petites et moyennes entreprises, elles, doivent se tourner vers l'agence OSEO, qui offrent des avances remboursables. Les universités, pour leur part, ont pour interlocutrice l'Agence nationale de la recherche (ANR). Chacun de ces guichets dispose de sa propre logique, de ses modes d'intervention et de ses clients, d'où une complication du financement des projets associant les unes et les autres qui compromet la convergence de leurs initiatives. Alors que la DGE, dont le pôle santé ne comprend sur toute la France que deux personnes tarde à valider les dossiers de candidature, bien souvent, le timing de la subvention ne convient pas avec le court-terme et l'urgence des délais de l'entreprise. C'est épineux pour l'agence OSEO qui travaille avec des PME, or, celles-ci admettent qu'il faut avoir des fonds propres assez conséquent pour supporter le dossier, une trésorerie, au final, peut être si bien garnie que le projet pourrait être financé par elle-même. Tel est le paradoxe.

A la lecture d'un article des Echos, "Qui a peur du « syndrome Aubade » ?", j'ai repensé à ce décalage entre financement public et privé. Le volontarisme de la candidate socialiste m'a dès lors semblé à côté de la plaque. Les politiciens ne doivent pas imaginer que les subventions sont vitales pour l'entreprise, elles ne sont qu'un appât, un effet d'aubaine. La région achète des emplois sur son sol, en attirant par une contribution une entreprise. Désormais, seront pris en compte les menaces de remboursement en cas de délocalisation. L'interventionnisme médiatique de Mme Royal est fruste, il ne retient pas les causes des délocalisations, mais veut les empêcher par des opérations de police ou de bons sentiments.

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