Michel Estevan, l'homme qui valait cinq montées

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Par lawknight
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Crédit photo : Patrick Mercier/Ville d'Arles © Ville d'Arles

L'entraîneur du prochain adversaire du Racing n'est pas inconnu du grand public, et pour cause : l'épopée d'Arles-Avignon, des bas fonds du CFA 2 jusqu'en Ligue 1, c'est lui. Portrait

Le joueur



Pied noir né le 28 septembre 1961 à Alger, Michel Estevan a touché son premier ballon au sein du Football Club de Tarascon. Il ne quittera jamais le Sud de la France au cours de sa carrière de joueur, conjuguée à un métier de policier puis d'agent d'assurance, puisqu'il évoluera uniquement en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et Languedoc-Roussillon.

Il signe son premier contrat professionnel au sein de l'Athlétic Club Arles en 1978, qui évolue Division 2. Il y reste deux ans avant de rejoindre le Nîmes Olympique en Division 1. Le club sera relégué dès sa première saison. Il reste à nouveau deux ans avant de revenir à Arles, qui évolue en deçà de la troisième division.
En 1984, il signe au Football Club de Sète où il jouera 54 matches en Division 2. Il rejoint l'Olympique Avignonnais en 1987 en Division 3. Il obtient le titre de vice-champion ainsi que la montée en Division 2 à l'issue de la saison 1988-1989. Sa carrière de joueur se termine en eau de boudin, le club étant relégué en raison de problèmes financiers. Il signe au Stade Beaucairois en tant qu'entraîneur-joueur pour trois saisons avant de devenir entraîneur pour les huit saisons suivantes.

L'entraîneur



Au terme de huit saisons en amateur, il monte en National en 2002. Il quitte Beaucaire pour Martigues, également en National, mais sera remplacé après vingt-cinq matches, faute de résultats. Le club sera relégué administrativement en CFA à la fin de la saison 2002-2003. Il y revient en février 2004 tenter de décrocher la montée en National, sans y parvenir. Il sera remplacé à l'aube de la saison 2004-2005 précisément, faute de résultats encore.

C'est à ce moment que Michel Estevan prend en main l'AC Arles. Cette prise de fonctions constitue un tournant majeur dans sa carrière. Dès sa première saison en CFA 2, il décroche la montée en CFA. A nouveau, une seule saison suffit pour monter en National. A ce moment de la rédaction de l'article, il est impossible de ne pas faire le parallèle avec François Keller. Michel Estevan obtient la 8ème place du National pour ses débuts avant de décrocher la montée en Ligue 2 la saison suivante. Il frappe encore très fort en obtenant la promotion en Ligue 1 dès la première saison.
Un temps sur le départ en raison d'un salaire revu (trop) à la hausse, le tout causant un déséquilibre dans le budget du club, il est maintenu après avoir trouvé un terrain d'entente avec les dirigeants. Malheureusement, il est licencié au bout de cinq journées et cinq défaites dont une rouste face au PSG (4-0). Le club sera relégué en Ligue 2 tandis qu'Estevan rebondira au mercato hivernal à l'US Boulogne Cote d'Opale dans le Nord, une fois n'est pas coutume.

Le club nordiste espère retrouver l'élite malgré sa onzième place à mi-saison. Il fait remonter l'équipe jusqu'à podium (3e) en enchaînant les victoires, mais une fin de saison moyenne classe le club à la 8ème place. Il sera licencié en octobre 2011, faute de résultats. Il rebondit à Fréjus Saint-Raphaël en 2012, où il a signé pour deux saisons. Il a terminé la première année de son contrat à la quatrième place et affiche clairement ses ambition de montée cette année.

L'homme aux cinq montées



En dépit d'une carrière mouvementée, ponctuée par plusieurs licenciements, Michel Estevan est connu comme l'homme ayant fait passer Arles-Avignon du CFA 2, ses déplacements courts, les troisièmes mi-temps à la bonne franquette, les derbies tous les week-end, à la Ligue 1 et le statut professionnel, le sponsoring, les droits télés et les matches face au Paris Saint Germain, l'Olympique de Marseille, l'Olympique Lyonnais et j'en passe. En résumé, de l'ombre à la lumière. De l'anonymat à la célébrité. De la nuit au jour... bref, vous avez compris.

Il a d'ailleurs été élu meilleur entraîneur de Ligue 2 lors de l'unique saison qu'il y a passé. La recette du succès ? De l'expérience - il s'appuie sur des joueurs venus relancer leur carrière comme Kaba Diawara alors au chômage, Sébastien Piocelle de retour d'une excursion peu fructueuse en Italie ou André Ayew, prêté par l'OM car il n'entrait pas dans les plans de Didier Deschamps - et de la continuité. Peu de changements dans l'effectif pour garder une ossature stable et des automatismes efficaces, à l'image d'Emmanuel Correze, qui a accompagné le club du CFA 2 à la Ligue 2.
De quoi constituer une source d'inspiration pour vous-savez-qui...

Sources : Wikipédia, Sport.fr, footballdatabase.eu, footgoal.net

La photo illustrant l'article a été réalisée par Patrick Mercier/direction de la communication de la ville d'Arles. Elle est disponibles sur Flickr sous licence Creative Commons CC BY-NC 2.0

lawknight

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