MosquitoMan

15/09/2006 15:58
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La soirée avait M6 commencé par un navet, à savoir OM-Mlada Boleslav.
Heureusement, comme il était ensuite trop tard pour diffuser un épisode de Prison Break, M6 s'est rattrapé en nous offrant un plagiat fauché de la Mouche : Mosquitoman.
Rien qu'un titre pareil, ça vaut le grand prix du jury à Cannes. Et l'oeuvre en question nous offre une créature monstrueuse, un homme-moustique en plastique avec un corps de poulet.
Mosquitoman, ou le titre fleuve. Au titre, le moindre péquin averti comprend qu'il s'agit d'un honteux plagiat de la mouche. On comprend donc qu'on va avoir un homme-moustique qui va tuer plein de gens et mourir à la fin (enfin, « on comprend », pas vous évidemment, mais est-ce que j'ai encore besoin de vous expliquer pourquoi ?).
Restent deux questions essentielles : comment qu'il se transforme ? Comment qu'il meurt ?
Pour la transformation, on repompe un peu de l'excellent scénario des Tortues Ninjas : Ray Erickson, un condamné à mort supra-violent accepte, pour ne pas se faire griller l'anus, de subir des tests scientifiques avec de l'ADN de moustique OGM. Ca part en testicouille, il est aspergé d'un espèce de mutogène bleuâtre qui était en contact avec des sticmous et exposé à des radiations.
Du coup il devient MosquitoMan, la créature au nom le plus ridicule depuis Dinocrocrodile.
MosquitoMan, il est violemment inspiré du design de la Mouche étape finale de transformation. Mais ce qui est très rigolo, outre le fait qu'il se transforme en 15 secondes montres en main, c'est que sur les plans de loin, son corps ressemble étrangement à un gros poulet.
Bon vous me diriez, si vous étiez pourvus d'un minimum de finesse, l'intérêt de la Mouche, c'est la prise de conscience progressive de Jeff Goldblum de sa dégénérescence. Le problème, quand on développe le concept d'un point de vue psychologique, c'est que ça laisse pas assez de temps pour buter plein de gens. Et buter plein de gens, c'est quand même beaucoup plus classe que les questions existentielles d'un scientifique torturé par sa découverte.
Alors le réalisateur a une idée géniale : il y aura une autre personne contaminée en même temps, en l'occurrence la scientifique amante du policier héros de l'histoire, mais elle, elle va se transformer lentement, histoire de montrer que le psychologique, c'est à la portée de n'importe quel branleur, mais que c'est bon pour les homosexuels qui ont pas les couilles de montrer du sang. Et le sang, ça Mosquitoman, il kiffe (comme disent les djeun's et Laurent Boyer).
Le problème de notre poulet boulet, aka l'homme-moustique, c'est qu'il tue pas pour le plaisir, mais pour se nourrir. Du coup, il a beau dézinguer une bonne quarantaine de personnes en 1h30, c'est vachement répétitif et ça en devient saoûlant : et que je te mets un coup de trompe dans l'oeil, et un coup dans le ventre, et un coup dans la gorge, et un coup dans le .... Qui a dit dans le cul ??
Pendant ce temps, chez les humains, le flic héros passe son flim à arriver trop tard sur les scènes du crime et à rien comprendre à ce qui se passe. En même temps, on l'excuse, sur la scène de crime d'un homicide, je pense qu'aucun flic sensé ne mettrait en tête de liste de ses suspects un homme-moustique.
La scientifique, elle, passe son film à ne pas se transformer (alors que je vous rappelle que notre ami Ray « Chicken » Erickson, lui, il a muté en moins de temps qu'il ne vous en faut pour craquer une louise), et à ne pas comprendre non plus ce qui lui arrive.
« Tiens j'ai une brûlure bizarre juste à l'endroit où j'ai reçu des gouttes de mutagène radioactive, tiens je sens vachement mieux les fleurs, tiens j'ai envie de boire du sang, mais qu'est-ce qui m'arrive nom de dieu de bordel de merde ? ».
Enfin si, quand même, quand elle se retrouve face-à-face avec Mosquitoman, la gourgandine finit par capter le sort qui l'attend.
« Oh non pitié, je ne veux pas ressembler à un gros poulet avec une tête de mouche ! Nooooooooonnnn !!! Je dois me suicider. Ray Erickson veut me zigounipiloupiler car je suis comme lui ».
Et son mec (qui a évidemment arrêté bio et chimie après la seconde) : « mais non ma chérie, on va trouver un remède tu verras, tout va s'arranger ». Mouarf, « on va trouver un remède ». Ca serait plutôt « démerde toi pour trouver un remède, hein c'est toi la scientifique qui t'es mise dans ce merdier, moi je ne suis que flic, donc je sais à peine lire ». Enfin bref.

Donc là je me dis cool, on va peut-être avoir droit à la plus grande scène nanarde depuis le vol de la Chauve-Souris de l'Antre de Frankenstein, à savoir un accouplement entre une gourgandine décervelée et un mutant.
En fait non. Mosquitoman, qui est, comme tous les moustiques, indestructible et invincible continue son carnage de son côté : « ah tu m'as traité de poulet ? Tu vas le payer très cher. Tiens, prends ce coup de dard ».
Et pis, comme toutes les bonnes choses ont une fin, finalement la grognasse se suicide enfin en s'électrocutant, et Mosquitoman avec. M'est avis qu'elle avait vu la fin des Dents de la Mer II.

Au final, un flim assez rythmé, mais assez ennuyeux. Et vu le pitch de départ, je dois avouer que je m'attendais à beaucoup plus d'extravagances, d'où une légère déception.
Interdit aux moins de 16 ans. Quelle escroquerie ! Pas de gourgandine dénudée, pas de gore. Un poulet géant à tête de mouche pour nous donner des cauchemars, pas de rebondissement extravagant à la fin genre le flic neuneu qui devient un prix nobel de chimie et trouve le remède pour sauver sa chérie de l'affreuse mutation. Pas de transformation finale de la gonzesse pour bastonner le sticmou et sauver la planète, pas de musique nanarde pour hérisser les poils sur les bras, pas d'accouplement contre-nature entre la gourgandine-scientifique et la bête. Quel gâchis.

Enfin, projetons-nous quand même dans la salle de réunion de notre producteur véreux, à qui un scénariste au bord de la banqueroute propose : « j'ai une idée super originale : ça serait un type qui suite à un accident de laboratoire se transforme en insecte géant et tue les gens. En plus il serait invincible et aurait envie de fourrer de la moustiquette. »
Et le producteur : « génial, j'achète ».

Bonne nuit les zenfants,

Le nanaconda

http://www.sfmag.net/IMG/jpg/MOSQUITO_MAN-2.jpg

http://slasherp.nexcess.net/htm/reviews/stills/mosquitoman_04.jpg

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