Peut-on parler d'« Israëlisation » de la France

24/12/2006 09:50
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Qu'est-ce que l'israëlisation d'un territoire?
L'Israël est un pays qui prospère, riche, même et propose un niveau de formation reconnu dans le monde (à titre d'exemple, sa capacité d'innovation est phénoménale), alors que situé dans une zone géographique de fortes tensions, la vie quotidienne est marquée par la peur des attentats et de la violence. Ainsi l'idée d'Israëlisation évoque la situation d'un pays qui dans une vie normale voit brutalement jaillir à tout moment des pics de violence extrême.

Est-ce le cas en France?


Un blogtrès intéressant, tenu par Ludovic Monnerat, avec son regard suisse qualifie la situation française de guerre civile de très faible intensité. Peut-on aller jusque là?
Les émeutes de Novembre ont pris fin et les gens se bousculent dans les galeries marchandes pour se faire des cadeaux dans l'esprit des fêtes de fin d'année. Le pouvoir d'achat et les délocalisations semblent être les prochains thèmes centraux de la campagne présidentielle. De plus, la transparence à propos de l'insécurité est, il faut le noter, inédite. Soucieux de déstabiliser le ministre de l'intérieur, des journaux qui avait pris le parti du fameux "sentiment d'insécurité" relatent désormais des exactions qui ridiculisent l'homme de Neuilly, ajoutant à cela la blogosphère qui permet de mettre en évidence certains incohérences des médias, nous avons somme toute un peu plus de lumière sur un sujet qui a été de tout temps occulté (la sécurité des gens étant une préoccupation sociale peu noble semble-t-il). La violence est un fait banal.

Toutefois, le meurtre d'un collégien de 12 ans dans une enceinte de l'école invite le thème de l'insécurité par la fenêtre pendant que les plus cyniques essayaient de le fourrer sous le tapis.
En France, -pourquoi le nier?-, il y a certains endroits qui sont de véritables périls, des endroits où la police se replie et où des fonctionnaires sont laissés pour mort. Nous autres avons une vie normale, nous achetons des téléphones portables et nous surfons sur du haut-débit, nous consommons et nous payons nos impôts. Nous avons un goût pour le sudoku et des émissions de décoration intérieure, cependant, nous savons qu'un drame peut nous frapper, dans le métro, lors d'une manifestation, après une soirée, dans le bus marseillais mais nous préférons penser que cela n'arrivera pas, cela n'arrive qu'aux autres, aux plus pauvres de préférence.

Commentaires (5)

Flux RSS 5 messages · Premier message par ulirch-le-pen · Dernier message par takl

  • l'insécurité c'est comme la mort, ce qu'il y a vraiment de terrible dedans c'est de la craindre, d'attendre le moment où dans le bus ça débordera...
    Maintenant, c'est sur que dans certains quartiers ça doit pas être marrant pour certaines personnes -les français les plus pauvres, en plus!...
    Mais de là à comparer la situation à celle d'Israël et à parler de guerre civile...
  • Un "meurtre" est un homicide volontaire selon le dico. Le mot est probablement un peu fort concernant la tragédie de Meaux.
    Ce que je crains c'est que toutes ces obsessions ultra-sécuritaires ne se retournent contre nous.
  • Moi ce que je crains, c'est le repli des gens sur eux-même. Je ne me sens pas plus en insécurité qu'il y a 5 ou 10 ans, par contre je sens que els gens craignent de plus en plus les autres.
    C'est nul. Mais ça n'a pas grand chose à voir avec Israël. "Guerre civile de faible intensité", c'est déjà largement abusé. Rebellions oui, sans plus...
  • C'est effectivement la question que je me pose :
    sommes-nous plus sensible à "l'insécurité" parce que nous avons le confort et la prospérité?
  • Oui. Le degré de tolérance à l'égard de la violence est inversersement proportionnel au degré de civilisation d'un peuple (termes biens cvagues, mais ne chipotons pas). Je n'ai rien d'autre que ma conviction pour étayer cette thèse, mais j'y crois.

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