Cahier des charges de la coupe du monde

07/06/2006 14:47
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Comme de bien entendu, à deux jours de l'ouverture de la WM, Moi et mon pote Lionel, nous sommes toujours très soucieux de la bonne tenue émotionnelle de la coupe du monde. Maintenant que Sepp et Frantz, décompressés, laissent leur petit bedon souverainement rebondir derrière les tables du ritz et déborder de leur chemise dégraffée, les dernières pages de notre cahier des charges peuvent donc s'étaler à l'air libre, elles aussi.
L'ennemi numéro 2 : la frustration, le manque d'envie

Scénario catastrophe : Alors que les grandes nations balbutient leur football, alors que les australiens ont cassé en mille tous les joueurs faisant plus de jonglages qu'eux, des inconnus rebutants comme des plombiers polonais, des sans-papiers togolais et des rednecks bushistes envahissent les écrans de leurs compositions de série Z, encore moins intéressantes qu'une émission débat entre deux bac+5. Les weeks end entre potes, les blogs et les fora se désaniment, manquant cruellement de la chaleur du supporter qui ne s'enflamme même plus pour la non-titularisation d'un tel ou un tel, pour un débat concernant le fait de faire jouer un joueur qui a des ruptures du métatarse. Pire les suiveurs passionnés ne cherchent même plus à savoir si un suisse a bel et bien craché et non pas salivé ou inversement sur un ramasseur de balle. Non, la passion s'est consumée au bout de dix jours, la flamme s'est éteinte, même les stations de radios putassières n'arrivent pas à faire enfler la moindre polémique. Eugéne Saccomano, dans la foulée, ne refait plus aucun match si ce n'est un tour de vélo et Thierry Rolland, outré par les prestations athlétiques des coréens, exprime dans son langage une aversion anti-asiatique qui ne fait pas sourciller les journalistes du monde tout occupés à décortiquer les promenades de S.Royal sur la plage de Guissény. Pire que tout, Ronaldo renonce à jouer le quart de finale, officieusement, sous pression de son sponsor, car cela nuirait à son image de modernité. Ce qui ne fait plus envie est ringard, il faut sans cesse stimuler et comme le dira, en aparté, le footballeur à lunette, intellectuel de renom, Lilian Thuram, « le football ne me fait plus bander, cette compétition est mou. » Pour s'occuper, les milliers de supporters du monde entier, allemands et anglais en tête, se mettent dessus, dans des combats de rue homériques et violentes, des chasses à l'homme et des ratonnades où les hooligans deviennent dans des décomptes macabres des fiertés nationales. Croyez-vous qu'un fabricant de pellicules photographiques aimeraient être associer à ces manifestations regrettables, pourraient en tirer gloire et bénéfice ? Non, et bien non, je n'en suis pas si sûr.

La parade : Le public est partagé entre le match et les écrans géants placés aux quatre coins des stades qui sélectionnent des plans larges sur les mannequins siliconés disséminés dans la foule, au bras de boutonneux chétifs. Pendant les mi-temps, des majorettes font des shows suggestifs pour préparer le terrain et atténuer les tensions belliqueuses des tacleurs et des tocards. Les femmes de joueurs sont invitées sur les plateaux de télévision et même des compagnes de sélectionneur accompagnent leur décolleté dans des émissions qu'elles proposent pour philosopher sur les différentes conceptions du jeu entre les continents. Pris dans cette dynamique, le sélectionneur français devient enfin consensuel lorsqu'il déclare : « je veux pour mon équipe un jeu sexy, sexy comme ma femme ».Dès lors, les week-ends entre potes durent tard dans la nuit et les émissions italiennes d'investigation sur les pom poms girls redonnent tout son lustre aux journalistes. Le public surexcité acclame tout ce qui bouge et notamment fait un triomphe aux quelconques mexicains. Le public est chaud, reconnaissent les journaux de droite comme de gauche. C'est pourquoi les différentes discothèques font le plein, les boissons maltées coulent à flot dans les gorges chaudes et sur les strings et l'effet de serre n'est qu'un vilain souvenir pour les grincheux et les anti-bikinis brésiliens. La dénatalité n'est plus un problème depuis que des cahutes spéciales ont été aménagées à proximité des stades pour faire régner l'amour, le plaisir et la rencontre des cultures. L'Allemagne devient la destination touristique numéro un et enfin attractive sur le marché du travail pour les femmes de l'est. Quelques grincheux frustrés trouvent le temps de s'offusquer de l'exploitation des femmes et de la prostitution banalisée, alors que tout le monde est là pour se divertir, et fait circuler CETTE PETITION, mais comme le dira le symbole de l'équipe de France, le capitaine Lilian Thuram : « cette victoire va doper notre morale, c'est historique, je donnerais tout pour un tel orgasme ».


Ps: pour ou contre la logique extrême du football business? Signer cette pétition

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