Compte-rendu anacondesque



Quand la cigogne meurt les lions dansent

05/01/2006 11:18
1.737 lectures
Mercredi 5 janvier 2006, 18h05. Je ne le sais pas encore, mais ma vie ne va pas basculer. Je sors de chez un fournisseur à l'autre bout de l'Alsace. Le coup d'envoi est dans moins de 10 minutes, j'ai donc autant de chances d'arriver à l'heure au stade que Gmamdia de marquer un hat trick, c'est vous dire.
Parce que c'est Lyon, et que j'estime qu'on est pas prêt de revoir un grand d'Europe à la Meinau avant longtemps (sauf si on inclue Montpellier ou Le Havre dans cette catégorie), je me décide et me rends tout de même au stade. Surtout aussi parce que j'avais une place, donc faut quand même pas déconner.
J'arrive aux abords de la Meinau pendant la mi-temps. J'ai réussi à comprendre, malgré les problèmes de diction et les borborygmes du remplaçant de Dubrulle sur France Bleu Alsace, que le Racing perd 2 à 0. Tiens à propos de France Bleu, il paraît que c'est la nouvelle station de Patrick Sabatier. Moi je dis ça, je dis rien.
Il fait un froid de canard, et mon siège est gelé. D'autres personnes moins résistantes que moi auraient sans doute dû faire un détour après le match par la pharmacie de garde pour se réapprovisionner en préparation H.
La deuxième mi-temps reprend. Pagis croque une occase. Là il faut que je précise que malgré mon statut d'abonné (tr ès lourd à porter, je cache mon abonnement sous mon matelas entre deux matchs), je n'ai vu qu'un but à la Meinau cette saison, Pagis contre Lens. C'est énorme. Sinon j'ai vu Auxerre, Bordeaux, Monaco (je suis parti avant la fin parce que j'étais à la bourre), Rennes, Saint-Etienne, Nice et donc Lyon. Que du bonheur. Quand je relis cette liste, je me dis que finalement je vais quand même acheter de la préparation H.
Bref, le match est assez plaisant en fin de compte, genre match de démonstration. Wiltord humilie par deux fois la défense strasbourgeoise. Je crie un petit « Ginestet démission » pour la déconne. Et j'applaudis debout Wiltord, quel joueur ! Quitte à ce qu'un joueur lyonnais nous en mette trois, j'aime autant que ce soit lui (surtout pas Govou).
Sans doute un des joueurs français les plus sous-cotés des dernières années. Technique, sens du but, polyvalence. Je kiffe, comme disent les djeun's et Laurent Boyer.
D'ailleurs, le public de la Meinau est assez esthète, puisqu'il applaudit l'art et le savoir-faire des Lyonnais, qui vont remporter la Ligue des Champions l'année du centenaire du Racing. Bel hommage.
Je ne donnerai pas mon avis sur la prestation hors-sujet de Puydebois, non. Pas plus que je ne dirai mon effarement devant le brassard sur le bras de Lacour, qui, quel que soit son poste, n'a décidément pas le niveau L1. Je ne dirai pas non plus ce que je pense des prestations pitoyables, chiatiques, misérables, abominables, larvatiques, lamentables, horribles, putréfiantes, infraordinaires, scatologiques, immondissimes , ni de la combativité et de la mobilité des Pagis, Johansen, Farneruds, Deroff, Devaux, Haggui, Gmamdia, à côté desquels Doc Gynéco fait penser à Tim Montgomery, c'est vous dire. Non je ne dirai rien, parce que je n'ai vu que la deuxième mi-temps, et parce que c'est pas mon genre de tirer sur une ambulance. Surtout quand celle-ci est déjà écrasée contre un platane sur le bord de la route.
  • 1 (current)