Bellegarde : à déboucher dans quatre ans

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Par kitl
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Thierry Laurey a pêché sa première recrue © rachmaninov

Première recrue de l’été 2019, le milieu de terrain lensois Jean-Ricner Bellegarde, sous les feux des projecteurs en fin de saison, tentera de cumuler deux casquettes : fort potentiel à moyen terme et, espérons, joueur déjà pleinement opérationnel.

Agé de 21 ans – il les a fêtés la semaine passée – avec une grosse cinquantaine de matchs de deuxième division au compteur, Jean-Ricner Bellegarde présente un profil qui n’est pas sans rappeler celui d’Ibrahima Sissoko, lequel a su faire le saut avec une relative aisance.

Milieu de terrain relayeur, le natif de Colombes s’est révélé parmi les hommes forts au cours de la tentative désespérée du RC Lens de retrouver l’élite au printemps dernier. Joueur de formation plutôt défensive, Bellegarde s’est mué en relayeur, de type numéro 8 sur le flanc droit, même s’il n’a rien d’un joueur de côté.
Un repositionnement à mettre à l’actif de Philippe Montanier, qui souhaitait exploiter ses qualités de « finition » et de « percussion ». Partie prenante des ultimes rencontres de la saison, tel un Dall’Oglio sorti du placard en 1992, Bellegarde a effectivement démontré des qualités jusqu’ici guère utilisées devant le but. Il marqua à Ajaccio (37ème journée) puis contre Orléans (38ème journée) avant de récidiver lors du barrage aller contre Dijon. Lancé en profondeur, il ne trembla pas au moment d’ajuster le gardien bourguignon.

En dépit de cette période faste, il est à noter que Bellegarde n’a pas disputé le moindre de ces quatre matchs – playoffs au Paris FC et à Troyes, barrage aller-retour contre Dijon – dans son intégralité. Touché à Charléty, il fut sacrifié au moment de l’exclusion du gardien Leca puis sorti à la pause à Gaston-Gérard alors que le score était d’un partout.

Autre parallèle avec Sissoko, l’ancien Lensois a pour l’instant eu du mal à réaliser des saisons complètes : 9 matchs de D2 en 2016-2017, 25 en 2017-2018 et 21 la saison écoulée. Au regard du bazar qu’est devenu le Racing Club de Lens, ces états de service n’ont rien d’étonnant. Il a en effet connu trois entraîneurs en trois saisons (Casanova, Sikora et Montanier) et vécu des saisons à fort coefficient émotionnel avec deux montées ratées de peu, entrecoupées d’une saison galère qui vit les Artésiens frôler la rélégation sportive en National.

Bombardé titulaire à 18 ans, il subit un contrecoup logique et ne participa que modérément à la passionnante saison 2016-2017 de D2, qui vit un Strasbourg injouable au printemps faire la nique à Reims, Nîmes ou Lens. La vague de départs (Kenny Lala, Bourigeaud) ou de bouderies (Zoubir, Bostock) qui suivit responsabilisa les jeunes mais plongea le RCL au bord de l’abîme. Retrouvant son coach de la réserve, l’emblématique Eric Sikora, Bellegarde gagne même d’éphémères galons de capitaine. Il voit rouge à Charléty pour sa première avec le brassard et le récupère une seconde fois lors de l’ultime rendez-vous de cette éprouvante saison contre Auxerre. Manière pour Cap’tain Siko de remercier les joueurs qui l’ont soutenu dans ce coup de grisou.

Avec l’arrivée de Philippe Montanier et l’inévitable brassage d’effectif attenant, Jean-Ricner Bellegarde voit son statut remis en cause. Barré par Guillaume Gillet, Souleymane Diarra ou El-Hadji Ba, il doit se contenter de miettes et participe au plus clair de la saison depuis le banc de touche. Il faut attendre le mois d’avril et la fin des tâtonnements de l’entraîneur pour qu’il retrouve un rôle, on l’a vu, de relayeur droit.

Sans présager de la future carrière du milieu d’origine haïtienne (à ce titre, il figurait dans une liste élargie dans l’optique de l’actuelle Gold Cup), ce départ apparaît pour Lens tel un énième coup de semonce, obligé de se priver de ses joyaux formés à la Gaillette et qui n’auront fait que de maigres apparitions sous la tunique sang et or. Varane, Aurier, Kondogbia, Bourigeaud, Baptiste Guillaume (hem)…l’ont précédés et ses comparses Duverne, Doukouré ou Chouiar sont également susceptibles d’être arrachés à leur terre nourricière. Interminable retour du bâton de la saison 2007-2008, qui vit un Racing du Nord plombé par des choix désastreux trébucher en D2 alors qu’il était paramétré pour la Champions League…

En fin de contrat en 2020 – c’est-à-dire après-demain –, Bellegarde a fait l’objet d’une transaction estimée à deux millions d’euros. Au moment où les recruteurs sont tenus d’imaginer la future plus-value d’un joueur avant même qu’il ait porté le maillot de son nouveau club, cette somme témoigne d’une certaine inflation, mais elle demeure raisonnable.

Enfant du club minier s’il en est, Jean-Ricner Bellegarde a participé à la campagne de Gambardella 2016 achevée en finale face à l’AS Monaco de Mbappé. Mais il n’a pas effectué la totalité de sa formation dans le Pas-de-Calais puisque son curriculum vitae mentionne un passage par Le Mans. Jusqu’à l’âge de 16 ans, c’est bien au grain des poulets de Loué que le jeune garçon ayant grandi à Villetaneuse (93) fut élevé. Le dépôt de bilan et la disparition du centre de formation du club sarthois l’ont forcé à changer de crèmerie. Téméraire, il accomplit un essai de quinze jours au FC Metz avant d’atterrir à Lens. Son parcours permet de rappeler que la vie n’a pas été toujours facile pour les gamins laissés à l’abandon au moment de la liquidation du RC Strasbourg…

Ah oui, les parents Bellegarde ont vraiment fait preuve d’imagination. Jean-Ricner est le troisième garçon, après Wisnel et Dieunor. On se pourlèche d’avance les babines avant la première présentation des joueurs de la saison.

Propos de Montanier issus de www.lensois.com
Nombreux éléments extraits de ce portrait réalisé en septembre 2017 par Maligue2

kitl

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