Répliques - La place de la culture à la télévision

06/07/2007 12:42
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Quelques jours de cela, j'espère que vous vous régalâtes, vous vous fîtes des gorges chaudes de la vidéo de LF Céline en entretien à la télévision que je postais sur le stublog. Coïncidence ou autre ("il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous" dixit un prof), Alain Finkielkraut, hôte et hôte, s'entretenait peu de temps après sur la place de la culture à la télévision.
Samedi dernier, l'émission Répliques avait pour thème la culture à la télévision. Celle-ci est un outil de transmission populaire et de large diffusion, il semblait pertinent donc de se renseigner sur la manière dont la culture touche les français. Alain Finkielkraut a invité deux animateurs garant de la volonté nouvelle de la direction des chaînes du service public de revaloriser la diffusion de la culture à travers des émissions telles que Ce soir ou jamais et Esprits libres. Il me semble que nous pouvons prêter à Frédéric Taddéï et Guillaume Durand de la sincérité dans leur entreprise. Ils sont cultivés et sont des professionnels de la télévision. Ils ont un point de vue sur la place de la culture, si ce n'est dans la société, du moins dans le petit écran.

F.Taddéï est le plus jeune, il appartient à une génération montante d'animateurs qui abhorrent l'obséquiosité et l'autopromotion. Ce qui a jailli dans la discussion était le fait que pour lui, le programme télévisé ne permettait pas une certaine éducation, ce n'est pas son rôle. Les livres, les musées offrent le temps et la quiétude pour cela. La télévision devait permettre l'imprévu des rencontres et des échanges pour donner des moments d'anthologies, "des clashs", dans lesquelles la valeur d'un artiste éclate aux côtés de la banalité des autres invités. C'est pourquoi son émission regroupe pléthore d'invités, qui se chahutent sans aucune sérénité. Ce que reconnaît Taddéï, tout en admettant que le public souhaite voir plusieurs têtes pour zapper sur un même programme. Guillaume Durand est plus âgé et tente désespérément de faire le trait d'union entre une culture instituée, conventionnelle et une avant-garde autoproclamée, en imposant un long dialogue avec des sommités et des clips de rap. A.Finkielkraut a mis en évidence le relativisme inhérent à leur jugement des valeurs. Nul ne veut hiérarchiser les oeuvres, si bien que des énormités, lourdes de sens, peuvent être véhiculées sans la moindre critique. Une certaine retenue, comme autocensure, empêche la venue de grands artistes contemporains, qui vivent en France, de surcroît, tels que Anselm Kiefer, P.Soulages. parce que les animateurs avouent que cela risque de ne pas intéresser le public (l'effet tunnel).

A travers la télévision, la culture est perçue comme une superposition des oeuvres, un zapping des points de vue, sans mise en perspective, ni profondeur, rôle d'intermédiation qui, pourtant, est attribué aux élites cultivées qui ne veulent désormais plus prendre le risque de l'érudition (pédantisme), ni du jugement (ringardisme).

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