L'insignifiance tranquille

23/07/2007 23:10
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Comme un remplaçant sur son banc de touche.
Nous avons déjeuné à Montesquieu-Volvestre, assez médiocrement, dans une pizzeria où l'hôtesse était très aimable ; et qui me faisait penser, par son insignifiance tranquille, par son être-là buté, pétri d'absence et de défaut (février, Montesquieu-Volvestre, l'écart, le bout d'une rue secondaire, presque les confins), par sa creuse intensité d'existence, soutenue par rien (un effet de soleil pâle sur deux ou trois feuilles caoutchouteuses, peut-être, à travers le carreau, dans un minuscule jardin intérieur), à certains lieux qui sont décrits, à peine décrits, tout juste touchés en passant par le regard distrait de la phrase, dans les Conversations en Sicile — ce livre est décidément inoubliable : si le chef-d'oeuvre s'éprouve au nombre de retours sur lui de la rêverie, en voilà un dont le statut ne fait aucun doute.

Renaud Camus, Outrepas, Fayard, p. 22.


Imaginez quels joueurs de football satisferaient à ce moment de rêverie littéraire.

Edgar s'installait sur le banc du bucolique stade Leymel, à côté du préparateur physique qui n'était guère aimable; il me faisait penser, par son insignifiance tranquille, par son être-là buté (trois essais avortés), pétri d'absence et de défaut (septembre, Munster, des bourrelets, presque la fin), par sa creuse intensité d'existence à certains de mes dimanche après-midi, à peine vivaces, sur les bancs de touche des terres-froides de l'isère, et qui pourtant furent les meilleurs moments de ma carrière.

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