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ulirch-le-penIl m'intéresse ces passages. Entre personnes civilisées on peut discuter tranquillement, non ? (vous vous en sortez parfaitement, par exemple...):) -
Toute façon j'ai pas encore fini de recopier... j'attend un "ok, go on" des modos B-) :p
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D'où cette fameuse histoire de sucette...
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Bon, allez, au diable l'avarice...
Sur l'antisémitisme de Céline :
Personne aujourd'hui ne peut contester le fait que les pamphlets de Céline soit profondément antisémites. Le débat sur cette question tourne d'avantage à l'analyse pour échapper à l'explication trop simpliste qui voudrait que le peuple français ait été à cette époque majoritairement antisémite. Céline reflet de son époque, soit, mais aussi Céline laissant libre cours aux haines qui l'habitaient qui, pour lui, n'étaient guère que des bagatelles.
Comment devient-on raciste, commet-on cette faute absolue contre l'esprit que sont la discrimination, l'insulte raciale et, plus précisément, l'antisémitisme ?
Chaque individu, bien entendu, vit avec ses contradictions, ses zones d'ombre et de lumière. Il faudrait témoigner d'une singulière naïveté pour prétendre expliquer toutes les facettes d'un caractère, cerner toutes les raisons d'un comportement. L'histoire, la sociologie, la psychologie, la psychanalyse n'y peuvent rien. Subsistent en chacun de nous un noyau dur, une irréductible opacité. On ne peut que tourner autour et tenter d'éclairer des aspects seulement fragmentaires de cette mystérieuse (et peut-être douteuse) unité qu'on appel un homme. Pour en revenir à Céline et à son antisémitisme, plusieurs réponses permettent seulement de dissiper une partie de l'énigme.
1/ L'antisémitisme de Céline remonte au plus loin de son enfance, bien entendu. Le monde d'avant Dreyfus, d'avant l'Exposition universelle de 1900, représentait pour lui un paradis imaginaire donc idéal. Son père clamait que les Juifs étaient la cause de tous les maux, de tous les déclins. (...) Comment de tels propos n'auraient-ils pas laissé de trace dans la conscience de l'adolescent, de l'adulte ? Dès son enfance, l'antisémitisme avait été banalisé, une chose contemporaine entrée dans la vie, dans la conscience, c'est-à-dire dans le sentiment de la mort. De là à associer les Juifs à l'idée même de décadence...
2/ A l'origine de tout antisémitisme, il faut chercher les haines personnelles, les aigreurs, les humiliations que l'individu dilate ensuite au rang de jugements d'espèce, comme pour se justifier de des échecs, chercher la vengeance la plus mesquine, la plus facile, la plus générale possible. Cette attitude très petite-bourgeoise, pourquoi Céline en aurait-il été exempt ? Il s'était senti barré, rejeté de la Société des Nations où officiait au Bureau d'hygiène son protecteur Ludwig Rajchman. Au dispensaire de Clichy, Gregoire Ichok usurpait ce qu'il considérait être sa place de plein droit. Elizabeth Craig si passionnément aimée l'avait délaissée pour un Américain dont il soupçonnait les origines juives. Les Soviets, tous Juifs à ses yeux (Staline pourtant avait déjà commencé à liquider ses rivaux), refusaient ses ballets. La gauche regroupée autour de Léon Blum faisait le tir de barrage contre Mort à Crédit. Pas question toujours de monter ses ballets à l'Exposition universelle de 1937. C'était trop. C'était intolérable. C'était une conspiration. C'était le groupe contre l'homme seul, les Juifs contre Céline. Il fallait réagir.
3/ L'antisémitisme de l'écrivain rejoignait bien entendu les courants pacifistes de l'époque. Tout plutôt que la guerre ! Comme l'a écrit Léon Poliakov disséquant cette idée trop répandue, « était-il concevable que, menacé comme il l'était par Hitler, le Juif international ne s'emploie pas à provoquer une mobilisation générale ? Par conséquent sus au Juif ». Céline le forcené, le blessé de 14, qui avait gardé de la guerre une vision hallucinée, était donc disposé à tous les excès pour prévenir de nouveaux massacres. Les pages les plus saisissantes de Bagatelle pour un massacre et surtout de l'Ecole des cadavres développent cette idée fixe :
« Eviter la guerre par dessus-tout. La guerre pour nous, tels que nous sommes, c'est la fin de la musique, c'est la bascule définitive au charnier juif.
« Le même entêtement à résister à la guerre que déploient les Juifs à nous y précipiter. Ils sont animer, les Juifs, d'une ténacité atroce, talmudique, unanime, d'un esprit de suite infernal, et nous ne leur opposons que des mugissements épars.
« Nous irons à la guerre des Juifs. Nous ne sommes bon qu'à mourir... »
4/ S'étonner des théories racistes de Céline, c'est oublier aussi l'hygiéniste qu'il a toujours été. L'auteur du Voyage au bout de la nuit restait obsédé par l'idée de décadence. Une France abâtardie, des Français alcooliques aux digestions impossibles, voilà bien des fléaux qu'il dénonçait depuis longtemps. Il n'y a pas si loin entre certains développements de ses romans et les arguments de ses pamphlets. Partout la même obsession de la race, les Chinois en France, la mort d'une civilisation etc. Les notions hitlériennes de peuple élu, de peuple aryen, de sang pur, de discipline et d'hygiène pouvaient trouver en lui un terrain déjà favorable, déjà préparé.
5/ Analysant dans Mea culpa l'idéologie communiste, Céline avait bien montré le danger de tous ces systèmes qui élaborent des lendemains radieux, qui forcent les hommes à être heureux selon leur unique conception du progrès. L'imposture suprême, pensait-il, c'était l'espoir. Car c'est l'espoir qui invente les otages et les condamne, qui inspire les règlements de comptes, qui peuple les goulags. Plongé dans la misère, Céline s'obligeait jusque-là à cette attitude limite qui consistait d'abord à dénoncer l'imposture de toute révolte, c'est-à-dire de tout espoir. L'homme était maudit. Le progrès était un leurre. Et c'est à cette position difficilement soutenable qu'il renonce brutalement lorsque la guerre menace, lorsque à une misère d'ordre existentiel se superpose l'imminence de catastrophe historique sinon planétaire. Avec les pamphlets, tout ce passe comme si Céline cédait à l'espérance, trouvait enfin l'explication des maux qu'il dénonçait. Juifs, communistes et francs-maçons, on pouvait maintenant les désigner, ils étaient la faute de tout. La « connerie aryenne » faisait le reste. Les passagers de l'Amiral Bragueton dans le Voyage, les commis de magasins dans Mort à crédit, tous ces individus miséreux, souffreteux, accablés, humiliés, qui s'efforçaient de diffamer le narrateur, de créer un misérable plus misérable encore qu'eux-mêmes, juste pour se distraire, se rassurer, échapper un instant à leur propre cauchemar, Céline les avait bien dénoncés dans ses deux premiers romans. Et voilà qu'il basculait maintenant de leur côté. Il cherchait et trouvait des boucs émissaires. Comme s'il ne pouvait échapper à sa peur, ne supportait plus sa solitude sceptique, voulait à tout prix des réponses.
6/ Un dernier point. Il faut toujours garder à l'esprit l'image d'un Céline blessé, solitaire, renfermé dans des bourdonnements d'oreilles, ses maux de tête, ses hallucinations auditives. Quand une crise venait, il souffrait, il ne voulait plus voir personne, il éconduisait brutalement ses visiteurs, coupait court, se repliait dans son bureau, s'allongeait, se reposait puis écrivait. Céline l'excessif délirait. L'écriture l'abritait, le projetait de l'autre côté de la vie du côté du rêve, de la féerie, de la colère peu importe, mais dans un état où il ne se sentait plus responsable. « Il me manque encore quelques haines, je suis certain qu'elles existent », avait-il écrit en épigraphe de Mea culpa. Ces haines qu'il entretenait et développait avec une vigueur si intolérable, encore une fois elles étaient à ses yeux des haines fictives, des haines solitaires, des haines rhétoriques, pas des haines réelles et personnalisées. Si bien qu'il pouvait dire à Pierre Dumayer par exemple, pour l'émission télévisée « Lecture pour tous » du 17 juillet 1959, avec toute la conviction de sa sincérité : « Ah, je ne me vois pas violent du tout. Ah, mais pas le moins du monde. Je n'ai jamais été violent. J'ai toujours soigné avec beaucoup de douceur, si j'ose dire, tous ceux qui m'ont approché. J'ai sauvé énormément de gens ».
Répétons-le ; l'écriture ne comptait pas. A peine se rendait-il compte de ses effets. Pourquoi les Juifs lui en voulaient-il après la guerre ? Il jouait l'étonné parce qu'il était vraiment étonné. Il n'avait fait qu'écrire, que développer une rhétorique prodigieuse, des bagatelles, rien de plus. L'homme Céline était aigri, renfermé, sourcilleux, méfiant, coléreux, économe, débrouillard, voyeur et tout ce qu'on voudra. Mais il n'y avait pas en lui de cette méchanceté agressive et raciste à l'égard de tel ou tel individu. Ses haines, ses médiocrités peu réfléchies, il les réservait, il les amplifiait dans la solitude convulsive de l'écriture cet autre monde. Il en jouait aussi. Il voulait en rire. L'Histoire ne l'avait pas encore rattrapé. Les cauchemars hitlériens, des cauchemars bien réels cette fois, n'avaient pas encore donnés un écho catastrophique aux siens.
Il existe en tout cas deux arguments qu'il faut balayer pour expliquer l'antisémitisme de Céline arguments souvent avancés et du reste contradictoires. D'abord cette idée que Céline n'était pas antisémite mais qu'il avait utilisé ce terme générique, abstrait, pour désigner toutes ses peurs, toutes ses cibles : l'alcoolisme, la guerre, les marchands de canons, etc. C'est faux. Au départ, il y'a un antisémitisme fondamental de Céline, celui de cette petite-bourgeoisie aigrie et inquiète dont il épouse les caractéristiques. Simplement, Céline amplifie dans un deuxième temps cet antisémitisme, le hisse au rang d'un délire et d'une condamnation universelle des maux de l'humanité. Et l'idée, ensuite, que Céline aurait écrit ses pamphlets, mû par une seule rave suicidaire, pour se poser en victime, pour cultiver l'art de se mettre dans son tort. Autrement dit pour jouer au persécuteur afin de mieux revendiquer, plus tard, le rôle de persécuter. L'hypothèse est séduisante. Céline est souvent victime de délires paranoïaques, il se juge en proie à des malveillances, des conspirations infinies. Mais voilà, ses pamphlets vont, en 1937 et 1938, dans le sens du plus grand nombre de lecteurs, ils les flattent, les amusent, les provoquent. Ce n'est que plus tard, après la Libération, que Céline le proscrit, le solitaire, entretiendra, avec une délectation morbide parfois, tous les malentendus et les incompréhension qui l'avaient fait haïr, comme s'il ne puisait sa force que dans l'amertume et l'hostilité dont il était l'objet.
Frédéric Vitoux, La vie de Céline, Grasset, 1987. -
L'Europe entière était en gros antisémite à cette époque !
L'attitude de Céline n'était pas extraordinaire. Il faut recadrer ca avec l'époque. Avant les nazis, il y avait des pogroms en russie, des expositions en france pour apprendre à reconnaître les juifs. il y a aussi l'affaire du "protocole des Sages de Sion" où un gouvernement ( russe, en l'occurence' ) commande un document pour discréditer la communauté juive de son pays. Donc Céline n'est pas tant que ca un monstre de racisme et d'antisémitisme : il est le fils de son temps, bien malheureusement
Sinon, parmi vous, chers stubistes lecteurs, y'en a t il qui écoutent la magnifique émission du dimanche soir, 20h10, sur France Info : le masque et la plume ?
Dimanche, pour une rare fois, ils étaient tous d'accord sur un livre. Du coup, je l'ai feuilleté à la fnac. il m'a happé. Je l'ai acheté.
C'est Ouest, de François Vallejo !
une histoire qui se passe sous le Second Empire. De ce que j'ai lu, c'est l'histoire d'une relation de domination dependance entre un noble aux moeurs d'avant la révolution et du garde chasse de son domaine. L'écriture est précieuse. Ca commence bien. Très bien même.
Y'en a qui connaisse ? -
nikotine a écrit : Donc Céline n'est pas tant que ca un monstre de racisme et d'antisémitisme : il est le fils de son temps, bien malheureusement
Bon, il était tout de même plus virulent que la moyenne le père Céline...
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nikotine a écrit : L'Europe entière était en gros antisémite à cette époque !
L'attitude de Céline n'était pas extraordinaire. Il faut recadrer ca avec l'époque. Avant les nazis, il y avait des pogroms en russie, des expositions en france pour apprendre à reconnaître les juifs. il y a aussi l'affaire du "protocole des Sages de Sion" où un gouvernement ( russe, en l'occurence' ) commande un document pour discréditer la communauté juive de son pays. Donc Céline n'est pas tant que ca un monstre de racisme et d'antisémitisme : il est le fils de son temps, bien malheureusement
Bien sûr, on ne peut pas considérer un auteur de cette époque sans le contexte historique qui alimente son quotidien. Et s'il est antisémite dans pas mal de lieux communs de la culture et du milieu des affaires, on ne peut pas dire pour autant qu'il soit dominant au point de faire table rase non seulement des sionnistes, des arts et des cultures juïves qui sont très productives en ce début de siècle, mais aussi des libres penseurs qui choisisent la voix de l'antisémitisme comme Céline ! Sans parler des gens qui n'ent n'ont tout simplement rien à foutre.
De plus, le climat antisémite est aussi à calquer sur un plan global d'anticléricalisme et de lutte contre la pensée religieuse qui revient en force après la Grande Guerre où le regain du religieux trouve sa source au coeur des tranchées. Ainsi la période des 20's et des 30's correspond aussi à un renouveau religieux sans précédent sous la France de la III République. De ce point de vue l'antisémitisme est aussi à englober dans un contexte anticlérical !
Cet aspect est d'ailleurs un point de lutte des intellectuels de gauche, des gouvernements successifs et des hommes politiques les plus influents, qui sont pratiquement tous des Radicaux et donc par définition des anticléricaux notoires.
La droite parlementaire nourrit elle aussi son électorat de discours profondément antisémites, brandissant le fantasme de la canaille juive et républicaine, par opposition à ses valeurs traditionnelles, qui sont synonimes de stabilité et de sécurité en France, qui se prend alors en pleine gueule la crise économique des années 30, bien après le Jeudi Noir de 29.
Cependant, nier que beaucoup se sont soulevés contre ce phénomène et parler de France ou d'Europe profondément antisémite à cette époque est faire injure à la France des Dreyfusards ainsi qu'à sa progéniture culturelle et engagée. Ce qui est certain c'est que Céline ne faisait pas parti de cette dernière. Cela ne veut pas dire que "tout le monde sont juïfs" à cette époque, et encore moins que "tout le monde sont antisémites"...
Ainsi, il serait bien trop facile et incorrect de classer Céline dans un camp ou dans l'autre, puisqu'il n'y en a pas forcément. Pas avant la création d'un ministère sur la question juïve en 1941 par l'Etat Français. Et là on peut être certain qu'il a pris position puisqu'il faisait parti de l'eminance intellectuel de ce régime !
L'analyse de Vitoux mise en ligne par denpasar est donc bien plus argumentée que le fait que Céline soit simplement le "fils de son temps" et en faisant l'ommission de ce constat de base bien trop tranché et donc incorrect, il propose une analyse psychologique de l'auteur et de son oeuvre. Il a au moins le mérite d'essayer de comprendre Céline lui-même, sans forcément se rapporter à des constats évidents et sans beaucoup d'intérêt... :-B -
Mea culpa, captainflirt et denpasar
ma réponse était brêve et bien moins argumentée que vos propos. Mon idée était la suivante : rappeler que, tout de même, l'époque était globalement antisémite. Of course, cela n'explique pas tout, cela ne donne pas une clé ultime de compréhension du personnage mais bon, c'est un élément à prendre en compte tout de même. Et c'est certes une idée générale sur cette époque mais elle est tout de même vraie ! Puissamment vraie... Nous serions choqués, nous européens du XXIeme siècle, par la virulence des propos qui se tenaient dans les journaux de l'époque ( Je suis partout, le petit Gringoire et d'autres ) qui faisaient ouvertement profession d'antisémitisme tout en étant vendu à tous les coins de rue.
Evidemment, Céline est bien plus complexe que ce simple constat ! C'est un grand écrivain ( je m'y connais assez bien en grand écrivain, en étant un moi-même...
) donc son esprit ne peut se réduire aux grandes lignes de la culture d'une époque. Il a sa personnalité, ses affres, ses forces et ses faiblesses. Il n'est en rien réductible aux hommes de son époque mais ce que je veux dire est autre :
une societé ouvertement antisémite favorise le développement des idées antisémites !
l'Europe de la première moitié du XXeme siècle était un terreau fertile pour le développement des idées radicales.
je ne dis rien de plus... -
Oui mais attention toutefois à ne pas confondre la presse autorisée par les commissariats du gouvernement de Vichy et les mouvements intellectuels de l'époque. Je suis partout que tu cites faisant parti de ce que l'on pourrait qualifier de journal de propagande...
A contrario il y a pas mal d'auteurs qui se sont regroupés dans la presse clandestine pendant l'occupation.
Il ne faut pas méséstimer non plus les impressionantes controverses à la radio, au cinéma, etc.
Pour moi au-delà des légendes urbaines, s'il y a un antisémitisme en France pendant l'apogée de Céline, il est avant tout d'Etat ! Céline en fait bel et bien parti et ça lui seul l'avait choisi, pour des raisons que tente d'expliquer Vitoux et qui n'ont pas forcément à voir avec une époque où on taille une belle part à l'antisémitisme. -
Citation: Je suis partout que tu cites faisant parti de ce que l'on pourrait qualifier de journal de propagande...
Permet moi de te contredire un petit peu là, étant donné que ce journal existait avant la guerre (début des années 30) et exposait déjà des idées pro-fascistes et antisémites...
Interdit en 1940 il reprendra son activité sous Vichy et, là on peut tout à fait le dire, sera l'un des principaux organes collaborationnistes et un outil de propagande... -
nikotine a écrit : Mea culpa, captainflirt et denpasar
ma réponse était brêve et bien moins argumentée que vos propos. Mon idée était la suivante : rappeler que, tout de même, l'époque était globalement antisémite. Of course, cela n'explique pas tout, cela ne donne pas une clé ultime de compréhension du personnage mais bon, c'est un élément à prendre en compte tout de même. Et c'est certes une idée générale sur cette époque mais elle est tout de même vraie ! Puissamment vraie... Nous serions choqués, nous européens du XXIeme siècle, par la virulence des propos qui se tenaient dans les journaux de l'époque ( Je suis partout, le petit Gringoire et d'autres ) qui faisaient ouvertement profession d'antisémitisme tout en étant vendu à tous les coins de rue.
Mouais, actuellement, en lisant Minute, National Hebdo, Présent, Action Française ou Rivarol, on n'est pas trop loin des journaux que tu cites. Pourtant, eux aussi sont vendus dans tous les bons kiosques... :-B -
captainflirt a écrit :
Pour moi au-delà des légendes urbaines, s'il y a un antisémitisme en France pendant l'apogée de Céline, il est avant tout d'Etat.
Flirt, je pense que là tu te trompes !
Vichy, c'est 4 ans de l'Histoire de France ! Là, on parle de toute la première moitié du XXieme siècle.
L'aintisémitisme était partout... dans les esprits des gens autant que dans les coulisses du pouvoir ! Tu peux pas dire que une fois l'2tat vichyste en place, l'antisémitisme est apparu.
Un exemple en Autriche : les clubs sportifs autrichiens, en 1900, étaient interdits aux juifs...
Et Boogie, pour avoir lu des journaux de l'époque, je peux t'assurer que les propos d'alors étaient biens plus crus et méprisants que ce que nous pouvons truover maintenant ! -
Je n'ai jamais dit qu'il n'existait pas avant...
L'antisémitisme a toujours existé depuis la nuit des temps et à toutes les époques, du Monde Grec au Moyen-Age, et de la Révolution à aujourd'hui...Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit.
Je voulais juste faire une remarque sur le fait qu'il ne faut pas confondre propagande de la Révolution nationale (dont Je suis partout qui est alors un des seuls journaux autorisés, même s'il existait avant) et France antisémite pendant les années de l'Etat Français, c'est tout. L'un n'empêche pas l'autre, bien au contraire... -
nikotine a écrit : Evidemment, Céline est bien plus complexe que ce simple constat ! C'est un grand écrivain ( je m'y connais assez bien en grand écrivain, en étant un moi-même...
) donc son esprit ne peut se réduire aux grandes lignes de la culture d'une époque. Il a sa personnalité, ses affres, ses forces et ses faiblesses. Il n'est en rien réductible aux hommes de son époque
Tu peux préciser ? J'ai du mal à savoir si tu es sérieux ou si c'est du second degré... -
la phrase n'est pas limpide, je te l'accorde.
En disant que Céline n'est pas réductible aux hommes de son époque, je voulais juste dire que Céline a sa propre personnalité. Et qu'il ne suffit pas de définir le cadre mental de la france du début du XXeme siècle pour définir en tout point l'écrivain !
Mais bon, cette remarque est valable pour tout un chacun... On est le résultat du mélange de notre temps et de notre personnalité...
J'éspère être un peu plus clair... -
Oui, merci. :)
Finalement on tombe d'accord : Céline est à la fois victime et coupable de sa personnalité aussi bien que de son époque, mais cela ne l'empêche pas d'être parmi les écrivains du siècle. -
Yes !
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Boris Vian, L'arrache-coeur
Un livre très sympathique. Assez proche des deux livres de Jean Cocteau que j'ai récemment lus.
C'est très surréaliste, on est dans un petit monde parallèle. Un monde parallèle qui décrit magnifiquement le nôtre. En exagérant chacun des sentiments et désirs humains, Boris Vian nous révèle leur grande part de connerie.
Y'a des passages très kiffant (dans un tout autre style que ceux de Céline c'est sur...) qu'on dévore à toute vitesse.
Bref... (+) -
Amélie Nothomb, Acide sulfurique
Mon préféré d'Amélie Nothomb, où un jeu de télé-réalité est déplacé dans un camp nazi. Même si au début du roman on peut se sentir un peu mal à l'aise vis-à-vis de la souffrance physique et psychologique des protagonistes, au fur et à mesure, le lieu où évoluent les personnages passe au second plan, et on découvre un portrait criant de vérité des spectateurs et des médias responsables de telles émissions et de leur longévité à l'antenne.
Je préviens, soit on aime, soit on déteste, mais comme l'a dit Frederic Beigbeder (j'ai cru remarquer que certains aimaient bien
) : "Je comprends que l'on puisse détester Acide sulfurique mais je suis favorable à l'existence de ce type de romans. la fiction sert à comprendre notre réalité, meêm et surtout quand elle est terrifiante".
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Harlan Coben, Ne le dis à personne
Je profite de la sortie du film ce mercredi pour vous conseiller l'oeuvre d'Harlan Coben, à commencer par "Ne le dis à personne", c'est le meilleur:
Harlan Coben a reçu pour ce roman les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux Etats-Unis : le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award.
L'avis de la Fnac
Cela commence par une idylle. David est pédiatre, marié à Elizabeth qu'il connaît depuis l'enfance. Ils ont pris l'habitude de se rendre régulièrement en pèlerinage sur les rives du lac Charmaine, là où ils ont échangé leur premier baiser à l'âge de douze ans. Mais le jour où Elizabeth est assassinée par un serial killer, la vie de David bascule. Il a beau s'investir à fond dans son travail, il reste inconsolable. Jusqu'au jour où il reçoit d'un inconnu un e-mail, puis une séquence vidéo sur laquelle il reconnaît sa femme sans aucun doute possible, Elizabeth qui lui demande pardon. Pourtant elle est morte, son propre père officier de police a formellement identifié le corps huit ans auparavant. Une quête angoissante commence alors que de nouvelles victimes apparaissent.
Harlan Coben est le seul à avoir cumulé les trois prix les plus prestigieux récompensant le roman policier aux États-Unis. -
Amélie Nothomb, Hygiène de l'assassin.
J'ai eu assez peur, le début ne promettant pas grand chose d'extraordinaire. Mais une fois que c'est parti, eh ben c'est parti ! :)
Une fin tordue comme je les aprécie. (+) -
Tout à fait d'accord avec spaetzlemann, Ne le dis à personne est vraiment excellent !
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Pour ceusses qui aiment les Coben, je conseille également les Connelly et encore plus les bouquins de Pellecanos
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En rentrant d'Alsace hier je me suis arrêté à Fontenoy-la-joute sur la route entre Colmar et Nancy. C'est un des nombreux villages du livre qui existe en Europe. Le concept est assez sympa : chaque dimanche et jours fériés, des habitants ou des bouquinistes amateurs ouvrent leurs maisons qui sont aussi des mini librairies. Fontenoy en compte plus de 30 !
Au menu on retrouve de l'achat-vente de livres d'occasion, BD, vieux papiers en tout genre et pour pas trop cher dans une ambiance et une forte odeur de vieux bouquins.
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ulirch-le-pen a écrit : Amélie Nothomb, Hygiène de l'assassin.
J'ai eu assez peur, le début ne promettant pas grand chose d'extraordinaire. Mais une fois que c'est parti, eh ben c'est parti ! :)
Une fin tordue comme je les aprécie. (+)
Moi c'était exactement pareil, mais quand on est dedans, plus de problèmes !
Sinon, j'ai vu que certains parlaient de Dans la foule et sincèrement lisez-le. Même si je ne l'ai pas encore fini, je vous le conseille vraiment. Laurent Mauvignier montre la souffrance, la solitude, et on ne ressort pas indemne, mais il ne tombe jamais dans le mélo car un sujet pareil ne le permettrait pas. Lisez-le, à mon avis vous ne serez pas déçus !
(Les premières pages)
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