Mélodies Nelson...

02/04/2012 21:42
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Il aurait eu 84 ans aujourd'hui... eh oui déjà...

On croit tout connaître de cet esthète touche à tout et tour à tour peintre, pianiste, pyromane, chanteur, acteur, écrivain, cinéaste magnifique.

Ce qu'on sait moins, c'est qu'il a écrit ses plus belles chansons en se souvenant de Brahms, Chopin, Grieg ou Dvorak.

Chopin, dont il s'est servi pour au moins trois chansons :

« Lemon incest » (1984, chanté par Charlotte et Serge), c'est l'« Etude n°3 op.10 »
« Dépression au dessus du jardin » (chanté par Catherine Deneuve), c'est l'« Etude en fa mineur n°10 »
« Jane B » (1969, chanté par Jane Birkin), c'est le « Prélude pour piano n°4 en mi mineur »


1968 : Une symphonie pour rompre avec Brigitte Bardot

Ecoute-t-il alors la « Symphonie n°9 dite du Nouveau Monde » de Dvorak ? En tout cas c'est le thème du premier mouvement que l'on entend dans « Initials BB » (1968), la chanson qu'il écrit lors de sa rupture avec Brigitte Bardot (le thème survient au bout de deux minutes)


C'est en écoutant Boris Vian, un soir, qu'il se dit qu'il peut faire quelque chose dans cet Art mineur qu'est la chanson.
Et cet art mineur, il a su l'accommoder comme personne avec l'art majeur, puisant thèmes et mélodies dans la musique classique.
« Lost song » (1987, chanté par Birkin) emprunte à la « Chanson de Solveig » d'Edvard Grieg ;
« Charlotte forever » (1986, chanté par Charlotte et Serge), c'est l'« Andantino pour piano n°5 » de Khatchaturian ;
« Requiem pour un con » (Serge, 1968) pique le finale de la « Symphonie du Nouveau Monde » de Dvorak ;
« Baby alone in Babylone », nouvelle chanson de rupture, cette fois avec Jane Birkin, c'est le 3ème mouvement de la « Troisième symphonie » de Brahms...


Un sens du rythme incroyable, un sens du mot prodigieux, un sens du collage et du pastiche ébouriffant : le texte d'« Initials BB », c'est « Le Corbeau » (1845), un poème d'Edgar Poe revu et corrigé par Serge Gainsbourg. Le tout sur la « Symphonie du Nouveau Monde » de Dvorak.


Et tout cela sonne comme du Gainsbourg. Car en réalité, c'est du Gainsbourg... Et sur son Steinway figuraient côte à côte des portraits de Chopin et de Sid Vicious... Le paradoxe du romantique rebelle, résumé en 4 mots : "Requiem pour un con."


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