Ptérodactyles

28/09/2006 15:35
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Le nanaconda bénisse la grille de rentrée de M6 !!!
Non contente d'ouvrir la porte au retour du flim de cuq du dimanche soir, à la grande joie des plus lubriques d'entre vous, elle offre surtout pour l'instant le retour des séries Z fauchées le jeudi soir en deuxième partie de soirée.
En deux semaines, grâce à la petite chaîne qui monte, le nanaconda a pu s'enchaîner deux chefs-d'oeuvre : MosquitoMan et Ptérodactyles.
La fiche que je vais vous livrer maintenant est honteuse car je n'ai pas vu Ptérodactyles en entier, la faute à la position allongée que j'avais adoptée, et qui m'a propulsé dans les bras de cette cochonne de Morphée. Pourtant, le Nanaconda a eu le temps de voir que cela était bon.
Dans le programme télé, une ligne m'avait sauté au visage comme une larve d'alien à celui de Sigourney Weaver : « film de .... Avec : Coolio ». Et je repensais avec bonheur et émotion à la prestation du rappeur has been dans le nanaresque Dracula 3000. Je ne pouvais décidément pas manquer Ptérodactyles, d'autant plus que j'ai toujours eu une âme de paléontologue (oui oui Nino, on sait ... :D).

Alors, déjà, le pitch est une insulte à l'intelligence humaine (donc à mon intelligence, pas la vôtre évidemment. Pas que vous ne soyez pas humain, chez vous c'est plus l'aspect intelligence qui pose problème) :
A la frontière arméno-turque, un volcan se réveille. Et quelques êtres vont bientôt s'éteindre.
En effet, la chaleur réchauffe des oeufs posés dans le coin depuis le Jurassique, qui, au lieu d'être des bombes chimiques de salmonelloses après quelques millions d'années hors du frigo, éclosent et donnent naissance à d'horribles ptérodactyles (là je parle surtout de la qualité des effets spéciaux).
C'est là qu'on se rend compte des solides bases scientifiques du nanar en cours. Comme chacun le sait (bon, je sais, mais vous pourriez au moins faire semblant de le savoir), les ptérodactyles étaient essentiellement des pêcheurs. Ben il s'avère que finalement, la chair humaine, ils kiffent (comme disent les djeun's et Laurent Boyer).
Et puis ils ont des ailes vachement coupantes aussi. La preuve, en voulant s'approcher d'un chasseur pour mieux le voir au début du flim, hop, l'un des ptérodactyles le coupe en deux, ce qui nous offre une scène de boyaux déversés dans la prairie. Classe.
Au même moment, dans la forêt turque, des soldats américains des forces spéciales cherchent à arrêter un terroriste. Ils sont emmenés par le plus mauvais acteur qu'il m'ait été donné de voir : Coolio. Tout y passe : visage inexpressif, petits coups d'oeil de gland sur le côté pour essayer d'imiter Bruce Willis, tentative de visage méchant et dur, Coolio ne sait plus comment faire pour nous montrer qu'il n'est pas et ne sera jamais comédien.
Détail nanar : avant d'attaquer les terroristes, les forces spéciales communiquent par radio, alors qu'ils sont postés les uns à côté des autres et pourraient se parler normalement.

Pendant ce temps, un prof de paléontologie veut aller explorer le volcan et se met en route avec son équipe de winners : son assistante dont il est follement amoureux, mais comme c'est une ancienne élève il ne veut pas la fourrer, 3 abrutis binoclards aux têtes de premiers de la classe, et une gourgandine écervelée qui est la fille du riche financier de l'expédition. Véritable stéréotype de la peste, elle exige par exemple en pleine forêt de se faire construire des toilettes pour y déposer sa royale miction en toute tranquillité.
L'un des glandus premiers de la classe trouve un arbre couvert d'hectolitres de pisse, c'est très étrange (« quel animal serait assez gros pour pisser autant ? »), mais le paléontologue s'en contrefout comme moi de votre dernière pipe.

Bref, ils font un campement, la gourgandine écervelée part se baigner toute seule dans un étang dégueulasse, un ptérodactyle l'attaque, elle plonge sous l'eau. Coup de bol, la radasse s'en sort car le piaf a oublié que scientifiquement parlant il est sensé savoir pêcher du poisson, alors de la morue il devrait pouvoir l'attraper facile !
Bref.
La gourgandine repart en hurlant, évidemment personne ne la croit jusqu'au moment où les zoiseaux attaquent le camp.
Là, remake de Jurassik Park avec la course-poursuite en jeep. Pis ils tombent sur des bandits/terroristes qui veulent violer les femmes du groupe pour je ne sais quelle raison, enfin bref leur mettre un bon coup de bite. Heureusement à ce moment là, les forces spéciales américaines et les ptérodactyles attaquent les méchants en même temps.
S'ensuit un beau bordel jubilatoire, puis les ptérodactyles s'en vont en emportant un des élèves dans leur nid pour le faire becqueter par les petits noizos.
Et le pire, c'est que tout le monde chez les survivants s'en branle. Ce qui n'est pas le cas quelques instants plus tard quand c'est la gourdasse au paléontologue qui se fait enlever. Là, tout le monde décide d'aller la délivrer. C'est malheureusement à ce moment là que je me suis endormi.
J'imagine très bien ce qui a pu se passer ensuite : ils décident d'escalader le volcan jusqu'au nid pour sauver la radasse du professeur, les derniers soldats meurent de manière pseudo-héroïque et/ou stupide, et à la fin le paléontologue la sauve, ils trouvent un moyen de tuer tous les ptérodactyles sauf deux oeufs qu'ils oublient (au cas où on voudrait une suite), et Coolio les ramène aux States où il devient leur témoin de mariage, un truc dans le genre. Ceusses qui ont tenu jusqu'au bout, je vous invite à me communiquer la vraie fin.

Je peux vous dire mes zenfants que je m'en veux terriblement de m'être endormi devant cette merveille. Seul petit bémol qu'on retrouve de plus en plus dans les prods amerloques : on a du boyau certes, mais pas de gourgandine dénudée, au mieux un maillot de bain. Et ça manque cruellement. Les amateurs confirmeront, dans la recette nanar, les tripes se marient très bien avec le boudin. Dommage. Pour le reste ils avaient tout bon : scénario stupidissime, dialogues extraordinaires, acteurs dramatiquement mauvais, effets spéciaux minables. Manquait juste la gourgandine dénudée.

Projetons-nous dans la salle de réunion de notre producteur cinéphile, à qui un scénariste raconte : « j'ai une idée géniale. Plus gros que Crocodile, plus nombreux que Dinocrocodiles, je propose un flim avec des Ptérodactyles qui tueraient tout le monde suite au réchauffement de leurs oeufs ».
Le producteur : « Mais ... c'étaient des animaux piscivores, non ? »
Le scénariste : « ah bon ? Merde, j'aurais dû me renseigner. Enfin bon on s'en fout non ? Personne ne le sait ! Et puis Coolio nous a dit qu'il était prêt à jouer dans n'importe quoi, ça nous fera un nom connu sur la jacquette du DVD. »
Le producteur : « oui c'est vrai on s'en fout. Géniale votre idée, j'achète ! »

Bonne nuit les zenfants

Le nanaconda


PS : je vous encourage vivement à visiter l'univers du Nain Dien ,qui, si l'on n'y trouve point de ptérodactyles, vous proposera néanmoins un voyage linguistique bien agréable.
chez le Nain Dien

Commentaires (8)

Flux RSS 8 messages · 203 lectures · Premier message par jeanclaude · Dernier message par anaconda

  • Un très bon film !

    La fin (sous réserve): ils partent bien récupérer la gourgandine.
    En chemin, ils se font attaquer par les ptérodactiles, il y a des pertes, notamment le binoclard et la femme militaire.
    Le paléonthologue est très malin, il a remarqué que les ptérodactiles agissent comme les rapaces: il y a un mâle dominant et ils sont diurnes.
    Ils profitent donc de la nuit pour escalader pépère le volcan. Entre temps, la gourgandine a eu un peu de répit, on voit le 1er élève emporté dans le nid gîsant les boyaux à l'air et se faire bouffer par les bébés ptérodactiles. Grandiose !!

    Finalement ils arrivent à sauver la cruche, le terroriste se fait buter par un piaf. Il doit rester le paléontologue, sa greluche et Coolio au final. Par contre, impossible de me souvenir comment ils éliminent les ptérodactiles, je suppose qu'ils butent le mâle dominant.
  • Formidable !On m'aurait aussi raconté un stratagème avec un mouton mort pour traverser le précipice. Tu confirmes ?
  • je confirme !!!

    ils escaladent le volcan de nuit mais il reste un ravin à franchir pour atteindre le nid. Ils attrapent un mouton et l'accrochent à une corde. Au matin, les ptéro se réveillent et choppent le mouton, le ramenant au nid. Leur plan génial a fonctionné !!! Ils peuvent franchir le ravin le long de la corde, le mouton faisant contre-poids :-))
  • Mortelle la technique du mouton mort !!!
  • Dommage que tu aies loupé la fin, et du coup une des plus belles scènes du film. On voit le gars dans le nid, allongé les tripes à l'air, en train de se faire bouffer les intestins par les bébés. Mais il est toujours vivant, gémissant juste de douleur :-))
  • Ah ouais petite allusion mythologique à Prométhée, très bon !
    Je vais acheter le DVD ! :o))
  • Moi aussi, je vous encourage vivement à visiter l'univers du Nain Dien que je kiffe plus mieux que Coolio et que même que je trouve que c'est un mec super qui écrit trop bien avec des phrases et des points virgules et tout. Plus sérieusement (ah bon ?), cette parenthèse Star-Caca-Démis-ienne mise à part, vivement que j'offre à ce gredin de David Alleen, chroniqueur gros niqueur chez nous, "Le Monde Perdu" de 1925 en DVD ; (vous voyez quand je vous parlais de point virgule) ainsi, il y aura également du ptérodactyle... et muet, de surcroît !
  • Pourtant, le cri du ptérodactyle vaut son pesant de nougats...

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