RCS - Béziers, côté tribunes

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Côté tribunes
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Par guigues
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© rachmaninov

Le Racing a fait le boulot à domicile, les supporters aussi. C’est beau une Meinau qui joue.

Cela devait être un banal match de National, dans le froid tout relatif de cet hiver indien que connaissent l’Alsace et le Racing en ce début d’année 2016. Cela devait même être « un match pourri sur le terrain » comme l’avait annoncé l’un des deux capos UB90, récusant cette mauvaise habitude de l’équipe comme excuse pour ne pas l’encourager haut et fort comme les pensionnaires du quart de virage nord ouest savent le faire.

Affluence moyenne d’ailleurs à la Meinau pour ce match qui doit être une formalité pour un futur champion, même si on ne le dit pas, on le pense tous très fort. Peu de voitures dans les rues adjacentes, peu de monde à l’apéro, même pas plus d’attente que ça à la fouille pour rentrer au stade. Nous voilà plongés dans l’anonymat de la troisième division. Du coup au coup d’envoi, pas d’animations particulières, le kop se contente d'afficher les couleurs bleues et blanches du Racing. Il y a bien le message de bienvenue à un nouveau supporter du Racing né dans la semaine mais cela aussi ça commence à devenir habituel.

Le match commence doucement dira-t-on, sur le terrain comme en tribunes. La banderole du jour fait référence au projet de loi anti-supporter autorisant le fichage jusque là illégal et le refus de vente aux supporters jugés indésirables par un club. C’est grosso modo ce qui se passe à Paris depuis l’arrivée des Qataris, c’est illégal donc on propose une loi pour le légaliser. C’est aussi facile que ça de faire plaisir à une entreprise privée qui ne soucie guère des lois et des droits de l’homme en France. Vu que c’est assez difficile à expliquer en quelques mots, les UB90 choisissent une phrase choc voire choquante : « Libertés bafouées, supporters fichés : Occupez vous des terroristes, pas des supporters ». Les capos prennent également le temps d’expliquer la situation à l’ensemble du virage, un public averti en vaut deux et si le Racing va au bout de son objectif c’est à ce genre de situation que se retrouveront confronter l’ensemble des fans du club. Le tout se finit par le chant « liberté pour les ultras » qui se veut universel. Liberté de se rendre à un simple match de football, comme à un concert, de vivre tout simplement dans un pays libre.

Bahoken inspiré par ce chant, a la bonne idée de planter un but peu académique mais qui soulage la Meinau et l’enflamme aussi. Le chant repart de plus belle, les autres s’enchaînent. On se tient tous par les épaules et on s’arrache les cordes vocales. Un peu plus tard c’est notre merlu préféré qui inscrit un superbe coup franc du pied droit. Là le stade explose littéralement après un court instant de stupéfaction. Encore une fois le mercato hivernal de Marco a frappé. Quand l’arbitre siffle la mi-temps, le kop continue encore quelques minutes le chant entamé plus tôt. Il faut en profiter, on se dit que la seconde mi-temps risque d’être en pente douce, tant le Béziers semble incapable de revenir et tant le RCS nous a habitués à gérer mollement ses succès. Évidemment on se trompait.

Deux pénaltys, un seul transformé mais un ascenseur émotionnel qui remue les tripes de tous les spectateurs présents à la Meinau. Le résultat semble acquis, même si avec le Racing on ne sait jamais, alors les capos se mettent à faire des expérimentations. La première bonne trouvaille est de diviser le virage en 2 afin que le coté droit et gauche se répondent. L’essai prend bien avec le chant « aux armes » alors on remet ça avec celui consacré à l’anniversaire des UB90 :

« Depuis 25 belles années, nous chantons notre fierté
De l’Europe en CFA, jamais on ne lâchera
A travers les divisions, rien n’arrête notre passion
Pour cet amour de toujours, le Racing Club de Strasbourg.
»

Et ça marche, enfin il faudra encore un peu d’entrainement mais on a hâte de renouveler ce genre d’expérience à Colmar, Belfort ou Metz l’an prochain. Enfin si le préfet ou le club nous laisse aller à Saint Symphorien cf. le passage sur la banderole plus haut. Puisque le kop et tout le stade sont lancés, les chefs d’orchestre de la tribune s’en donnent à cœur joie. On retente une grecque, surnom donné à un chant fait dos au terrain, baptisé ainsi par les marseillais découvrant cette bizarrerie des tribunes face à l’AEK en coupe d’Europe dans les années 80. On lance un « Stras… Bourg… Geois. », encore un « aux armes », le kop appelle le public à chanter, puis à se lever s'il est Strasbourgeois. Tout est parfait jusqu’au coup de sifflet final.

Normalement, pour un match banal de troisième division, les joueurs viennent saluer le kop en faisant un truc que l’on pourrait appeler la vague. Mais aujourd’hui c’est un match un peu spécial et on sent tout de suite qu’ils ont envie de changer un peu les habitudes. Ils arrivent donc en tapant dans les mains, un peu l’image de ce que l’on voit à Lens et que les médias nomment de façon éhontée le « Clapping » puis ils reprennent la vague et improvisent une danse devant le kop. N'doye prend le micro et bien que l’on ne comprenne rien en tribune - la sono est toujours aussi naze - tout le monde communie de longues minutes, simplement heureux d’être en tête de ce championnat et d’avoir passé une bonne soirée, en bonne compagnie.

guigues

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