February 2006


Vous ne méritez pas les araignées

23/02/2006 03:12
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Il ya quelques années, juste avant que je ne fracasse ma dernière télé contre le mur (un dimanche sur TF1, vers 11h30) il m'arrivait de tomber sur l'émission 30 millions d'amis. A part Thierry Roland sur Téléfoot, c'était l'un des seules (la seule ?) émissions de la télévision française à avoir une mascotte, Junior (successeur de Mabrouk). Le générique, très facile à retenir, finissait avec les deux toutous dans leur exercice favori, le saut d'obstacle hippique. Après ces images époustouflantes, l'émission ronronnait généralement avec des reportages sur quelques paisibles mémés amies des animaux. Enfin, l'émission se terminait avec des images de petits prisonniers des refuges SPA, à adopter d'urgence. De quoi tirer des larmes à n'importe quel trafiquant de fourrures !
Je parie un chat empaillé que l'émission n'a pas changé d'un poil.

Loin de moi l'idée de me moquer des ami(e)s des animaux. Leur tendresse a mille fois autant sa place à la télé que les sentiments frelatés de Barbie pour Ken dans les Feux de l'Amour (vous connaissez aussi ?). D'ailleurs, il m'est arrivé...vous le repétez pas, si ça sort de la Stub je saurais que c'est vous...d'ailleurs, il m'est arrivé moi-même d'étudier avec un intérêt, non dénué d'émotions, les comportements de jeux chez un chat prépubère. En gros, mon minet qui joue avec un bouchon. Donc, rien de ridicule dans 30 millions d'amis. Quoique, il me revient vaguement, comme d'un vieux cauchemar, des images d'enterrements de chiens célébrés par des curés, mais, hum, passons.

Par contre, j'aimerai qu'on m'explique par quel cheminement les ami(e)s des animaux font la distinction entre les bestioles fréquentables (chien, chat, poisson, oiseaux..) et les autres. Car, qu'on ne me raconte pas d'âneries, "30 millions", ça fait seulement référence aux chienchiens et minets de France, pas aux bactéries qui vivent sur le bouton de votre souris, ou les cafards dans votre immeuble. Il est vrai que, peut-être, ces bêbêtes-là offent leur amitié à n'importe qui. Mais pourquoi des animaux complexes et doués de sens comme, par exemple, les araignées ou les scorpions, ne feraient pas des amis sincères ? Et les animaux de ferme ? Rien que le cheptel de porc français représente 30 millions de coeurs solitaires !
On m'objecte l'intelligence ? Considérez un instant une toile d'araignée (oui, celle-là, sur la poignée de l'aspirateur, ça ira très bien). Maintenant, jetez une pelote de laine à un chat. Alors, qui est le plus con ?

http://www.photosdouret.be/landes2005/slides/foret%20landaise.JPG
Merveille du camouflage : la rastacouère des bois

Bien, bien..sur ce, je vous laisse, mon petit Philodendron angustisectum a besoin de beaucoup de sommeil.

Je ne ferai pas le tour du monde

23/02/2006 00:31
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N'est elle pas désespérante, la naïveté de celui qui veux faire le "tour du monde" ? Ou même celle du modeste qui se contentera de "faire" tel pays, les bagages lourds de ses fidèles préjugés ? Et puis vite s'il vous plaît ! Là, on se fiera aux plus avertis pour planifier le Blitz : par ici, deux semaines suffiront ; par là, une ruine, la chaleur inoubliable des autochtones vous retiendront bien une semaine de plus.

Et puis on revient vite, convaincu d'avoir tout vu et tout senti. Bon sang, on les entends d'avance, les souvenirs de ces Stendhal ou du Bellay de gouttière. Ils tiennent en une carte postale (pas belle, d'ailleurs). Bouffe. Pognon (le leur). Les pauvres / riches...il paraît qu'il y en a aussi au bout de la ligne de bus, mais c'était bien trop près. Pasque l'étranger, ça en fait des souvenirs ! Car il faut absolument - l'auditoire l'exigera, en général - se répandre en détails sur ses demies-émotions, ses considérations ethnologiques, ses fulgurances géopolitiques...peut importe à vrai dire, la quantité suffit. L'exotisme fait le prix. Même si c'est du vite-fait mal-fait, on le goutera autant que les témoignages des vrais pas-de-chez-nous étrangers, qui ont, eux, le mérite d'être authentiques, et d'être dit avec un accent mignon. Mais c'est qu'il FAUT avoir une opinion, tout comme dans les cinq minutes qui suivent un film, d'ailleurs - n'importe quel film !

Premièrement, la cuisine : Certes, l'Homme est omnivore. A priori, on peut donc survivre à une platrée de riz un peu louche ou à un piment tropical. Mais rien n'empêche de s'en plaindre...Prenant en pleine gueule la gifle de l'altérité, le tour-du-mondiste se pose alors cette grave question : comment le reste de l'humanité peut-il survivre sans un steack-frites quotidien ?
Deuxièmement, comment j'ai dépensé mon argent : Il faut absolument raconter l'extrême pingrerie des autochtones, leur invraisembable goût pour le marchandage - sur le ton de la confidence, de globe-trotter à citoyen du monde. Manière de dire que, oui, évidemment, on avait de quoi voir venir, mais qu'on ne s'en est pas laissé compter. Il est très utile, dans ce contexte, d'exhiber un machin souvenir. Indiquer le prix, d'un air dégagé -qu'on convertira à voix haute, mais très rapidement : Voyageur1 "300 fifrelins à 0.187 euros, ça fait .. " Voyageur2, condescendant "voui, à peu près...". Lorsque tout le monde est d'accord, débattre du prix, sur l'air d' "On refait le match". Qu'est-ce qu'on rit ! On en vient alors, à la faveur d'une petite pause digestive générale, au...
...troisièmement, les étrangers sont riches/pauvres ! : croyez le ou pas, la France est le seul pays au monde à avoir le PIB de la France. Une inépuisable source d'étonnement, pour celui ou celle qui évoluait jusqu'alors dans un monde rempli de foie gras et de cartes 12/25 - de grands luxes et minuscules misères.

Eh, ça va sans dire, l'intérêt de tout ça augmente avec la distance. On ne va pas faire la soirée avec la fabrication du roquefort chez les bouseux. D'ailleurs, on n'imagine pas qu'une culture épatante ait pu pousser devant sa porte ! Ca se saurait, voyons. Quoique, en même temps, l'Albanie ou le Daghestan, même si c'est loin...y a des noms qui inspirent moins, quand même. Par contre, prendre un thé à la menthe à la mosquée de Paris en hiver, c'est comme boire une Kronenbourg au bord du Bosphore : le pied. A faire de toute urgence.

http://olorinsworld.free.fr/japon/japon256%20185.JPG
Paysage d'Albanie

Bon ben voilà, ça me révulse, de toutes les fibres de mon corps de pecno qui est né quelque part. Comme le dit en substance un fameux proverbe bantou que j'ai oublié, il faut passer mille fois sous le même arbre pour trouver la morille de la journée. Et puis, il faut à coup sûr vivre plus que 24 ans dans un pays pour arriver à prédire une élection. Et combien plus pour arriver à déminer et comprendre un supporter de l'OM ? Alors qu'est ce que j'irai foutre ailleurs ?

Zottel, qui n'est absolument JAMAIS parti en vacances, qui ne quitte JAMAIS, JAMAIS l'Alsace et qui adore le piment.

Qu'on me rende mes santons

06/02/2006 02:32
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Avis aux caricaturistes danois : dans ma famille, la période de Noël ne se prête pas trop à l'humour sacrilège.
Par exemple, la composition de la crêche était un sujet sérieux.
Comme les Legos, d'ailleurs.

Nous étions bien embarassés avec l'âne : bien avant que je ne m'eveillât à l'importance du rite, il lui était arrivé un terrible accident qui l'avait laissé mutilé d'une patte. Ma mère consacrait une partie de l'Avent à caler notre âne tripode entre le mur et le "petit" Jésus (notre spécimen était particulièrement dodu : ramené à la taille du boeuf, je dirais 300-400 kg. Le portrait de Son Papa ? En tout cas, on comprends où passait le pognon des Rois Mages). Pour la distraire un peu entre deux fournées de bredalas, mon frère ou moi aidions parfois l'infirme à tomber. Et pourtant, eu égard à son rôle majeur dans l'Evangile (faites souffler une truite à la place, et c'est la pneumonie !) , elle ne nous permit jamais de l'équiper d'une prothèse. Eh oui, une jambe de bois d'allumette aurait fait désordre dans tout ce sacré.

Tout comme le Jésus aux hormones, ses rois mages étaient un peu hétéroclites. Sauf.. si on les rangeaient par taille décroissante, avec Averell au premier plan. En vue rasante, et en voulant y croire, on avait une impression de perspective. A défaut de foi, l'imagination enfantine y suppléait avantageusement...

En plus de tourmenter son âne, nous allions parfois jusqu'à poser à ma mère d'épineux problèmes théologiques. D'après le Canon maternel, la laisse du chameau qui suivait Melchior (ou un autre) devait être relachée. Mon frère et moi penchions plutôt pour l'hypothèse suivante : après des centaines de kilomètres à suivre trois illuminés, un chameau est de mauvaise humeur. Surtout à minuit passé. Dieu ou pas (comme dirait l'autre)! Nous étions donc partisans d'une laisse tendue. Les Evangélistes ne nous aidaient pas vraiment à trancher... A force de va-et-vient laisse tendue/laisse relâchée, notre santon a sûrement fait autant de kilomètres que le vrai (bon, nan... mais presque).

http://images.google.fr/images?q=tbn:t9-WG6q1nR8VbM:www.quebecweb...

Et les moutons ? me direz vous. Sans doute pas les santons les plus importants, mais les plus nombreux. D'ailleurs à l'école, nous avons tous été berger dans une crêche vivante, non ? si ! (sauf les moins éveillés, qui faisait mouton. D'autres encore faisaient Joseph/Marie/Roi mage - les sales petites ordures) Eh bien le santon du berger est explicite : en position de marche, ployant sous le poids de l'agneau sur ses épaules... on comprends qu'il vient d'arriver. Mais ma mère s'acharnait à placer les moutons, non pas en troupeau, mais éparpillé autour de la crêche. Etait-ce pour de sombres raisons de symétrie du buffet ? Etait-ce à dire qu'ils s'étaient dépêchés pour être sur la photo ? Avaient-ils flairé le coup et devancé les bergers, voire la fameuse étoile ? D'ailleurs, dans ce cas, combien d'heures séparaient leurs arrivées ? Je me souviens par exemple qu'un spécimen à la piété douteuse était affalé sur le côté, la panse gonflée de gras ray-grass de Judée...

Depuis un ou deux ans, les passions se sont apaisées. Ma mère a acheté une de ces crêches toutes faites, riquiqui, d'un seul tenant. Je suis désolé, c'est pas ressemblant. On s'attends à tout moment à en voir sortir un coucou. C'est bien simple, je la hait (pas ma mère, la crêche). A moins... qu'elle ne tombe par terre..

Compartiment non fumeur s'il vous plaît

05/02/2006 21:47
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D'ordinaire, lorsque je parcourais le stub, il me fallait déjà ignorer les piles de lectures urgentes qui me soulevaient les coudes.

Depuis les stublogs, je dois en plus affronter le "Quel dommage gnagnagna" lourd de reproches de ma page d'accueil ! Mais laissez moi, enfin ! Alors tant pis, je fais un billet, ça plaît pas je m'en fous, je risque tout, c'est trop insoutenable. L'anonymat aidant, je vais enfin pouvoir me soulager d'un peu de ma mauvaise conscience - mauvaise conscience de non-fumeur, pas de glandu.

Mon père est lui même un non-fumeur résolu : rebelle à rebours, il avait subit 20 durant les rejets toxiques de mon grand-père (65 ans de clopes sans tumeur, qui dit mieux). Ne parlons même pas du traumatisme des travaux forcés dans les champs de tabac (qui a par ailleurs durablement contrarié ses aptitudes à la flemme). J'ai donc grandi entre cet ours sage, soucieux de ses poumons, et ma mère soucieuse de tout comme il se doit.
L'importance de mon propre souffle m'était apparu à l'évidence lors d'inoubliables sorties hivernales en forêt, où je peinais à suivre le pas lourd et regulier de mon ancien, et à exhaler d'aussi gros nuages. Je considérais avec un peu de pitié mes camarades dont un des parents présentait tous les stigmates du vice : regard fièvreux, doigts jaunes, dents jaunes, moustache jaune, minceur suspecte, passions tristes, enfants repoussants, enfin je ne vous apprends rien. D'ailleurs, il m'arrivait souvent de vomir dans les voitures de mes oncles fumeurs, rien que pour marquer ma réprobation (enfin surtout dans les virages).

Quelle surprise lorsque les premières cigarettes débarquèrent dans la classe. La fille en question "crapotait", comme m'avait expliqué, sous le sceau du secret, quelqu'un de bien informé. Concrètement elle toussait et eructait dans sa main, sans trop de honte car le prestige du fumeur faisait tout oublier. Nous autres nous sommes soudainement aperçu du profond ridicule de garder sans arrêt ses mains dans les poches, ou même d'avoir les bras ballants. D'ailleurs, j'étais pressé d'être adulte pour ne plus penser à ces p..s de bras qui trahissaient tout de mes trouilles d'attardé pusillanime.
Enfin, je resistais, en prévision d'une carrière de coureur des bois qui ne tarderait pas à décoller...

Plus tard, la même camarade fut surprise avec une authentique FEUILLE DE CANNABIS, qu'elle avait malencontreusement glissé dans son cahier de texte ! Cahier que par hasard elle faisait passer dans la classe sous divers prétextes. Dés lors, le fossé culturel entre "eux" et "nous" devint énorme. Leurs souvenirs de murges follement décadentes parvenaient jusqu'à nous. Nous, pauvres cons, soit coincés, soit désargentés, soit stupidement élevés dans le culte d'Antoine Pinay et l'amour de l'épargne. En partie vaincu, je cédais à la tentation de la première bière, ce que je justifierait aujourd'hui en excipant de mes origines alsaciennes. Par contre, je gardais tout mon empire sur la fumée (enfin c'est relatif, hein, essayez de passer une soirée en apnée, vous verrez !)

Vinrent les premières années sérieuses. Souvent j'enviais la nonchalance de mes camarades, qui excécutaient les devoirs avec le sang-froid d'un Djorkaeff devant les buts. Les mêmes résultats me coutaient 50cm d'ongle, 100g de peau de pouces, pas mal de pellicules et 1-2 envies de suicide. Mais bon..pour tout avouer, je me sentais bien vieux pour demander le mode d'emploi (aspirer, souffler, quels orifices ?). Je ne m'imaginais pas dans ma salle de bain en train d'éructer et de baver (comme j'avais vu faire le pépé) en défiant Dieu et mes muqueuses en révolte "Aaargh..mais j'y arriverai !". Je redoutais aussi de m'emcombrer de cette dépendance, alors que j'oublie déjà régulièrement mes papiers, billets de train, cours de biologie. En revanche, j'enregistrais fébrilement toutes les connaissances utiles que je pouvais sur le sujet (yeux rouges, importance du nombre de feuilles), histoire de faire illusion au besoin. Peine perdue, je passai lamentablement au travers des modes grunge et roots et autres, avec la classe d'un idiot rural.

Et puis, insensiblement, mes ami(e)s ayant changé et/ou vieillis, j'ai cessé d'être un paria (séchez vos larmes). La chanson de Stupéflip "depuis que .." résume bien leur attitude. Bref, je dois me farcir en silence leurs souvenirs d'anciens combattants (est ce que je vous gonfle avec mes souvenirs, moi ? oui ? ah bon). Les conversations sur la dépénalisation me laissent totalement désemparé. Et le comble, je dois parfois consoler l'un(e) ou l'autre qui m'explique combien c'est pénible d'arrêter.
Bordel, je vous aime, mais est-ce possible que vous ayez été aussi conformistes ? Bon, et puis vous pouviez pas obéir à vos parents comme tout le monde ? Non, je ne fumerai jamais, na, vos abjectes toxines ne viendront jamais avilir mon frais minois et mes poumons très jolis aussi ! Ai-je raté ma vie ? Pourquoi je suis essoufflé aussi, des fois, c'est pas juste ! Pourquoi ?
Pourquoi ? (a y est, la panne sèche)
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