Anaconda, le prédateur

13/02/2006 16:19
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Un serpent gigantesque en image de synthèse engloutit tout l'équipage d'un bateau. Et sans alka-setzer !
Flim de Luis Llosa, 1997

Avec un pseudo pareil, j'étais bien obligé de faire un papelard sur Anaconda, le prédateur ..... Brrrrr.

Une équipe de tournage se rend en Amazonie Brésilienne à la recherche d'une peuplade primitive dont j'ai oublié le nom. En même temps c'est pas grave, on s'en bat carrément les glaouis, on ne les verra jamais dans le flim. Donc vous n'allez pas me faire croire que vous avez besoin de savoir le nom de cette tribu, alors que vous n'êtes même pas capable de retenir le nom de la capitale du Tadjikistan. Ah si ? Hé ben c'est la tribu de .... des ..... des Chikungunyas. Voilà.

Donc cette équipe de tournage est composée notamment de Ice Cube et Jennifer Lopez. Alors là, grossière erreur de goût, Jennifer Lopez ne joue pas une gourgandine écervelée. Pourtant ça n'aurait pas dû lui poser trop de problème de composition.... Or, un nanar sans gourgandine écervelée qui se dénude à la moindre occasion, ça ne peut pas être labellisé nanar d'origine contrôlée. À peine si elle a le débardeur mouillé sur le bateau. Venant de la part du réalisateur de l'Expert, avec Sharon Stone, on était en droit de s'attendre à mieux.

Au bout d'un temps indéfini de navigation, ils accueillent à leur bord un aventurier solitaire qui prétend tout connaître sur la tribu des Chikungunyas. Evidemment, c'est le méchant de l'histoire, il s'en tamponne sévère le coquillard lui, de la tribu mythique des Chikungunyas. Ce qu'il veut, c'est attraper le terrible anaconda qui rôde dans les parages, un monstre d'une vingtaine de mètres de long. Un homme obsédé par son gros serpent.... Y en a qui ont pris des années de psychanalyse pour moins que ça. Et là, Jon Voight, puisque c'est de lui qu'il s'agit, rattrape les points en surjouant à volonté le rôle du méchant détestable (« y en a un peu plus, je vous le mets quand même ? »). Et voilà-t-y pas qu'il fait tout pour attirer le gros serpent au bateau, quitte à sacrifier une partie (la totalité en fait) de l'équipage.
Et attraper un énorme anaconda en Amazonie Brésilienne, on dira ce qu'on voudra, mais ça reste un tantinet plus compliqué que de pêcher la moule en Bretagne, même sur la Côte Sauvage. Alors j'attire votre attention sur le fait que, deuxième écart par rapport aux commandements nanaresques, le serpent a beau être monstrueux, ce n'est apparemment dû ni à des manipulations génétiques pratiquées par un savant fou, ni à une quelconque mutation provoquée par des déchets radioactifs jetés en pleine nature par des hommes inconscients (comme par exemple dans Mosquito). Non, on serait plus dans la caste de la créature légendaire.

On a quand même droit à quelques scènes mythiques malgré le raté relatif des effets spéciaux, notamment quand un homme est pris au piège au sommet d'un arbre, face à l'anaconda, et qu'il préfère se jeter dans le vide. Le reptile se déroule alors et le gobe avant qu'il touche le sol. Réflexe !
Autre scène formidable, le serpent vient de gober le vilain pas beau, et le dégueule devant J-Lo. Et, tu m'crois tu m'crois pas, le cadavre couvert de bile de Jon Voight fait un clin d'oeil à Lolopez avant de s'écrouler par terre. Mythique. Nanaresque. Jouissif. Kiffant (comme disent les djeun's et Laurent Boyer). Cette scène à elle seule élève le flim au rang de cul-te. Comme le derrière de J-Lo me diront les plus lubriques d'entre vous, un sourire pervers et un peu de bave au bord des lèvres. Si vous voulez, bande de gros dégueulasses.

Le mauvais jeu des acteurs et les effets spéciaux lamentables rattrapent un scénario qui tient presque la route et l'absence malheureuse de véritables gourgandines écervelées. Une série B honorable, avec quelques grands moments. Malheureusement trop sage pour avoir la mention Ciné Z ou bis, et encore plus pour nanar. Par contre, je pousse un ras-le-bol contre ces américains qui n'hésitent pas à dynamiter un serpent légendaire (une espèce en voie de disparition sans doute aucun, probablement sur la liste des animaux protégés de la WWF) sous le prétexte fallacieux qu'il en veut au postérieur de J-Lo, ainsi d'ailleurs qu'au tronc et aux bras, il est pas difficile. Et les mauvaises langues, les persifleurs diront avec moi qu'il y a de quoi manger sur J-Lo, et qu'après ça l'anaconda aurait pû jeûner plusieurs mois, facile. Enfin bref.

On peut sans peine se projeter dans la salle du désormais célèbre producteur miteux et véreux, assis en face de Luis Llosa qui lui dit : « j'ai une idée géniale, ce serait un serpent légendaire qui boufferait tout le monde en Amazonie Brésilienne. L'histoire serait plate et naze, mais y aurait deux trois noms dans le casting, et ça devrait rapporter quelques deniers non négligeables ». Et le producteur : « génial, j'achète ! ».

Bonne nuit les zenfants

Le nanaconda




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