1er juin 1979 : Lyon-RCS 0-3

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Par conan
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Autres temps, autres ambitions. Si aujourd'hui l'OL est à la conquête du prestige national et le Racing d'une simple place en L1 en 2005, les rôles étaient inversés il y a 25 ans.

L'histoire du Racing version 78/79, tout le monde la connaît plus ou moins. Mais qui se souvient encore de l'émouvant dénouement de ce championnat ?

Le Racing leader surprise du championnat depuis la 6e journée, ne lâcha absolument rien. Pourtant, ni Nantes, ni Saint Etienne ne furent véritablement distancés. Il faut dire qu'à l'époque, la France était divisée en deux et débattait sur le qui des verts ou des jaunes deviendraient champion de France. Personne ne croyait véritablement aux chances des bleus d'Alsace.

Mais ce Racing était absolument héroïque et journées après journées retardait l'échéance. On crut le jour de la chute venu à cinq journées de la fin suite à une défaite stupide 1-0 concédée à Marseille, ramenant les deux grandes puissances à portée des bleus. Le Racing n'avait alors plus droit à l'erreur, le prochain faux pas signifiant indéniablement le glas de tous les espoirs de titre. On imagine la pression monstrueuse que devaient supporter les joueurs strasbourgeois lors des quatre dernières rencontres !

Pourtant, loin d'être inhibé, le Racing fut galvanisé par cette pression et joua sa chance à fond à l'image de sa splendide réaction à la Meinau. Valenciennes ne fit pas le poids face à la furia strasbourgeoise et encaissa un sévère 5-0.

La route du titre devait passer par la Lorraine ou la bande à Platini était bien décidée à ne pas laisser des Alsaciens devenir champions de France. Dans un stade Marcel Picot chauffé à blanc, le Racing du faire face à des Nancéens galvanisés, poussés par près de 30 000 personnes et à un Platini des grands soirs. Ils purent néanmoins compter sur un courage absolument exceptionnel et sur un Dominique Dropsy en état de grâce dans ses buts. Le Racing ramena de l'enfer un 0-0 capital qui lui permettait encore de conserver la tête à deux journées de la fin du championnat. Quant au meneur de jeu lorrain Michel Platini, il n'a pas tarit d'éloges au sujet de ses adversaires. Raymond Domenech, chargé de son marquage, fut désigné par le célèbre numéro 10 comme le meilleur défenseur évoluant en France. Le rôle de Dominique Dropsy fut également souligné, tant il est apparu invincible. Pour Platini, il ne faisait aucun doute que le Racing deviendrait champion de France.

Déjà couronné par l'idole du football français, le Racing devait encore aller le chercher sur le terrain ce titre et gagner les deux derniers matchs qu'il devait jouer face au PSG à la Meinau et à Lyon à Gerland. Devant des supporters aux anges, le Racing en état de grâce ne fit qu'une bouchée du PSG. Il ne fallait que quelques secondes de jeu à Jean Jacques Marx pour ouvrir le score. Il fut imité peu après le premier ¼ d'heure de jeu par Roland Wagner qui inscrivit le but du KO. Pour donner des allures triomphales à ce succès, Albert Gemmrich inscrivit le dernier but de cette nouvelle symphonie bleue.

Il ne restait donc plus qu'un match à ce Racing pour écrire l'histoire et entrer à jamais dans la légende. Le sacre eut pour cadre l'immense stade de Gerland.

Il y avait une ambiance surréaliste à Lyon en ce 1er juin 1979. De nombreux supporters alsaciens avaient en effet effectué par milliers le déplacement. Mais les tribunes furent véritablement envahies par de nombreux... stéphanois bien décidés à soutenir l'OL afin l'aider à faire trébucher le Racing et ainsi offrir un nouveau titre à l'ASSE qui devait quant à lui gagner à Furiani! Finalement, il n'y a bien que le public lyonnais que ce match ne passionna guère...

L'espoir du peuple vert ne fit guère long feu, à peine une vingtaine de minutes, juste le temps pour Roland Wagner, l'homme en forme du Racing, pour marquer deux buts capitaux en 6 minutes. Menant 2-0 à la mi temps, le Racing n'avait jamais été aussi prêt d'un rêve que personne n'avait osé espérer il y a à peine un peu plus de deux ans, lorsque les bleus pataugeaient dans les marais de la D2 sur les terrains de Chaumont, Epinal, Melun ou Noeux-les-Mines...

A la 65e minute, Yves Ehrlacher donna le coup de grâce en inscrivant le troisième but, celui qui offrit quasiment le titre au Racing. On imagine l'état dans lequel étaient les joueurs et tous les amoureux du RCS lors de 25 dernières minutes de cette rencontre, cette attente délicieuse de l'explosion de joie consécutive au coup de sifflet final libérateur. Lorsque celui ci retentit, l'impensable était arrivé : Le Racing Club de Strasbourg était champion de France !

Il n'existe sans doute aucun mot pour exprimer la joie et la fierté procurés par ce titre, rendu encore plus beau par le fait qu'il fut acquis dans la douleur et par le courage. Le retour en train des joueurs strasbourgeois fut pour eux un moment inoubliable. A partir de Mulhouse, toutes les gares alsaciennes situées sur le parcours du train transportant les héros étaient parées de bleu et blanc. La foule était venue en masse pour saluer les héros de toute une région. Pourtant ce n'était absolument rien par rapport à ce qui attendait les joueurs à la gare de Strasbourg. Ce fut une foule immense qui porta en triomphe les tous nouveaux champions de France. On dit qu'ils étaient plus de 200 000, soit plus qu'à la libération de la ville en 1944 ! Il convient de rappeler le nom de tous les artisans du plus grand triomphe de l'histoire du club. Ils s'appelaient Léonard Specht, Dominique Dropsy, Albert Gemmrich, Francis Piasecki, Raymond Domenech, Roland Wagner, René Deutschmann, Joël Tanter, Jean Jacques Marx, Jacky Novi, Yves Ehrlacher, Jacky Duguépéroux, Roger Jouve, Nabantingue Toko, Remy Vogel, Arsène Wenger, Bernard Tischner, André Wiss, Eric Mosser et Jacques Glasmann. Ces hommes, emmenés par Gilbert Gress, avaient à jamais inscrit leur nom dans l'histoire.

Ce triomphe est celui d'un groupe qui avait su se chercher et se trouver. Ce groupe avait d'abord mûri en seconde division puis s'est révélé l'année de la remontée en finissant 3ème à trois points seulement de Monaco, mais loin devant le 4ème, l'Olympique de Marseille. Cette équipe était à l'image de Gilbert Gress : sérieuse, ambitieuse, professionnelle et appliquée. "Pas de vedette" se plaisait à répéter l'entraîneur en place depuis deux ans, "la star, c'est l'équipe". Ce Racing talentueux et serein était craint et respecté par ses adversaires. Quatre défaites seulement au terme d'un championnat dominé de bout en bout. Et comme il se doit, le RCS possédait la meilleure défense (28 buts encaissés en 38 matchs). Ce qui a fait la force et la réussite du club en 1979, c'est l'équilibre de son effectif et la stabilité des dirigeants. Sans aucun doute, la saison 78/79 reste aujourd'hui encore LA référence de l'histoire du Racing. Quant à cet OL-RCS, cette rencontre restera comme l'une des plus mythiques de l'histoire du club...

conan

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