essai


Elle est confidential...

07/11/2006 16:58
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C'est dans un de ces bouges mal famés de la banlieue de Los Angeles que tout a débuté... Putain de claque...

Assise sur les marches du Lincoln Memorial, Mathilde contemplait cette ville qu'elle affectionnait tant. Elle avait été catapultée dans la capitale américaine pour y faire un stage au Washington Post. Toute jeune diplômée de l'Ecole de journalisme, cette opportunité de faire ses premières armes dans ce grand quotidien pullitzerisé lui paraissait presque irréel. Consciente qu'elle n'allait y être qu'une pigiste sous-traitée, elle n'en demeurait pas moins fascinée par ce qui se dégageait de cet endroit. Savoir qu'elle foulait le même sol que Woodward et Bernstein, ces 2 fouille-merde qui avait foutu le feu à l'Amérique en 1972 en révélant l'affaire du Watergate, avait suffi à provoquer en elle une excitation sans borne.

Le soir tombait sur la capitale. Mathilde n'avait aucun projet précis, juste une envie d'errer entre les monuments de marbre qui peuplaient la ville. Elle descendit les marches, frissonna sous la bise qui venait de se lever. Elle fit quelques pas dans l'herbe, lorsqu'elle entendit une voix l'appeler dans la nuit. Elle se retourna, et reconnut James, son boss, dissimulé derrière un arbre. Surprise, elle s'avança vers lui, intriguée par sa présence. Il lui attrapa brusquement le bras, et l'attira avec lui derrière l'arbre. Il ne lui fallut qu'une minute pour lui expliquer cet étrange manège. James était sur un gros coup, une histoire à faire péter les ventes. Et il avait besoin d'elle. Il se savait épié par la CIA, et ne pouvait poursuivre ses investigations à découvert. Mathilde devait se rendre dès le lendemain à Los angeles, y rencontrer un contact. Ce dernier lui remettrait une enveloppe, qu'elle rapporterait à James au plus vite. Il ne lui cacha pas que l'entreprise était dangereuse, et qu'elle risquait d'y laisser des plumes. Trop excitée pour mesurer ce qui se passait, Mathilde lui sourit, et le rassura. Elle n'avait pas peur...

Son avion décolla très tôt dans la matinée. Elle avait peu dormi, encore sous le choc de ce qu'elle s'apprêtait à affronter. Elle avait peu de détails sur ce qui l'attendait à L.A. Une voiture viendrait la prendre à l'aéroport, et la conduirait à l'endroit convenu avec le contact. La transaction ne durerait qu'un instant, aucune parole ne serait échangée.
A l'arrivée à l'aéroport, elle sentit l'adrénaline parcourir ses veines. La voiture était là, une grosse Lincoln noire, conduite par un asiatique. Aucun mot ne fut prononcé pendant le trajet, ce qui laissa tout le loisir à Mathilde de contempler la laideur californienne. Le béton avait envahi chaque parcelle de terrain, le soleil ne suffisait pas à embellir ce qui défilait devant ses yeux.
La voiture bifurqua dans Mulholland Highway, et s'enfonça dans les collines, offrant à Mathilde une vue imprenable sur la cité des anges et la vallée de San Fernando. Le véhicule stoppa soudainement, et les choses s'enchaînèrent à une vitesse infernale. Avant qu'elle eut le temps de réaliser ce qui se passait, un homme avait ouvert la portière, et balancé une enveloppe sur la banquette arrière. La voiture démarra en trombe, si violemment qu'elle se retrouva propulsée contre son siège, ahurie...

Elle mit quelques instants avant de reprendre ses esprits, se retourna, s'empara de l'enveloppe avant de la glisser dans son sac...

Elle décida de passer outre les recommandations de son boss, et somma le chauffeur de la déposer dans le premier rade qui se trouverait sur leur route. Toute ces émotions lui avaient donné soif. Il faisait nuit à présent, et son vol de retour n'était que le lendemain. Elle sortit de la Lincoln, renvoya l'asiatique. Elle se débrouillerait seule désormais.

Elle entra dans ce qui ressemblait à un club de jazz. Il y avait très peu de tables, la pénombre peinait à dissimuler la crasse qui régnait en maître dans ce claque. Elle s'assit au bar, sortit son étui à cigarettes et commanda un verre de Chardonnay. Un orchestre jouait du Coltrane. Elle se retourna sur son tabouret, pour regarder les musiciens, de vieux blacks grisonnants et bedonnants. Le pianiste était beaucoup plus jeune, plus doué aussi, et Mathilde le trouva immédiatement beau. Très beau même. De ces beautés dont on dit qu'elles vous fascinent. Elle ne parvenait pas à détacher son regard de son visage, une étrange chaleur commençait d'envahir son corps. Au moment d'entamer "All or nothing at all", il leva les yeux vers elle. Ce qui se produisit alors n'existe que dans les rêves : la combustion instantanée de deux âmes... Elle faillit en tomber de sa chaise, le trouble qui l'habitait soudain paralysant chacun de ses gestes. Prise de tremblements, elle attrapa ses cigarettes, et tenta de calmer sa fièvre dans le brouillard des volutes. Un sentiment de panique s'était emparé d'elle, un vertige sans nom. Lorsque l'orchestre cessa de jouer, elle eut l'impression que le sol se dérobait sous son tabouret. Elle savait. Elle savait, à cet instant même, que dans une seconde il serait à ses côtés, dans ce taudis puant, qu'au moment où leurs yeux se rencontreraient à nouveau, elle serait fichue...

Dans l'avion, Mathilde fixait les nuages. Cette immensité cotonneuse lui rappelait la douceur qu'elle venait de connaître. Ils avaient fait l'amour jusqu'au matin, et elle avait pensé que jamais tant de tendresse n'avait à ce point rempli son coeur...

De retour à Washington, elle appela James, pour lui remettre la fameuse enveloppe. Elle ne voulait pas connaître son contenu, toute cette histoire ne l'intéressait plus. Il n'y avait que lui. Le souvenir de cette peau contre la sienne, et dont ses mains s'étaient enivrées. Ce regard, dans lequel elle avait plongé, où elle s'était perdue... Ses yeux...Ceux d'un chat...

http://www.geocities.com/Hollywood/Picture/2648/18.jpg

Mémoires d'outre-tombe, Tome II

16/10/2006 18:12
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21 janvier 2006

Déracinée... des ailes...

Il ne voyait qu'elle. Elle dépassait à peine du manteau neigeux, sa corolle frémissait sous la bise d'altitude. Ce petit point rouge attirait l'oeil comme un phare dans la nuit. il s'approcha, osant à peine croire au spectacle qui s'offrait à ses yeux. Il tendit la main, mais ne pût l'atteindre. Il se saisit alors de son piolet, et parvînt à dégager la neige qui la recouvrait. Il ne s'était pas trompé, c'était bien une althea. Que pouvait bien faire une tremière en ces lieux ? On eût dit qu'elle avait été déposée là. Mais pourquoi ? Le froid commençait à tétaniser son corps tandis qu'il fouillait fiévreusement dans son sac. "Où est ce fichu appareil ?", dit-il à voix haute. Il le trouva enfin. Ses mains tremblaient, le vent glacial l'engourdissait et soufflait de plus belle. Il lui fallait figer cet instant d'étrangeté nivéale. Mais au moment d'appuyer sur le déclencheur, une violente bourrasque le fît vaciller, puis rouler dans la neige. Alors qu'il tentait de s'agripper à un rocher, il leva la tête, et la dernière chose qu'il vît furent les pétales carmins virevoltant autour de lui...

La sonnerie du réveil le fit sursauter. D'accoutumée, il ne gardait aucun souvenir de ses rêves, mais cette fois, les moindres détails lui revenaient, il aurait pu décrire le parfum de sa chimère. Pour une fois... Il sut dès lors qu'il n'était pas près d'oublier cet instant de grâce... Il se dirigea vers la fenêtre de sa chambre, ses pensées encore toutes embuées par cette étrange nuit... Tiens, il avait neigé...
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