Le club des Marie-Chantal

23/02/2007 03:29
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Dans la foulée du lobby des clowns, nous sentions dans ce stublog des parfums outrancièrement boudoniens si ce n'est tocquevilliens.
Le relativisme fait de la démocratie contemporaine "une poussière d'opinion" conduisant à ce que des amuseurs soient invités à juger sur pièce des politiciens ou des moralistes, en concluions-nous. Ce relativisme, Raymond Boudon l'a bien expliqué dans un article de Commentaire, en voici un résumé pour ceux qui ne sont pas abonnés (un exemplaire derrière le comptoir).

Citation:
L'idée selon laquelle nous habiterions un monde d'où les valeurs communes auraient disparu, dans un monde irréversiblement caractérisé par un « polythéisme des valeurs » est devenue un truisme. Elle est un sous-produit de la vision relativiste du monde, si influente aujourd'hui, selon laquelle les valeurs n'auraient d'autre source que « l'arbitraire culturel » : à chaque communauté sa « culture », à chaque culture ses valeurs. Ce relativisme axiologique se manifeste à divers signes, comme la prolifération
des sectes, l'influence de la philosophie «postmoderniste », selon laquelle l'illusion de la vérité en matière de valeurs aurait été définitivement démasquée, ou l'essor du communautarisme. Ce mouvement de pensée insiste sur l'idée que l'identité personnelle se construit dans le contexte d'une « culture » singulière, mais, allant plus loin, les plus radicaux des communautaristes veulent qu'individus et valeurs soient irrémédiablement enkystés (« embedded ») dans des systèmes culturels singuliers.
L'essai présent vise à expliquer l'influence du relativisme aujourd'hui, un phénomène énigmatique pour le sociologue, car contredisant les sentiments moraux des sujets sociaux tels qu'il les observe. L'une des raisons de cette influence résidant dans les faiblesses des théories des valeurs actuellement en vogue, il s'efforce de les mettre en évidence et de présenter les grandes lignes d'une théorie alternative inspirée par la sociologie classique.


Merci Raymond. Mais je crois que les habitués du stublog préfère mes truismes et un des truismes les moins tristes, si je puis me permettre, est l'apparition de ce que nous nommerons en sociologues amateurs et rigolards quelque peu : Les Marie-Chantal, qui manquaient à notre collection.

Les Marie-Chantal sont des bourgeoises maquillées en gauchistes. Dis comme cela, ça fait mal. Elles sont en avance sur leur temps, bien sûr, mais s'offusque dès qu'on touche un sourcils gouachés des grands principes et des acquis révolutionnaires. Elles poussent des cris d'orfraies, même, si bien d'ailleurs, qu'on croirait que ce sont elles, les orfraies. Tout en imitant des chouettes diurnes, elles montent sur les grands chevaux, c'est hilarant. Elles ont une idée vague de ce qu'est le peuple, mais ont choisi son bonheur dans un magasin du XVème.

Clémentine Autain est celle pour qui nous avons un petit faible. Infatigable consommatrice de coca-light lemon, cette pourfendeuse du capitalisme et des horribles injustices s'affiche dans Paris-Match et se flatte de lancer des collectifs anti-homophobie dans les bidonvilles de Nairobi, lors d'un sommet altermondialist (80 euros l'entréee). Elle essaie de cacher que son oncle était un sénateur. Puis il y a Aude lancelin, Virginie schneider ou Julie Clarini, des journalistes au voix nasillarde, qui toujours sussure, gémissante, "mais enfin, vous ne pouvez pas dire ça." contre les interlocuteurs de la droite dure, fasciste, ultralibérale et précarisante. Christine Angot, la chroniqueuse du jeudi soir, a des dons d'hystérie saisissants quand la réalité ne lui plaît pas.

Est-ce que un des signes de ce relativisme axiologique est la prolifération des Marie-chantal? En voilà une question qui va faire couler beaucoup d'encre et de bière.


Des biscuits pour le sociologue:
ou bibliographie
Marie-Chantal au Kenya ou au Guaté : ici
Marie-Chantal au resto :
Marie-Chantal n'en croit pas ses oreilles : à la télé

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