Legende : René Hauss

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Près de 600 matchs, 13 années de capitanat, vainqueur de 2 Coupes de France à 15 ans d'intervalle... René Hauss est l'homme de tous les records.

C'est sur les terrains de Lingolsheim où il passait ses jeudi à jouer au football, que le jeune René Hauss croisa une première fois la route du Racing.
C'est en effet là que Franz Chloupek, le tchécoslovaque passé par le RCS en 1935, y devint pour quelques semaines son entraîneur et lui apprit avec succès les bases du football : « je n'étais pas doué comme d'autres » reconnaît Hauss, « et sans Franz Chloupek, sans Paul Frantz plus tard, je n'aurais jamais réussi. Je crois aux rencontres essentielles, de celles qui déclenche une vocation ».
Une vocation qui amena les dirigeants du Racing à l'engager en juillet 1948 après un essai d'une mi-temps : c'est alors une relation exceptionnelle de vingt années que René Hauss débuta avec le Racing, seul club dont il défendra les couleurs en tant que joueur.
Ne tardant pas à s'imposer au poste d'arrière droit grâce à sa puissance et sa vitesse, René Hauss avait l'habitude – à l'image des latéraux du football moderne – de parcourir le terrain le long de la ligne de touche, apportant avec succès sa contribution à la ligne d'attaque de l'équipe alsacienne.

Rapidement sollicité par les meilleures équipes françaises c'est d'abord le grand Stade de Reims qui chercha à l'engager alors qu'il n'était encore qu'un joueur amateur : les dirigeants strasbourgeois coupèrent court à toute discussion.
Et quand le champion de France bordelais approcha le Racing en vue d'un transfert, le président Heintz prit l'initiative d'affirmer que Hauss ne souhaitait pas rejoindre la Gironde. Un mensonge que le joueur découvrira avec stupéfaction quelques mois plus tard...
Ce ne fut donc pas les occasions de renier ce maillot bleu qui auraient manqué à Hauss, pourtant rien n'avait jamais remis en cause sa combativité sur les pelouses : d'une extrême loyauté à l'égard de son club, il était réputé pour toujours mouiller son maillot ; « ce que veut voir le public, ce sont des garçons qui donnent. Je n'ai jamais triché, j'ai toujours donné tout ce que je pouvais ».

Grâce à une hygiène de vie et une condition physique remarquables, Hauss poursuivit sa carrière jusqu'à l'âge de 39 ans malgré une grave blessure qui aurait pu mettre fin prématurément à son parcours.
Mais revenu au premier plan après deux années de galère, c'est lui qui s'imposa comme le chef de la défense strasbourgeoise lors du parcours en Coupe d'Europe 1964-1965 qui vit le Racing éliminer le Milan AC d'Amarildo et le FC Barcelone de Sandor Kocsis.
C'est d'ailleurs à René Hauss que revint la responsabilité de choisir "pile" ou "face" lors du tirage au sort après le match nul à Barcelone (les tirs au but n'existaient pas encore) : choisissant avec réussite le côté face de la pièce, il confirma ce choix l'année suivante à Milan dans les mêmes circonstances... mais cette fois le sort fut plus défavorable au Racing et à son capitaine.

Une déception cependant vite oubliée grâce au parcours victorieux en Coupe de France que le club remporta une seconde fois après le succès de 1951 : c'est Hauss qui, en tant que capitaine, eut le privilège de soulever en premier une Coupe de France 1966 qui lui permit d'établir un record loin d'être battu, celui de remporter deux coupes nationales sous le même maillot à quinze ans d'intervalle.
« Je n'arrive pas à réaliser, non je n'arrive pas à réaliser » répétait-il sans cesse après ce match qui finit de le convaincre de poursuivre sa carrière encore une saison : « je comptais me retirer à la fin de cette saison, mais je n'ai pas eu le courage de raccrocher ». Pour le plus grand plaisir des dirigeants strasbourgeois d'ailleurs, ravis de pouvoir compter sur son expérience encore une année, eux qui étaient pourtant prêts à lui confier l'entraînement de l'équipe professionnelle depuis 5 ans : « j'ai refusé d'être entraîneur-joueur, pour moi on est soit joueur, soit entraîneur mais pas les deux ».
Lui qui avait passé ses diplômes d'entraîneur dès l'âge de 34 ans (major de sa promotion) prit donc la tête de l'équipe professionnelle à près de 40 ans, après avoir entraîné les différentes équipes de jeunes du club où se trouvaient notamment Gilbert Gress et Gérard Hausser.

Entraîneur pour une petite saison seulement car cette liberté qui lui avait échappé en tant que joueur, l'entraîneur ne va pas s'en priver.
Engagé en 1968 par le Standard de Liège, Hauss va conquérir 3 titres de champion de Belgique consécutifs et une demi-finale de Coupe des Champions dans la cité aux cent clochers, conduisant les supporters belges à le nommer entraîneur du siècle.
Avant de l'engager, les dirigeants belges avaient pris soin d'interroger incognito les habitants strasbourgeois dans les différents commerces de la ville : tous n'avaient dit que du bien de lui...

Tout au long de son parcours, Hauss fut convoité par de nombreux clubs dont l'Ajax Amsterdam de Johan Cruyff mais aussi l'équipe de France. En concurrence avec Helenio Herrera, Lucien Leduc, Albert Batteux et Robert Herbin, c'est finalement Michel Hidalgo qui sera préféré pour remplacer le sélectionneur alors en poste, Stefan Kovacs.

De retour en France en 1974, il créa le centre de formation de Sochaux dans lequel il forma notamment Bernard Genghini ou Franck Sauzée. Appliquant ses principes de rigueur et de travail acharné, il y fut rapidement surnommé "Monsieur tactique", tirant ses principes de jeu du football allemand dont il s'inspirait ouvertement.
Les débuts sochaliens furent pourtant difficiles face à des joueurs peu habitués à tant de fermeté.
C'est ainsi que peu de temps après ses débuts, Hauss se présenta au siège de Peugeot à Paris où il y rencontra Roland Peugeot, le grand patron. « C'est fini, ils ne veulent pas de moi à Sochaux » lui dit Hauss ; Peugeot prit alors son téléphone et appela le siège du club : « le foot à Sochaux ce sera avec René Hauss ou ce sera sans Peugeot ».
De retour à Sochaux, Hauss pu alors travailler sereinement : deuxième du championnat en 1980, il atteignit la demi-finale de la coupe UEFA en 1981 avec 8 joueurs formés au club sur les 14 alignés sur les feuilles de match.

Finalement Hauss tenta une dernière aventure au Matra Racing de Jean-Luc Lagardère. Manager d'une équipe de stars aux contrats mirobolants, ce qui lui permit de faire définitivement le tour de la question : « j'ai pu réaliser un rêve de gosse, j'ai été successivement joueur, technicien, directeur sportif et manager. Grâce au football, j'ai eu beaucoup de satisfactions et peu de déceptions. »

Revenu ensuite vivre dans la région strasbourgeoise, il continue aujourd'hui de suivre de près l'actualité du Racing et du football, de ce sport dont « il est rare qu'(il) ne rêve pas la nuit. »

Retrouvez ici l'interview accordée par René Hauss à racingstub.com

filipe

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