La saison 2016/2017 en tribunes

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Côté tribunes
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Par guigues
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Bourg17.jpg
© UB90

Période morte pour le fan du Racing, entre le renouvellement de son abonnement et la sortie du calendrier, le début du mois de juin est propice à une introspection poussée des tribunes de la Meinau.

L’envolée lyrique



Si les joueurs lui ont quelque peu volé la vedette dans un sprint final de haute volée, la star de la saison a sans conteste été la Meinau et ses supporters. Retrouvant le professionnalisme après des années terribles, où les seules affiches étaient les derbys régionaux et les matchs à enjeu de fin de saison, la fraicheur du public alsacien a emballé les médias.

On ne compte plus les reportages ou articles faisant la part belle à ces irréductibles Alsacos, ayant tout vu, tout eu, tout bu et emplissant leur mythique enceinte. Enfin à sa juste place dans l’antichambre de l’élite qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Même les Lensois, éternels marronniers du « meilleur public de France » ont rencontré une opposition louable, qui leur a ravi la lumière des projecteurs à la faveur d’une trajectoire plus étincelante.

On n’oubliera pas non plus les entrefilets journalistiques remerciant les gradins d’avoir sauvé des matchs pas franchement emballants, notamment au cœur de l’automne / hiver strasbourgeois. Au final, même le comique championnat des tribunes consacre la première place des Strasbourgeois, devant Amiens et Lens. Sous réserve du classement définitif.

Nous pourrions nous auto-congratuler pour ne pas dire plus, mais Racingstub a choisi de porter le regard critique & acide que nous lui connaissons tous sur cette saison au bord du rectangle vert.

FIDELITE



Il s’agit par pure facilitée intellectuelle de reprendre les critères de la Ligue mais avec l’œil aiguisé et la mauvaise foi du pilier de buvette. Ici nous jugerons donc le remplissage de la Meinau mais aussi celui des tribunes visiteurs à l’extérieur. A la Meinau ,avec un peu plus de 17 000 spectateurs, le Racing finit évidement dauphin de l’autre Racing. Si la moyenne est flatteuse à la vue des autres enceintes de seconde division ou des affluences en berne de la première, ce n’est pas non plus la panacée.

Déjà, le gain moyen de spectateurs par rapport à la dernière saison de National est d’à peine plus d’un millier de spectateurs. Pour le retour de l’équipe chez les pros, c’est plus que décevant. A qui la faute ? Le stub regorge d’explications : météo, match décalé, grille tarifaire peu adaptée, adversaires peu prestigieux, etc... Pourquoi ne pas rajouter le mythique syndrome Hans Em Schnokeloch propre au Racing qui fait que le fan du Racing passe souvent plus de temps à se plaindre des résultats du Racing qu’à consulter le calendrier.

Enfin si le match décisif face à Bourg fut le seul à guichets fermés, seuls quatre autres ont dépassé la barre des 18 000 spectateurs. Si le match face à Lens s’est joué en décembre, les rencontres face à Sochaux, Ajaccio et Le Havre ont toutes eu lieu en avril. Alors le supporteur du Racing frileux ?

Transposée dans l’élite, la Meinau finirait autour de la 10ème place, dans le ventre mou entre les peu exaltants Stadium de Toulouse et Stade Marcel Picot de Nancy. Honorable mais pas de quoi pavoiser à l’intersaison.

A l’extérieur, c’est un peu mieux, surtout si l’on considère qu’en face, c’est le néant hormis les Lensois. La moyenne de 351 migrateurs suivant le Racing à chaque rencontre ne veut pas dire grand-chose. Il convient surtout de retenir les invasions mémorables de Sochaux, Reims et Lens avec plus de 1500 fans présents à chaque fois. Du jamais vu pour le Racing depuis 1979, hormis finales de coupe et finales à Epinal et Belfort. On saluera aussi la présence systématique de Bleus et Blancs dans les tribunes à tous les matchs, dans toutes les compétitions, tous les jours de la semaine et quelque soit la météo. D’ailleurs, cette année, ils seront plusieurs à réussir le grand chelem en assistant à toutes les rencontres officiels. De ce coté-là, le Racing a indéniablement progressé. Développant une culture déplacement pour assister aux rencontres à l’extérieur, pendant que dans le même temps, la France du foot se perdait dans les interdictions / restrictions pour les fans visiteurs.

AMBIANCE



C’est un euphémisme que de dire que le stade aura été animé tout au long de la saison. Et le déménagement du kop en tribune Ouest y est forcément pour beaucoup. A l’étroit après 25 années à animer la Meinau dans le quart de Virage Nord Ouest, l’engouement palpable lors de la fin de saison dernière a convaincu le club et les supporters de tenter la grande aventure à l’Ouest. Le pari est en passe d’être gagné après une première saison éclatante qui voit déjà la tribune gagné le sobriquet peu original de « mur bleu ».

Véritable poumon de la Meinau, la tribune Ouest aura su transcender les chants classiques du quart de virage mais également conquérir les primo-kopistes et même l’ensemble des tribunes sur la fin de saison. Si la reprise des « Lacs du Connemara » nous donne toujours autant de frisson, quand la communion avec les joueurs sur le chant « allez Strasbourgeois » s’est imposé comme un classique d’après match jusqu’à la place Kleber, alors que voir le stade se lever pour répondre à la tribune Ouest sur le chant « no limit » était le fantasme de bien des racingmen, c’est au final le chant sur l’air de ballerman « Johnny Däpp » qui restera comme le tube de la saison et de son final en apothéose.

A elle seule, la tribune aura été l’attraction des matchs hivernaux et même des autres, toujours elle aura été remplie, remuante, en un mot comme en des milliers, le cœur d’une région qui vibre à nouveau pour son Racing. Maintenant arrive le plus dur avec la saison de la confirmation et le retour dans une division ou les oppositions ne manqueront pas de donner du travail aux deux capos qui sont les chefs d’orchestre de ce gigantesque chœur. Attention tout de même à ne pas baisser de volume, au risque d’entendre les plus aigris des spectateurs siffler la première passe en retrait.

Mention spéciale tout de même aux tribunes Est, Nord et Sud qui ont su participé à l’hystérie collective du sprint final, un signe qui ne trompe pas sur l’engouement pour ce RCS 16/17.

ANIMATION



Ou l’on parlera plus particulièrement des tifos qui auront coloré la Meinau mais aussi les parcages strasbourgeois tout au long de la saison. Avec le déplacement du Kop en ouest, encore lui, les chorégraphies changent de dimension ce qui peut expliquer qu’elles auront été un peu moins nombreuses. En effet, tant en coût qu’en heures de travail le déménagement multiplie par 3 voir 4 les efforts demandés.

Huit animations majeures auront été réalisées au cours de la saison sur la tribune Ouest à l’initiative des UB90. On notera que le club aussi s’essaiera à l’exercice dans la tribune famille en fin de saison. Les feuilles ont été le support favori des ultras cette saison. Si le tifo contre Reims exposait RCS 1906 intégralement en feuilles, quatre autres les combinaient avec un voile plastique. Tantôt à la gloire du Racing comme contre Amiens et Lens, tantôt à la gloire des UB90 avec leur tête de mort contre Le Havre. Le match face à Sochaux fut l’occasion de célébrer Strasbourg avec ses lions hérétiques et le blason réalisé en drapeaux. Enfin, Valenciennes vit le kop se recouvrir de plusieurs milliers de drapeaux alors que Nîmes reçu les honneurs d’un lancer de papier hygiénique à la mode argentine.

A l’extérieur aussi, les fans du Racing régale. Ainsi par cinq fois, ils organisent des spectacles aussi variés que difficiles à mettre en place loin de leurs bases. Que ce soit les ballons bleus et blancs à Sochaux, les confettis à Amiens ou les chasubles à Reims, là ou les Alsaciens sont présents, c’est la fiesta. Mention spéciale aux animations à étendards dans le pittoresque stade de Laval par la relève de la jeunesse ultra et au stade Bollaert de Lens où les UB90 auront colorés la tribune alors que le KCB sortait un voile. Le tout agrémenté de quelques fumigènes.

Des fumigènes il n’y en aura pas eu plus que de raison cette saison. La tribune cherchant à se modérer pour ne pas pénaliser le club à cause des amendes complètement décalées de la Ligue. Évidemment, le dernier match fait office d’exception et à ce jour l’addition n’est pas encore arrivée. Espérons que la Ligue sera tenir compte de la célébration d’un football populaire et festif que fut ce finish, mais rien n’est moins sûr.

LE BILAN



Sur la lancée d’une excellente saison niveau tribune en National, le public strasbourgeois n’a pas déçu et s’est imposé comme l’une des références niveau tribune de cette division. Tant par son support constant à l’équipe que par sa forte présence, il a également joué son modeste rôle dans l’exploit réalisé par le Racing. Évidemment, les conditions de ce retour étaient plus que favorables et maintenant le plus dur commence pour des supporteurs habitués aux émotions fortes depuis plus de 10 ans.

Sans surprise, Racingstub décerne le titre de champion aux boys in blue, en n’oubliant pas que dans l’euphorie il est coutumier de se voir plus beau que la réalité. Mais c’est encore l’été alors continuons à rêver.

guigues

Commentaires (3)

Flux RSS 3 messages · 1.486 lectures · Premier message par jeandefrance · Dernier message par raidjiss

  • Excellent (+)
  • Très bel article ! (+)

    Et espérons que l'engouement ressenti dans les tribunes pour cette saison 2016/2017 continuera tout au long de la saison 2017/2018...
  • Il y aura 2 sortes d'engouement pour le championnat à venir...le 1er sera lié à notre classement (une fois les 1eres matchs passés avec l'attrait de la nouveauté de la ligue 1) et les grosses affluences prevues pour aussi venir voir les grosses cylindrees.
    Si par malheur, tres tot, nous devions deja lutter pour ne pas sombrer, je craint que l'enthousiasme ne s'effrite vite et qu'on reste sur une petite moyenne de sprctateurs de ligue 2.
    Faut quand meme s'attendre à du guichet fermé pour la venue du psg,monaco,om...

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