Saison 2025/2026
Racing Club de Strasbourg

drf

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67700, Saverne, France

Réponses aux questions du patron

  • Sur Oh yé, le Racing... ! -
    drf
    Finalement, je pense que pas mal de choses ont basculé ce soir de mars 1996. Les souvenirs deviennent de plus en plus vagues bien sur. Mais ce soir là, j'ai pleuré pour la première fois devant un poste de télévision. J'avais 12 ans.

    Toute la famille était réunis pour ce quart de finale, le son était au plus fort pour le papy qui entendait mal. Trois ans après avoir découvert les travées de la Meinau, je partageais en famille cette épopée en Coupe de France. Le papy était le seul à supporter le Racing depuis toujours. Des années et des années qu'il s'égosillait et criait dans tous les sens en écoutant Radio France Alsace. Et pour une fois, son Racing passait à la télé. Les téléspectateurs d'un soir ne sont pas dans la tête d'un gamin de douze ans. Et quand le Racing ouvre la marque, quelquechose se passe dans sa tête. Son équipe prend l'avantage et file vers la demie finale. Mais quand l'adversaire marque, et que les télésupporters retournent leur veste, le gamin est triste. Parce que c'est un peu ça le Racing, beaucoup ne l'aiment que dans les grands soirs. Mais pas le gamin de douze ans. Lui, il l'aime ce Racing, tout le temps, et il n'aime pas qu'on lui crache dessus. Quand Mostovoï, le héros des vignettes Panini, remet les deux équipes dans l'impasse d'éventuelles prolongations, le gamin se venge, et il le savait bien de toute façon que son équipe ne pouvait pas perdre. Mais le gamin ne sait pas que le pire est à venir. Presque tous ont déserté le poste, sauf le gamin, et le papy. Dimanche ou pas, école le lendemain ou pas, la prolongation sera suivie. Quand on aime, on ne dort pas. N'en déplaise aux parents. Mais les nîmois ont décidé d'installer le cauchemar dans la tête du gamin. Lui qui n'a jamais vu son équipe perdre, n'imagine pas un tel scénario. Et quand les joueurs rentrent aux vestiaires, ce n'est plus soutenable. Ce sont les gentils qui gagnent normalement, et pourtant, les méchants crocodiles l'ont emporté. De crocodile, ce seront également les larmes qui suivront, parce que le Racing n'est pas invincible. Et restera cette phrase approximative du papy qui abandonne aussi : "Alles amateur !". Une taloche de la mère plus tard, parce qu'on est un homme et qu'on ne se rabaisse pas comme cela. Mais maman, c'est humain après tout, ça montre qu'on ressent encore quelquechose. Et ce serait quand même dommage, à douze ans, de devoir lutter contre ses émotions, les hommes le font assez, mais çà, le gamin ne le sait pas encore. Bien des années après, le gamin n'a plus pleuré, il est resté digne. Parait que tu es devenu un homme mon fils...
  • Sur Auxerre - Strasbourg : le maintien -
    drf
    13 Mai 2006, 22h. La tension est retombée autour de la Meinau, et avec elle, le rideau sur la saison 2005/2006. Peu d'enjeu pour cette dernière journée finalement, comme l'année dernière, le Racing nous a fait frémir mais a obtenu son maintien parmi l'élite après l'affrontement contre Nancy, qui l'avait vu gagner son premier match de la saison lors des matches aller. Il souffle un léger vent, un peu doux ma foi. On entend la rumeur et une masse de bleus et blancs sortent des travées du stade. La plupart soulagés, et toujours étonnés par ce Racing qui n'en finit pas de nous faire frôler l'infarctus. Il faut dire que, depuis l'élimination en quarts de finale, de la Coupe de l'UEFA, par la prestigieuse Roma qui n'en finit plus de gagner en cette deuxième partie de saison, la pression était retombée. Ce fut épique, mais peu importe de tomber avec les honneurs ou pas, l'important était de se maintenir en championnat. Depuis ce fameux match contre Troyes, on avait tous repris espoir, à vrai dire. Le gouffre qui nous séparait de la Ligue 1 était presque comblé, et on y croyait. Les plus pessimistes préparaient déja leurs écharpes olympiennes pour ne pas couler avec le navire, mais ils devront retourner leur veste une saison de plus. Avant le match contre le PSG (capital, comme tous les autres), je tentais de me frayer un chemin dans l'opinion : non ce match n'était pas important. Il ne valait pas six points. Alors certes, le Racing aurait pu m'éviter des cheveux gris en battant à la fois le PSG et Ajaccio, mais on ne va pas faire la fine bouche. C'était Toulouse et Troyes qui allaient sonner le glas de la révolte. Equipe métamorphosée et pleine d'envie. Et que dire de sa performance d'après. Notre équipe ramène un point précieux de bretagne, alors que Rennes avait chassé le Lyon à la kalachnikov une semaine auparavant. Pendant ce temps, Troyes et Ajaccio étaient défait, plus que trois petits points sur la Ligue 1. Ces mêmes Troyens qui nous avaient redonné l'espoir, un soir glacial de février, durent rendre les armes au fil d'une fin de calendrier ahurissante. Pensez-donc, Auxerre, Lens, Bordeaux, Rennes, et Lyon sont coup sur coup venus se faire les crocs sur notre adversaire au maintien. Si bien qu'à la 32è journée, le retard était non seulement comblé, mais l'avance était de 4 points sur des Troyens devenus premiers relégables. Inimaginable il y a quelques semaines encore, le miracle s'était produit. Sochaux a aussi frôlé la catastrophe, mais leur avance était confortable, et sans briller, ils défendront leurs couleurs dans l'élite française.
    Mais quelle saison mes amis, quelle saison. Une année de survie de plus, qui cache un mal bien plus profond? Ou bien simplement le début d'une grande histoire? Avec ce Racing, on peut tout imaginer. Mais maintenant que la saison 2005/2006 prend fin, il faudra en tirer de nombreux enseignements. Comme apprendre à ne pas nous voir plus beaux que nous ne le sommes en réalité, pour éviter les désillusions comme celle de cette saison qui promettait strass et paillettes. Notre Racing est toujours fragile, et loin de la stabilité. Cette défaite contre Auxerre peut passer inaperçue, puisque le club était déja assuré de se maintenir. Mais elle est symptomatique d'un relâchement. D'un choix volontaire des matches pour briller devant les yeux des sélectionneurs et autres managers venus des pays riches du Football. Ce soir encore, on a vu ceux qui étaient au Racing comme un intérimaire qui travaille sans conviction en attendant des jours meilleurs. Mais ceux-ci seront foudroyés par les irréductibles fanatiques qui peuplent encore certains sièges de la Meinau. Peu nous importera que le Football soit un business, puisque nous avons le Racing dans le coeur. Et que ces joueurs, qui portent le maillot bleu, le comprennent. L'élite, ça se mérite. A leur place, des milliers de gamins réaliseraient un véritable rêve. Chaque jour que Dieu fait, nous, les passionnés, nous vivons pour ce club. En y investissant temps en argent, sans toujours un juste retour. Oh, pourtant je ne demande pas grand chose. Je me fous d'un titre de champion (soyons réalistes). Mais juste un peu de calme, de stabilité, un peu de cohésion et d'amour du maillot. Que Diané ne file pas à l'anglaise, à l'allemande ou à l'olympienne, après sa deuxième partie de saison Niangesque. Que des jeunes comme Abou, Vergerolle, Gameiro, Carlier et j'en passe, nous prouve leur attachement à ce club. On peut être rêveur et imaginer des joueurs faire toute une vie dans un club. Dans un autre monde peut-être, sans céder aux sirènes des agent à l'argent. Trop de choses qui se bousculent dans ma tête. Laissons là la saison achevée, et attendons de voir. Ce que le mercato nous annonce. Renforcez les tours du château contre les agresseurs voleurs de joueurs prometteurs. Tout le monde sur le pont, faites chauffez l'huile ! Et un peu de stabilité que diable, point trop d'histoires à l'eau de rose dans les coulisses, une solidarité entre les joueurs. Mais j'ai peur de rêver à la saison qui va venir. Je nous avais vu en milieu de tableau au début de cet acte, nous voila 17è avec la saison que l'on sait. En grand sage, je m'asseois au sommet de la montagne, et je contemple. J'attends de voir. Les devins ne sont plus de ce monde. Et mon marabout est en vacances. Je crois que je vais laisser faire le destin. Pour cette fois.
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