Saison 2025/2026
Racing Club de Strasbourg

Pour vous, l'identité du Racing, c'est quoi ?

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Flux RSS 53 messages · 2.204 lectures · Premier message par harry-potter · Dernier message par maxel67

  • Bonjour à tous.

    Depuis quelques temps, on voit fleurir un peu partout des débats sur l'identité du Racing, perdue pour les uns mais pas pour les autres.
    Le problème qui semble apparaître dans cette histoire, c'est qu'il n'y a pas d'accord ou de consensus sur ce qu'est l'identité de notre Racing. Chacun a sa vision, ce qui en résulte que personne ne peut être d'accord.
    Cela m'a conduit à m'interroger sur ma vision de l'identité du Racing. Et à vouloir échanger avec d'autres à ce propos. Attention, je ne vise pas par là à parvenir à une définition commune de ce qu'est l'identité d'un club de foot. Simplement pouvoir échanger sur notre vision, voire l'enrichir, de ce qu'est l'identité du Racing.

    Du coup je me lance avec ma propre vision des choses.

    Avant tout, l'identité du Racing, c'est son logo. L'actuel, s'entend. Pas celui de mes débuts de supporter...
    Pour moi, le Racing, c'est le club phare de ma région. C'est le meilleur club de foot de l'Est de la France. C'est le représentant de l'Alsace au niveau national. Ce qui doit conduire à montrer les valeurs de rigueur, de travail et d'abnégation qui font partie des valeurs de notre belle région.
    Il en découle que sur le terrain, l'identité du Racing, c'est 11 mecs qui se battent bec et ongles pour arracher la victoire. Peu importe qui ils sont, d'où ils viennent. Tout ce que je leur demande, c'est de se battre avec leurs armes, de ne jamais abandonner. Pour moi, c'est ça le Racing. Et actuellement, pour moi, les trois meilleurs représentants de cette mentalité sont Barco, Moreira et... Emegha, capable de taper un sprint de 90m pour aider sa défense avant de faire la même chose dans l'autre sens pour mener un contre.
    Une autre partie de l'identité du Racing, plus récente pour moi, c'est le côté meilleur public de France. Chez nous, le stade est plein, encourage et pousse l'équipe du début à la fin peu importe ce qui se passe et remercie le speaker quand il annonce le score. Cette partie-là, je dois avouer qu'elle est devenue une part de l'identité du Racing beaucoup plus récemment. Depuis la décente aux enfers, finalement. Parce qu'avant, quand j'allais au stade, c'était pas vraiment ça... Mais c'est une autre histoire, et pas le sujet du jour.
    Enfin, une part de l'identité du Racing, c'est ce fameux côté punk, où l'improbable est toujours possible, dans le bon comme dans le mauvais sens. J'ai plutôt le souvenir dans le mauvais, mais on va dire que renaître vitesse grand V après avoir failli disparaître a rattrapé un peu tout le reste. Mais être supporter du Racing, historiquement, c'est plutôt aimer souffrir. J'admets que cette part, si elle pouvait s'atténuer, je ne dirais pas non.

    Bref, ce qui m'amène à un autre point : même si mon idée de l'identité du Racing est relativement stable, elle reste évolutive. En fonction de comment évolue le club, ou même de comment ma mentalité évolue avec l'âge. J'avais 9-10 ans quand je suis tombé dedans, et l'idée que je me fais du Racing n'est certainement plus tout à fait la même qu'à l'époque.

    Par contre, une chose qui m'a frappé en y réfléchissant, c'est que tous ces points qui sont importants pour moi, qui définissent l'identité du Racing dans ma vision des choses, sont totalement indépendants de qui possède le Racing. Quand j'ai commencé à aimer le Racing, il était déjà sous pavillon américain et avait un logo des plus laids qui ne ressemblait à rien. Ce qui ne m'a pas empêché d'aimer ce club, de le soutenir, et d'en être fier, même quand porter un maillot dans la cour de récré' signifiait subir des moqueries parce qu'on était "tout pourri".

    La multipropriété me pose un problème d'éthique sportive. Malheureusement, c'est une part du foot pro d'aujourd'hui. Ce n'est pas au niveau du Racing qu'on pourra la régler, si tant est que ce soit possible. C'est plus haut que cela se jouera.
    Le foot pro, c'est aujourd'hui avant tout du business, avec une logique d'entreprise (et de traite d'êtres humains selon le point de vue). Avec des joueurs idolâtrés et surpayés. C'est triste et dommageable. Mais ce n'est pas un problème inhérent à Strasbourg, ce n'est donc, à mon sens, pas à Strasbourg qu'il faut porter le combat. Mais il y a d'autres sujets pour parler de la MP et de la différence entre le fond et la forme de la lutte.

    Mais du coup, cela n'affecte pas ma vision de l'identité du Racing. Pour moi, elle n'est pas perdue, elle est toujours là. Elle se dégrade, en raison des scissions internes entre supporters, mais le Racing reste le Racing.
    Perso, je choisis mes combats. Ce n'est que du foot. Un sport. Tout ce que je demande, c'est de voir les joueurs qui portent ce maillot se battre sur le terrain et tout faire pour gagner. Que ce logo ciel et blanc, barré de rouge, avec sa cigogne et sa cathédrale, aille le plus haut et le plus loin possible. Que, sur le terrain, l'équipe fasse fermer les bouches des adversaires. Je suivrai et encouragerai toujours à ma manière mon équipe, tant qu'elle se battra, peu importe la division ou le terrain. Mais je ne dirai pas non à de la stabilité au plus haut niveau, avec des joutes européennes régulières. Parce que c'est du foot, un sport. Des compétitions, des batailles qu'il faut tout faire pour gagner dès que l'arbitre siffle le coup d'envoi, jusqu'au coup de sifflet final.

    Avec ou sans BlueCo, IMG, Ginestet (sauf peut-être Hilali, on ne va peut-être pas pousser mémé dans les orties non plus)... Au fond, peu importe. Ils vont et viennent et font tous plus ou moins de dégâts. Pareil pour les joueurs. Ils vont et viennent et posent plus ou moins leur empreinte sur l'Histoire du club. Ce n'est pas ce qui m'empêchera de vibrer pour mon équipe et de penser que le Racing reste le Racing.

    J'ai essayé de dérouler le fil de ma pensée de la manière la plus claire possible... Je suis parfaitement conscient que l'image que j'ai n'est probablement pas celle partagée par tout le monde. Mais c'est pour cela que j'ouvre ce topic. Si au moins, on pouvait tous se comprendre un peu mieux...

    Bref. Pour vous, c'est quoi, l'identité du Racing ?
  • Message supprimé à la demande de son auteur
  • Cf: charte de la fsrcs rédigée en 2010?
  • Je suis globalement d'accord. Pour moi le Racing, c'est le stade de la Meinau, son ambiance, et puis ce qui se passe sur le terrain en terme de jeux et d'implication des joueurs. A ce niveau la, Vieira fut un cauchemar pour moi, surtout quand je le voyais les mains dans les poches tout aussi apathique que l'equipe sur le terrain. A ce niveau la, Rosenior a quand meme fait quelquechose, d'abord je vois un cohesion entre les joueurs et une envie de se battre, c'est sa pour moi le plus important, pas qui joue et d'ou il vient, qui est sur le banc a les diriger ou dans la presidentielle. J'ai meme reussi a m'attache a des joueurs, surtout Moreira, il est un peu fou. Avant lui, je pense que ceux qui incarnait le mieux le Racing, c'etait Lienhart et Guilbert. Je pense que la MP n'est pas une malediction pour l'idendite du club meme si j'aimerai que la liaison Chelsea - RCSA soit moins utilisee pour les transferts.
  • fred63 a écrit, le 22/09/2025 11:18 :
    Pour moi l'image qui colle parfaitement au club c'est Santos.
    Il a tout donné, il avait le blason dans son cœur.
    Et pourtant il était qu'en prêt mais il s'est retrouvé avec les valeurs de notre club et notre identité.


    Belle réponse. J’adhère.
  • Plus que l'identité du club c'est l'identité de notre Alsace, Breztel et Cigogne.
    Ce genre de chose que tu retrouves aux abords du stade, ses tartes flambées et ses bieres.

    Il serait interessant de connaitre les origines des couleurs de notre maillot, bleu et blanc.
  • Il y a autant d'identités du Racing que de supporters, mais certaines valeurs sont quand même partagées par le plus grand nombre.

    Défendre le maillot, cela semble au centre des attentes. Il faut une équipe qui ne lâche rien, qui soit fier et qui sorte du terrain avec l'impression d'avoir tout donner, peu importe le résultat.

    Ensuite, l'impression de pouvoir taper n'importe qui à la Meinau. Que l'on reçoive Luçon ou le Real Madrid, les supporters se regardent, marchent vers le stade avec la conviction que tout est possible. Ce n'est pas un hasard si le PSG est tombé contre une équipe niveau Ligue 2 après un hold-up complet, l'atmosphère du stade était telle que tout était fait pour que cela se passe.
  • Sujet bien d’actualité …

    Pour moi l’identité d’un club, c’est son histoire, son maillot, son stade, ses joueurs.

    Pourquoi ses joueurs ? C’est comme Bilbao et ses joueurs basques, ça fait partie de l’identité du club.

    Et si vous avez Canal : regarder “Le Club” sur la saison dernière du FC Versailles.
    Le club n’a plus de stade (Jean Bouin mdr), et pourtant les supporters font encore 1h15 de route un vendredi soir pour aller jouer “à domicile”.
    Pcq ils veulent voir 11 mecs sur le terrain se defoncer comme jamais, avoir de la détermination pour le maillot, et procurer des émotions aux supporters.

    C’était ça, Andrey Santos, Dimitri Lienard, et David Ledy au Racing.
  • Topic intéressant.
    Ne mélangeons pas les notions d'identité et de valeurs. L'identité c'est ce qui nous rassemble et les valeurs les fondations sur lesquelles on souhaite que le club soit bâti.
    Pour moi l'identité c'est effectivement la Meinau, ce stade atypique avec ses spectateurs très proches du terrain.
    C'est aussi la communauté du racing dont la force est d'être très variée et homogène (sexe, âge, catégorie socio-professionnelles,...) ce qui la rends quasiment unique en France. Cette variété qui était notre force est actuellement presque devenue une faiblesse car elle accentue la fracture quand on est divisé.
    Je suis d'accord avec @cinquefrondi, le fait qu'à la Meinau tout est possible fait aussi partie intégrante de l'identité du club.
    Le fait de défendre le maillot, d'accepter la défaite à condition d'avoir tout donné sur le terrain ce sont plutôt les valeurs qu'on souhaite que le club défende.
  • Beaucoup parle "du combat des joueurs", de la "mentalité de gagnants", de "lutte acharnée sur le terrain" comme vecteur d'identité du club. Je ne suis que partiellement d'accord. Pour les raisons suivantes :

    - Historiquement, le club a quand même été plus souvent été éternel loser que gagnant/battant
    - C'est un vecteur d'identité au final assez bateau, tous les clubs de foot vont vous dire cela...

    L'identité du Racing, elle se mélange déjà forcément un peu avec l'identité de la ville/région qui l'entoure, donc l'Alsace.
    Une grosse part de l'identité de Marseille par exemple, c'est son coté cosmopolite, méditerranéen, via la population qui arpente le Vel' etc.
    Une grosse part de l'identité de St Etienne ou Lens, c'est le milieu ouvrier, soit manufacturier à St Etienne, ou minier à Lens.

    A Strasbourg, rien de tout ça. Belle ville carte postale un peu bourgeoise, avec l'Alsacien plutôt froid, pas très fantasque ni très fun à la base. Mais comme on est un peu torturé par notre Histoire, et que Strasbourg a été capitale de l'Europe, on a pris un beau melon ce qui a très vite donné des attentes supérieurs à ce que le club pouvait donner. On est l'Alsace, Strasbourg, on doit être un top club. Ca a donné un public souvent trop exigeant, jamais satisfait, le fameux Hans im Schnokeloch.

    Je sais, ça fait pas plaisir.
    J'aime bien le post de jsé plus qui ce matin qui a dit que notre ADN était intact puisqu'on réussi à nouveau à saboter d'une manière ou d'une autre notre réussite sportive actuelle :D

    Bon, une fois posés ces aspects sociologiques, il y a forcément tout le reste.

    Le logo/les couleurs.
    Le stade, son emplacement. Y aurait-il eu grève si on avait joué à l'EuroStadium au milieu du mais et des derniers Hamsters à Entzheim? (vraie question). Quitter le stade de toujours est un énorme coup porté à l'identité.
    L'experience fan/stade peut être aussi? Le fait d'être un public familial, un peu à l'allemande (qu'on aime tant se comparer ou s'y affilier), les odeurs de tartes flambées etc.
    Les groupes de supporters et l'ambiance générale sont un vecteur d'identité. Chaque stade a son atmosphère, ses chants fétiches, et des moments inexplicables ou indescriptibles mais qui font que si tu ferme les yeux et qu'on te téléporte dans tel ou tel stade, tu saurais immédiatement où tu es.
    Entre la Meinau des années 2000 et la Meinau de 2022 par exemple, même si y a plus de monde, même si l'ambiance est meilleure, ben perso, je retrouvais quand même beaucoup de l'atmosphère déjà présente dans les années 2000, en allant même jusqu'aux odeurs de ce béton brut de 1984.

    Et puis y a tout plein d'autres trucs qui sont beaucoup plus difficiles à relier factuellement à l'identité, parce qu'ils sont beaucoup plus abstraits, philosophiques, et/ou propres à chacuns !

    Je suis dans le même cas que Harry Potter, je suis tombé dans le Racing au tout début des années 2000. Et de mon coté par exemple, les joueurs n'ont jamais été un vecteur qui compte vraiment dans l'identité du club. Parce qu'à l'époque on a déjà eu des mercenaires, des internationaux, le Racing est déjà mondialisé. Pour quelqu'un qui avait 20 ans en 79, la chose est sans doute très différente.

    Les dirigeants, les modes de gouvernances et tout l'environnement foot pro mondial, c'est juste des tracas superficiels, qui n'entrent pas dans l'identité profonde de mon club (de mon point de vue). En quoi André Bord, Hechter ou Proisy ont forgé l'identité de notre club? je pense pas qu'ils l'aient fait contrairement peut être à des Bez, Tapie et autres ailleurs.

    Y a encore surement plein de choses immatérielles qui forgent l'identité du club.
  • j'ajouterai aussi, de la descente aux enfers à aujourd'hui, un stade soudé autour des ultras. Des ultras qui comparés à d'autres clubs, étaient modérés et bienveillants je trouve. Ce n'est plus d'actualité mais ne l'oublions pas !
  • Pour moi c'est d'abord et avant tout le stade de la Meinau, chaque fois que j'y vais (deux ou trois fois par an) je repense à mes premiers pas vers ce stade quand j'avais 10 ans.
    Encore plus depuis que je ne vis plus en Alsace.

    Il a changé, avant on se prenait la pluie ou la neige sur la tête, on terminait le match trempé jusqu'aux os et frigorifié, mais c'était bien quand même.

    L'atmosphère autour du stade est finalement toujours la même aujourd'hui, et oui la tarte flambée ça compte aussi !
    C'est pour ça que je suis très content qu'il y ait eu rénovation et surtout pas de déménagement ailleurs.

    Mais bien sûr le stade est indissociable de l'histoire du racing qu'on se raconte de père en fils, et que l'on complète ou qu'on se remémore grâce au Stub (merci encore pour ce boulot fabuleux), ses titres, ses joueurs qui ont marqué l'histoire à chaque décennie.

    Bien sûr "qu'avant" l'identité était aussi donnée par les joueurs alsaciens sur le terrain, au moins jusqu'au milieu des années 80, après progressivement cette identité là a disparu.

    Le reste, les coulisses, ça vient pour moi très loin derrière, mais ça fait aussi partie de l'histoire, je me souviens que c'était un cirque pas possible dans les années 70, ponctuées par deux passages en L2, avant les formidables années Gress.

    Franchement les histoires de joueurs qui mouillent le maillot etc...n'importe quel supporter de n'importe quel club va raconter la même chose, pour moi ce n'est certainement pas ça l'identité du Racing, ou alors tous les clubs auraient la même identité, ce que je ne crois pas.
  • Très bon sujet !

    Imagerie : tout ce qui fait la spécificité de la région, les cigognes, bretzel, Notre-Dame de Strasbourg, le gré rose, les Vosges, le vignoble, les colombages, l'Ill, la double identité franco-germanique,… tout l'aspect carte postale et traditionnel sans laquelle notre région n'est qu'une terre interchangeable et propice à la dépression. Ah oui, et je tiens aux blasons : remplacer les blasons par des logos est symptomatique d'un pays qui a connu trop longtemps la paix (avec l'avachissement bourgeois auquel ça mène) et oublie qu'en cas de coup dur c'est un bouclier qu'il faut, pas des bretzels tout rigolo, mignon, cul-cul. Bref, on peut débattre sur le rot un wiss et les armoiries mais vivent les cotices fleuronnées et les six couronnes !

    – Ben oui, mais euh, BlueCo peut bien faire un Chelsea bis repeint à coup de cigognes et la cathédrale, hein ! Pour preuve le maillot 2025-2026…
    — Nan ! On s'aime ensemble, on se déchire localement, on crève ensemble, on adore London mais on n'est pas des Londoniens !

    Le stade : le fait qu'il soit dans la ville et non pas dans une ZAC entre les chaussures et le supermarché, qu'on puisse y aller à pied de la cathédrale (dont la Meinau est le pendant laïc, oui j'ai une conception religieuse et chevaleresque du football, ce qui créé le hiatus avec les bourgeois-consommateurs ; deux anthropologies…) – j'aurais probablement lâché le RCS s'ils avaient construit l'Eurostadium, par exemple, et je m'en veux encore d'avoir cédé aux sirènes de McCormack à l'époque comme un vulgaire BlueCo béat d'aujourd'hui.

    Au niveau sociologique, qu'il soit populaire et fédérateur, rassemblant en son sein les trois France (banlieue, centre-ville, campagne ; la France LFI, extrême-centre/écolo-transgéniques, RN/Reconquête si on en croit les cartes électorales bien marquées, cf. L'archipel français de Jérôme Fourquet). Encore que, avec la disparition des populaires, j'ai l'impression que les banlieues ont été virées de la Meinau, au profit d'un public blanc qui vient payer de plus en plus cher pour voir des noirs et des arabes transpirer (un peu comme à la boxe ou au basket, quoi). J'ai l'impression que ce qui se joue actuellement avec le revirement des actionnaires et le choix de BlueCo, c'est la France des centre-villes, la France de la transition écologique payée par les gueux, des ZFE, du crédit social, de l'Europe fédérale, etc. qui veut dégager la « France périphérique », celle des Gilets jaunes, et rester dans l'entre-soi. Le public bobo de la Meinau ne veut plus se mêler à Rodez, Guingamp, Pau voire Saint-Etienne, mais rêve de faire partie du club des grandes villes européennes avec Marseille, Paris, Lyon et Lille. Face à la « sécession des élites » (Lasch parle de révolte, mais c'est la sécession qui est en jeu), ces grandes villes qui veulent causer entre elles et se contrefichent de leur arrière-pays (voire des régions comme l'Ile-de-France, la Catalogne, la Flandre qui en ont marre de leur nation de pauvres), une autre France refuse de mourir ou de se faire marginaliser. C'est un peu l'idée que le transfuge de classe, Keller, vise avec sa purge (espérée) et son choix de financiers cosmopolites plutôt que la base de gens du coin qui lui a permis de sauver son club après les rêves de grandeurs “made in USA”…

    A la limite, si scission il doit y avoir, allez vous construire un stade high-tech mescouilles à côté du Zenith, laissez-nous le logo et la bonne vieille Meinau, qu'on se remette des populaires et des quarts de virage debout (ta mère la LFP, ton père l'Europe), et s'il doit avoir un Strasbourg popu contre un Strasbourg bobo (Manchester City vs Manchester United, si j'ai bien compris, ou Sainté vs OL), on prendra un joyeux plaisir à vous détester, même depuis le National.

    Bref, c'est pour ça que le débat actuel est passionnant, au-delà du jeu de ballon somme toute futile.
  • l'identité du club pour moi n'a pas été entaché par Blueco sauf à vouloir empiler les jeunes joueurs. Pour moi le Racing doit avoir au moins 3 à 4 tauliers, des patrons qui restent sur le moyen long terme et qui font l'unanimité auprès de toutes et tous dans le stade car pour moi l'dentité d'un club, comme le dit Chris68 c'est pas qu'ils se donnent à fond, ça coule de source qu'il le fasse, mais qu'on puisse s'identifier à eux.
    là avec cette strategie, pour moi Blueco empêche cette identification, ou s'il en existe une, elle est passagère voir jetable, comme on trouve de la musique jetable sur youtube, des trucs que t'écoute 2 ou 3 fois et qu'ensuite tu zappes parce que d'autres trucs jetables les ont remplacés..

    Alors oui on en trouvera dans le lot qu'on oubliera pas genre Santos pour des raisons qui font l'unanimité auprès des footeux alsaciens, où Emegha qui restera aussi dans l'histoire du club mais pour d'autres raisons... voir Moreira et Barco, le temps nous le dira.. pour moi le Racing doit avoir des tauliers qui n'ont pas besoin de se forcer pour avoir la mentalité d'un Goncalves..

    et par dessus tout l'identité de la Meinau c'est son ambiance, qu'on gagne ou qu'on perde, que la direction fasse de la merde ou du bon boulot < ça se sont des parametres qu'on ne maitrise pas, les joueurs non plus - bref quel que soit le contexte, les joueurs alsaciens doivent se sentir soutenu et les joueurs adverses doivent craindre de venir jouer dans notre stade. Les adversaires doivent sentir une chappe de plomb sur leurs épaules, quelque chose qui les déstabilise dès le coup d'envoi et qu'ils se disent "oh putain, on est où là !? Ah ouai c'est chaud Strasbourg en fait !
    et pas 15mn plus tard, là ils auront eu le temps de rentrer dans leur match.

    l'identité du Racing pour moi c'est ça^^

    Edit de la modération : @fremen il y a assez de sujets de discorde pour ne pas ramener la politique politicienne dans le débat.
  • chris68 a écrit, le 22/09/2025 13:05 :
    Beaucoup parle "du combat des joueurs", de la "mentalité de gagnants", de "lutte acharnée sur le terrain" comme vecteur d'identité du club. Je ne suis que partiellement d'accord. Pour les raisons suivantes :

    - Historiquement, le club a quand même été plus souvent été éternel loser que gagnant/battant
    - C'est un vecteur d'identité au final assez bateau, tous les clubs de foot vont vous dire cela...


    Je suis d'accord, je me suis trompe, c'est plus une valeur effectivement. Par contre une defaite a la Vieira (le coach les mains dans les poches et personne qui bouge sur le terrain) n'a pas le meme gout que les premieres defaites a la bande a Rosenior, avec des jeunes qui courrent partout,qui marquent des buts et s'en prenaient encore plus et un coach qui s'implique.
  • C'est vrai, et que dire des défaites à la Furlan :o):)):-&
  • La Meinau, avec son toit si typique. Quand j'étais jeune, j'étais fasciné, j'avais l'impression que c'était un stade comme le Camp Nou.

    Le bleu roi. Choix plutôt récent à l'échelle de l'histoire du Racing. Le bleu ciel c'était pas mal aussi. Mais notre bleu à nous est plus joli que les autres. Troyes, Bastia, berk.

    Le folklore entretenu ici et là dans l'enceinte du stade.

    Le souvenir des grands joueurs et entraîneurs passés par chez nous. Corminboeuf, Mostovoi, Pagis, Gress, etc.

    Le souvenir des grands matchs.

    Le quart, et maintenant la ouest. Les tifos magnifiques. La foule à Lille. Les cortèges pour le derby.

    Manolo et la cigogne!

    L'odeur de clope, de merguez cramée. L'accent alsacien.

    Bon j'ai fait le tour. C'est beau.
  • Cette capacité inégalable de faire d'un succès sur une saison le point de départ du naufrage qui s'en suit. La punkitude totale en matière de gestion. Des joueurs mythiques qu'on a rarement gardés plus de 2 ans. Un stade aussi passionné que versatile. Une période de stabilité de 10 ans marquée de succès qui parait être devenue une norme alors qu'elle est une immense exception. Un public aussi génial qu'impatient. Le truc le plus inutile du monde et donc le plus essentiel. Le Racing ça ne s'explique pas avec des mots, ça se vit et ça se ressent, mais le définir est ardu, car pour 2 idées il y aura 3 explications antagonistes.
    Sans doute le meilleur forum de fans aussi. Le club qui a sans doute le mieux gâché son potentiel sur les 50 dernières années.

    Je pourrais pondre des dizaines de pages à ce sujet. Je résume. Mais c'est inspirant.
    Faudrait demander à Olivier Guez d'écrire là-dessus.
  • Topic intéressant en effet, beaucoup de choses ont été dites sur la Meinau, ce temple sacré, ce stade proche des joueurs, où l'on pouvait s'entasser à près de 40000 les grands soirs avant les réformes liées à la sécurité.
    Il y a aussi un aspect purement tactique, du jeu, pour moi le Racing est une équipe qui aime faire le jeu (un peu certaines années) qui étouffe l'adversaire à la Meinau, cette sorte de pression qui parfois nous rend irrésistible. Pas de jeu à la nantaise, mais un jeu qui aime imposer ses idées. On a eu ça avec Rosenior certaines séquences l'an passé, avec Stephan aussi, et régulièrement dans la passé. Du coup, on peut taper tout le monde à la Meinau (le Nantes invincible qui tombe avec le racing de Leboeuf et Mostovoi). Cette capacité à jouer les troubles fêtes, et à déjouer les pronostics, mais aussi, c'est vrai, se vautrer lamentablement chez un petit en coupe ou à l'extérieur en championnat. En coupe, soit on se fait sortir vite, soit on va loin. Le Racing est toujours capable du pire comme du meilleur. C'est vrai que cela a tendance à changer, qu'on a rarement connu une longe période de stabilité (l'OM de l'est). Une sorte de culture profonde que d'aucuns ici appellent la punkitude du club.
    On a aussi, malgré les turbulences eu bons nombre de joueurs créatifs, des Piasecki, Mostovoi, Pagis, Carsten Nielsen, et bien d'autres qui assuraient le spectacle, ce n'est pas nouveau et cela a toujours permis l'amour des supporters, car nos équipes avaient toujours quelque chose. Avec parfois de sacrées pioches ou anciens qui venaient se relancer (Larios, Leboeuf, Djorkaeff...) L'identification est forte pas sur l'origine géographique des joueurs ni des actionnaires, mais cette capacité à être brillant et à battre tout le monde.
    Je garde aussi l'aspect attachant, familial du club, et nombre d'anciens en parlent encore aujourd'hui (Niang, Ajorque, même Leboeuf) ce qui montre qu'ils ont aimé le club. Si les nouvelles générations, type pépites suivent ces exemples, on aura gardé l'essentiel, l'âme du Racing, le pérennité de notre identité. On se voit souvent trop beau, trop haut, mais c'est un club à part, et il faut que ça reste ainsi. Le racing on l'aime au delà des résultats et des divisions, c'est notre club c'est tout, et même si on s'énerve et qu'on débat de façon interminable sur tel ou tel aspect du club, on partage la même passion.
  • Il me vient à l'esprit la citation de Sir Bobby Robson, entraineur mythique de Ipswich à son heure de gloire, de Barcelone, de l'équipe d'Angleterre et surtout de Newcastle.
    Version anglaise :
    “What is a club in any case? Not the buildings or the directors or the people who are paid to represent it. It’s not the television contracts, get-out clauses, marketing departments or executive boxes. It’s the noise, the passion, the feeling of belonging, the pride in your city. It’s a small boy clambering up stadium steps for the very first time, gripping his father’s hand, gawping at that hallowed stretch of turf beneath him and, without being able to do a thing about it, falling in love.”
    Version française:
    « Au fond, c’est quoi un club de football? Ni les bâtiments, ni les dirigeants, ni les personnes payées pour le représenter. Ce ne sont pas les contrats télévisés, les clauses de sortie, les services marketing ou les loges. C'est le bruit, la passion, le sentiment d'appartenance, la fierté de sa ville. C'est un petit garçon qui gravit les marches du stade pour la toute première fois, serrant la main de son père, contemplant bouche bée cette étendue de gazon sacrée sous ses pieds et, sans pouvoir rien y faire, tombant amoureux. »

    Je trouve que cette citation s'applique parfaitement au Racing. La fusion entre l'identité forte de la région et de la ville avec son club, avec en figure de proue le stade de la Meinau où joue le club depuis le début de son histoire.
    C'est aussi ce beau maillot bleu avec le fier blason du Racing, c'est le titre de 1979 avec les chevauchées de Wagner, les buts de Gemmrich, et la défense intraitable de Specht. C'est aussi la Meinau en feu lors de la crise de 1980, les épopées européennes (le match retour contre le Dukla Prague), les victoires contre Liverpool et l'Inter Milan de Ronaldo, c'est une demi-finale homérique mais au combien cruelle de Coupe de France contre Saint Etienne en 1980 - je n'ai jamais entendu un tel bruit quand le Racing a marqué!.
    C'est aussi les crises successives, la descente aux enfers et la remontée vers le paradis.
    Car le Racing une passion de toute une région et une ville qui ont tellement souffert au cours de l'histoire.
    Et tout cela reste, quelque soit l'actionnariat et la politique du club.
    Mais le club sera toujours là. Et il faut souhaiter que le bruit de tout un stade se fasse à nouveau entendre. Car la perte d'identité, avec des supporters qui rentrent dans le silence et l'indifférence d'une victoire, qui ne font plus communion avec une équipe qui se défonce, elle est en train d'arriver.

    Pour conclure et boucler la boucle avec le début de ce post : retour à Newcastle. Un club très similaire. Avec aussi un actionnariat qui pose des questions morales (en réalité beaucoup plus profondes que celui du Racing). Malgré cela, la passion reste.
    Et une ambiance, une communion comme celle-ci n'est-ce pas ce qu'on souhaite tous pour le Racing?
    https://www.youtube.com/shorts/vBs8gjPRRvs?feature=share
  • Il faudrait plus de temps pour aborder la question dans sa globalité, mais pour ne pas dériver un autre topic ou le pourrir (selon le point de vue), je vais exprimer ici un point qui me tient à coeur.

    Beaucoup de monde raisonne vis-à-vis de BlueCo en termes de "progrès" par rapport à "avant". Si le sportif atteint effectivement des sommets inédits pour les moins de 45 ans, le Racing, cela va plus loin qu'un rang au classement.
    Sinon il y a bien longtemps que tout le monde aurait lâché l'affaire. Quoique, il est pour le moins perceptible que certains rongeaient leur frein à la vue d'un RCS au taquet de ses possibilités financières, pour parler le MK de 2019, et ainsi limité dans ses ambitions sportives.

    Le Racing c'est de l'émotionnel, du passionnel, de l'immatériel. A chacun son degré, du zappeur au gars qui a toujours la boule au ventre et tremble d'excitation avant chaque match. Perso je sentais beaucoup cet espèce de trac étant gamin, lorsque j'allais une fois par an au stade, je voyais un spectacle qui n'avait rien à voir avec ce que la télé retransmettait. D'autres angles que les caméras, des odeurs, un lieu.
    L'enchaînement des abonnements, des saisons et l'âge ont rendu cette sensation désormais introuvable, une distance s'est installé et ce depuis plusieurs saisons, même si certains facteurs redonnaient ponctuellement vie à cette forme de tension intérieure.

    Peu à peu, l'affect s'est détourné des joueurs ou des dirigeants pour s'appliquer pleinement et presque uniquement auprès du club. Dégoût au moment de la création du RCSA, au nom stupide et blason souillé. Vigilance quant à toutes les initiatives marketing bidon du club pour faire "comme les autres". Confiance en les différents acteurs de l'union sacrée, du moment qu'il n'y a pas de place pour les dissimulations.

    Ce temps est révolu. On assiste depuis un peu plus de deux ans à une bimbofication du Racing. Rien n'est trop beau pour le parer de nouveaux atours.
    Il en faut bien du maquillage, de la communication creuse et de la flatterie en tout genre. Pour faire oublier que le club n'est pas dirigé à Strasbourg et n'est plus souverain.
    Il est devenu un dépôt. Une plate-forme. Un outil. Un objet. Un truc.

    Difficile de se passionner pour une chose pareille.
  • Citation:
    c'est une demi-finale homérique mais au combien cruelle de Coupe de France contre Saint Etienne en 1980 - je n'ai jamais entendu un tel bruit quand le Racing a marqué!.
    Je fais une petite digression par rapport au topic pour confirmer que l'ambiance de la Meinau ce soir là (c'était en 1981) était extraordinaire, et pourtant cela venait quelques mois après le départ de Gress.
    Le Racing a poussé tout le match, et a fini par marquer sur un tir de Six repoussé et repris par Decastel (explosion de tout le stade) tout le monde était trempé car il pleuvait à verse sur nos têtes, c'est aussi peut-être ça qui a généré cette ambiance, Herbin avait dit à la fin du match que c'était l'équivalent des plus grandes soirées européennes qu'il avait connu.

    Je pense aussi (encore petite digression quoi que...) que le fait qu'une grande partie du stade était debout non couvert favorisait plus la participation de tous à l'ambiance.
  • takl a écrit, le 23/09/2025 00:15 :
    Faudrait demander à Olivier Guez d'écrire là-dessus.
    Superbe idée, mais il est pas mal occupé actuellement, il travaille sur son prochain livre intitulé La Disparition de Marc Keller.
  • clutch a écrit, le 23/09/2025 12:48 :
    Citation:
    Je fais une petite digression par rapport au topic pour confirmer que l'ambiance de la Meinau ce soir là (c'était en 1981) était extraordinaire, et pourtant cela venait quelques mois après le départ de Gress.
    Le Racing a poussé tout le match, et a fini par marquer sur un tir de Six repoussé et repris par Decastel (explosion de tout le stade) tout le monde était trempé car il pleuvait à verse sur nos têtes, c'est aussi peut-être ça qui a généré cette ambiance, Herbin avait dit à la fin du match que c'était l'équivalent des plus grandes soirées européennes qu'il avait connu.


    C'était exactement ça ! Et, a contrario, le silence de mort quand Saint-Etienne a égalisé pratiquement à la dernière minute sur un tir tout moisi qui a échappé à Dropsy...
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Stammtisch
  • cigonhao C est une mise en bière
  • montana La bière, la bière, la bière
  • takl La bière non plus mais y'a plein de gens qui en boivent au stade. Coïncidence? Je ne le crois pas.
  • jmr Le prozac n'a jamais fait gagner le Racing
  • takl sinon y'a le Prozac
  • mick6 Pour les vapeurs d'espoir : tu projettes une décocttion de lavande autour de tes fenêtres
  • jmr J'avais de grands espoirs qui se sont évaporés hier
  • steven Mais si on les perd toutes les deux, comment dire, ca va leur faire bizarre.
  • steven Après si on gagne les coupes (ou du moins une des deux, de préférence la conférence league), ça va le faire
  • il-vecchio La LDC en suppo, oui. Bon, faut il faut faire preuve de beaucoup d'ouverture spirito-rectale.
  • mick6 tu les prends en suppo : ça te fais oublier tout le reste :-))
  • jmr Mais ils n'en ont pas à la pharmacie
  • jmr Seules des victoires en coupes pourraient me soigner
  • jmr Oh non. Le mal est plus profond que ça !
  • mick6 Citrate de betaïne ;-)
  • jmr J'ai toujours du mal à digérer ce 0-3 contre Rennes
  • nikos68770 @wiwersher67 surveille la plateforme de revente, des places apparaissent de temps en temps
  • cigonhao Si c etait facile on l aurait peut etre :-)
  • cigonhao Un banc, pas facile a vendre sans coupe d europe
  • mugiwara yakafokon

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