Une saison inoubliable, épisode 6

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Léonard Specht

Grâce aux témoignages des stubistes qui ont vécu la saison du titre, retour sur le mois de novembre 1978.

Résumé des épisodes précédents
Toujours en tête du classement général malgré quelques déplacements compliqués et l'enchaînement des rencontres, le Racing a également décroché sa qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe UEFA après une lutte acharnée face aux Ecossais d'Edimbourg (les épisodes précédents sont disponibles en cliquant ici).

18ème journée : RCS-Nancy, samedi 4 novembre 1978



Equipe


Trois jours après le combat livré à Edimbourg, le Racing retrouve le championnat en accueillant le voisin nancéen pour un nouveau derby, après la réception de Metz et le match face à Sochaux (finalement reporté pour cause de brouillard). « Des trois derbies entre Metz, Nancy et Sochaux, je ne saurais dire lequel avait le plus d'importance à l'époque » nous précise sedna, « les rivalités d'avant-guerre avec Sochaux étaient déjà lointaines ; je me rappelle aussi d'un beau derby contre Metz l'année précédente avec une magnifique victoire 5-1 et un match très disputé ». Quant à Nancy, « on venait voir pour Michel Platini ».

L'ASNL se présente justement ce soir-là sans son meilleur joueur, blessé plusieurs mois à cause d'une triple fracture de la malléole. Ce sont pourtant près de 24000 spectateurs qui assistent à cette confrontation face au vainqueur de la Coupe de France 1978. Ainsi, d'après sedna, « Nancy diminué par l'absence prolongée de Michel Platini (qui permit à Francis Piasecki d'assurer son intérim en équipe de France) ne venait pas en victime expiatoire pour ce derby à la Meinau ».
Mais comme à son habitude, le RCS parvient rapidement à prendre le dessus sur son adversaire et s'assure d'une victoire confortable. « Le Racing sut son montrer réaliste et l'emporta largement 3-0. René Deutschmann se consolant de l'absence de Platini en marquant son but de la saison » (sedna).

19ème journée : Paris SG-RCS, mardi 14 novembre 1978



Equipe


Après dix jours d'un repos salutaire, les Bleus retrouvent la compétition avec un déplacement au Parc des Princes pour y affronter le PSG devant plus de 40 000 spectateurs.
sedna : « le match contre le Paris SG était attendu par la France entière (ou au moins par les médias) ». Face au modeste quinzième du classement, le Racing prend rapidement l'avantage grâce « à un but de Léonard Specht (le Parc l'inspirait après son but en équipe de France contre l'Espagne). A la pause, le Racing menait 1-0 et à l'écoute de l'émission de France Inter qui faisait une grande place à cette rencontre, nous étions ravis et confiants » nous signale encore sedna).
« Hélas, en début de deuxième mi-temps, le PSG revenait au score et peu après sur un but nettement hors-jeu de Carlos Bianchi, c'était au tour du PSG de mener au score. La France du foot respirait, nous étions battus » (2-1).

Invaincu depuis plusieurs mois en championnat, Strasbourg voit ainsi sa magnifique série s'achever face à l'équipe de Mustapha Dahleb et Dominique Rocheteau au cours de la dernière journée des matchs aller. « Ce score mettait un terme à la série de 28 matches sans défaite en championnat. C'était alors le record absolu (comme quoi le Racing peut aussi signer des records positifs) » se plait à souligner sedna.
Une défaite d'autant plus désagréable qu'elle intervient suite à une erreur d'arbitrage. Dur à avaler pour les supporters, à l'image de dudu : « cette défaite à Paris laisse un goût très amer car le but de Bianchi était entaché d'un hors-jeu flagrant de presque deux mètres, que tout le monde a vu sauf l'arbitre. Même Carlos Bianchi avouera après le match qu'il s'attendait à ce que l'arbitre siffle le hors-jeu mais, en renard des surfaces, il joua le coup à fond et jusqu'au bout. » Pour sedna aussi, la défaite est difficile à digérer : « trente ans après, il me reste un sentiment d'injustice. »

Bien que toujours en tête du classement, cette défaite donne l'occasion aux observateurs de s'interroger sur la capacité du Racing à tenir le choc pour le reste de la saison. D'après dudu, « le Racing était au creux de la vague et les médias parisiens pouvaient s'en donner à coeur joie en annonçant enfin le retour à la logique et le retour sur terre de notre club. Pour beaucoup, le Racing allait s'effondrer... »

20ème journée : RCS-Laval, vendredi 17 novembre 1978



Equipe


Pour ce premier match de la phase retour, le Racing a l'occasion de se rattraper de sa défaite face au PSG en accueillant une équipe du ventre mou, où évolue un certain Claude Le Roy. D'après sedna, « la réception du Stade Lavallois sous sa légendaire couleur tango, semblait être l'occasion de repartir du bon pied. Un incident vint toutefois mettre un mauvais grain de sable dans la belle mécanique. En effet dès la 13e minute, Jacky Novi quittait ses partenaires blessé. »

Mais comme à son habitude, Strasbourg prend l'avantage grâce à un but de Raymond Domenech à la 21ème minute. On pense alors que le RCS va pouvoir dérouler mais, comme le dit sedna, « l'équipe était désorganisée et plus fébrile qu'à l'habitude. » Malgré plusieurs occasions, Strasbourg ne parvient pas à se détacher et se fait surprendre par un raid solitaire de Kéruzoré qui arrache l'égalisation en fin de match (1-1).
« Ces mêmes Lavallois battus 6-2 l'année précédente parvinrent à arracher le point du match nul. On verra plus tard qu'ils seront la bête noire du Racing à domicile en mettant un terme l'année suivante à l'invincibilité en championnat dans l'enceinte de la Meinau courant sur plus de trois saisons. Le froid et la morosité consécutive à la défaite parisienne avaient refroidi l'ardeur des spectateurs moins nombreux qu'à l'habitude. Heureusement, pensions-nous, la Coupe d'Europe à venir allait remettre le Racing dans le sens de la marche. » (sedna).

Coupe UEFA, 8ème de finale, aller : RCS-MSV Duisbourg, mercredi 22 novembre 1978



Equipe


Privé de Novi, Marx, Deutschmann et Toko, Gilbert Gress fait appel à un jeune de 16 ans pour disputer cette rencontre aux côtés de Specht dans l'axe de la défense : Jacques Glassmann.
Comme 25000 autres spectateurs, sedna se rue ce 22 novembre 1978 au stade de la Meinau : « Je ne voulais rater pour rien au monde ce huitième de finale contre le MSV Duisbourg. Même si c'était une équipe qui n'avait pas un grand renom européen, cela restait une confrontation avec une équipe de Bundesliga et le Racing était la dernière équipe française encore en lice dans les compétitions européennes.
Après la déception du nul concédé face à Laval, on espérait une victoire pour repartir de l'avant. Mais avec cette défense d'occasion, c'est un Racing plus prudent qu'à l'habitude qui entrait sur la pelouse et même s'il parvint à se créer des occasions, le match se termina sur un décevant 0-0. Nous repartions avec la crainte d'un match retour difficile à emporter
».

21ème journée : Nantes-RCS, samedi 25 novembre 1978



[equipe]Dropsy (c)-,-Marx, Tischner, Specht, Domenech-,-, Ehrlacher, Piasecki, -,- Wagner, Gemmrich, Tanter-,- Toko[/equipe]

Les Canaris, grands favoris de la compétition, doivent impérativement l'emporter face au Racing : avec quatre points de retard sur les Strasbourgeois, Nantes a la chance d'affronter un Racing diminué par de nombreuses blessures. sedna : « le match à Nantes ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. Jacky Novi était toujours absent et si Jean-Jacques Marx faisait son retour, c'était au tour de Jacky Duguépéroux d'être indisponible. » On note également l'absence de René Deutschmann, ce qui obligea « Gilbert Gress à titulariser à nouveau Bernard Tischner en défense centrale et à faire jouer Yves Ehrlacher à un poste de milieu défensif inhabituel pour lui » (sedna).

Les Nantais ne ratent pas le rendez-vous et réalisent un excellent match. « Contre une équipe de Nantes en plein redressement après une entame de championnat ratée, la punition fut sévère » constate sedna, rejoint dans son analyse par dudu : « le Racing prit le bouillon à Nantes avec une sévère mais logique défaite 3 à 0 ».

Au stade Marcel-Saupin, la déroute subie par le Racing « illustrait les carences de cette défense remaniée » selon sedna « et l'attaque devenue subitement muette faisait craindre aux supporters un hiver difficile et un retour dans le rang ».
« Il faut avouer que les résultats pouvaient faire craindre le pire et cette foutue défaite à Paris avait quand même vraiment coupé les jambes de l'équipe » conclut dudu.

Coupe UEFA, 8ème de finale, retour : MSV Duisbourg-RCS, mercredi 6 décembre 1978



Equipe


L'équipe du Racing est toujours incomplète et l'entraîneur alsacien doit à nouveau la recomposer. Pour ce déplacement à Duisbourg, Gress fait donc confiance à Arsène Wenger comme nous le confirme sedna : « après le naufrage nantais, Gress avait remplacé Tischner par Wenger pour suppléer Novi.
C'est devant la télévision que j'ai suivi le match, le premier match du Racing que j'ai pu voir dans ces conditions. Il faisait un froid sibérien à Duisbourg avec des températures proches de -10 °C. La pelouse était gelée en profondeur, dure et glissante. Je me souviens que Gemmrich abandonna ses crampons pour des semelles lisses au cours du match tant il était périlleux de garder son équilibre. Crispé par l'enjeu et peu préparé à de telles conditions de jeu, le Racing tint bon 30 minutes avant de sombrer. Il s'incline à deux reprises peu avant la mi-temps.
A la reprise, les dernières illusions s'envolèrent rapidement suite à un troisième but allemand. Le Racing but le calice jusqu'à la lie en encaissant en fin de rencontre un quatrième but (4-0). Nous rêvions d'exploits européens, nous sombrions dans la déroute devant les caméras de la télévision. Cela reste une grande frustration et c'est l'un des échecs qui assombrit encore aujourd'hui le souvenir de cette formidable saison
».

A suivre
Le Racing va-t-il parvenir à contredire les observateurs qui pronostiquent son effondrement ? Gilbert Gress a-t-il eu raison de refuser les renforts proposés par ses dirigeants ?
Vous le saurez bientôt en suivant les prochains épisodes d'Une saison inoubliable sur racingstub.com.

Merci aux stubistes cités dans l'article pour leur participation. Si vous aussi vous souhaitez faire partager vos souvenirs, n'hésitez pas à contacter redaction.

filipe

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