Thor le Guerrier

29/12/2006 14:43
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Le 25 décembre, le nanaconda a eu un fabuleux cadeau : la diffusion sur une chaîne du satellite de l'incroyable « Thor le Guerrier ». De mémoire de nanhardeur, il n'avait jamais vu un film aussi fauché, essayant lamentablement de tromper le spectateur inattentif et amateur de Conan le Barbare.
Thor le Guerrier, c'est : 12 comédiens pour jouer les gentils, les méchants, et les types qui servent à rien. Un héros qui sourit niaisement tout le long du flim, une chouette qui se transforme à grands coups d'effets spéciaux en narrateur insupportable, mais indispensable pour suivre l'histoire (sinon on ne comprendrait rien). Des gourgandines écervelées et pas farouches qui se dénudent. Des costumes faits maison. Du bonheur en slip de poils.

Thor, c'est avant tout l'histoire d'un destin. Le destin, tragique d'abord, d'un enfant privé de l'amour de ses parents quelques minutes à peine après sa naissance, puis magnifique puisqu'il a été choisi par les dieux pour régner sur les barbares.
Thor, c'est un jeu d'acteur. Le froncement de sourcils pour la colère, la haine, la tristesse, l'incompréhension, la douleur. Le sourire niais pour l'amour, la joie, la passion, l'engouement, la virilité, la puissance bestiale. L'acteur a d'ailleurs bien du mal à cacher sa pédésexualité (copyright Zartampion – www.naindien.com) et son dégoût lorsqu'il doit faire semblant de prendre des gourgandines comme un soudard.
Elevé par un hibou-sorcier affublé d'un costume ridicule qui bat des bras pour mimer des ailes quand il apparaît au milieu d'un fumigène, il doit retrouver la semence dorée (ne me demandez pas ce que c'est bande de gros dégueulasses pervers et lubriques) et l'épée de son père pour venger ses parents et devenir le maître du monde.
En fait de monde, en raison du budget zéro pour les décors, c'est une vague forêt qu'on se tape tout le long du flim. Les costumes sont savoureusement grotesques. Des guerriers en slip en poils et en baskets, avec des paniers en osier sur la tête en guise de casque, ça a un rendu extraordinaire. Tout comme les chorégraphies de combat, aussi convaincantes par leur lenteur que vous lorsque vous déclarez à votre horrible compagne « mais tu sais chérie je t'aime comme tu es » tout en réprimant un haut-le-coeur.

Les moments forts :
- Chaque apparition du hibou/sorcier/guide/narrateur, qui par des phrases incompréhensibles essaie de ne pas nous faire perdre le fil confus de cette histoire brouillonne.
- Lorsque l'horrible Gnul et ses hommes attaquent le village de Thor et qu'on se rend compte en plan large que l'armée se compose de huit hommes, faute de budget figurants.
- La scène où Thor est aveugle car on lui a brûlé les yeux, et erre d'une lenteur désespérante, les bras en avant pendant 5 bonnes minutes avant d'arriver dans une grotte. Là, il attrape un serpent, se met du venin sur les yeux et pouf ! il retrouve la vue, même plus la moindre cicatrice.
- La scène où Thor apprend à faire du cheval. C'est long, c'est mal joué, et ça ne sert à rien.
- La scène finale. Thor revient sur son cheval blanc, avec l'épée de son père qu'il vient de retrouver par hasard et toute l'armée bat en retraite apeurée. Finalement, il tue Gnul pendant que sa femme accouche. Très belle métaphore de la dualité vie/mort pas du tout tirée par les cheveux.

Thor, il est fort. Thor il est beau. Thor, il est hétéro, et il baise comme un taureau. Thor il joue bien. Il est aussi convaincant dans son rôle de guerrier viril que Pippo Inzaghi quand il se roule de douleur dans une surface de réparation, c'est dire. Thor le Guerrier, ce n'est pas du tout un sous-plagiat de Conan le Barbare. Alors n'attendez plus bande de moules, et jetez-vous sur ce chef-d'oeuvre du ciné bis italien de la grande époque. En VF évidemment, car le doublage vaut aussi son pesant de nougats.

Et si on se projetait dans la salle de réunion du producteur Luigi Grosso-Cazzo, à qui un scénariste raconte : « j'ai une super idée. Comme Conan le Barbare a bien cartonné, on fait un flim à trois lires six sous qui s'appelle Thor le Guerrier. Sur un malentendu des gens iront le voir. On embauche 12 techniciens/acteurs/caméramen, qui feront tout en même temps, on tourne ça en forêt, c'est bien, c'est intemporel une forêt, pas besoin de décors. Ma femme veut bien s'occuper des costumes, elle avait déjà fait le costume de Zorro de Mario pour Carnaval dernier. Budget global : 10000 lires. »
Et le producteur : « génial, j'achète ! »

Bonne nuit les zenfants

Le nanaconda

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