Portrait de Félix Lacuesta

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Par conan
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Formé à l'Aviron Bayonnais, Félix Lacuesta reste à ce jour le seul joueur Basque à avoir porté le maillot du Racing.

Né à Bayonne et formé à l'Aviron, Félix Lacuesta rejoint à l'age de 15 ans l'AS Saint-Etienne le meilleur club formateur de France. Il y fait connaissance de Jean-François Larios, autre jeune talent promis à un grand avenir. Si le parcours de Félix a été bien moins chaotique et marqué par les affaires que celui de Jean-François, les deux carrières ont été fortement similaires en bien des aspects.

Dans les années 1970, les Verts écrasent le championnat de France et renversent des scores impossibles en Coupe d'Europe. La fièvre verte gagne le pays entier. Félix et Jean-François, en qualités de réservistes, sont les témoins privilégiés de ces exploits. Les Stéphanois semblent en mesure de ramener la Coupe d'Europe des Clubs Champions en France. Le destin, bien épaulé par les poteaux carrés de Glasgow et la chance insolente du Bayern Munich, en décidera autrement. L'ASSE se contente de défiler sur les Champs-Elysées et entre dans la mémoire collective au titre de légende du football Français. Loin de se satisfaire de ces honneurs, Félix et Jean-François promettent à Roger Rocher, le mythique Président de l'ASSE, de lui ramener la Coupe d'Europe.

Cette promesse, les deux jeunes ne sont pas loin de la tenir de la manière la plus improbable qu'il soit. Envoyés en Corse histoire de s'aguerrir un peu, ils vont en fait vivre le moment le plus mémorable de leur carrière. Le Sporting Club de Bastia constitue alors un savant mélange de joueurs corses, alsaciens - Weller et Burkhardt - et Basques : Lacuesta et Cazes, formé lui aussi à l'Aviron Bayonnais qui, avec Didier Deschamps et aragon, aura enfanté moult héros du football. Ajoutez à cet amalgame une star du football total Hollandais, Johnny Rep, et un jeune buteur Marocain, Merry Krimau, et vous obtenez une terreur de l'Europe. Le Sporting du Portugal, Newcastle, Carl Zeiss Iena et les Grashops de Zurich mordent la poussière, mais c'est surtout la victoire 3-2 au Stadio Communale face au grand Torino qui constitue le chef-d'oeuvre de ce parcours. Lacuesta et Larios y sont décisifs et crèvent l'écran. Malheureusement, le rêve s'achève en finale face au PSV, Eindhoven sur le terrain détrempé et impraticable de Furiani et sous les coups de boutoir des frères Van de Kerkhoff.

La suite de carrière est plus difficile pour les deux duettistes. Si Jean-François Larios retourne à Saint-Etienne pour se brouiller avec Michel Platini, Félix Lacuesta reste à Bastia mais subit la lourde concurrence de Georges Franceschetti (blessé lors de épopée Corse en UEFA) et Jean-Louis Desvignes. Il retrouve le banc de touche, un peu trop souvent à son goût et va jouer une saison à Bordeaux avant de retourner en Corse écrire une nouvelle belle page de l'histoire du Sporting Club de Bastia. En mai 1981, les Corses créent la surprise et privent les Verts de Platini et Larios d'un doublé Coupe-Championnat. Avec l'aide d'un buteur Camerounais répondant au nom de Roger Milla, Félix Lacuesta inscrit son nom au palmarès de la Coupe de France. Il n'a que 23 ans et a pourtant déjà écrit les plus belles pages de sa carrière.

Tout auréolé de sa Coupe de France, Félix Lacuesta signe au Racing Club de Strasbourg, champion de France deux ans auparavant. Malheureusement, on commence alors à se demander si le club alsacien va un jour digérer l'exploit de 1979. Le Racing tombe lentement mais sûrement dans l'anonymat. Dans ce contexte morose, le milieu de terrain basque ne démérite pas. Il est titulaire durant trois saisons dans l'entrejeu du Racing. Le public de la Meinau apprécie ainsi son excellente technique, sa qualité de passe et sa frappe de mule. Félix Lacuesta préfigure le n°8 moderne capable aussi bien de défendre que d'attaquer. Au final, un joueur de cette classe, sans doute trop sous-estimée, aurait mérité mieux que ce Racing loin de sa gloire passée.

Suite à ces trois saisons alsaciennes louables, mais bien loin des folles soirées Européennes Stéphanoises et Bastiaises, Félix Lacuesta tombe dans un relatif anonymat. Une carrière encore une fois semblable à celle de son compère Jean-François Larios qui signe au Racing en 1985, un an après le départ du Basque. Suivent une saison en D2 à Lyon, des passages à Bastia, Monaco et Lille où il est titulaire la majeure partie du temps. A à peine 32 ans, le Basque termine sa carrière, comme beaucoup, sur la Cote d'Azur, à l'AS Cannes. Comme Jean-Francois Larios, il exerce aujourd'hui le métier d'agent de joueurs. Comme ce dernier, après un brillant début de carrière, il est finalement rentré dans la rang relativement jeune. La principale différence est que le nom de Félix Lacuesta n'est jamais apparu dans la rubrique faits-divers.

conan

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