Critique : Coyote Girls

Un navet (paraît-il) que le Nanaconda n'a jamais vu. C'est pas ça qui va l'empêcher de le critiquer, nom d'une pipe !
Dans son cerveau malade, le titre lui laisse entrevoir un mauvais Z, rempli de coyote-garoutes... Et tant pis pour le vrai pitch.
Après le Loup-Garou de Londres mettant en scène un loup-garou à Londres, il y avait eu le loup-garou de Paris, qui s'ouvrait déjà à la parité puisqu'il y avait des louves garoutes, à Paris vous l'aurez compris. Coyote Girls pousse le principe encore plus loin, et montre que le concept de la lycanthropie n'est plus un bastion machiste, tout en l'adaptant à la culture américaine (c'est-à-dire le Far West). Dans ce film qui est tout sauf un chef-d'oeuvre, ce sont des coyotes garoutes à qui nous avons affaire. En effet, il y a très peu de loups en Amérique, et les études confirment que statistiquement, on a plus de chances de se faire mordre par un coyote, garou ou pas, que par un loup, garou ou pas.

C'est donc sur des bases scientifiques solides que commença le projet Coyote Girls. Mais le réalisateur David Mc Nally, connu pour avoir passé trois jours dans un loft en 2001 sous le pseudo de David tout court, ne parvient pas à convaincre les producteurs des chances de succès de son film. En effet, vous conviendrez qu'un coyote, esthétiquement et mythologiquement parlant, est beaucoup moins impressionnant qu'un loup, faisant à peine plus peur qu'un fennec. Au pire a-t-on envie de lui donner un bon bain et quelques Frolics à grignoter. Mais je m'égare, revenons-donc à nos moutons, ou plutôt à nos Coyote Girls (comme pourrait dire sans problèmes un auteur pseudo-comique travaillant pour Michel Drucker, ou tout simplement Laurent Boyer).

Au départ, ce sont quatre vulgaires blondes américaines comme on en voit dans tous les téléfilms moyens, c'est-à-dire qu'elles sont fortes en hanches et siliconées en poitrine. Puis, dans des conditions qui restent assez obscures je dois l'avouer, elles se font mordre tour à tour par un coyote garou. Elles deviennent alors d'abominables créatures (dans tous les sens du terme vu la pauvreté des effets spéciaux), ce qui est assez dommage d'un côté puisque c'est le seul moment où on peut les voir à poil(s). Sous leur apparence canine elles sont recherchées par la police et une foule de paysans apeurés et armés de torches et de fourche, et leur portrait est diffusé dans tout le pays. Connues par leurs pseudos Pluto, Lassie, Rintintin et Milou (qui est belge d'origine), elles commettent des crimes plus ou moins atroces (voir la scène du milieu où Lassie court et aboie derrière le facteur ou lorsque Milou se frotte au pantalon d'un adolescent boutonneux qui n'est pas sans rappeler le personnage du bigleux des petites annonces d'Elie Semoun. A mon avis il y a plagiat) et finalement elles se font emmener et enfermer dans un chenil à la SPA. La fin est amorale à souhait puisque Pluto se fait abandonner, attachée à un cactus le long de la route 66, pour reprendre le bon vieux thème final de la route et de la liberté présent dans quasiment tous les films made in US depuis 70 ans.

A voir pour les amateurs de mauvaise science-fiction, curieux de voir enfin des femmes subir d'affreuses mutations non darwiniennes, à oublier pour les autres.

Critique diffusée également sur e-kritic.com

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