Alone in the dark

Note
5.0 / 5 (2 notes)
Date
Catégorie
Humeur
Lectures
Lu 3.087 fois
Auteur(s)
Par diogene
Commentaires
13 comm.
public.jpg
Il y aura toujours des drapeaux

21h50 et des poussières, je rentre d'une soirée où on a mollement suivi le match de Rouen, sans trop y croire. Je suis même parti avant la fin, sans plus y croire. Croire à quoi d'ailleurs ? A quoi bon...

C'est triste une autoroute presque déserte quand tombe la nuit, je suis vaguement les feux d'une voiture loin devant, il fait quasiment nuit et je roule machinalement. Je repense à ce match qui se termine, et je me rends compte que le Racing, lui aussi, file droit vers la nuit, vers une sorte d'obscurité, si ce n'est de néant.

« C'est fini, 3-1 pour Guingamp ». Une petite voix venue de la banquette arrière. Mon fils de même pas 10 ans. Alors que dans le silence du ruban d'asphalte nous glissions, moi, la voiture et le Racing toujours un peu plus dans la nuit, comme résignés, lui y croyait toujours. Logique. Le match n'était pas fini, donc il y avait encore de l'espoir. Et il y croyait. Pas pris le temps de lui expliquer que de toute façon ça ne servait pas à grand chose de monter. DNCG, Jafar, convention, numéro d'affiliation, repreneurs, garantie de passif... ça fait beaucoup pour une petite tête blonde. Pour lui le Racing c'est une équipe, un blason et un match. Rouen gagnait, on montait. Logique. Naïf. Beau.

Ca m'a refoutu un coup de cafard. Ca, plus l'asphalte. Je me dis qu'il n'est pas près de connaitre ce que j'ai eu la chance de vivre. La Ligue 1 : les matches contre Marseille, Paris, Bordeaux, Metz ou Lyon, les parcours en Coupe, les finales à Paris, les trophées soulevés, la coupe d'Europe... Les fans du mythique Liverpool, un « You'll never walk alone », la partie héroïque du grand Alexander Vencel à Anfield, les 25 000 Alsaciens au Stade de France, un Vaincre gigantesque, suivi d'un coup franc magique et d'une coupe, des victoires dans les arrêts de jeu, Pouliquen qui nous envoie en finale en 1995. Des tonnes et des tonnes de souvenirs, des tiroirs de vieux billets déjà jaunis, mais des émotions si vives que j'ai l'impression qu'elles datent de ce matin. Fini, tout ça, vraiment ? Depuis quelques jours on se dit que c'est un mal pour un bien, que de toute façon il faut faire table rase et reconstruire, repartir d'en bas pour mieux rebondir. Et si tout s'arrêtait ce soir ? C'est possible, oui, bien sûr... Asphalte, nuit, silence.

« Mais il y aura toujours des drapeaux ? » La même petite voix, toujours invisible, venue de derrière. Pas vu venir le coup ! Surpris par la question. Merde. Oui. OUI ! Oui, il y aura toujours des drapeaux, car oui il y aura toujours un Racing, même si je ne peux pas t'expliquer exactement lequel. Oui, il y aura encore des matches, même si je ne sais pas dans quel stade, ni dans quelle division. Mais oui, il y aura toujours des drapeaux, puisque c'est aussi ça qui est important pour toi, parce que ce n'est pas qu'un match, c'est un moment où l'on se retrouve tous derrière quelque chose et qu'on y porte nos couleurs. Oui, il y aura toujours des amoureux de ce club, regroupés dans une tribune ou derrière une simple main courante. Oui, il y aura toujours des drapeaux. Et des enfants pour les agiter.

diogene

Commentaires (13)

Flux RSS 13 messages · 365 lectures · Premier message par saez67 · Dernier message par mitchtornado

Commenter