September 2004


Strasbourg

17/09/2004 10:32
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Voici une présentation que j'avais faite pour le site www.ub90.com. Etant l'auteur, je me permets de la recopier, à des fins personnelles ici...

Un peu d'histoire...

Petite bourgade celte, Argentorate devient Argentoratum en -12 avant J.C., camp romain appelé à se développer et qui va donner au lieu une importance nouvelle. Le site constitue en effet un emplacement stratégique important, du fait de sa situation géographique, par son caractère naturel de carrefour de voies d'eau et de routes. Une période de croissance s'ensuit, jusqu'à ce qu'Attila et sa horde de Huns ne ravagent la ville en 451.
Reconstruite et plus tard rattachée au royaume des Francs (mais bénéficiant encore de l'influence alamane), la ville devenue entre-temps Strateburgo, Strastisburgo ou Stratiburgum (« la ville des routes ») doit attendre la période carolingienne au VIIIe siècle pour connaître un véritable essor. Rattachée à la Germanie et à la dynastie saxonne, elle est avec Cologne et Nuremberg une des villes les plus importantes, notamment grâce à son commerce rhénan, et voit son aura renforcée par Gutenberg et son imprimerie.
La ville devient une place forte de l'humanisme, doctrine qui remet à l'honneur les langues et les littératures anciennes, notamment grâce à Sébastien Brant. Ville libre, sorte de mini république quasi indépendante située au coeur d'un foisonnement culturel intense, Strasbourg est évidemment touchée de plein fouet par la Réforme, ce mouvement religieux et politique qui va briser l'unité catholique. Mais bien que constituant une place forte des idées nouvelles et de leur diffusion, la ville va alors connaître un certain déclin.
Affaiblie par la guerre de 30 ans au XVIIe siècle, Strasbourg est ensuite prise par Louis XIV, et perd son statut de ville libre du Saint Empire pour devenir capitale de la province française d'Alsace, et connaît un nouveau développement. C'est en effet l'époque des Lumières et du commerce prospère, et la ville bénéficie encore une fois de sa situation géographique. Alors que la Révolution fait son oeuvre, Strasbourg n'échappe pas à la Terreur et à une période trouble face aux menaces extérieures, tandis que Rouget de L'Isle compose ce qui deviendra La Marseillaise.
La prise de pouvoir par Napoléon Bonaparte va redonner un nouveau souffle à la ville, qui redevient un carrefour européen hautement stratégique, du fait notamment de son rôle de grande place de guerre de l'Empire et du développement du commerce avec une Europe alliée ou soumise. C'est le retour à la prospérité, qui se traduit notamment dans l'aménagement des voies de communication et au niveau de l'architecture. Après la chute de Napoléon et le siège de la ville par les troupes ennemies, Strasbourg retrouve un certain calme jusqu'à la prise de pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte qui rétablit l'Empire. Si le nouveau régime apporte encore la prospérité à la ville, il va également entraîner la guerre de 1870 et l'incendie de Strasbourg, annexée à l'Allemagne l'année suivante.
En piètre état, elle va pourtant connaître un essor considérable jusqu'à la première Guerre Mondiale, et passer notamment de 85 000 à 180 000 habitants, « Strassburg » devenant une ville-symbole sensée représenter le rayonnement allemand. Au niveau urbain, cela se traduit par la construction de grands bâtiments d'époque, comme par exemple l'actuelle Bibliothèque Nationale et Universitaire, la gare, le Palais Universitaire, etc. L'industrie et l'activité fluviale sur le Rhin sont en plein boom, bref la ville montre un nouveau visage.
Puis survient la guerre et le retour final à la France, mais à peine les blessures sont-elles pansées que l'on se dirige vers le second conflit mondial, l'entre-deux guerres n'étant qu'une période de crise tant économique que politique. Alors que sa population fuit, notamment en Dordogne et dans le Périgord, Strasbourg est rapidement occupée et germanisée, tandis que la jeunesse strasbourgeoise est incorporée de force dans l'armée allemande. Bombardée plusieurs fois, la ville est finalement reprise, en triste état. Commence alors la reconstruction, période faste qui voit Strasbourg et l'Alsace devenir une des régions les plus prospères de France...

Et maintenant...

Aujourd'hui, Strasbourg compte intra muros 265 000 habitants, la Communauté Urbaine de Strasbourg en dénombrant 450 000 (la CUS représente 27 communes : Bischheim, Eckbolsheim, Eckwersheim, Entzheim, Eschau, Fegersheim, Geispolsheim, Hoenheim, Holtzheim, Illkirch-Graffenstaden, Lampertheim, Lingolsheim, Lipsheim, Mittelhausbergen, Mundolsheim, Niederhausbergen, Oberhausbergen, Oberschaeffolsheim, Ostwald, Plobsheim, Reichstett, Schiltigheim, Souffelweyersheim, Strasbourg, Vendenheim, La Wantzenau, Wolfisheim). Disposant du 7e aéroport français, du 2e port sur le Rhin et du 2e port fluvial français, Strasbourg dénote également par son caractère très international. Ainsi, la ville est par exemple le siège du Parlement Européen, du Conseil de l'Europe, du Médiateur Européen, de la Commission et de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, de l'Etat-major d'Eurocorps, de l'Assemblée des Régions d'Europe, de la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin, d'ARTE la Chaîne de télévision culturelle européenne, etc. On y trouve également 30 Consulats, et, du fait de la présence du Conseil de l'Europe, 45 représentations permanentes des pays membres...

Ville universitaire (plus de 50 000 étudiants, dont près de 20% sont étrangers), Strasbourg est également très touristique (l'Alsace étant la 4e région touristique de France), notamment à la belle saison ou pour son très réputé Marché de Noël tout le mois de décembre. Le centre-ville y est piéton, tandis que son réseau de pistes cyclables est l'un des tout premiers de France. Il faut mentionner le quartier historique de la Petite France, la Cathédrale, le Palais des Rohan, la place de la République, les Ponts Couverts, l'Ancienne Douane, le Conseil de l'Europe et le Parlement Européen, les nombreuses églises, parcs et terrasses qui font le charme de la ville, mélangeant harmonieusement histoire et modernité. Strasbourg, à l'image de l'Alsace, est également réputée pour sa gastronomie, dont les plats les plus connus sont notamment la choucroute, la tarte flambée, le baeckeofe, le foie gras, le munster, le kougelhopf, la bretzel, les saucisses et autres pâtés, le coq au Riesling, et tant d'autres plats au vin... Celui-ci fait également la fierté de l'Alsace, avec le Sylvaner, le Riesling, le Pinot Blanc, le Muscat d'Alsace, le Tokay Pinot Gris, le Gewurztraminer ou le Pinot Noir. Comment ne pas mentionner la bière, comme la Kronenbourg, la Fischer ou dans une moindre mesure la Schutzenberger, mais aussi toutes les autres, notamment celles à déguster directement dans les nombreuses brasseries de la ville...

Pour de plus amples informations :

http://juillot.home.cern.ch/juillot/histoire_strasbourg.html
http://www.strasbourg.com/sef/indexf.html
http://www.strasbourg.com/indexf.html
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