Les matchs de la France à la Meinau

Note
0.0 / 5 (0 note)
Date
Catégorie
Souvenir/anecdote
Lectures
Lu 5.230 fois
Auteur(s)
Par filipe
Commentaires
0 comm.

Après deux premières rencontres pas franchement concluantes dans les années 60, le stade de la Meinau a accueilli deux des plus belles générations françaises, en 1984 et 1996.

25 août 1965, France - Francfort : 2-2

France : Aubour - Cardiet, Bosquier, Artelesa, Herbin - Maryan, Herbet, Rodighiero - Hausser, Combin, Lech
Francfort : Kunter - Blusch, Landerer, Lutz, Höfer - Stinka, Lindner, Grabowski, Stein - Solz, Huberts

Ce match disputé entre deux rencontres de championnat devait servir à préparer les importantes échéances de l'automne et notamment le déplacement en Norvège à la mi-septembre, match de qualification à la Coupe du Monde 1966.
Disputé devant 18 000 spectateurs, il permet au sélectionneur Henri Guerin de tester une nouvelle défense composée notamment du capitaine Robert Herbin, et de voir évoluer l'homme en forme du moment, l'Alsacien Gérard Hausser. Jean Schuth est quant à lui gardien remplaçant alors que Gilbert Gress n'a pas été retenu dans le groupe.
L'équipe de France concède le match nul face à l'Eintracht Francfort, entraîné depuis le début de saison par une vieille connaissance strasbourgeoise, Alexander Schwartz.


6 novembre 1968, France - Norvège : 0-1

France : Carnus - Lemerre, Quittet, Bosquier, Djorkaeff - Gress (Loubet), Michel, Szczepaniak (Betta) - Blanchet, Guy, Bereta
Norvège : Olsen - Rodvang, Spydevold, Eggen, Mathisen - Johannessen, Bornö, Nilsen, Olsen, Iversen - Sunde

Alors que le Parc des Princes est en travaux de rénovation, tous les matchs de l'équipe nationale doivent se dérouler en province. Et après des rencontres amicales à Marseille et Lyon, la Fédération décide d'organiser le premier match qualificatif à la Coupe du Monde 1970 au stade de la Meinau.
L'ancien Strasbourgeois Robert Szczepaniak est titularisé en milieu de terrain aux côtés de Gilbert Gress, alors à Stuttgart, qui profite de cette rencontre pour connaître la deuxième de ses trois sélections. En défense évolue Roger Lemerre, futur entraîneur du Racing et Jean Djorkaeff, le père de Youri.

La France aligne pratiquement la meilleure équipe du moment... ce qui ne l'empêche pas de disputer l'un des matchs les moins glorieux de son histoire.
Alors qu'ils dominent toute la rencontre, les Bleus n'arrivent à concrétiser aucune de leurs occasions, malgré un 4-3-3 très offensif. Le gardien Olsen réalise quelques prouesses et face à une défense recroquevillée, la nervosité s'empare peu à peu des Français. A la 67ème minute survient le coup de grâce : le Norvégien Iversen marque le seul but de la rencontre.
Et malgré quelques nouvelles occasions (dont un tir de Gilbert Gress détourné du but par... les fesses du Nantais Blanchet), la France s'incline contre une équipe d'amateurs, devant 18 319 spectateurs déçus.

Malgré une revanche au match retour (victoire à Oslo 1-3), la défaite au stade de la Meinau ne sera jamais compensée et la France ne disputera pas le Mondial au Mexique.
Cette déroute va également provoquer une révolution dans le petit monde du football français : le sélectionneur Louis Dugauguez démissionne après ce match sans que cela n'arrange vraiment les résultats de la France (défaite 5-0 face aux Anglais à Wembley en mars 1969) alors que les instances dirigeantes s'entredéchirent pendant plusieurs mois. Tout rentrera finalement dans l'ordre grâce à l'arrivée d'une nouvelle génération de dirigeants, Jacques Georges et Fernand Sastre en tête.


18 avril 1984, France - RFA : 1-0

France : Bats - Battiston, Le Roux, Bossis (Domergue), Amoros - Fernandez, Bravo, Genghini - Six, Rocheteau (Anziani), Bellone (Ferreri)
RFA : Schumacher - B. Förster, K-H. Förster, Bruns, Briegel - Rolff (Herget), Matthaus, Brehme, Meier (Littbarski) - Völler, Rummenigge

Ce match prestigieux correspond à l'inauguration du stade de la Meinau version moderne, mettant ainsi un terme à des travaux qui avaient débuté cinq ans plus tôt.
39 978 personnes assistent à la rencontre (2ème meilleure affluence de l'histoire du stade) dont évidemment beaucoup d'Allemands. L'ambiance tendue avant le match et dans les tribunes s'explique par la rivalité historique entre les deux pays mais aussi bien sûr par le souvenir encore très vif du match de Séville, l'incroyable demi-finale de Coupe du Monde 1982. D'ailleurs douze joueurs ayant disputé ce match mythique se retrouvent sur la pelouse de la Meinau, six dans chaque camp, dont Harald Schumacher et Patrick Battiston...
Par contre Jean Tigana et Alain Giresse sont forfaits, tout comme Michel Platini, de moins en moins disponible pour ces matchs amicaux car retenu par les nombreuses échéances de la Juventus de Turin.

Au-delà de son contexte particulier, la rencontre s'inscrit surtout dans le cadre de la préparation de l'Euro 84 qui se déroulera en France quelques semaines plus tard.
Pour ce match, le sélectionneur Michel Hidalgo opte pour un 4-3-3 offensif avec deux ailiers (Didier Six et Bruno Bellone) et deux meneurs de jeu (Daniel Bravo et Bernard Genghini).
Il décide aussi de faire confiance au jeune gardien auxerrois Joël Bats qui prend définitivement la place de Jean-Luc Ettori, alors que Luis Fernandez s'impose peu à peu comme le régulateur du milieu de terrain et Yvon Le Roux démontre sa solidité au poste de stoppeur. A noter côté allemand la présence de Wolfgang Rolff, futur joueur du Racing.
La France parvient à s'imposer grâce à un but de l'alsacien Genghini à la 79ème minute sur un centre venu de la droite de Didier Six, l'ancien Strasbourgeois qui évolue alors à Mulhouse, en deuxième division.


29 mai 1996, France - Finlande : 2-0

France : Martini - Angloma, Thuram, Leboeuf, Di Meco (Lizarazu) - Lamouchi (Karembeu), Guerin, Desailly - Pedros, Martins - Loko (Dugarry)
Finlande : Niemi - Ylonen, Karjalaienen, Hyrylainen, Heinola - Hyypia, Suominen, Groenlund, Vaisanen - Litmanen, Kolkka (Javaja)

Avant de retrouver l'Allemagne à Stuttgart puis l'Arménie à Villeneuve d'Ascq, la France dispute son premier match de préparation à l'Euro 96 face à la Finlande au stade de la Meinau.
Devant 29 304 spectateurs, Aimé Jacquet fait jouer ses remplaçants, préférant laisser au repos certains cadres éprouvés par une longue saison (Deschamps, Blanc et Zidane, qui se remet d'un accident de voiture).
Face à l'athlétique sélection finlandaise (où évolue Jari Litmanen et le futur capitaine de Liverpool Sammy Hyypia), Jacquet teste Corentin Martins au poste de meneur de jeu : excellent tout au long de la rencontre, le futur Strasbourgeois ne disputera pourtant pas la moindre minute de l'Euro. Ce match à la Meinau sera d'ailleurs son avant-dernière sélection en Bleu.
Martins est directement impliqué dans les deux buts marqués par la France dans les vingt premières minutes (Patrice Loko à la 15ème minute et un lob de 20 mètres de Reynald Pedros à la 18ème).

En défense centrale, Franck Leboeuf connaît à l'occasion de ce match sa huitième sélection. Visiblement crispé, il manque plusieurs relances en début de rencontre (Leboeuf reconnaîtra plus tard dans les DNA : « j'avais été vraiment mauvais. Mais jouer à la Meinau avec la France, ça avait été grandiose »).
Malgré son match médiocre, des "Franckie, Franckie" descendent des tribunes. Ce seront les derniers : quelques semaines plus tard, Leboeuf signe à Chelsea où l'attend Ruud Gullit. « Pour moi tout a commencé en Alsace. J'y suis arrivé en division 2, j'en suis parti international. Je ne vais pas renier la période qui m'a rendu heureux ».

On connaît la suite du parcours de Leboeuf et des Bleus...
Et l'équipe de France à Strasbourg, c'est pour quand, la suite ?

filipe

Commentaires (0)

Flux RSS
  • Aucun message pour l'instant.

Commenter