Ohème


Hemat'OM, une histoire de bleus

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Aujourd'hui, Monsieur Furlan était de mauvaise humeur. Pas parce qu'il n'y avait aucun journaliste pour lui courir après, non, ça encore, il arrive à supporter, mais parce que, visiblement, le match contre l'OM, ça le stresse. Et pas qu'un peu mon neveu. C'est que son souci principal, c'est de mobiliser les gars pour jouer le choc entre le Marseille de l'Est et le Strasbourg du Sud. Je dis « le choc », mais quand on voit les supporters au stade, entre les bleus et blancs d'un côté, les blancs et bleus de l'autre, avec leur maillot de l'OM et l'écharpe du RCS, je devrais plutôt dire le « derby ». Des fois on se demande même qui joue à domicile...


Bref, le coach était en rogne. Il faut dire aussi que les gars, ils y ont mis du leur ! D'abord, c'est Johansen qui, le premier, s'est fait remarquer, comme d'hab'. Dès qu'il a appris qu'il allait jouer contre son ancien club, il a subitement eu mal aux fesses, tellement il en a chié dans son froc. Enfin, c'est ce qu'on croyait jusqu'à ce que l'homme médecine-magnétiseur-guérisseur du club, François Piétra, nous dise la raison des douleurs à Pagalou : "Je suis formel : les problèmes de Pascal sont dus aux pratiques vaudoues de Pape Diouf, qui a piqué la marionnette de Johansen à cet endroit-là, pour venger les Marseillais et pour l'empêcher de jouer contre l'OM". En même temps, on ne nous enlèvera pas de l'idée que c'est ce douillet de Pagalou qui s'est fait porter pâle, parce qu'il ne voulait pas jouer arrière droit, comme le lui avait demandé Monsieur Furlan. Piétra nous a même proposé de faire comme lui, d'imposer nos mains à l'endroit de la douleur à Johansen, mais on n'a pas insisté. Enfin, bref, on ne sait pas toujours pas s'il jouera ou pas, le Pascal, alors que, pour Gmamdia, on sait. Pour lui, même les talents de guérisseur de Monsieur Piétra n'ont rien pu faire !


Ensuite, il y a les gamins. A la fin de l'entraînement, j'en vois trois qui continuent à courir autour du terrain, en faisant la gueule. Alors, je vais voir Monsieur Furlan et je lui en demande la raison : « j'ai envoyé Jean-Christophe, Ali et Eric faire des tours de terrain supplémentaires, en guise de punition », qu'il me répond. « Pourquoi ? » j'ai demandé, tout étonné. « Parce que j'ai senti qu'ils n'étaient pas motivés pour le match contre Marseille". "Ben, pourquoi ? Tout le monde veut jouer contre Marseille !" Alors, là, j'ai senti comme une grande lassitude chez le coach. Il m'a regardé avec un air vitreux, un peu celui qu'il prend quand il vient de se prendre un missile d'Edgare dans le bide : "tu ne comprends pas, ce n'est pas CONTRE l'OM qu'ils veulent jouer, c'est POUR l'OM". Je me suis imaginé une seconde Vergerouille à la place de Taiwo et j'ai rigolé nerveusement. C'est sorti comme ça, c'était plus fort que moi. "Vergerouille", c'est le surnom gentil qu'avait donné Der Cheff à Jean-Christophe, pour souligner sa pointe de vitesse, qu'il disait. Vergerolle l'avait mal pris, j'ai pas compris pourquoi. N'empêche, c'était quand même assez impressionnant, cette façon dont cette grande carcasse de Jeff se tordait quand il rigolait. Et ça lui arrivait souvent. Par exemple, à chaque fois que Yacine tentait un centre. Quelque chose me dit qu'il n'aurait pas dû nous quitter comme ça, le Jeff. Parce que, des occasions de rigoler, il allait pas en manquer cette année. Alors que Mouloungui, des occasions, c'est sûr, il va en manquer.

En tout cas, les jeunes, ils faisaient moins les malins, depuis que Monsieur Furlan avait poussé sa gueulante. Il y en a un à qui cela a dégonflé la baudruche, c'est Vergerouille, lui qui clamait partout dans la presse : "je suis le nouveau Gallas, je veux jouer dans le Chaudron, à Marseille, et vous allez voir ce que vous allez voir !". Hé bien, on a vu, parce que le coach l'a collé à la corvée de cirage de chaussures pour la semaine. Perso, c'est Eric qui a le plus de chance de signer un jour à l'OM : dans sa façon de tirer à côté du but, il a en lui quelque chose de Cissé ou du regretté Mamadou qui peut séduire tout bon recruteur marseillais. Moi, je comprendrai jamais cette espèce de fascination des jeunes pour Marseille : cela fait des brouettes qu'ils n'ont rien gagné, contrairement à nous, et, en plus, le Racing, il n'a jamais eu besoin de corrompre qui que ce soit pour descendre en Ligue 2, lui.


Alors, j'ai voulu jouer le médiateur : je suis allé voir les gamins et je leur ai dit : "Ecoutez, les gars, soyez sages, faites ce que dit Monsieur Furlan, et, quand vous serez plus grands, hé bien, vous irez rejoindre les Niang, Beye et Arr... enfin, Niang et Beye, quoi". Oui, j'ai pensé qu'il ne fallait mieux pas évoquer le souvenir de Salim, parce qu'ils étaient suffisamment traumatisés comme ça. Bref, j'étais tout content de moi quand je suis revenu auprès du coach, qui avait l'air encore sacrément contrarié. Puis, là, je lui ai demandé en rigolant : "Au fait, coach, vous en rêveriez pas un peu, vous, d'aller entraîner Marseille ?". Là, il est devenu tout rouge et il m'a envoyé illico faire des tours supplémentaires avec les jeunes.
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