L'Euro à la Meinau (2/2)

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Par filipe
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Si la rencontre RFA-Portugal fut décevante, la confrontation entre le Danemark et la Belgique au stade de la Meinau a été enthousiasmante. L'enjeu : une place en demi-finale de l'Euro 84 !

19 juin 1984, 20h30 : Danemark - Belgique (36 991 spectateurs)



Match capital
Alors que la France affronte la Yougoslavie à la même heure pour un match sans grand enjeu (les hommes d'Hidalgo ont leur billet pour la demi finale en poche tandis que les Yougoslaves sont déjà éliminés), la seconde place qualificative du groupe 2 se joue à la Meinau entre la Belgique et le Danemark.

Danemark
Equipe


Belgique
Equipe


Un parfum de corruption sur la Meinau
La Belgique - finaliste de l'Euro 80 - doit absolument s'imposer pour continuer l'aventure. Pas une mince affaire quand on songe que les Belges sont privés de trois de leurs meilleurs défenseurs, suspendus de toute compétition suite à la révélation de matchs truqués au Standard de Liège (Walter Meews, Gerard Plessers et Eric Gerets, aujourd'hui entraîneur de l'OM). Les Diables Rouges peuvent cependant compter sur Enzo Scifo, âgé d'à peine 18 ans, et grande révélation du tournoi côté belge.
Et le moins que l'on puisse dire c'est que ces deux équipes se connaissent bien. En effet, pas moins de neuf joueurs alignés au cours de ce match évoluent au RSC Anderlecht (6 Belges et 3 Danois). Anderlecht qui vient d'ailleurs de s'incliner un mois auparavant en finale de la Coupe UEFA face à Tottenham (défaite aux tirs aux buts), après avoir éliminé Nottingham Forest en demi-finale.
Une demi-finale dont on reparlera d'ailleurs pendant longtemps puisqu'on apprendra en 1997 que les dirigeants belges avaient... truqué le match retour en achetant l'arbitre espagnol. Décidément.

Les Belges peuvent y croire
Bref, pour en revenir à cet Euro 84, si la Belgique doit donc vaincre, les Danois - qui avaient éliminé l'Angleterre en poule de qualification - peuvent quant à eux se contenter d'un nul après leur éclatant succès 5-0 face à la Yougoslavie trois jours plus tôt.
Cependant la défense est loin d'être leur point fort et le sélectionneur, Sepp Piontek, décide de jouer la carte de l'offensive dès l'entame de la rencontre. Une tactique d'autant plus risquée que le Danemark était privée de son meilleur joueur, Alan Simonsen, pour qui la compétition s'était arrêtée dès le match inaugural face à la France (jambe cassée par Yvon Le Roux).
Et au bout de 40 minutes, Piontek pouvait regretter sa prise de risque. En effet, à cet instant, la Belgique mène déjà 2-0. Deux buts signés de Jan Ceulemans (26ème minute) et de l'Anderlechtois Frankie Vercauteren qui s'est débarrassé de son coéquipier de club Morten Olsen avant de battre Ole Qvist d'un joli lob (39ème).

Fantastique retour danois
On pense alors les Diables Rouges quasiment assurés de la seconde place du groupe, mais c'était sans compter sur la capacité de réaction des Danois - soutenus par une impressionnante foule de supporters venus du pays - qui vont réaliser la plus belle remontée de la compétition.
Un penalty obtenu juste avant la mi-temps leur permet tout d'abord de maintenir sous pression leur adversaire (but du joueur d'Anderlecht Frank Arnesen, à la 41ème minute). Puis les Belges ratent la balle de match en début de seconde mi-temps par l'intermédiaire d'Erwin Vandenbergh (lui aussi d'Anderlecht) qui perd son duel face au gardien danois.
Dans la foulée, Kenneth Brylle (sous contrat avec... Anderlecht) égalise de la tête à la 60ème minute avant que "le bison" Preben Elkjær-Larsen (joueur du club de... de... Verone, ah je vous ai piégé) ne donne la victoire à son pays à la 84ème minute (but visible ici).

Au passage on pourra noter qu'avec le RFA-Portugal disputé également à la Meinau (voir l'article publié hier), la Meinau aura vu passer sur sa pelouse sept des onze joueurs retenus par l'UEFA dans l'équipe type de la compétition (Toni Schumacher, João Pinto, Karl-Heinz Förster, Andreas Brehme, Fernando Chalana, Frank Arnesen et Rudi Völler).

Le Danemark échoue d'un rien contre l'Espagne
Les coéquipiers de Léo Clijsters (le père de la joueuse de tennis) - qui aura l'occasion de refouler la pelouse de la Meinau pour la victoire de Malines en finale de la Coupe des Coupes 1988 (résumé de ce match en cliquant ici) - sont donc éliminés et laissent filer le Danemark vers le Stade Gerland où les attend l'Espagne pour une demi-finale à grand suspense.
La rencontre se décidera aux tirs aux buts, et comme souvent dans ces cas-là, c'est le meilleur joueur danois qui rate sa tentative. Elkjær-Larsen tire au dessus de la transversale et laisse à Arconada et à ses coéquipiers la place en finale face à la France.
Le Danois qui aura cependant rapidement l'occasion d'effacer cette désillusion en assurant presque à lui tout seul le titre de champion d'Italie de l'Hellas Verone en 1985, avant de réaliser une grande Coupe du Monde 1986 (4 buts et 2 passes décisives). Une Coupe du Monde au cours de laquelle le Danemark sera éliminé en huitième de finale par... l'Espagne.
Bref, c'est une autre histoire et tout ceci nous éloigne irrémédiablement du stade de la Meinau.
Mais enfin, il est vrai que c'est tout à fait dans l'air du temps.

filipe

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