L'antre de Frankenstein

26/01/2006 17:01
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Téléflim de Peter Werner, 2h30.

C'est sur des bases extrêmement ambitieuses que commence le projet « l'Antre de Frankenstein ». Un scénario complexe, un budget qui dépasse allègrement les 100000 dollars, des effets spéciaux à faire pâlir de jalousie « Mosquitos » (flim que je vous raconterai un jour si vous êtes sages), le tout s'annonce indigestement savoureux.
Dans ce téléflim, Peter Werner réussit l'exploit, légèrement capillotracté certes, de réunir trois monstres légendaires du cinéma fantastique : la créature de Frankenstein, le loup-garou et le Comte Dracula. Rien que ça, c'est énorme. Le pitch maintenant.
Los Angeles est terrorisée par des crimes terribles, commis par celui que la presse surnomme le « rapace de minuit ». De son côté, Grace, une jeune gourgandine écervelée, se fait attaquer et mordre par un mystérieux loup. Evidemment, je vous le donne en 1000, c'était un loup-garou, et elle se chope la malédiction sans le savoir et devient une louve-garoute.
Là, on découvre le héros (héros parce que personnage principal, en vrai c'est une buse), un flic qui répond au doux nom de Coyle. Il prend la jeune gourgandine écervelée pour une allumée, et aimerait se contenter de la prendre d'ailleurs, quand elle lui raconte que ce n'est pas un « simple chien » qui l'a attaquée. Revoici la règle nanaresque d'or : ce n'est jamais un « simple » chien/loup/requin (rayez la mention inutile) qui agresse les personnages.
Parallèlement à cette histoire, on fait la connaissance d'un richissime homme d'affaires de Los Angeles, Crispian, un peu bizarre, qui possède un bar gothique super branchouille, « l'antre de Frankenstein ». Ce bar, c'est son joujou, son kif comme disent les djeun's et Laurent Boyer. Et le Crispian, il est tellement allumé qu'il est persuadé que le bouquin Frankenstein de Mary Shelley est une histoire vraie, et que si à la fin du bouquin, la créature part dans les glaces, ça veut dire qu'elle est encore quelque part en Antarctique. Et il finance une expédition scientifique pour le retrouver, parce qu'il trouve que Frankenstein dans un glaçon, ça en jetterait un max dans son bar (véridique). Donc là, son expédition scientifique, y en a pas un dedans pour lui dire qu'il est fondu grave, le Crispian. Et évidemment, après avoir exploré les 14 107 637 km² de l'Antarctique en deux jours et demi (soit grosso merdo 28 fois la France, je le rappelle à vos cerveaux malades), il retrouve le Frankenstein dans son bloc de glace.
Là je fais une parenthèse Mel brooks. Ceux qui ont vu le film Frankenstein Junior, ça vous a pas fait marrer l'an passé la « polémique » sur comment prononcer la directive européenne Bolkestein ? Evidemment ceux qui n'ont pas vu le film, vous ne comprendrez rien à cette allusion et ce bon mot entre gens cultivés, mais je n'y peux rien et vous me voyez désolé de vous remettre face à votre puits d'ignorance. Fin de la parenthèse Mel Brooks.

Une fois le Frankenstein ramené au labo, tout le monde part se coucher. Evidemment la glace fond, tu penses, et le Frankenstein se réveille, tu repenses !
Donc il défonce la porte et se barre. S'ensuit un remake des Visiteurs, puisque le Frankenstein bouffe un sandwich avec le cellophane et comprend pas qu'il doit payer pour partir d'un magasin avec des godasses. Complètement neuneu le bestiau. Je fais une parenthèse pour souligner et applaudir la tolérance et l'ouverture d'esprit des LosAngelessiens, puisque en plein jour, pas un ne se retourne ou ne s'affole à la vue d'un type immense, verdâtre et balafré de partout, et qui doit schlinguer le cadavre à 10km. Finalement le Frankenstein se pote avec un clodo.
Pendant ce temps, Crispian est très colère d'avoir perdu sa franken-déco. Et là on se rend compte que le Crispian c'est Dracula, aka le rapace de minuit, et son homme de main le loup-garou du début. Et le Dracula veut récupérer son Frankenstein plus la louve-garoute, tous deux en cavale dans la nature. S'ensuit la meilleure scène du téléflim, quand Crispian se transforme en vampire, c'est-à-dire qu'il ressemble à une grosse chauve-souris toute grise avec quelques poils noirs sur les épaules. Et, majestueusement, il fait semblant de voler au-dessus de la ville endormie. On voit donc cette ridicule grosse chauve-souris grise et velue, la Batman du pauvre, battre mécaniquement des ailes au-dessus d'un tapis déroulant censé représenté la dite ville endormie. Le tout avec un couic-couic de circonstance. Je n'ai jamais su si le couic-couic venait des ailes mal huilées ou des difficultés à faire défiler le tapis/ville endormie.

Le problème, c'est que là aussi le Werner il devait avoir obtenu une rallonge de budg', parce que son flim est très long et la deuxième partie, passé le ridicule du scénario dans la première et le fou-rire devant « le vol de la chauve-souris » (un titre que n'aurait pas renié Rimsky-Korsakov), est particulièrement chiante et insipide. Evidemment, la gourgandine écervelée se change en louve-garoute, le flic essaie de la protéger contre Dracula/Chauve-souris pendant que Frankenstein est pas content parce que Mighty Mouse lui a buté son copain clodo...
Un téléflim à ne pas rater au moins pendant une heure en raison du scénario qui mérite le Goncourt et des effets spéciaux lamentables. En plus il passe une fois par an sur M6, alors pas d'excuses.

Et maintenant, projetons-nous dans cette salle crasseuse où un scénariste coké et surendetté présente son projet à un producteur cinéphile : « c'est l'histoire d'un vampire pote avec un loup-garou, qui possède un bar et qui se met en tête de retrouver Frankenstein parce qu'il ferait très bien dans ce bar ».
Et le producteur : « génial, j'achète ! »

Bonne nuit les zenfants.

Le nanaconda

La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous raconte Crocodile, du cultissime Tobe Hooper.

http://www.southcoasttoday.com/daily/11-97/11-01-97/frank.gif

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