Sillonner les départementales

27/03/2006 01:23
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Nous initions quelques modestes carnets de route de nos ballades cyclistes en terres alsaciennes.

Cette semaine, parcours numéro un: Strasbourg-Obernai-Strasbourg
Nous partions de la gare et long fut notre route avant de quitter la ville, tant il est vrai que les banlieues s'étendent dans les campagnes, et au bord du bitume des immeubles se dressent tant qu'il est posssible. Passés les feux rouges, surmontés les trottoirs, contournés les ronds-points, nous arrivions à Lingoslsheim par la route de schirmeck. Bien maladroitement, (je n'avais qu'une vague idée du trajet vers Obernai), nous nous dirigions vers Oswald, dont le nom laissait supposer quelques premières verdures. Les premiers ponts qui enjambaient les chemins de fers nous menaient vers un centre commercial, lieu-dit la vigie. Un petit chemin mal goudroné nous lançait dans les champs, à portée de fusil de l'autoroute d'où le vent portait les ronronnements impatients. Déjà nous sentions cette terre nouvelle, qui avait l'odeur de la choucroute, j'ignorais que nous allions nous placer sur la route de celle-ci. C'est donc sous le haut patronage de la choucroutei que nous pédalions dans le vent, d'Ostwald à Geispolsheim jusqu'à Blaesheim. Les maisons typiques, colorées ont allumé la curiosité de mon frère, bien que le vent de face ereintait nos efforts. Une erreur d'orientation nous a fait escalader une butte où nous nous retrouvions sur l'autoroute. Pour s'en sortir, nous n'eûmes d'autre moyen que de grimper sur la butte et pédaler dans les champs pour prendre la sortie d'Innenheim et passer le pont vers Krautergersheim, proclamé capitale de la choucroute, ex aequo avec un autre village, mais dont la fierté reste bien modeste, puisque rien mis à part un buggy fluorescent ne laisse éclater la réussite agricole, tout juste un croisement pour orienter vers Barr ou Obernai.
Les péages si coûteux pour l'automobiliste ne trouvent leur signification que lorsqu'on emprunte la bicyclette. En effet, une route spécialement dédiée nous était livré, un pont spécialement construit pour l'effort des pédaliers, sur trois kilomètres et demi, sans voiture, mais avec le vent, toujours, insistant, nous déposait à Obernai. Par la contrainte du temps, nous ne restâmes pas longtemps, fîmes deux fois le tour de la place,pour tout dire, slalomant entre les voitures et buvions quelques boissons sucrées et bienvenues.
Nous avions une heure et demi pour revenir en ville, avant la fermeture de la boutique de location, à vrai dire. Le voyage nous était largement facilité par le vent qui nous poussait cette fois et une meilleure connaissance du trajet. Ainsi à Krautergersheim, je continuais tout droit, sur une route bien droite, qui jouxtant un étang célébrait l'amicale des pêcheurs ainsi qu'une betonnerie. Un peloton de cyclistes du week end fondait sur nous et nous doublait dans un bruit d'essaim d'abeilles. C'est dans leur sillage que je n'eus pas la mauvaise idée d'aller jusqu'à Erstein, puisque nous prîmes le virage qui nous plongea dans une menue forêt. L'étrangeté est venue d'une indication affirmant qu'il fallait faire attention aux migrations batraciennes. Des petit grillages, de ce qu'on achète pour ne pas prendre un petit pont, comme Julien Chassany ou Yves dEroff, bordait la route pour il semble, ne pas que les grenouilles se ruent sous le caoutchouc cruel et assassin des promeneurs motorisés. Nous vîmes différents petits cours d'eau comme l'ehn et avec soulagement la fin de la zone de migration batracienne. Notre fin de route allait ressembler à une course, puisque poussés par Hermès, dieu des vents, nous passions en sens inverse Blaesheim, Geispolsheim, mais nous allions vers Illkirch, à la rencontre de nouveaux centres commerciaux et du troisième fast-food balise. J'ai fait une petite erreur en n'allant pas vers la vigie, car le temps se faisait précieux et je faisais détour sur détour, si bien que cruellement, après avoir évité une confrontation avec deux trams face-to-face, nous ponctuâmes nos soixante kilomètres avec cinq minutes de retard.

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