Chroniques d'un confiné alsacien, acte#7

30/03/2020 15:12
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Riewele Supp’.
« Dis Papi, pourquoi t’as plus de cheveux ? »
« Alors, ma petite, c’est parce que pendant le confinement de 2020, dans un de mes textes, j’avais dit que ma chérie s’était levée à 14h00. Et j’avais menti. »
« Ah. Et alors ? »
« Elle me les a tous arrachés après. »
« Dis, tu me racontes comment c’était le confinement ? »
« Oh ben, on était chez nous, enfermés. Il n’y a que peu de gens qui pouvaient sortir : Ceux qui soignaient, ceux qui aidaient, ceux qui nourrissaient. Et ceux qui vérifiaient que ceux qui devaient rester chez eux, l’étaient bien ! »
« C’est compliqué dis donc. »
« C’est toujours compliqué, avec les gens. »
« Dis Papi, et c’est là qu’on a arrêté de manger les pangolins ? »
« Oui »
« Et les chauves-souris ? »
« Aussi. »
« Et les wombats ? »
« Pareil. »
« Et les schnäke et le munster ? »
« Euh…non. Ça, on a encore continué après. »
« Ah. Et les gens avaient peur du méchant COVID ? »
« Non non. On était tous très courageux. On s’entraidait tous, et on se partageait le peu qu’on avait, dans les supermarchés. Enfin sauf le papier-toilette et les späetzle. Mais on se serrait les coudes. »
« Ah ? Mais ce n’était pas interdit, de se serrer les coudes ? »
« Si ! C’est une expression. Ça veut dire qu’on se donnait des coups de main. »
« Ah ? Mais ce n’était pas interdit, ça aussi, les coups de main ? »
« Aussi ! On s’aidait mutuellement, en respectant les gestes barrières. »
« Et après alors, vous étiez contents quand vous avez gagné la guerre? »
« Ah oui ! Très contents. D’abord, on est sorti progressivement, chacun à son tour. Puis bien plus tard, à la fin de l’été, on a fait une grande fête, partout dans le monde. Nous étions tristes pour les gens tombés au front, mais aussi emplis d’espoir pour l’avenir. »
« Et c’est là que tu as pris les photos marrantes ou vous étiez tous avec les masques rigolos chez Tatie Betty? »
« Oui, c’est ça.»
« Et c’est là que tout a changé ? »
« C’est là que ça a commencé à changer. L’écart entre les riches et les pauvres a diminué, parce que ceux qui n’avaient pas grand-chose avant, n’avaient que peu perdu. Et ceux qui avaient tout, ont eu beaucoup moins ensuite. »
« Ah. Et alors, on n’a plus brûlé les arbres ?»
« Non. On les a replantés.»
« Et on n’a plus réchauffé de trop la Terre ? »
« De moins en moins. »
« Et pourquoi vous avez attendu si longtemps ? »
« Pour se rendre compte de ce qu’on a, il faut parfois qu’on nous l’enlève pendant un temps. »
« Dis Papi, tu me racontes la légende ? »

« Nous sommes en 50 après J.C.*. Toute la France est occupée par l’épidémie, et son terrible chef, Coronavirus… Toute ? Non. Un village peuplé d’irréductibles alsaciens résiste encore et toujours à l’envahisseur… Dans ce village, personne n’attrape le virus et on ne sait pas pourquoi.
* Jours de Confinement
Le chef de la France Macronix, et ses fidèles généraux Castanerus et Véranus, cherchent par tout moyen un remède. On a d’abord pensé qu’il viendrait d’un druide de Massilia, Raëlix, mais sa recette, la chloroquine, ne fonctionnera pas.

Alors, on s’intéresse à ce tout petit village, et on essaie de comprendre pourquoi, là-bas, personne de tombe malade. Et on découvre qu’une mamama, tous les matins, dans un grand chaudron, cuisine une potion magique, la Riewele Supp’. Et comme elle en donne à tous les habitants, on en déduit que c’est ça qui protège du virus. »

« Et alors tout le monde va en manger ? »

« Oui. A partir de ce moment-là, partout dans le monde, on déclare qu’avec Madame Liébix, on ne dîne plus, on soupe ! Et c’est pour ça que tu dois, toi aussi, terminer ta soupe…»

[N.D.L.R. : Une pensée pour Uderzo.]

Allez sälu !

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