Le choix sportif

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Par azzu
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En ce début 2021, la neige n'est pas le seul événement à faire frissonner nos canapés. Le mercato de mi-saison a aussi pointé le bout de son nez.

Vendre ou ne pas vendre



Si le sujet revient sur la table tous les 6 mois, ce n'est pas pour en déplaire à de nombreux stubistes. Le mercato est source de nombreuses querelles, que ce soit entre les journalistes comme entre les supporters d'une même maison. A chaque fois qu'un joueur est sollicité, le seul mot qui revient est bien souvent "argent" (synonymes parfois utilisés : "euros", "briques", "ça en ferait des bières"). Quand un transfert ne se fait pas, on dit souvent que le club-vendeur a été trop gourmand, ou que le club-acheteur est un peu trop radin voire juste à sec. Mais au fond, le financier est-il le seul sujet discuté ? Telle est la question.

Du chou à la croûte



Au cours des dernières années, deux joueurs -restés au plus fort des rumeurs les concernant- de notre bien-aimé Racing ont particulièrement sollicité le compteur de vues sur transfermarkt : Kenny Lala et Mohamed Simakan, surnommés à leurs meilleures périodes respectives "Le chouchou de La Meinau" ou "La coqueluche des supporters" par les commentateurs. Avec des estimations aux sources diverses allant de 14 à 15 millions d'euros, il serait aux premiers abords incompréhensible de refuser des offres de 12 à 13 millions, surtout si ça se bouscule peu au bout du fil de Marc Keller. Peu de concurrence sur le joueur signifie peu de force de négociation, mais pas forcément l'interdiction d'émettre un minimum. On se souvient d'un été 2019 où le président du Racing était même aller jusqu'à déclarer ouvertement en direct sur l'émission Téléfoot un montant minimum pour le latéral droit. La suite on la connaît, aucun transfert ne se fera pour lui et ses performances entameront un périlleux déclin comme son image auprès du public, que le joueur viendra à bouder à la fin des matchs. Mais il ne faut pas se limiter à un regret, celui du "joueur qu'on aurait du vendre".

On ne peut pas toujours goûter avant d'acheter



Vendre un joueur signifie devoir le remplacer directement ou indirectement, sauf en cas de sureffectif. Lorsque Jean-Eudes Aholou est parti pour Monaco à un prix qui nous étonne encore aujourd'hui, de nombreux joueurs étaient en fin de contrat ou de prêt. On se souvient d'un mercato 2018 mouvementé pour un total d'investissement équivalent à cette seule vente. Ludovic Ajorque, Stefan Mitrovic, Ibrahima Sissoko, Matz Sels, Lionel Carole et Lebo Mothiba ont fait parti des achats directs effectués cet été. Remplacer le néo-monégasque n'était pas seulement un pari peu risqué, mais également une belle opportunité pour renouveler l'effectif au moment le plus propice. Le départ de Youssouf Fofana à l'hiver 2020 a eu lui des conséquences plus modestes : outre l'arrivée en prêt avec "option d'achat obligatoire" de Abdul Majeed Waris pour 4 longues années, aucun investissement n'est fait au milieu de terrain. On verra simplement Adrien Thomasson, qui officiait en tant qu'attaquant, reculer d'un cran et retrouver son véritable poste de milieu offensif pour permettre à l'équipe d'assurer une remonter à la 10ème place d'un championnat achevé prématurément. Malheureusement tout ne se passe toujours pas bien. Le premier problème d'un transfert est qu'on ne peut pas être certains que le pari sera le bon, même avec un partenaire spécialisé dans le domaine. Le second problème est que les contrats en cours forcent le club à orienter ses investissements. Au moment où Kenny Lala était fortement observé, il était difficile de trouver un latéral équivalent pour moins cher, et investir pour un joueur au même tarif serait un pari inutilement risqué tant le numéro 27 était important. L'équipe dépendait trop de ses performances et à l'inverse, investir pour de meilleurs milieux ou attaquants pour combler la disparition de ses passes chirurgicales aurait causé un sureffectif salarial compliqué à moins de brader et de libérer des joueurs, sans garantie d'équilibre ni de de réussite. Souvenez-vous, seulement une année s'est écoulé depuis les grandes arrivées du mercato 2018.

L'effet papillon



L'été 2020 pointe le bout de son nez, la réputation et les performances de Mohamed Simakan sont sur la pente ascendante mais Covid et mercato ne font pas bon ménage. Les clubs le montrent car la palme d'or du plus gros transfert appartient à Chelsea pour Kai Havertz et 80 millions d'euros (ça en ferait des bières). Gros transfert, il faut l'avouer, mais le record estival européen a rarement régressé. En dehors de la folie Mbappe-Neymar de 2017, le record était toujours battu ces dernières années par des Cristiano Ronaldo, des Antoine Griezmann et des João Félix. Cela vous aura traversé l'esprit en lisant ces noms, mais certains de ces joueurs sont la conséquence d'un gros transfert passé. C'est une règle qui n'est pas propre au football : plus vous avez d'argent, plus vous en dépensez. Si des transferts à plus de 100 millions avaient été faits dans le bon sens, est-ce que cela aurait déclenché une réaction en chaîne pour un départ à 20 millions du natif de Marseille ? On ne le saura jamais, le destin du joueurs pour ce début d'année ayant été scellé par un petit animal outre-Oural il y a de ça un peu plus d'un an.

Et l'éternel recommencement



Heureusement pour les journalistes et nous, les stubistes, ce n'est jamais terminé. L'été 2021 promet un nouveau bouleversement au Racing. Une nouvelle vague est à prévoir, celle de joueurs en fin de contrat. Kenny Lala, Jean-Eudes Aholou, Lamine Koné, Lionel Carole, Kévin Zohi, Dimitri Liénard, Idriss Saadi, Ismaïl Aaneba et Eiji Kawashima verront leur bail expiré. Si certains seront peut-être renouvelés et que d'autres ne sont actuellement pas titulaires, il faut s'attendre à une mise à jour. Sauf vente surprise de Sissoko à 14 millions pour Monaco, l'avenir de Mohamed Simakan est plus que jamais en train de basculer. Cela pourrait arriver cet hiver comme cet été. Le contrat peut même être signé au moment où ces lignes sont écrites. Une chose est sure, le Racing cherchera à valoriser sportivement son choix comme il a su le prouver ces dernières années, et le nom du défenseur central sera loin d'être le seul évoqué lors des 8 prochains mois. Mais un transfert reste un pari, qu'il ait lieu ou non.

azzu

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