Saison 2025/2026
Racing Club de Strasbourg

Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine !

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Flux RSS 198 messages · 15.946 lectures · Premier message par denpasar · Dernier message par foot-france67

  • Si changer les mentalités ça veut dire unifomisation, non merci. Ce serait l'alliance d'une région plutôt riche avec une région plutôt pauvre... Fusion 67-68 oui, fusion Alsace-Lorraine, non.

    Ton exemple Aix-Marseille n'est pas probant, ces deux villes étant dans le même département. Autant comparer Colmar dite "la bourgeoise" et Mulhouse dite "la rouge" (ya quelques années hein!).

    Et puis Aix et Marseille c'est pas très différent: c'est quand même tous des feignasses qui bossent jamais dans le sud, hein ! =; :o)

    Note pour fidelio: du second degré s'est caché dans ce post, sauras-tu le retrouver? :*
  • Si tu as la plupart des cantons desindustrialisés à l'Ouest des Vosges, les projets communs consisteront concrètement les alsaciens à aider la Lorraine, sans reciprocité. Pour les mentalités, ça dépend de ce qu'on appelle "les gens", de ce qu'ils appellent eux-même comme ça, pas du fait qu'il ne sont pas généreux, solidaires ouverts dans l'absolu.

    Balladur, en représentant (un peu ringard déjà, ceci dit) des élites françaises ne conçoit évidemment pas un intérêt ou un culture alsaciennes séparées de ceux des Lorrains. Il vise donc l'économie comme intérêt général.

    Il se méfie peut-être inconsciemment aussi du réflexe alsacien à se percevoir en région. Pour mesurer cette méfiance, songeons que les gouvernements français ont presque systématiquement compté un ministre officieux de l'Alsace, histoire d'en avoir un sous la main - les derniers en date étant Loos, et Bockel, à ma connaissance. On se souvient du dépit de Fabienne Keller, qui se voyait bien prendre la place, non par goût des affaires étrangères mais parce qu'elle savait qu'on case toujours un alsacien dans un gouvernment et attendait le coup de fil pour un sous-ministère quelconque. Du coup, il s'agit de diluer l'Alsace dans l'Est, dans une vision assimilationniste et jacobine: c'est à la fois naïf et renvoit à ce qui fabrique des Philippe Auguste (plus ou moins médiocres) depuis des siècles. Et nos aînés, résistants ou même réintégrés ordinaires en 18, suivraient aujourd'hui Balladur, même en faisant la gueule. Je suis curieux de connaitre la réaction des élus alsaciens, qui vont perdre beaucoup de ce qui flattait régulièrement l'orgueil de la région: l'exception économique, les missions de région-pilote,...

    On perçoit d'autres de ces obsessions dans le projet: le Grand Paris et la grande île de France, le mépris des rivalités de clochers (Haute/Basse Normandie,...). Pour son côté homme de droite: ne pas oublier de fusionner au mieux dans la vieille frange socialiste: le Sud-Ouest va à tous les coups gagner la Vendée, le Poitou-Charentes disparaît totalement, ...
  • Oh ben déjà la "fusion" CG 67 et CG 68 Haut-Rhin de Haute Alsace (je me moque...) c'est dans les tablettes, mais ça créé déjà des remous.

    Avocat de la Haute-Alsace

    Une séance plénière extraordinaire du conseil général du Haut-Rhin se tiendra demain. Un acte politique fort par lequel Charles Buttner entend démontrer sa volonté de défendre les intérêts de la Haute-Alsace face à la crise économique mais aussi face à la réforme des collectivités locales qui pointe à l'horizon.
    Le contexte imposait une clarification. Une sorte de contrepoids politique. Alors que la commission Balladur doit rendre ses conclusions fin février et que le livre de Philippe Richert sort samedi, Charles Buttner fait entendre sa voix et celle de son département qu'il appelle désormais Haute-Alsace.
    Il passe à l'offensive pour dire « la nécessité, pour le conseil général du Haut-Rhin, de garder une identité très forte pour porter ses intérêts majeurs ». « Jamais je ne souscrirai à l'idée que la Haute-Alsace disparaisse dans un plus vaste ensemble », martèle le président qui refuse de voir abandonner la représentation des territoires.
    C'est ainsi qu'une nouvelle forme d'organisation des collectivités n'est ainsi concevable à ses yeux qu'à « la condition préalable » que les intérêts du Haut-Rhin soient « réellement pris en considération et garantis ». Appelant à « une union » des trois collectivités alsaciennes dont il demande de « préciser les modalités », Charles Buttner demande que soit organisé, dès cette année en Centre Alsace, un Congrès d'Alsace rassemblant les assemblées plénières des Départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, et du Conseil Régional.
    Il propose en outre de créer, toujours cette année, un Comité interdépartemental associant la Région, sur la réforme des collectivités en Alsace, « pour clarifier et simplifier la répartition des blocs de compétences » entre les trois institutions.

    Concernant la gouvernance locale, Charles Buttner reprend les arguments qu'il a développés avec Guy-Dominique Kennel devant la commission Balladur. Réunion dans un premier temps d'une assemblée territoriale rassemblant les trois collectivités en vue d'examiner des orientations et des rapports communs. Puis, dans un second temps, évolution vers un Conseil territorial d'Alsace composé de conseillers territoriaux qui siégeraient par bloc de compétences, tantôt en formation départementale, tantôt en formation régionale.
    C'est dans cette logique d'intégration du Haut-Rhin dans le Rhin Supérieur, et plus particulièrement dans l'agglomération trinationale de Bâle, que Charles Buttner défend à la fois la réalisation de la deuxième phase de la branche Est du TGV Rhin-Rhône et le raccordement ferroviaire de l'EuroAirport. « Ces équipements sont indispensables pour ne pas être décrochés par nos voisins Suisses et Allemands », dit-il.
    Dans ce domaine, il prône la création d'un Europort trinational avec la possibilité d'y expérimenter des zones d'activités économiques à statut particulier et le développement d'un maillon fluvial Saône-Rhin. « Je ne vois pas qui d'autre que notre département pourrait porter ces projets », répète-t-il.

    Franck Buchy - DNA 19 fev. 2009


    Il s'agit ici surtout de la réforme des départements, mais je pense qu'on peut extrapoler et que ça donne une vision des problèmes que ça créera à grande échelle en cas d'application du projet "super-régions". Sauf que ça sera pire encore. Je pense...
  • fidelio, si tu pouvais éviter de confondre la préposition "Hors" avec la conjonction de coordination "Or" ce serait bien.
  • Fusionner l'Alsace et Lorraine en une seule supra-région me paraît d'une stupidité sans nom.

    OK pour revoir le découpage de certaines régions qui ne correspondent à aucune réalité humaine ou géographique sérieuse (région "Centre", ce genre de choses) ou pour fusionner (les Normandies) voire éclater certaines régions (Limousin par exemple).

    Mais s'il y a une région administrative en France dont le territoire recouvre une unité culturelle, géographique et économique, c'est bien l'Alsace.

    Après, si c'est pour créer des Länder à la française, pourquoi pas, mais il faut aussi voir que les Länder ne sont pas tous forcément gigantesques (Hesse, Rhénanie-Palatinat, Sarre, sans parler des confettis HH et HB).

    La proposition d'Edouard-je-vous-demande-de-vous-arrêter-Balladur vient d'ailleurs à l'encontre des crispations identitaires ambiantes, classiques des périodes de crise : demande de création d'un département basque, d'une entité Savoie, lever de bouclier contre la suppression des numéros de département sur les plaques...
  • Comme l'a si bien dit matteo, "s'il y a une région administrative en France dont le territoire recouvre une unité culturelle, géographique et économique, c'est bien l'Alsace" et je pense que c'est une idée totalement débile que Balladur nous propose là.
    De plus, l'Etat jacobin et unitaire qu'est la France ne laissera jamais une libertée totale de gestion et d'administration aux régions, même grandes. Donc je vois ces fusions comme une manière de co-développement interrégional entre des Regions plus industrialisés et leurs voisins, biensur, la question d'economies joue surement aussi un rôle.

    Mais fusionner l'Alsace avec la Lorraine, je suis vraiment contre, outre les rivalités régionales, la différence culturelle avec les lorrains est trop forte. J'éspère que les élus alsaciens et les alsaciens s'uniront pour contester cette réforme de parigots qui une fois de plus veut nous prendre pour des cons, comme si ca ne suffirait pas !
  • Citation:
    vient d'ailleurs à l'encontre des crispations identitaires ambiantes,


    Est-ce pour autant un mal? La décrispation identitaire à coup de... "principes généraux", c'est aussi la survie d'un pays qui nous assure quelque confort, et un sens à la vie collective, moyennant une forme d'aliénation bien connue (Henri Salvador qui chante "nos ancêtres les Gaulois", ce qui serait d'ailleurs aussi bizarre pour un alsaciens). Pays qui n'est d'ailleurs plus si grand. En contrepartie, la France n'existe pas si elle cède sur son unité, et en plus ça n'assure pas le bonheur de ces minorités. On le voit - je l'interprète comme ça - avec la Guadeloupe, la France est la métropole dans le discours de Domota. Inutile de savoir aujourd'hui qui a commencé, c'est un fait. En même temps, il travaille sur un malaise réel qu'il ne faut pas sous-estimer: c'est à dire, tous les problèmes de la Guadeloupe prise isolément. Pourtant, comme en Alsace, leur grand-parents n'avaient pas ce genre de préoccupations, et les DOM avaient payé le prix du sang sans compter ni se poser de question dans les dernières guerres. Excusez du peu, il fallait que ça soit important, c'est au moins aussi douloureux que de constater l'oubli de l'esclavage ou de la cornemuse depuis la Nef des Fous.

    C'est un peu pareil quand on parle de la disparition de l'Alsace. Quand on aura sauvé nos précieuses différences (comme le disait Desproges "apprenons à mieux nous connaître pour mieux nous détester"), le pays aura crevé et tout ce qu'il pouvait représenter.

    Franchement, depuis mon grand-père indiscutablement alsacien, ce qui avait un sens à l'époque, et tout aussi indiscutablement français, qu'est ce qu'il reste de culture à sauver? Des jeunes boutonneux équipés de bribes d'alsacien qui s'assemblent par simple groupisme adolescent ou pose tribale? Je ne doute pas que le premier était plus à même de parler d'identité ou de savoir ce qu'il avait à faire. Je sais, j'exagère, mais Germain Müller avait déjà tout dit.
  • c'est du n'importe quoi cette réforme ici c'est l'Alsace pas la Lorraine [-(
  • zottel, tu n'a spas tort mais je trouve que, comme beaucoup, tu forcis un peu le trait sur l'opposition entre revendications identitaire locales et préservation d'une certaine cohésion nationale. Franchement, je ne pense pas que la France soit en voie de "crever" si on concède un peu plus d'autonomie à des territoires revendicant un particularisme, le curseur reste malgré tout toujours placé du côté du centralisme jacobin... Une sorte de mécanisme infantilisant qui fait que toute les décisions importantes se prennent à Paris, qu'en conséquence on a tendance à rester dans l'attentisme et à faire n'importe quoi en régions... ce qui légitime encore l'emprise de Paris.

    Y a qu à prendre ce projet... pondu par un des représentants les plus typiques de l'élite centralisatrice française : ENArque, haut fonctionnaire, député de Paris, ancien premier ministre... Balladur ne sait pas ce que sont les régions pourtant c'est lui qui va faire les propositions pour les réformer. Tu noteras qu'a aucun moment au sein du pouvoir politique personne n'a imaginé laisser aux différentes collectivités territoriales la possibilité de délibérer entre elles des regroupements à envisager... Non, il faut fatalement que ça se décide à Paris comme la dernière vague réforme de "décentralisation" issue d'une lubie de Raffarien, sur ce plan les choses ont peu changé depuis le temps de Louis XVIII octroyant la Charte au bon peuple...
  • Oui Fidelio tu as raison il faut changer les mentalités, il n'est jamais trop tard pour les changer.. tu peux te ressaisir !

    Le manque d'ouverture d'esprit des alsaciens est bien "légendaire", car issu d'un récit et discours populaire jacobin, en clair il n'existe pas mais c'est ce qui se raconte.

    Il ne faut pas oublier que tous les Alsaciens (de coeur, de naissance, d'adoption) sont multiculturels qu'on se le dise : on BAI - GNE dedans que l'on veuille ou non.

    un rapprochement avec la Lorraine donc plus précisement un assimilationnisme renforcé serait une réelle régression. Pour te prouver que mon discours n'a rien de conservateur et ne souffre d'aucun relents de ce que je pourrai appeler le syndrôme corse...j'imagine un développement de type européen bien au delà de ces clivages Parisiano- Parigot!!

    Tu es donc excusé pour tes paroles profanes, [-o
    Che vediamo
    Und Tchüss !


    ...ah j'oubliais...la modernité n'est pas qu'une histoire de gros sous...
  • Merci pour tes excuses.

    Mon post ne ce voulait provocateurs,mais réaliste malheureusement.
    L'Alsace je la connait,et les alsaciens aussi,je suis né dans cette region,et j'y ai grandi.

    J'ai grandi dans une grande famille traditionnaliste alsacienne ou le discours etait souvent,"on est alsacien,on est chez nous,les autres n'ont qu'a rester chez eux".
    C'est bien l'une des raisons pour lesquelles j'ai quitté la region a 18 ans,pour avoir un peu d'ouverture exterieure.

    Je retourne voir ma famille tout les 5 ans en moyenne,et je dois dire,que les grandes discutions n'ont pas trop changé,et que dans les villages certains n'ont pas fait évoluer leur mentalité très conservatrice,et n'ont pas plus d'ouverture.

    De ce fait,il est très difficile de changer les choses avec cet etat d'esprit.

    J'aime ma region natale,mais je voudrais voir les gens un peu plus ouverts.
  • Balladur, né en Turquie... hihi. Sérieusement, ça devait être des vacances.

    Voyons voir: que pensait un Kellerman ou Kléber de l'emprise de Paris sur les décisions? Et même pas Paris en tant que tel, mais simplement d'un centre qui ne serait pas Strasbourg ? Tu me diras, il s'agit là du calcul des élites dont Balladur est l'héritier goitreux, et le lieu de naissance des deux gus en question est secondaire. Et que les notions de culture n'était sans doute pas aussi sacrée, qu'il s'agissait avant tout du choix du plus fort. Voire: faudrait-il célébrer Paoli plutôt que Napoléon? la France ne valait pas parce qu'elle était moralement supérieure (en tout cas pas seulement, mais ça a compté: la libertégalité, le retour de Tambow), elle ne s'est pas non plus imposée seulement par la force, mais parce qu'elle était plus désirable. Il faut relire Hansi - même un Césaire parlait du trésor que représentait le français, et pourtant, il n'y a pas de contempteur plus tenace de l'universalisme français (="le plus grand criminel du XXème siècle"). Si tu admets ça, l'emprise de Paris vaut largement celle de Strasbourg ou Sélestat. En tout cas, je vois ça comme ça.

    Après si on consent à être français, est-ce que les régions ont forcément vocation à toujours commenter, discuter, les décisions prises à un échelon supérieur pour un intérêt supérieur? On peut régresser à l'identité communale, individuelle, avant d'avoir épuisé la diversité des préoccupations et des intérêts. Mais sans aucune garantie de les satisfaire, même en partie (encore une fois: la Guadeloupe. La vie sur un caillou sous perfusion est indigne et absurde, les élites qui y sévissent sont souvent douteuses moralement, l'avenir est incertain à court terme, et c'est pourtant ce qu'a produit la poursuite de la satisfaction des seuls intérêts locaux). Evidémment, Balladur est tout ce qu'on veut, mais je ne suis pas sûr du tout de préférer les lubies d'un Chilla Meyer, d'une Taubirah ou même l'auteur de l'article de est-ce-t-elle pour ceux qui connaissent.
  • Soit, l'appartenance, l'adhésion, à la France suppose un minimum de centralisme parisien, loin de moi l'idée de le nier... mais dans ton discours on a l'impression que revendiquer une identité régionale et les prérogatives qui vont avec se fait forcément au détriment de l'attachement à la mère patrie... Perso, je ne le pense pas, la multi-appartenance est tout à fait possible à partir du moment où on joue la subsidiarité intelligemment. La plupart des démocraties occidentales sont des fédérations ou tendent vers le régionalisme, pourquoi ça ne marcherait pas aussi - un peu - en France ?
  • Citation:
    OK pour revoir le découpage de certaines régions qui ne correspondent à aucune réalité humaine ou géographique sérieuse (région "Centre", ce genre de choses) ou pour fusionner (les Normandies) voire éclater certaines régions (Limousin par exemple).

    Mais s'il y a une région administrative en France dont le territoire recouvre une unité culturelle, géographique et économique, c'est bien l'Alsace.

    Après, si c'est pour créer des Länder à la française, pourquoi pas, mais il faut aussi voir que les Länder ne sont pas tous forcément gigantesques (Hesse, Rhénanie-Palatinat, Sarre, sans parler des confettis HH et HB).


    La région en France a justement été conçue pour ne pas être un rappel des anciennes provinces. Le concept même de région, bien moins neutre et révolutionnaire que le département, en rendait suspecte l'initiative: il est d'ailleurs significative que ce soient des agrégats de départements, et que les références aux provinces ont parfois été limitées (avec des monstruosités comme "Centre", "PACA", "Languedoc-Roussillon"). La présence de régions à deux départements sont des anomalies, elles sont trop petites vis-à-vis de leur voisines et si l'on y songe, une chambre partagée dés le départ en deux camps avec leur intérêts, ça limite quelque peu les combinaisons et les possibilités d'accord.

    Au contraire, les Länder sont l'héritage d'une structure historiquement fédérale qui comprenaient de nombreux fiefs-confettis, dont une partie a été supprimée (la Rhénanie est une création de Napoléon; la Prusse a été découpée après 1945, et son nom même a disparu). Tout ça n'a pas de sens en France. Ni les départements, ni les régions n'ont été pensée pour coïncider avec la mosaïque des provinces.

    >strohteam: Parce que la France est un merdier. Les raisons de se diviser sont bien plus importantes que les bases naturelles de l'unité. Les régions d'Allemagne ont vécu des siècles avec une histoire séparée, de guerres internes (à Sadowa en 1866, la Prusse était encore toute seule et affrontait toute la grande Allemagne, catholiques, états du Sud et dépendances à l'Est); encore récemment, l'Allemagne de l'Est a été séparée quelques 45ans. Pourtant, jamais l'unité culturelle et le destin commun de l'Allemagne n'ont été remis en cause. C'est un pays qui peut s'accommoder très simplement de l'autonomie régionale. Pareil pour les Anglais pour des raisons insulaires,... (en fait je n'ai pas vraiment de raisons, je constate).

    L'Espagne, il faut voir: l'autonomie des Basques et Catalans est si poussée qu'on peut encore se demander si c'est un pays ou une communauté d'intérêts: trop poussée par contre, sur un mode pathologique si l'on songe à l'homogénéisation de la langue ou des moeurs, des mouvements de population. Et c'est presque un pays jeune. Trente de démocratie, alors qu'on en est à 200 ans.

    La France est le pays le moins doué pour ça. Il n'a rien qui nous prépare à ménager durablement la diversité dans la république. La décentralisation nous heurte par la corruption (beaucoup plus que celle de l'état, vécue presque comme un mal nécessaire). Le relâchement des exigences de l'intérêt général conduit à tout reprocher à l'Etat, qui devient l'autre. La solidarité et la paix garanties par la force l'état doit être basée aussi sur une réciprocité, qui est naturelle si les gens se perçoivent comme un même groupe (l'Allemagne), et qui ne l'est pas si c'est un agrégat de régions toutes plus ou moins opprimées dans leurs intérêts. La France, au sens vraiment strict, ce n'est personne: Paris, l'île de France, les élites? Au sens large, ce n'est ni les francophones, ni les titulaires de la carte d'identité, c'est un point de rendez-vous. Avec quelques maigres symboles, qu'on peut mettre à bas, mais dont il ne faut pas être bien Césaire pour se rendre compte qu'ils masquent une diversité énorme et léthale. Le traitement des tendances régionalistes en est l'exemple: quand ça se produit, jamais nos élites n'ont su gérer cette situation ou créer quelque chose, une voie médiane: c'est systématiquement violence d'état ou mansuétude honteuse (au nom de la confusion voyous/régionalistes), s'appuyer et acheter les élites locales, indifférence feinte et foi dans le pourrissement,... historiquement, on ne sait pas faire mieux.
  • Allez, je vais jeter un peu d'huile sur le feu... et calmer le jeu.

    J'ai l'impression en vous lisant que 2 visions s'affrontent :

    1) Les régions correspondent à des cultures.
    Vu comme ça, on peut imaginer la moselle avec l'alsace, mais pas la meuse, la meurthe-et-moselle ou les vosges. Par contre, il y a quelques aberrations à corriger : le rassemblement des normandies, le démantèlement de la Picardie (l'oise étant déjà techniquement largement phagocytée par Paris...) et de la région artificielle "pays de loire", etc.

    2) Les régions doivent être le plus efficaces possibles par des synergies.
    Et là, effectivement, l'Alsace est petite, et "gagnerait" à être fusionnée. Mais des économies, vraiment? on va peut-être supprimer des services et des fonctionnaires, et réduire le train de vie de l'état... en apparence. Parce que dans les faits, il faudra trimballer les gens plus loin! Et pas seulement les usagers, mais aussi les fonctionnaires. Quand les services de l'état de bar le duc viendront en réunion à strasbourg, ça va pas le faire..
    Mais bon, comme certains l'ont souligné, et c'est également mon avis, la réforme devrait plutôt porter sur les départements, entités artificielles, hors d'âge (trajet d'une journée maxi à cheval avec la préfecture...) et malemenés par l'histoire ou dès le départ (Meurthe et Moselle, Territoire de Belfort, Nord : Dunkerque-Maubeuge : 150 km. département tout en long, 15km de large à l'endroit le plus étroit entre le pas de calais et la belgique...)
    Sans parler des communes, terriblement nombreuses en France par rapport à tous nos voisins. Résultat, des élus pas toujours compétents, et des gestions ou des décisions absurdes.

    Bref, pas la priorité... sauf à devoir justifier que "la France avance"...
  • zottel a écrit, le 2009-02-25 18:54:40 :


    La région en France a justement été conçue pour ne pas être un rappel des anciennes provinces. Le concept même de région, bien moins neutre et révolutionnaire que le département, en rendait suspecte l'initiative: il est d'ailleurs significative que ce soient des agrégats de départements, et que les références aux provinces ont parfois été limitées (avec des monstruosités comme "Centre", "PACA", "Languedoc-Roussillon"). La présence de régions à deux départements sont des anomalies, elles sont trop petites vis-à-vis de leur voisines et si l'on y songe, une chambre partagée dés le départ en deux camps avec leur intérêts, ça limite quelque peu les combinaisons et les possibilités d'accord.

    Au contraire, les Länder sont l'héritage d'une structure historiquement fédérale qui comprenaient de nombreux fiefs-confettis, dont une partie a été supprimée (la Rhénanie est une création de Napoléon; la Prusse a été découpée après 1945, et son nom même a disparu). Tout ça n'a pas de sens en France. Ni les départements, ni les régions n'ont été pensée pour coïncider avec la mosaïque des provinces.

    >strohteam: Parce que la France est un merdier. Les raisons de se diviser sont bien plus importantes que les bases naturelles de l'unité. Les régions d'Allemagne ont vécu des siècles avec une histoire séparée, de guerres internes (à Sadowa en 1866, la Prusse était encore toute seule et affrontait toute la grande Allemagne, catholiques, états du Sud et dépendances à l'Est); encore récemment, l'Allemagne de l'Est a été séparée quelques 45ans. Pourtant, jamais l'unité culturelle et le destin commun de l'Allemagne n'ont été remis en cause. C'est un pays qui peut s'accommoder très simplement de l'autonomie régionale. Pareil pour les Anglais pour des raisons insulaires,... (en fait je n'ai pas vraiment de raisons, je constate).

    L'Espagne, il faut voir: l'autonomie des Basques et Catalans est si poussée qu'on peut encore se demander si c'est un pays ou une communauté d'intérêts: trop poussée par contre, sur un mode pathologique si l'on songe à l'homogénéisation de la langue ou des moeurs, des mouvements de population. Et c'est presque un pays jeune. Trente de démocratie, alors qu'on en est à 200 ans.

    La France est le pays le moins doué pour ça. Il n'a rien qui nous prépare à ménager durablement la diversité dans la république. La décentralisation nous heurte par la corruption (beaucoup plus que celle de l'état, vécue presque comme un mal nécessaire). Le relâchement des exigences de l'intérêt général conduit à tout reprocher à l'Etat, qui devient l'autre. La solidarité et la paix garanties par la force l'état doit être basée aussi sur une réciprocité, qui est naturelle si les gens se perçoivent comme un même groupe (l'Allemagne), et qui ne l'est pas si c'est un agrégat de régions toutes plus ou moins opprimées dans leurs intérêts. La France, au sens vraiment strict, ce n'est personne: Paris, l'île de France, les élites? Au sens large, ce n'est ni les francophones, ni les titulaires de la carte d'identité, c'est un point de rendez-vous. Avec quelques maigres symboles, qu'on peut mettre à bas, mais dont il ne faut pas être bien Césaire pour se rendre compte qu'ils masquent une diversité énorme et léthale. Le traitement des tendances régionalistes en est l'exemple: quand ça se produit, jamais nos élites n'ont su gérer cette situation ou créer quelque chose, une voie médiane: c'est systématiquement violence d'état ou mansuétude honteuse (au nom de la confusion voyous/régionalistes), s'appuyer et acheter les élites locales, indifférence feinte et foi dans le pourrissement,... historiquement, on ne sait pas faire mieux.



    A propos du début de ton post, il me semble que les préfets de région sont une création de Vichy, à l'époque pour des raisons fonctionnelles (approvisionnement) et, déjà, de modernité administrative. Celà dit, c'est juste un détail pas capital en passant.

    Je te trouve super pessimiste sur la France. A te lire, on a l'impression que les Allemands par une cohésion forte ont pu traverser tous les accidents de l'histoire et que, quelque part, ces divisions souvent non voulues ont encore solidifié le sentiment national... à l'inverse, la France aurait été forcée d'en sur-rajouter sur le centralisme à cause du "merdier" et de l'absence de cohésion à la base... Je trouve ça un peu téléologique, comme s'il y avait un destinée manifeste allemande et une France un peu artificielle à la base.

    Alors que bon, en France les différences linguistiques, historiques, religieuses, sociales sont tout de même moins marquées qu'en Allemagne. Le pays n'a au fond que peu changé dans sa forme depuis le Moyen-Âge et encore moins depuis Louis XIV. En plus, les 3/4 du pays n'en a rien à foutre de l'autonomie et est complètement acculturé au jacobinisme, il n'y a que quelques régions aux franges qui revendiquent vaguement un particularisme sans jamais de violence de grande envergure comparable à ce qui a pu exister ailleurs en Europe.

    Là où je te rejoins, c'est dans l'incapacité du pouvoir à trouver une solution médiane entre pan-pan la matraque et les cajoleries clientélistes... sauf que je l'attribue plus à un abus de jacobinisme infantilisant de la part des décideurs des deux côtés (c'est vrai aussi pour la corruption) qu'à une réelle incapacité culturelle à penser le pluralisme. D'où ma préférence pour une auto-gestion à la base, aux territoires de se prendre en main eux-mêmes pour décider exactement ce qu'ils veulent faire... Bien sûr ça risque d'être le bordel mais pas toujours, on ne parle jamais vraiment des trains qui arrive à l'heure. Tiens, tu parles beaucoup des Antilles, mais a contrario, il y a outre-mer un processus où les choses ont bien marché si l'on regarde où on en était il y a 25 ans : la Nouvelle Calédonie. Et ce processus, il a été porté par un premier ministre issu de la deuxième gauche anti-jacobine. Hasard ?
  • lenain2jard1 a écrit, le 2009-02-25 12:13:06 :
    Qu'ont à gagner les grandes villes Lorraines à Passer sous "tutelle" Strabourgeoise ?

    Combiens d'écoles, tribunaux, administrations, services publics seront supprimés ensuite ?


    Mouarf, pouquoi attendre ? Bon, juste pour pas te miner totalement : la nouvelle carte judidiciaire supprimme déjà un max de tribunaux, les administrations sont déjà en train de se réorganiser vers un schéma d'une (le scoop) quinzaine de régions qui ressemble au projet Ballarude.

    Tu aboies alors que la caravane est passée depuis un paquet de temps.

    La cerise sur la choucroute: qui te dit que le siège de la nouvelle superrégion ne sera pas en Lorraine ? :D
  • Le problème, c'est que les politiques régionales menées par l'Alsace et la Lorraine, dans presque tous les domaines, sont juste opposées. Cela est vrai dans tous les domaines: économiques/financiers (tourisme, investissements, ...), pratiques (transport) ou même sportives.
  • bofbof2004 a écrit, le 2009-02-25 21:16:51 :
    lenain2jard1 a écrit, le 2009-02-25 12:13:06 :
    Qu'ont à gagner les grandes villes Lorraines à Passer sous "tutelle" Strabourgeoise ?

    Combiens d'écoles, tribunaux, administrations, services publics seront supprimés ensuite ?


    Mouarf, pouquoi attendre ? Bon, juste pour pas te miner totalement : la nouvelle carte judidiciaire supprimme déjà un max de tribunaux, les administrations sont déjà en train de se réorganiser vers un schéma d'une (le scoop) quinzaine de régions qui ressemble au projet Ballarude.

    Tu aboies alors que la caravane est passée depuis un paquet de temps.

    La cerise sur la choucroute: qui te dit que le siège de la nouvelle superrégion ne sera pas en Lorraine ? :D


    Nan mais je sais bien que les suppréssions existent déja hein !

    Le siège serait en Alsace , ça été dit je sais plus ou, il parlaient de villes pilotes.
  • Oui, ce sera Strasbourg.

    Citation:
    A propos du début de ton post, il me semble que les préfets de région sont une création de Vichy, à l'époque pour des raisons fonctionnelles (approvisionnement) et, déjà, de modernité administrative. Celà dit, c'est juste un détail pas capital en passant.

    Je te trouve super pessimiste sur la France. A te lire, on a l'impression que les Allemands par une cohésion forte ont pu traverser tous les accidents de l'histoire et que, quelque part, ces divisions souvent non voulues ont encore solidifié le sentiment national... à l'inverse, la France aurait été forcée d'en sur-rajouter sur le centralisme à cause du "merdier" et de l'absence de cohésion à la base... Je trouve ça un peu téléologique, comme s'il y avait un destinée manifeste allemande et une France un peu artificielle à la base.

    Alors que bon, en France les différences linguistiques, historiques, religieuses, sociales sont tout de même moins marquées qu'en Allemagne. Le pays n'a au fond que peu changé dans sa forme depuis le Moyen-Âge et encore moins depuis Louis XIV. En plus, les 3/4 du pays n'en a rien à foutre de l'autonomie et est complètement acculturé au jacobinisme, il n'y a que quelques régions aux franges qui revendiquent vaguement un particularisme sans jamais de violence de grande envergure comparable à ce qui a pu exister ailleurs en Europe.

    Là où je te rejoins, c'est dans l'incapacité du pouvoir à trouver une solution médiane entre pan-pan la matraque et les cajoleries clientélistes... sauf que je l'attribue plus à un abus de jacobinisme infantilisant de la part des décideurs des deux côtés (c'est vrai aussi pour la corruption) qu'à une réelle incapacité culturelle à penser le pluralisme. D'où ma préférence pour une auto-gestion à la base, aux territoires de se prendre en main eux-mêmes pour décider exactement ce qu'ils veulent faire... Bien sûr ça risque d'être le bordel mais pas toujours, on ne parle jamais vraiment des trains qui arrive à l'heure. Tiens, tu parles beaucoup des Antilles, mais a contrario, il y a outre-mer un processus où les choses ont bien marché si l'on regarde où on en était il y a 25 ans : la Nouvelle Calédonie. Et ce processus, il a été porté par un premier ministre issu de la deuxième gauche anti-jacobine. Hasard ?



    Il me semble que les régions c'est surtout du fin-De Gaulle (la toute fin)/début Pompidou.

    Petit écart par wikipedia pour téléologie. Pas sûr d'avoir compris, c'est l'équivalent du finalisme pour un autre dégré de causalité ? Je dirais que c'est plus une vision déterministe et matérialiste: les élites ont composées avec les données locales: la plaine agricole et la taille démographique de Paris, la radiation à partir de Paris par les descendants des Francs, les voies d'expansion naturelles vers les Pyrénées et les mers, le concept de pré carré développé lorsque le pays approche de ses frontières naturelles sous Louis XVI. Tout ça s'est surimposé sur un substrat gallo-gréco-romain sur la Méditerranée, les lambeaux de pays celtes (Bretagne, etc).
    Bien sûr, c'est du story telling. Mais il est concevable d'imaginer de tels modèles de formation des nations:

    1) que cette histoire des mouvements de population ait déterminé non seulement la géographie politique, mais aussi le rapport au cultures environnantes, voire les pratiques des élites. En comparaison, le fédéralisme espagnol viendrait de la Reconquista, qui a laissé des colonnes Nord-Sud possédée par des familles indépendantes, des marches, et puis l'anomalie Basque. La centralisation s'est faite tardivement par le catholicisme, qui a également détourné la guerre vers les colonies: d'où le décalage avec la modernité française, l'incompréhension mutuelle lors de la guerre, le développement de pouvoir dictatoriaux alliés à l'Eglise,etc.
    En comparaison, l'histoire de l'Allemagne et notamment sous la période romaine est assez méconnue: sous Auguste, les Romains rencontrent vraisemblablement de nombreux assez primitifs et un pays très peu défriché (en remontant jusqu'au Danemark). Ce qui posera un problème récurrent aux formations de légionnaires. Du coup, ils rentrent peu dans cette zone et stabilise un front immense en travers de l'Europe (à un prix qui deviendra de plus en plus lourd). Par la suite, les historiens signalent la formation d'alliances à l'Est, l'émergence de dynasties plus ou moins durables, avec lesquels ils faut traiter de plus en plus souvent, le lent développement de l'agriculture et de la démographie. S'il y a une homogénéité du monde germain, elle est ancienne et peu documentée. Tout ceci explose avec les invasions, dont on ne sait pas (je crois) à quel point elle ont remodelés la Germanie. Bref: on ne peut que constater la solidité des racines de ce qui devient la nation allemande.

    2)que les moeurs des populations en place ait déterminé ces mêmes aspects. On peut imaginer le poids des moeurs qui détermine les limites d'un groupe et ses critères, le partage des ressources, le rôle des deux sexes, les niveau d'endogamie familiale, dans les rapports entre deux groupes voisins. Pour E. Todd, le partage égalitaire de l'héritage chez les familles paysannes traditionnelles du bassin parisien expliquerait la vigueur des passions égalitaires, les dispositions à l'universalisme,... Il a apparemment porté sur des cartes la diffusion de la religion protestante en France. Par rapport au catholicisme, celle-ci propose un rapport direct à Dieu, plus en accord avec les aspects libérateurs du christianisme originel (elle propose donc de se passer du clergé et des intercesseurs, le pasteur étant... un lecteur de la Bible, un conseiller, non pas un confesseur ou un simplificateur). Cet aspect a séduit et la France s'est déchristianisée tôt dans la foulée de la Réforme. En revanche, les protestants, s'il font l'économie d'une règle austère et se fie à la conscience, rencontre la question du mal et la possibilité de se tromper, vieille question chrétienne: comment Dieu peut-il bien l'ajouter dans la création? D'où peut-être les idées d'élection, de grâce divine donnée à la naissance, ou de salut a gagner de son vivant ... thèmes éminemment inégalitaires qui n'ont percé que dans les régions de France où les moeurs familiales étaient, justement, inégalitaires (en Gascogne par ex., avec ses cadets déshérités). Le Bassin parisien a fermement résisté à ça, ailleurs en France les conversions ont été massives (apparemment la carte coïncide avec celle des moeurs). Qu'est ce que ça produit ? Une expérience des guerres de religion, notamment une guerre civile, incomparable avec tout ce qui se passe dans les nations d'Europe. La pouvoir ne s'en sortira pas sans persécuter les protestants. On pourrait dire la même chose sur la formation extrêmement laborieuse du clivage parlementaire, etc...

    Si la France est aculturée, du point de vue de ses cultures régionales, c'est le signe du travail incessant des élites (avec l'embellissement de Paris, par exemple), chose qui n'a aucune commune mesure avec les pays voisinants. Mais les différences sont plus tues ou minorés que supprimées: on a vu avec les Ch'tis la puissance des sentiments régionaux, dans lesquels se retrouvent tous les français. Quant à nos Balladur, au delà de tout ce qu'ils ont de pourri, ils restent français et comme happés par les nécessité de leur fonction quand ils bossent: ce qui plaide pour le déterminisme (c'est d'ailleurs très drôle de voir ce que deviennent les ruptures les plus sincères).

    Il ne s'agit pas d'être pessimiste, juste de savoir que l'on aura pas et l'Alsace (déjà disparue à 99%) et la nation française. Ca n'a été possible pour aucune culture régionale pour l'instant, il n'y a pas de raison que ça change pour nous. De toute façon, c'était sûrement douloureux pour la génération de Germain Müller, ça l'est beaucoup moins pour nous, ne nous mentons pas.

    Bien sûr, les DOM sont un exemple extrême où la disparition de la France conduirait à l'évidence à un régime de tontons macoutes: le personnel est déjà tout trouvé, la corruption est d'ores et déjà monstrueuse, etc. Ce n'est pas forcément le cas partout. Tout de même, la Nouvelle-Calédonie est minée par des problèmes sociaux monumentaux, doublé de problèmes ethniques. C'est pas vraiment un modèle d'émancipation par le haut... C'est l'industrie minière qui achète en partie la paix (ce qu'il n'y pas dans les Caraïbes, sauf rares exceptions).
  • zottel a écrit, le 2009-02-25 23:19:59 :




    Il me semble que les régions c'est surtout du fin-De Gaulle (la toute fin)/début Pompidou.


    Les régions peut-être mais les préfets de région il me semble bien avoir lu dans Paxton des pages sur leur création par Vichy. Supprimés à la libération mais assez vite réinstitués, comme pas mal de créations administratives.



    zottel a écrit, le 2009-02-25 23:19:59 :
    Petit écart par wikipedia pour téléologie. Pas sûr d'avoir compris, c'est l'équivalent du finalisme pour un autre dégré de causalité ?
    Je dirais que c'est plus une vision déterministe et matérialiste: les élites ont composées avec les données locales: la plaine agricole et la taille démographique de Paris, la radiation à partir de Paris par les descendants des Francs, les voies d'expansion naturelles vers les Pyrénées et les mers, le concept de pré carré développé lorsque le pays approche de ses frontières naturelles sous Louis XVI. Tout ça s'est surimposé sur un substrat gallo-gréco-romain sur la Méditerranée, les lambeaux de pays celtes (Bretagne, etc).
    Bien sûr, c'est du story telling.


    Oui, le risque du déterminisme c'est de trop prendre l'histoire par la fin (ce que j'appelle téléologie), d'éluder le rôle des décideurs politiques, de l'institutionnalisation de certaines pratiques qui n'en sont pas moins plastiques et qui, surtout, auraient pu être autrement... Parce qu'avec tes macro-déterminants on a l'impression d'un cours implacable de l'histoire à partir de caractéristiques géographiques ou culturelles inititales (que tu développes par la suite avec une érudition certaine).



    zottel a écrit, le 2009-02-25 23:19:59 :
    1) que cette histoire des mouvements de population ait déterminé non seulement la géographie politique, mais aussi le rapport au cultures environnantes, voire les pratiques des élites. En comparaison, le fédéralisme espagnol viendrait de la Reconquista, qui a laissé des colonnes Nord-Sud possédée par des familles indépendantes, des marches, et puis l'anomalie Basque. La centralisation s'est faite tardivement par le catholicisme, qui a également détourné la guerre vers les colonies: d'où le décalage avec la modernité française, l'incompréhension mutuelle lors de la guerre, le développement de pouvoir dictatoriaux alliés à l'Eglise,etc.
    En comparaison, l'histoire de l'Allemagne et notamment sous la période romaine est assez méconnue: sous Auguste, les Romains rencontrent vraisemblablement de nombreux assez primitifs et un pays très peu défriché (en remontant jusqu'au Danemark). Ce qui posera un problème récurrent aux formations de légionnaires. Du coup, ils rentrent peu dans cette zone et stabilise un front immense en travers de l'Europe (à un prix qui deviendra de plus en plus lourd). Par la suite, les historiens signalent la formation d'alliances à l'Est, l'émergence de dynasties plus ou moins durables, avec lesquels ils faut traiter de plus en plus souvent, le lent développement de l'agriculture et de la démographie. S'il y a une homogénéité du monde germain, elle est ancienne et peu documentée. Tout ceci explose avec les invasions, dont on ne sait pas (je crois) à quel point elle ont remodelés la Germanie. Bref: on ne peut que constater la solidité des racines de ce qui devient la nation allemande.


    Si je comprends bien, et pour résumer, l'homogénéité allemande viendrait en partie de l'absence de conquête et d'administration romaine ?


    zottel a écrit, le 2009-02-25 23:19:59 :
    2)que les moeurs des populations en place ait déterminé ces mêmes aspects. On peut imaginer le poids des moeurs qui détermine les limites d'un groupe et ses critères, le partage des ressources, le rôle des deux sexes, les niveau d'endogamie familiale, dans les rapports entre deux groupes voisins. Pour E. Todd, le partage égalitaire de l'héritage chez les familles paysannes traditionnelles du bassin parisien expliquerait la vigueur des passions égalitaires, les dispositions à l'universalisme,... Il a apparemment porté sur des cartes la diffusion de la religion protestante en France. Par rapport au catholicisme, celle-ci propose un rapport direct à Dieu, plus en accord avec les aspects libérateurs du christianisme originel (elle propose donc de se passer du clergé et des intercesseurs, le pasteur étant... un lecteur de la Bible, un conseiller, non pas un confesseur ou un simplificateur). Cet aspect a séduit et la France s'est déchristianisée tôt dans la foulée de la Réforme. En revanche, les protestants, s'il font l'économie d'une règle austère et se fie à la conscience, rencontre la question du mal et la possibilité de se tromper, vieille question chrétienne: comment Dieu peut-il bien l'ajouter dans la création? D'où peut-être les idées d'élection, de grâce divine donnée à la naissance, ou de salut a gagner de son vivant ... thèmes éminemment inégalitaires qui n'ont percé que dans les régions de France où les moeurs familiales étaient, justement, inégalitaires (en Gascogne par ex., avec ses cadets déshérités). Le Bassin parisien a fermement résisté à ça, ailleurs en France les conversions ont été massives (apparemment la carte coïncide avec celle des moeurs). Qu'est ce que ça produit ? Une expérience des guerres de religion, notamment une guerre civile, incomparable avec tout ce qui se passe dans les nations d'Europe. La pouvoir ne s'en sortira pas sans persécuter les protestants. On pourrait dire la même chose sur la formation extrêmement laborieuse du clivage parlementaire, etc...


    Incomparable, vraiment ? Le clivage catholique/protestants il a aussi été très violent dans le monde germanique. La guerre de 30 ans c'était d'abord une guerre civile, même si elle fût vite accaparée par les puissance voisines. je ne vois pas de différence fondamentale entre France et Allemagne ici.

    zottel a écrit, le 2009-02-25 23:19:59 :
    Si la France est aculturée, du point de vue de ses cultures régionales, c'est le signe du travail incessant des élites (avec l'embellissement de Paris, par exemple), chose qui n'a aucune commune mesure avec les pays voisinants. Mais les différences sont plus tues ou minorés que supprimées: on a vu avec les Ch'tis la puissance des sentiments régionaux, dans lesquels se retrouvent tous les français. Quant à nos Balladur, au delà de tout ce qu'ils ont de pourri, ils restent français et comme happés par les nécessité de leur fonction quand ils bossent: ce qui plaide pour le déterminisme (c'est d'ailleurs très drôle de voir ce que deviennent les ruptures les plus sincères).


    Franchement pas d'accord, les Chtis c'est de l'épiphénomène, du folklore minable. Pour moi les choses sont inverses, les élites sont parvenues à effacer le sentiment régional dans la majeure partie de la France, elles ne luttent pas pour contenir la force de celui-ci...du coup on en est réduit à expulser le sentiment régional par des caricatures débiles d'autant plus navrantes qu'elles sont servies par un gars du coin.

    zottel a écrit, le 2009-02-25 23:19:59 :
    Il ne s'agit pas d'être pessimiste, juste de savoir que l'on aura pas et l'Alsace (déjà disparue à 99%) et la nation française. Ca n'a été possible pour aucune culture régionale pour l'instant, il n'y a pas de raison que ça change pour nous. De toute façon, c'était sûrement douloureux pour la génération de Germain Müller, ça l'est beaucoup moins pour nous, ne nous mentons pas.


    Là dessus, je suis d'accord, on aura pas aujourd'hui les deux, mais on aurait pu les avoir, même après la seconde guerre mondiale si on avait été plus intelligents des deux cotés. Aujourd'hui, effectivement, les choses se sont braquées des deux cotés (sans doute plus côté alsacien d'ailleurs). Mais mon aspiration n'est pas véritablement culturelle, l'alsacianité ne me passionne guère... Je viserais plus des choses prosaïques comme une capacité législative, budgétaire, bref un vrai gouvernement local et pas un ersatz vaguement concédé et tenu en laisse par Paris. Les Alsacien serait-il plus foncièrement incapables de gérer leur territoire que ne le sont les habitants du Bade-Wurtemberg, du Massachussetts ou de l'Andalousie ?

    zottel a écrit, le 2009-02-25 23:19:59 :
    Bien sûr, les DOM sont un exemple extrême où la disparition de la France conduirait à l'évidence à un régime de tontons macoutes: le personnel est déjà tout trouvé, la corruption est d'ores et déjà monstrueuse, etc. Ce n'est pas forcément le cas partout. Tout de même, la Nouvelle-Calédonie est minée par des problèmes sociaux monumentaux, doublé de problèmes ethniques. C'est pas vraiment un modèle d'émancipation par le haut... C'est l'industrie minière qui achète en partie la paix (ce qu'il n'y pas dans les Caraïbes, sauf rares exceptions).


    Je ne sais pas dans quelle mesure cette tranquilité est "achetée" par l'industrie minière mais, tout de même, compte tenu des profondes différences que tu notes et qui existent, je trouve ça intéressant qu'on ait choisi de se diriger somme toute assez paisiblement vers la dévolution quelques années à peine après un massacre comme Ouvéa.
  • Le problème pour comprendre l'homogénéité de l'Allemagne (cas intéressant pour un alsacien) c'est le manque de sources écrites avant les Carolingiens (de ce que je sais hein, c'est pas assez pour faire mon malin). Donc il est difficile de comprendre ce qui peut déterminer la formation de la nation allemande, les rapports avec l'Est, le monde nordique...

    Tout bien réfléchi, la Réforme n'est pas forcément le meilleur exemple. Mais il me semble que la religion protestante a diffusé assez rapidement dans l'Europe du Nord et notamment l'Allemagne/Prusse. Le monde germanique a éclaté en deux blocs Nord/Sud de force (ce qui a été longtemps un vrai obstacle à l'unité allemande). En France, la problématique est plus centre/périphérie (lancinante ça culmine avant Henri IV, mais pose toujours problème à Louis XIV) que Berlin/Vienne. Le monde germanique avait deux pôle de pouvoir stables et concurrents; le pouvoir français est contesté pour lui même. Alors que les limites de l'Allemagne, sa perennité, la possibilité d'une unité allaient de soit, une fois tranché les options Petite et Grande-Allemagne (celle des Habsbourg): à partir de là tout va vite. Notons d'ailleurs que cette option autrichienne de l'Allemagne, perdante, avait un projet et des préoccupations proches d'un empire à la française, à la puissance 10: mosaïque de langues, cultures, rapport délicat à la périphérie.

    Ca n'était quand même, c'est vrai, pas si simple de réaliser l'unité allemande à partir de la Prusse. Il s'agit de clivages qui ne sont pas que géographique. Toutes autres choses mises à part, on peut voir la période nazie comme une façon de transcender définitivement les clivages hérités de l'unité politique allemande sous bannière prussienne: le poids énorme de la noblesse, le prestige de l'armée de métier (clivages sociaux donc: on voit bien dans "les Damnés" de Visconti la promotion des cadets et la rupture de la chaîne de l'héritage), carte religieuse avec les catholiques au Sud (clivage surmonté dans un bouillonnement de paganisme, sans parler de la dévaluation de la morale chrétienne par la promotion de la guerre), fabrication de mythes originels communs, antérieurs aux Carolingiens un peu trop européens (avec des emprunts à la biologie, au mythes scandinaves, etc). L'exutoire des passions inégalitaires, leur figure concrète et haïe, ayant été les juifs entre autres. Bref, la période nazie était une alternative moderne à l'ancien régime, qui a détruit les bases du pouvoir impérial prussien et a jeté les fondations de la Bundesrepublik. Un renouvellement de personnel en quelque sorte (ce qui était aussi le projet de germanisation de l'Alsace sous Bismarck) et un moment oedipien. Mais c'est une alternative tout aussi inégalitaire, dans laquelle la nécessité du pouvoir central et l'unité territoriale ne sont pas du tout remises en cause. D'ailleurs, on accordait beaucoup d'importances aux groupes régionaux dans l'armée allemande nazie (les alsaciens par exemple), voire, au maximum, à regrouper les gens de même village. Preuve que la diversité n'est si importante pour poser des problèmes au commandement allemand.

    A comparer avec le traitement des fonctionnaires français, ou encore la rotation incessante imposée aux militaires austro-hongrois). En France, les clivages sont d'abord géographiques (centre/périphérie) avec tout ce que ça recoupe, et la solution consiste au contraire à ouvrir le ban sur des bases égalitaires, notamment aux élites de la périphérie turbulente. On est d'ailleurs champions pour former des Domota.

    Citation:
    Franchement pas d'accord, les Chtis c'est de l'épiphénomène, du folklore minable. Pour moi les choses sont inverses, les élites sont parvenues à effacer le sentiment régional dans la majeure partie de la France, elles ne luttent pas pour contenir la force de celui-ci...du coup on en est réduit à expulser le sentiment régional par des caricatures débiles d'autant plus navrantes qu'elles sont servies par un gars du coin.


    Faut voir. Effectivement, le sentiment régional réél a disparu, faute de région et avec le travail des élites.
    D'abord, il faut remarquer que 1) la France renonce petit à petit à son modèle égalitaire et ses aspects austères, nos devanciers ango-saxons en économie ayant des pratiques beaucoup plus bienveillante à l'égard de la diversité. Résultat, un regard de touriste pour tout ce qui ne ressort pas directement de clichés sur les français. Mais c'est un effet de mode, un moment de la fête, pas grand chose de sérieux. Dans le même temps, la même modernité vise plus loin que la nation égalitaire ou la région à biniou que nous rédecouvrons tardivement, mais l'individu, donc la disparition des régions est bien réelle.
    On a donc un film sans prétention et sans trop de budget, pas spécialement produit par l'imaginaire et les décision de nos fonctionnaires grande-race comme Balladur mais par un Dany Boon sincèrement plouc (donc je suis pas sûr qu'il y avait un projet de catharsis des passions régionales, travail que fait parfois un cinéma hollywoodien qui parle encore souvent de quelque chose) . Et là paf, il bénéficie à la fois d'un effet mode "attention biniou en voie d'extinction", et d'une nostalgie réelle de la France des accents et des plats locaux comme dans les vieux Mégret. Ca c'est pour le public moyen-vieux, qui n'a pas tout oublié et qui connaît Line Renaud. A 20M, c'est eux qui ont fait la différence avec les Bronzés et Mission Cléopâtre et un public d'habitués et de jeunes urbains - surtout à l'ère du téléchargement.

    Pour la nouvelle Calédonie, je demande à voir, mais pourquoi. Je ne suis pas contre le régionalisme dans l'absolu. Si il faut ça pour assoir son bonheur terrestre, alors d'accord, DOM, Corse ou je ne sais quoi. Mais pour l'Alsace, pour moi en fait, j'en doute, ne serait-ce que parce que les aînés ont choisi pour nous assez clairement.
  • Pour illustrer la mise en place du dessin des régions aujourd'hui discuté, voici un article de l'Express

    L'homme qui a dessiné les régions
    Par Michel Feltin, publié le 15/03/2004 13:18 - mis à jour le 25/02/2009 15:21
    Chargé par l'Etat d'un projet de découpage, un jeune énarque passionné de géographie a élaboré, dans les années 1950, une carte qui, depuis, n'a presque pas changé. Disparu en 2006, Serge Antoine expliquait en 2004 à L'Express comment il avait conçu l'actuel découpage de la France. Retour sur une histoire méconnue.
    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/l-homme-qui-a-dessine-les-regions_743241.html
  • Edit: le genre de carte qui sous-tendent les élucubrations de Todd. Notamment sur l'inhomogénéité de la France.

    http://www.reynier.com/Anthro/Culture/Image13.gif
  • De toute façon, ça ne se fera pas... avec la levée de boucliers... ça ne sert à rien de se fatiguer dans un débat de ce genre, où à peu près tout le monde est d'accord.

    Le plus urgent, c'est quand même d'avoir des infos sur le retour de Romùlo. :p
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