Saison 2023/2024
Racing Club de Strasbourg

Jean-François Larios, le marteau et l'enclume

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Par aragon
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Un portrait - sans jugement - de l'ancien Stéphanois et Strasbourgeois Jean-François Larios.

Au jeu des comparaisons, sans doute utile pour les plus jeunes lecteurs, Jean-François Larios pourrait être rapproché d'un David Ginola. En plus brut de décoffrage, du genre qui serait plus à même de représenter une marque de bon gros Savon de Marseille que l'Oréal.
Marseille qui, justement, prenait les plus gros savons de son histoire à l'époque, Larios n'y jouera jamais. Dommage, il aurait sans doute parfaitement collé à certaines images, bonnes comme mauvaises, du club phocéen.

Il n'a pas joué à l'O.M., mais il a joué à Saint-Étienne et au Racing. Ça tombe bien, ces 2 clubs se rencontrent ce samedi : l'occasion de dresser un portrait d'un des joueurs les plus atypiques mais aussi des plus attachants du football français.

Saint-Étienne (où il débuta en 1973), Racing Club de Strasbourg (en 85/86), certes, mais aussi Bastia (en prêt, la bonne année, celle de la finale européenne des corses, 77/78), quelques mois (sans jouer) à l'Atletico Madrid (1983), le Manic de Montréal (où jouera un jour id) en 83/84, le Neuchâtel Xamax de Gress fin 1984 (ces 2 dernières migrations, dit l'histoire, pour faire face à un redressement fiscal), Lyon pour retrouver son entraîneur de Saint-Étienne Robert Herbin, et, après donc un passage remarqué au Racing, une fin de carrière à Nice (86/87) puis à Montpellier (1988).

Durant ces années stéphanoises, il connu 17 sélections (5 buts) en équipe de France, où il fut incontesté pendant 2 ans, et même élu meilleur joueur français. Las, après la coupe du Monde 1982 (où il joua le premier et le dernier match), ses relations conflictuelles avec Michel Platini lui feront claquer la porte de l'EDF.
Sur le terrain, c'était un joueur hors normes, buteur, passeur décisif, qui se devait d'être en parfaite forme physique tellement son jeu était peu économe d'efforts. Un déménageur avec de l'or dans les pieds, et si le grand Jeff s'est parfois montré naïf dans la gestion de sa carrière, sur un terrain, il ne l'était jamais.
D'un caractère entier, direct, sans concession, sa carrière sera jalonnée de coups de gueule, maladroits sans doute, mais souvent rafraîchissants dans un monde trop souvent hypocrite.

A Saint-Étienne, il servit de bouc émissaire dans la fameuse affaire de la caisse noire (on sait depuis que tout le monde avait croqué dedans, de Platini à Rep en passant par Janvion).
Son départ servit au club à lâcher du lest devant la justice, inutilement d'ailleurs. Mais, bavard et entier, Larios ne pouvait être que le premier à sauter.

Parti à l'Atletico Madrid, il se blessera rapidement au genou au cours d'un entraînement.
Refusant de se faire opérer à Madrid, il va à Saint-Étienne voir le célèbre docteur Imbert. De là, il explique aux dirigeants madrilènes vexés et en colère que, puisque c'est comme ça, ils peuvent se mettre leur contrat où il pense...
Après ses expériences canadienne et suisse - où son genou ne tiendra pas -, il rejoint son ancien pote de Bastia et du centre de formation de Saint-Étienne, le Bayonnais Félix Lacuesta, transféré du Racing, et surtout son entraîneur fétiche Robert Herbin, à Lyon.
Hélas, c'est en seconde division, et Lyon stagne. Nouvel échec.
Arrive le Racing, où, dans un environnement où il est enfin tranquille et entouré de bons joueurs (Piasecki, et une flopée d'attaquants talentueux, Brisson, Cubaynes, Kelsch, Pécout), il semble redémarrer du bon pied, et on parle même de résurrection. Hélas, l'équipe, mal équilibrée, minée par des conflits de dirigeants, termine 19ème et descend en seconde division.
Larios, de nouveau en délicatesse avec son genou, ne jouera pas la seconde partie de la saison, et partira « fatigué de toutes ces conneries de dirigeants », selon ses propres termes.

Le voilà à Nice. Tout se passe bien, l'équipe termine 4ème - son meilleur classement depuis et avant longtemps -, mais en fin de saison, dans le vestiaire, il ouvre encore toute grande sa bouche : son coéquipier Jacques Santini, avec qui il a déjà joué à Saint-Étienne, est vieillissant, et ses lenteurs dans le couloir gauche ont sans doute empêché Nice d'aller plus haut. Mais personne n'ose critiquer l'ancien capitaine de Saint-Étienne, futur entraîneur renommé. Sauf Larios, qui balance tout de go devant président, entraîneur et coéquipiers : « Si Maradona vient jouer chez nous, faites le jouer arrière gauche ».
S'ensuit une houleuse discussion où Larios dira toute ses vérités, sur tout le monde... Maradona ne viendra pas jouer à Nice, et Larios n'y jouera plus.
D'ailleurs, il ne jouera presque plus du tout : une dernière saison tranquille à Montpellier, et le voilà devant sa reconversion.

Il pense devenir entraîneur, mais son ennemi juré Michel Platini est à ce moment là entraîneur de l'équipe de France : il pense, à tort où à raison, que toute les portes lui seront fermées.
Il sera donc agent de joueurs: Vieira, Wiltord, Henry, Anelka, Ouédec notamment utiliseront ses services.
En février 2007, Larios est condamné à deux ans de prison avec sursis, 200.000 euros d'amende et une interdiction d'exercer pendant cinq ans la profession d'agent de joueurs suite au procès en appel des comptes de l'O.M., où Rolland Courbis et Robert Louis-Dreyfus, notamment, étaient impliqués.
En octobre dernier, cette peine fut adoucie en appel.

Et Jean-François Larios, lui, s'est-il adouci ?

aragon

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