Dans le rétro : mars 1981

Note
0.0 / 5 (0 note)
Date
Catégorie
Souvenir/anecdote
Lectures
Lu 1.703 fois
Auteur(s)
Par strohteam
Commentaires
1 comm.
Dropsy.jpg

Les années Giscard touchent à leur fin et le Racing se remet très progressivement d'un début de saison calamiteux. Examinons de plus près cette symétrie trentenaire.

On le sait, l'apothéose de 1979 constitue en partie un faux-semblant puisque, dès cette époque, des conflits en coulisses agitent le Racing. Des tensions de plus en plus apparentes qui finissent par se cristalliser en septembre 1980 avec le limogeage mouvementé de Gilbert Gress sur fond de mauvais départ en championnat. Une partie du comité démissionne dans la foulée et Raymond Hild, propulsé à la tête de l'équipe première, a la lourde tâche de faire oublier le charismatique entraîneur du titre avec un effectif globalement plus faible que les années précédentes, même s'il reçoit en novembre un renfort de poids en la personne de Didier Six.


Le 27 février, le Racing de l'Est décroche son premier succès de 1981 en écartant assez péniblement son homologue du Nord à la Meinau grâce à un but d'Isaac Peretz (1-0). Un match surtout marqué par la très belle prestation de Dominique Dropsy dans les cages. Même l'entraîneur lensois Arnold Sowinki le reconnaît de bonne grâce, le Picard a été « éblouissant », dégoutant tout au long du match les attaquants Sang-et-Or. Il faut dire que Dropsy est remonté, agacé par les critiques qui ont plu à son égard et plus que piqué au vif par la campagne de presse en faveur du Stéphanois Jean Castaneda pour le poste de gardien titulaire en équipe de France : « le garçon bien élevé en a assez de prendre des coups, assez de se faire assassiner » déclare-t-il au Dernières Nouvelles d'Alsace le 2 mars. Le même jour on apprend dans la presse que le président de la République a officialisé sa candidature à un second mandat. Le quatuor de candidats majeurs est désormais au complet et Giscard, Mitterrand et Chirac se succèderont en Alsace au cours du mois de mars. Pas de Georges Marchais en vue, mais il est vrai que la région ne constitue pas exactement un bastion communiste.

Le prochain match emmène les Racingmen en Normandie pour la première manche d'une double confrontation contre le petit Poucet Fécamp (DH), en coupe de France. Au stade Jules Deschaseaux le match est âpre, et les deux équipes se rendent littéralement coup pour coup. Raymond Domenech, fidèle à sa réputation, ne se prive pas de descendre un joueur de local qui avait eu le tort de le titiller de trop près. Le Racing l'emporte néanmoins assez nettement (0-3) et se met à l'abri pour le match retour. Les amateurs de suites arithmétiques ne manquent pas de remarquer que le club a remporté la coupe en 1951, 1966 et que 1981 marque à nouveau la fin d'un intervalle de quinze ans, qu'on espère heureux. Une conviction qui va prendre de la consistance à mesure que passent les tours, mais n'allons pas trop vite monsieur Pesnot.

Le match retour est une formalité vite expédiée (4-0) et toute l'attention se focalise très vite vers le match de championnat à Nantes, rencontre forcément particulière puisque c'est face à ce même adversaire que Gilbert Gress avait dirigé son dernier match. Un « souvenir brûlant », selon l'expression de la presse régionale, qui se double d'un difficile challenge sportif puisque les hommes de Jean Vincent sont alors invaincus sur leur terres depuis 1976. Les Bleus font toutefois bonne figure au stade Marcel Saupin, Nantes ne marquant qu'à la 81' par Patrice Rio sur un pénalty jugé « discutable » par les Alsaciens : Domenech est sanctionné pour une faute dans la surface sur Thierry Tusseau, qui n'avait pas le ballon à ce moment. L'arrière du Racing l'assure, son adversaire est « tombé tout seul » mais ses états de service ne plaident évidemment pas en sa faveur. Toujours est-il que le Racing se révolte et revient à la marque in extremis grâce une nouvelle fois à l'avant-centre Peretz (1-1). Présent dans les tribunes, Michel Hidalgo renouvelle quelques jours plus tard sa confiance aux trois internationaux strasbourgeois que sont Dominique Dropsy, Léonard Specht et Didier Six, tous appelés pour Pays-Bas – France, à la différence de Jean-Jacques Marx que la rumeur donnait pourtant présent dans la liste. Les trois Strasbourgeois participent au match contre les Oranges mais n'y brillent guère, surtout Dropsy qui encaisse un but malheureux sur un coup-franc provoqué par Specht : le ballon lui rebondit sur le dos avant de passer la ligne. Privée de Platini, la France s'incline sur ce but gag (1-0) et tremble pour sa qualification à la coupe du monde 1982, la rencontre à venir face à la Belgique s'annonçant d'ores et déjà décisive.

Le grand événement sportif du mois en Alsace ne concerne pas le Racing. Il s'agit de la finale de la coupe d'Europe de Basket qui oppose, au Rhénus, le Maccabi Tel Aviv à Bologne. Le match suscite un engouement certain et les supporters des deux équipes arrivent même plusieurs jours avant l'événement dans la capitale européenne. Ce sont finalement les Israéliens qui l'emportent d'un petit point (80-79), dans une atmosphère enfiévrée. En Rugby, la France de Jacques Fouroux et Jean-Pierre Rives remporte un historique Grand chelem en allant s'imposer pour dernier match à Twickenham (12-16).

Loin de ces triomphes, le gala du Racing n'attire que 400 personnes au Palais des fêtes, en dépit de la présence de Thierry Le Luron. Il faut dire que l'humoriste se contente de donner en spectacle des sketches pour déjà vus gratuitement pour la plupart à la télévision. Le 25 mars, les prud'hommes tranchent dans le litige qui oppose Gilbert Gress au Racing. L'ancien entraîneur obtient 480.000 francs au lieu du million demandé, un verdict accueilli avec un certain soulagement par André Bord et son vice-président Gérard Schmaltz. Libérés de cette épée de Damoclès financière, ils peuvent d'ores et déjà s'atteler à la préparation de la saison 1981-1982 qui doit marquer le retour du Racing sur le devant de la scène – c'est en tous cas ce que tout le monde espère. Le choix du lieu de stage d'avant-saison constitue à ce titre une rupture symbolique, puisque le Racing ira désormais se préparer à Vittel, et non plus à Grünberg.

Dans l'immédiat, l'équipe confirme son léger coup de mieux du moment en s'imposant face à la lanterne rouge nîmoise sur le petit des écarts (1-0). Le but décisif est marqué en fin de match par l'espoir colmarien Denis Schaer, que les DNA n'hésitent pas à comparer à Gerd Müller. En lever de rideau, l'équipe II s'est imposée 2-0 face à Mulhouse, un match qui marque le retour sur les terrains de Roland Wagner, plus d'un an après son dernier match contre l'Ajax.


Article réalisé principalement à partir des archives des Dernières Nouvelles d'Alsace de mars 1981, consultables gratuitement à la Médiathèque André Malraux

strohteam

Commentaires (1)

Flux RSS 1 message · 641 lectures · Premier message par il-vecchio · Dernier message par il-vecchio

Commenter