Nantes - RCS, côté tribunes

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Côté tribunes
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Par guigues
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Remake de la saison passée, avec en bonus, un happy end, le dernier déplacement de la saison n’a pas été de tout repos pour les supporteurs du Racing.

En revenant à Nantes



Lorsque le calendrier de la saison 18/19 est dévoilé, le fan du Racing a un peu l’impression qu’on se moque de lui. Copier-coller décalé de la saison 17/18, il propose à nouveau une fin à la Beaujoire, stade maudit dans lequel les Strasbourgeois n’ont jamais gagné. La bonne saison du club aidant, il s’avère rapidement que ce dernier match ne sera pas décisif. La dernière journée n’étant jamais décalée beaucoup prévoient donc un week-end détente à Nantes.

Quelle n’est donc pas leur surprise lorsque la rencontre est décalée au vendredi soir à 21h05. La décision est prise deux semaines avant, en invoquant la situation tendue du fait des gilets jaunes, situation qui dure elle depuis six mois. Pour ceux arrivant le jeudi ou atterrissant à 19h50, il est encore possible d’espérer voir le match, pour les autres tant pis. Si la priorisation du maintien de l’ordre est tout à fait compréhensible, il l’est beaucoup moins de constater le peu d’égards avec lequel sont considérés les supporteurs de football. Au final, la journée de Ligue 1 réunira plus de 230 000 spectateurs, la kermesse des gilets jaunes moins de 20 000 en France et à peine quelques centaines à Nantes.

Acte 2 pour les fans du Racing désirant se rendre au match, un arrêté préfectoral limitant leur venue au déplacement officiel en bus est rendu public deux jours avant la rencontre. Copier/coller de celui de la saison passée il n’apporte aucune justification fondée mais place dans l’embarras la majorité d’entre eux. D’un coté, les associations de supporteurs, qui ont eu du mal à trouver un bus pour le vendredi en cette période haute pour les compagnies de voyage, doivent arriver à Nantes en début d’après midi pour satisfaire à la réglementation encadrant le temps de repos du chauffeur. Problème, l’arrêté interdit aux personnes se réclamant supporteur de Strasbourg de paraître à Nantes. La situation ubuesque sera néanmoins réglée par un compromis à peine satisfaisant. De l’autre, pour les fans ayant réservé leur avion, c’est encore plus kafkaïen, puisqu’il leur est tout bonnement interdit de se rendre au stade. Là encore un peu de bonne volonté des parties impliquées permettra à tout le monde d’assister à la rencontre mais au prix de complications complètement inutiles.

Toute première fois



Le Racing n’avait plus gagné à Nantes depuis 1971. A l’époque, les canaris évoluaient dans le mythique stade Marcel Saupin, dont l’ersatz accueille aujourd’hui la réserve nantaise. La centaine d’Alsaciens ayant réussi à se rendre au match assistent donc une grande première et un petit hold-up. Après les victoires historiques à Rennes et Monaco, le RCS ajoute Nantes à cet excellent exercice loin de ses bases. Le tiercé aurait même pu devenir mythique à quelques minutes près avec le match au Parc des Princes.

Si Nantes prend le match à bras le corps, le Racing joue proprement sa partition. Il en est de même pour les fans en tribune. Nous sommes loin de l’Argentine mais quelques chants strasbourgeois percent de temps à autre dans l’atmosphère nantaise. Encore une fois le grand drapeau à bandes blanches, noires et bleues colore parfaitement le parcage visiteur, marquant fièrement la présence des strasbourgeois.

Un fumigène viendra lui aussi déchirer la nuit sur le penalty de Lebo Mothiba. On ne peut que rappeler qu’ils sont interdits dans les stades de football … La banderole « la passion ne s’interdit pas » déjà vue à Dijon et à la Meinau accompagnera le chant "liberté pour les ultras" qui n’a jamais été autant d’actualité. A Strasbourg comme ailleurs. Après avoir espéré tout le match, les visiteurs sont récompensés par cette écrasante victoire 1-0 sur pénalty ! Merci les Bleus, les joueurs viennent saluer une dernière fois leurs fans. Mitrovic en bon capitaine envoie l’ensemble de sa panoplie en tribune : maillot, brassard, short. Sels tombe le bas de survêtement et rappelle ses coéquipiers pour communier. Thierry Laurey, comme l’an dernier, profite aussi du dernier match pour venir voir le parcage.

A la suite, Marc Keller et sa garde rapprochée viennent sous les applaudissements. La saison finit sur une bonne note, espérons qu’elle ne commence pas en juillet sur une mauvaise.

Yellow Park



Si l’ambiance en parcage reste anecdotique, la performance nantaise mérite à elle seule le déplacement. L’antre des Jaunes et Verts est devenu depuis leur remontée une des références en France. Vendredi différents éléments vont rendre la soirée encore plus spéciale.

A l’entrée des joueurs s’affichent les étendards « rendez-nous le FCN » et « Kita casse toi » marquant la contestation contre la présidence du club. Divers messages seront passées durant le match, aussi bien de façon écrite qu’orale. On peut retenir « L'agent orange a détruit le Vietnam, le gars orange détruit notre club » « Saison 2018-2019 on ne s'attendait à rien...et on a quand même été déçu » ou encore « Piétiner nos valeurs mais utiliser notre ferveur. Nous on est Nantes vous vous n'êtes rien ! » sans oublier une dédicace au nouveau logo « votre logo c’est de la merde comme votre vision du club ». Avant la rencontre un millier de supporteurs défilaient pour dénoncer la gestion du club depuis 12 ans. La rencontre verra aussi de nombreux fumigènes allumés derrière le voile Brigade, les ultras nantais qui fêtaient leur 20 ans cette saison. Thomasson ira d’ailleurs avec Carole leur adresser un mot au micro à la fin du match, en tant qu’anciens de la maison.

Mais le moment poignant de la rencontre reste l’hommage à Sala, à la 9ème minute. Comme il en l’habitude le stade se lève, applaudit et chante pour l’attaquant tragiquement disparu. Depuis la tribune strasbourgeoise, c’est un moment fort, un partage d’émotions qui fait que le football est la bagatelle la plus importante du monde. Parallèlement des supporteurs de Cardiff ont fait le voyage pour présenter leurs hommages à l’Argentin. Une banderole se déploie en tribune Erdre : « On ne t’a jamais vu jouer et marquer. Emiliano, notre oiseau, nous t’aimerons pour toujours ». Elle fera ensuite le tour du stade pour se retrouver en tribune Loire.

La saison se termine, mais le foot lui ne s’arrête jamais.

guigues

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