Litex Lovech - RCS, côté tribunes

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Si vous n'êtes jamais allé en Bulgarie vous pouvez néanmoins essayer d'imaginer à quoi peut ressembler un pays d'Europe de l'Est avec tous les clichés qui surgissent inévitablement. Voilà, c'est fait ? Hé bien Lovech et son stade c'est ça, mais e

Des maisons délabrées, (certaines ont un toit quand même), aucun marquage au sol, des trous (qui a dit des puits ?) sur les routes. Bref, il y a plus romantique pour un lendemain de la St-Valentin. Mais après tout les 19 supporters strasbourgeois (19 UB90) présents à ce déplacement sont venus pour vivre un match de Coupe d'Europe : peu importe le flacon donc pourvu qu'ils aient l'ivresse. Mais point d'ivresse justement car la vente d'alcool est interdite dixit les propriétaires des deux seules cabanes qui auraient pu faire office de buvette ou du moins de lieu de détente.

Le stade semble se situer dans une sorte d'ancienne petite zone industrielle qu'on a du mal à imaginer fonctionner encore mais le passage de certaines voitures dans un grand hangar semble pourtant montrer le contraire. Sur le bord de la route près de l'entrée du stade des Bulgares vendent des paquets de graines qui remplacent en quelque sorte les sandwiches Ritter de la Meinau. Rien d'autre à faire dans les environs : l'interminable route qui longe le stade ne mène nulle part si ce n'est sur une rivière qui sépare la zone du stade de la ville de Lovech, rivière que l'on peut traverser via un pont...qui est fermé au public ! Les Strasbourgeois sont donc obligés de rester devant le stade à attendre que le temps passe sous la surveillance de policiers locaux qui sont rejoints au fur et à mesure par d'autres collègues dans des voitures toutes différentes les unes des autres (il y aura même une voiture de police française rachetée sûrement par l'Etat bulgare !). Sur le mur du stade on peut lire quelques graffitis : Green hooligan, Skinheads Fronts et autres joyeusetés agrémentées de moult croix celtiques et autres symboles nazis. Mais aucun problème à signaler avant le match : au contraire les Strasbourgeois sont un peu l'objet de toutes les curiosités de la faune locale qui ne doit pas avoir l'habitude d'avoir la visite de touristes européens.

Puis les bus des joueurs arrivent. Duguépéroux vient prendre des nouvelles des Strasbourgeois qui ont fait le déplacement (ce qui est assez étonnant quand on se souvient de la banderole à son attention au dernier match). Puis une fois entrés au stade c'est au tour de Marc Keller, de Serge Cayen (Directeur de la sécurité) et Alain Plet (Directeur des Services Administratifs) de prendre des nouvelles et d'offrir les billets. Pour ne pas faire de jaloux et citer tout le monde, sachez également que Philippe Ginestet a offert 100 euros à tous les supporters strasbourgeois pour les aider dans ce long déplacement. Dans tous les cas, pour ce match, l'accueil a été impeccable du côté du Racing.

Aucune fouille à l'entrée, la sécurité locale fait changer deux fois de tribune les visiteurs pour des raisons assez obscures à chaque fois (ils ne semblaient pas habitués à recevoir du monde a priori). Passage rapide devant le panneau « WC » aux couleurs du club, devant le café du stade qui porte le nom de « café Liberté » (en français svp) puis visite de la cabane qui sert de boutique du club (la pièce devait faire 16m² au grand maximum) avec petites emplettes sur des maillots du Litex, sur des écharpes et autres objets complètement inutiles mais bon, vu le prix... Sur le terrain, grosse surprise : la pelouse est en meilleur état que ce qu'on pouvait craindre, les jardiniers bulgares ont fait du bon boulot en déblayant toute la neige de lundi. Dans les tribunes vu de l'extérieur tout le monde s'attendait à voir des gradins en béton sans siège et pourtant tout le stade est en places assises..

https://racingstub.com/ressources/photos/Saisons/2005-2006/Matche...

En revanche pour le reste ça fait très bucolique avec pas mal d'arbres dans le stade et des collines derrière une tribune (on pouvait d'ailleurs apercevoir quelques spectateurs qui regardaient le match de là-haut). Un grillage très léger sépare les tribunes du terrain et un long panneau de sponsors s'étend sur toute la tribune latérale. A noter que le mot Lovech est très rarement associé au club de foot, ici on conjugue tout au mot « Litex » essentiellement.

On annonçait un stade plein pour ce match avec des billets à 2 Lev (=1 euro...) mais ce ne fut pas le cas : officiellement 6500 spectateurs, officieusement on était tout de même plus proche des 4000. Le speaker annonce deux fois la composition des équipes s'en sortant pas mal du tout sur les noms des joueurs strasbourgeois (hormis le « Jacques » Duguépéroux). Le petit kop local (vraiment petit) sort un voile représentant un maillot du Litex et des drapeaux oranges sont agités sur toutes les tribunes. Le rendu fut vraiment moyen. L'ambiance n'a rien d'extraordinaire de leur côté et le reste du stade est plutôt silencieux. Les 19 Strasbourgeois, encadrés par 8 policiers n'ont pas trop de mal à se faire entendre malgré leur petit nombre surtout que le premier but arrive très rapidement. Le moral est au beau fixe et malgré une température avoisinant les 0° degré certains se font remarquer en restant torse nu une bonne demi-heure, ce qui attira d'ailleurs la télévision locale plusieurs fois. Mais le froid qui s'accentue et le jeu peu alléchant qui est proposé sur le terrain auront raison de la motivation des Alsaciens. A noter aucune animosité des locaux qui au contraire voulaient échanger des bonnets ou des écharpes. A la mi-temps une grande partie des spectateurs s'approchent de l'emplacement des supporters strasbourgeois pour jeter un coup d'oeil de curiosité.

Le match reprend, le froid atteint un niveau extrêmement nuisible pour l'organisme et le Racing atteint lui un niveau extrêmement nuisible pour les nerfs avec des occasions bulgares qui font craindre le pire. Le pire on le frôle à la 77ème minute sur un pénalty bien généreux qui fait dire aux Strasbourgeois que le chat noir du championnat a finalement réussi à trouver la route jusqu'à Lovech...Mais Puydebois réussit l'exploit en repoussant le tir du joueur bulgare et Diané quelques minutes plus tard délivre tout le monde avec un deuxième but synonyme de victoire. Dès lors le stade commence à se vider (le froid aidant aussi...). Au coup de sifflet final, plusieurs joueurs (dont des remplaçants) viennent saluer les supporters : Carlier tape dans les mains à travers le grillage, Le Pen, Haggui, P. Farnerud lancent leur maillot et Lacour balance un maillot du Litex qu'un joueur bulgare avait dû lui échanger. Même Serge Cayen s'y met en offrant sa cravate pour le délire. Bref, un moment unique de communion avec tout le monde, le genre de bon moment qui redonne le temps de quelques jours un petit sourire qui attendra le prochain match de championnat pour disparaître à nouveau.

En quittant le stade, les visiteurs alsaciens longent une tribune dont le sol est couvert de graines (preuve que le pop corn local est particulièrement populaire) et de journaux qui étaient sensés réchauffer les jambes et arrière-trains des spectateurs. Ces journaux étaient d'ailleurs ramassés par quelques personnes qui allaient s'en servir pour chauffer leurs maisons (pour des raisons économiques les gens du coin ne font pas fonctionner le chauffage beaucoup trop coûteux vu les faibles revenus). C'est ça aussi la Coupe d'Europe : découvrir ou redécouvrir certaines réalités qui existent ailleurs pour aider à relativiser un peu plus la pénible saison que le Racing nous fait endurer une fois de plus.


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