Oh mon dieu, ils ont recruté Kenny !

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Par athor
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Kenny Lala sous le maillot du Paris FC © denisub90

Quelques jours après l'ouverture du mercato estival, le Racing a officialisé l'arrivée de première recrue, le latéral droit Kenny Lala, auteur de deux saisons pleines à Lens.

Si la soirée et le(s) lendemain(s) du 19 mai dernier furent orgiaques pour les supporters du Racing, les dirigeants du Racing, Marc Keller, Thierry Laurey et Loïc Désiré en tête, n'ont pas vraiment eu le temps de profiter. Le passage entre la deuxième et la première division apparaît bien souvent compliqué pour un club, encore plus quand il enchaîne une seconde montée consécutive. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un œil au destin des derniers champions de L2. La construction de l'effectif est donc la période la plus décisive pour assurer la saison à venir. A l'exception notable de Khalid Boutaïb, parti assurer « l'avenir de sa famille » avec un beau contrat en Turquie, le club est parvenu à prolonger ses cadres en fin de contrat, tout en laissant partir les joueurs qui, selon le staff, n'avaient plus leur place dans l'équipe. Évidemment, il restera encore quelques mouvements dans le sens des départs, mais c'est dans l'autre sens que la première recrue de l'été est apparue.

Titulaire à Lens, en L2, depuis deux saisons, Kenny Lala semble aujourd'hui devenu une valeur sûre à ce niveau, et prêt à rebasculer vers l'étage supérieur, après une première expérience à Valenciennes. Une seconde chance en quelques sorte, pour un joueur qui a déjà su la saisir précédemment dans sa carrière. Enfant du XVIIIe arrondissement de Paris, Lala débute à l'Espérance Sportive Parisienne, son club de quartier, au bord du Périphérique. Malgré quelques essais durant son adolescence, il ne parvient pas à intégrer de centre de formation, la faute probablement à l'incroyable densité du vivier de jeunes footballeurs en Ile-de-France. Entre les entraînements, les matchs de DH et les petits boulots de vendeur chez Zara ou de coursier, il conserve une idée fixe dans un coin de la tête : « j'ai arrêté mes études en seconde, mais j'ai toujours rêvé de devenir pro. » A l'été 2008, il rejoint le Paris FC et son stade Dejerine, lui aussi au bord du Périphérique, mais pour évoluer en Promotion d'Honneur. Sans faire de bruit, il tape à la porte des U19 et s'y imposer rapidement comme un titulaire et un acteur important de la montée de l'équipe au niveau national.. Petit coup de pouce du destin, le latéral droit titulaire en équipe première, un certain Francisco Donzelot, quitte le club a l'été 2010, et le PFC n'a pas de remplaçant. Jean-Luc Vannuchi, l'entraîneur décide alors de lancer le jeune défenseur, le temps de trouver une alternative plus expérimentée. En quatre matchs de National, Kenny Lala met tout le monde d'accord et convainc son coach de le maintenir toute l'année dans le onze. A 19 ans, il vient donc de réaliser une saison pleine, signant au passage un contrat fédéral.

Déjà mis à l'essai par Valenciennes un an auparavant, le latéral droit rallie le Nord en 2011, contre un peu plus de 100 000 euros. Si la première saison est celle de l'adaptation à un monde nouveau, passée essentiellement dans le groupe de l'équipe réserve, avec tout de même deux apparitions en L1, la saison 2012/2013 est plus concluante. Titulaire en CFA, il s'immisce peu à peu dans le groupe de Daniel Sanchez, parvenant même à s'installer dans le onze de départ de l'équipe première en fin de saison. En prime, il inscrit un joli but, du pied gauche, face à Rennes. Il faut néanmoins attendre la saison 2014/2015, en L2, pour voir Lala s'installer définitivement dans l'équipe et réaliser une saison pleine (35 matchs), évoluant parfois dans un rôle de défenseur central. En fin de contrat, il quitte alors un VAFC en pleine crise financière, pour le RC Lens qui entame sa période post-Mammadov.

Dans le Pas-de-Calais, le défenseur arrive avec un statut de titulaire quasiment indiscutable, et enchaîne les rencontres, que ce soit avec Antoine Kombouaré, puis avec Alain Casanova cette saison. Ce dernier n'a d'ailleurs pas tarit d'éloges sur le joueur, qui a clairement passé un cap dans le second semestre : « je suis très content parce que quand je suis arrivé avec mon staff, on a senti qu’il avait un gros potentiel, mais qu’il se fixait quelques limites, sur les plans mental, technique, tactique… En discutant, en travaillant à base de vidéos, il a pris conscience qu’il avait toutes les qualités pour le plus haut niveau (…) Il devait améliorer deux choses : une plus grande rigueur sur le plan défensif, et une meilleure gestion de ses émotions. Dans les moments plus difficiles, quand il pense qu’il y a une injustice dans le jeu, il doit savoir rester dans son match (…) Pour moi, il peut aller très haut, ce qu’il fait reste un minimum. Il n’a que 25 ans et encore dix bonnes années devant lui. S’il reste dans cette mentalité, il peut aller très loin. » En fin de contrat, et après trois années pleines en L2, Kenny Lala, également suivi par Caen, aura donc une nouvelle chance de montrer sa valeur en L1 avec le Racing.

Le joueur en détails


Latéral droit de formation, Kenny Lala a essentiellement évolué à ce poste, même s'il a prouvé qu'il était capable d'évoluer dans l'axe, comme à Valenciennes ou la saison dernière à Lens, dans une défense à trois centraux, ainsi qu'à gauche. La grande qualité du joueur est sa capacité à occuper tout le flanc droit, grâce à sa vitesse et son endurance. Sa heatmap de la saison dernière confirme cette activité :
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Évoluant le plus souvent dans un 4-4-2, le RC Lens d'Alain Casanova demandait une grande participation des latéraux, les deux milieux excentrés rentrant dans l'axe pour permettre les montées offensifs de leurs arrières. Cette caractéristique du jeu des Sang et Or se retrouve dans les statistiques offensives de Lala, qui a joué en moyenne 4,3 duels offensifs par match (84% de réussite) et tenté 4,4 dribbles (également à 84% de réussite), dont 10 lors du match face au RCS au stade Bollaert. A la conclusion de ces montées, il a centré à 3,2 reprises par match, en en réussissant un tiers. Défensivement, il a également progressé cette saison, se montrant plus rigoureux (5 duels défensifs par match, à 76% de réussite) et attentif (5,1 interceptions par match). Techniquement, le joueur est également très propre, assurant 90% de ses 41,3 passes par match.

La comparaison avec les deux latéraux du Racing, Eric Marester et Abdallah N'Dour permet de bien cerner le profil de Lala. Evidemment, son apport offensif se rapproche bien plus du Sénégalais, même si ce dernier centre plus (4,9 contre 3,2). Défensivement, l'ancien Lensois se rapproche plus de Marester en terme de duels, même s'il affiche un déficit dans le jeu de tête.
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Au final, Kenny Lala semble être le parfait latéral pour un entraîneur misant les montées de ces joueurs, et favorisant les contres-attaques.

athor

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