Vous parlez Alsacien ?
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strohteamBen faut pas utiliser un mot comme "essentiel", alors. C'est très fort comme qualificatif. -
Par ailleurs, l'ami bibi faisait précédemment l'apologie du retour au premier plan de la langue et de la culture alsacienne, et bien il le doit à mon sens avant tout et peut-être paradoxalement à cette gigantesque machine à uniformiser qu'est l'Union Européenne.
Car il faut bien l'admettre, c'est en partie grâce son influence plus ou moins directe qu'une langue régionale comme l'alsacien se voit aujourd'hui dépoussiéré et redoré. Rappelons nous que l'usage de l'alsacien (même s'il reste le dialecte le mieux conservé en France) est en forte diminution depuis près d'un siècle, plus spécialement dans les zones urbaines.
Et tout cela, notamment sous l'impulsion non dissimulée de l'Etat Français, que ce soit tout d'abord sous la Révolution, après la 1ère GM, puis suite la seconde GM, à travers une succession de politiques d'uniformisation linguistique (l'école bretonne et sa célèbre interdiction «Je ne crache pas par terre et je ne parle pas breton.»),en partie pour marquer l'opposition avec l'ennemi allemand concernant l'alsacien.
D'ailleurs cette volonté a même été retranscrite au niveau suprême de la norme juridique française, la Constitution. Article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958: «la langue de la République est le français.» Et l'on fait ainsi complètement abstraction des dialectes, aucune langue régionale ou minoritaire n'ayant de statut de langue officielle.
C'est ici qu'intervient l'Europe. Tout au long de sa construction, les soucis de protection des minorités , de préservation des cultures locales se sont fait de plus en plus présent (décision du Conseil européen à Copenhague en 1994, Convention-cadre pour la protection des minorités nationales) jusqu'à obtenir aujourd'hui une consécration dans le Traité de Lisbonne.
Mais le véritable pas franchi en matière de sauvegarde des particularismes régionaux a surtout été la mise en place de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, dont la France n'a signé que 39 des 98 articles en 1999 (pour inconstitutionnalité). Heureusement, a été introduit depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, notamment sous la pression de Bruxelles, une mention de la valeur patrimoniale des langues régionales :«Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.» (Article 75-1 de la Constitution).
Ansi, depuis une dizaine d'années, le gouvernement s'évertue à remettre au goût du jour les dialectes régionaux à travers par exemple l'Education nationale (instauration de la matière LCR), le ministère de la culture (appui des festivals et manifestations locales) et bien sûr le lucratif tourisme en valorisant le patrimoine et la culture régionale, entre autres. -
D'après les chiffres de l'éducation nationale, les élèves qui apprennent le bretons (23400) et basque (11000) sont pourtant beaucoup moins nombreux que les locuteurs alsaciens (163 820 - distincts dans ces chiffres du francique mosellan). L'Alsacien est la langue qui a la plus forte progression alors qu'elle est déjà loin devant l'Occitan (80000 élèves). Ces chiffres sont partout en augmentation mais c'est un phénomène récent qui est tiré par la banalisation d'une enseignement linguistique régional au niveau du primaire.
Mais ces locuteurs sont des locuteurs partiels qui ne maîtrisent en aucun cas la langue si elle n'est pas parlée dans leur environnement familial ou social ce qui a forcément des conséquences en terme d'appropriation de la culture régionale qui passe moins pas la langue que par d'autres biais d'où peut être l'opposition entre les conception de Bibi l'ancien et Strohteam le jeune.
Par ailleurs, je n'arrive par à trouver de chiffres fiables mais j'ai l'impression que l'alsacien est bien plus parlé dans le bas-rhin notamment chez les jeunes alors que le Haut-Rhin à lâché l'affaire plus vite.
Particularité intéressante : L'Alsace est la seule région ou aucun établissement d'enseignement ne met la langue régionale à égalité avec le français dans le nombre d'heures enseignées. Par rapport aux autre langues régionales l'Alsace aura donc d'ici à 20-30 ans une cohorte de locuteurs partiels d'une importance remarquable mais pas de noyaux qui maîtrisent très bien la langue. Personnellement je suis très à l'aise avec cette évolution étant entendu que la langue régionale au sens qu'elle avait encore au sortir de la guerre, majoritaire et structurante de tout un territoire jusque dans l'économie, véhiculaire à coté du français, cette langue là est déja morte il y a un certain temps soyons lucides. -
L'éducation nationale plane complètement . Ce n'est pas l'alsacien qui est appris mais l'allemand par les élèves alsaciens hormis les trop rares école de Tomy Ungerer . C'est bien d'ailleurs toute l'ambiguité de l'apprentissage des langues régionales en Alsace . Pour les parisiens (et certains alsaciens il est vrai ) la langue régionale d'Alsace est ...l'allemand.
Ensuite pour la pratique de l'alsacien il y a bien un gradient nord sud important en Alsace . Plus vous êtes au nord de la région plus vous avez de chances de tomber sur des jeunes dialectophones idem pour la différence ville campagne . Pour parler autrement il devient rarissime de tomber sur un jeune dialectophone à Mulhouse alors qu'à Reipertswiller c'est encore très fréquent . -
Depuis 12 ans, le Festival Mir redde Platt, a su prendre une place singulière dans le paysage lorrain. La Ville de Sarreguemines et ses partenaires du Ministère de la culture, de la Région Lorraine et du Département de la Moselle ont pu développer un projet faisant la part belle aux langues en présence. Durant trois semaines, le festival donne la parole aux artistes s'exprimant en langue francique et privilégie une rencontre interdisciplinaire des publics et des générations. Il est à noter que le festival a su tisser des liens privilégiés avec des partenaires de la Grande Région, dessinant ainsi de manière régulière et continue le contours de coopérations futures. En outre et depuis 2008 et l?ouverture de la médiathèque intercommunale ?qui est dotée d?un pôle langue et culture franciques-, une coopération s?est renforcée, nourrissant une visibilité des artistes intervenants et ceci bien au-delà de la seule période du festival. Le festival poursuit ainsi sa route spécifique, permettant au-delà de la seule valorisation du Platt/Francique de poser les bases d?une interrogation plus large. A l?heure de la transformation en profondeur à laquelle nous participons sur le plan international, la relation du local au global, la question de la place des cultures minorées et de leur disparition potentielle est un thème majeur de notre société. En effet, la cohabitation des cultures, leurs interpénétrations sont l?une des questions majeures de notre monde globalisé. A ce titre et au moment où la Grande Région cherche sens il est utile de comprendre que le chemin tracé par le festival, à la fois sur et autour des questions d?identités, mais aussi sur et autour de la relation transfrontalière et un atout considérable.
En 2010, le festival poursuivra sur cette lancée, à la fois proche d?une langue vivante et créative et distante par les questions posées à une culture dans sa relation aux autres? Le festival se déroulera en coopération avec le Gouvernement du Grand Duché, l?Ambassade de Roumanie à Berlin et l?Ambassade de Hongrie à Bruxelles, l?association internationale des « Banater Schwaben », les associations sarroises « Saarländisches Filmbüro » et l?association « Mélusine », ainsi que la Médiathèque intercommunale, l?Université Populaire Sarreguemines confluences. Autour de la langue invitée?
L?année 2010 correspondra à un virage important dans la thématique du Festival. Après avoir fait une sorte de « tour de France » des langues minorisées, du Yiddish à l?Alsacien en passant par le Breton et l?Occitan, le festival va s?installer dans un cycle interrogeant la langue et la culture franciques dans sa diaspora. C?est ainsi que nous engagerons un défi nouveau en invitant la minorité linguistique francique en provenance d?Europe centrale. Au menu de cette année, nous allons faire la part belle à la diaspora en provenance du Banat (Roumanie) et installée au dix huitième siècle au départ de la Lorraine dans cette région frontière, entre Hongrie, Roumanie et Croatie.
A titre d'information et aussi pour démontrer qu'il ya un vrai engouement actuellement pour remettre au goût du jour une envie manifeste de renouer avec une certaine culture locale tout en prenant en compte le contexte européen, loin d'être à mon avis une " machine " à gommer les particularismes régionaux.
Pour connaître l'action menée par la ville de sarreguemines par le biais de son association " mir redde platt " je peux dire qu'elle fait un travail remarquable notamment en matière de sensibilisation du jeune public.
A ce titre elle réussit à intéresser une partie (jeune le plus souvent ) de la population déconnectée du contexte local ( non transmission de la tradition, origines différentes ) en lui proposant de s'approprier les rudiments du francique.
Et cela marche. -
deldongo a écrit, le 2010-11-02 08:49:18 :
On est comme on est , je ne suis pas spécialement fier d'être alsacien , mais avoir des "différences" entre régions ce n'est pas un mal mais cela va disparaitre car dans 50 ans nous parlerons la même langue, nous serons de la même couleur , bref fini les dialectes et toutes nos coutumes .
Dans l'indifférence générale. -
Et puis ca sera le tour du français de la culture et de l'exception française.
Pourtant la culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié dit on . Serons nous encore des être humains si l'on oublie la culture? -
Depuis que je suis devenu le papa d'un petit bout de chou, je me suis pour la première fois posé la question de l'alsacien : et soudain j'ai pris conscience que si je ne le lui parlais un peu en alsacien (le mien étant davantage passif qu'actif et relativement partiel ou imparfait), il n'en aurait aucune notion et c'est donc une partie de son identité, celle d'alsacien, qui serait perdue.
Du coup je me force à lui parler lorsque je le peux un peu en alsacien, pour les expressions ou les mots que je maitrise. -
Attention spoiler - cliquez pour afficherMer han trotz all'em e' scheni sproch!
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bibi57 a écrit, le 2010-11-02 18:43:38 :
A titre d'information et aussi pour démontrer qu'il ya un vrai engouement actuellement pour remettre au goût du jour une envie manifeste de renouer avec une certaine culture locale tout en prenant en compte le contexte européen, loin d'être à mon avis une " machine " à gommer les particularismes régionaux.
J'ai simplement une petite question posée avec tout le respect et la politesse qui te sont dus.
As-tu sérieusement lu ce que j'ai écrit plus haut ou est-ce une constante préméditée et turpide chez toi que de faire constamment dire aux autres le contraire de ce qu'ils ont démontré précédemment ? -
N'importe quoi ! En réalité bibi fait constamment dire aux autres le contraire de ce qu'ils ont démontré précédemment. T'es vraiment le seul à pas avoir encore compris, " fuchis".
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strohteam a écrit, le 2010-11-02 16:51:45 : Ben faut pas utiliser un mot comme "essentiel", alors. C'est très fort comme qualificatif.
Pas dans mon esprit. Je me réfère à l'essence même, donc à l'origine, tout en considérant que les choses ont changé et que la connaissance du dialecte n'est pas indispensable mais sacrément souhaitable pour affirmer son identité.
Je sais bien que le patrimoine luinguistique se perd de plus en plus et je trouve cela bien dommage. Les raisons de cette désaffection sont multiples et surement compréhensibles, mais cela n'empêche pas qu'on puisse avoir envie de rectifier le tir.
C'est bien de se moquer des péquenauds confinés dans leurs médiocres moyens d'expression mais ce n'est pas pour autant que ceux qui se livrent à cet exercice nulissime peuvent être qualifiés de visionnaires.
A l'heure actuelle, en Alsace et en Moselle-est, des gens se mobilisent pour essayer de donner un souffle nouveau à la pratique du dialecte sans pour autant vouloir l'opposer à celle du " français ". Bien au contraire le message envoyé est surtout celui de la complémentarité évidente constatée entre les deux phénomènes culturels et la richesse conférée par la diversité des usages.
Au moment où on essaye de faire croire que l'identité locale, régionale, nationale se dilue dans une entité cosmopolite inéluctable vaguement définie par l'Europe, la délocalisation et la concurrence sauvage il est important de se raccrocher aux valeurs traditionnelles. -
fuchsi a écrit, le 2010-11-02 23:04:15 : bibi57 a écrit, le 2010-11-02 18:43:38 :
A titre d'information et aussi pour démontrer qu'il ya un vrai engouement actuellement pour remettre au goût du jour une envie manifeste de renouer avec une certaine culture locale tout en prenant en compte le contexte européen, loin d'être à mon avis une " machine " à gommer les particularismes régionaux.
J'ai simplement une petite question posée avec tout le respect et la politesse qui te sont dus.
As-tu sérieusement lu ce que j'ai écrit plus haut ou est-ce une constante préméditée et turpide chez toi que de faire constamment dire aux autres le contraire de ce qu'ils ont démontré précédemment ?
OK je reconnais avoir survolé ton post et avoir pensé l'inverse de ce que tu laissais entendre. Je te présente mes excuses.
Si cela peut te rassurer je n'ai aucune propension à la turpitude ( très fort comme qualificatif ). -
bibi57 a écrit, le 2010-11-02 23:22:42 : strohteam a écrit, le 2010-11-02 16:51:45 : Ben faut pas utiliser un mot comme "essentiel", alors. C'est très fort comme qualificatif.
Pas dans mon esprit. Je me réfère à l'essence même, donc à l'origine, tout en considérant que les choses ont changé et que la connaissance du dialecte n'est pas indispensable mais sacrément souhaitable pour affirmer son identité.
Mmm, il ne serait pas en train de rééditer le même tour de passe-passe étymologique que pour le terme "populisme", le bougre. :D
Humour inside, hein.
Citation:
Au moment où on essaye de faire croire que l'identité locale, régionale, nationale se dilue dans une entité cosmopolite inéluctable vaguement définie par l'Europe, la délocalisation et la concurrence sauvage il est important de se raccrocher aux valeurs traditionnelles.
En revanche, cet argument repose uniquement sur des extrapolations déraisonnables et infondées d'eurosceptique (malheureusement) mal informé. Je ne dis pas que c'est ton cas, attention.
La politique européenne, c'est à dire celle impulsée par le Conseil européen et appliquée par la Commission, n'est que l'émanation directe de la volonté même des Etats. Ainsi, absolument rien n'est inéluctable. Si les Etats viennent à communément décider de sauvegarder les particularismes régionaux (ce qui est en partie le cas) et c'est un droit européen protecteur qui s'appliquera ou inversement.
Mais il n'existe absolument pas "d'entité vague", indépendante et technocrate, qui viendrait à vampiriser et oblitérer les derniers vestiges des cultures régionales.
Après, la problématique économique est bien plus vaste et compliquée à cerner et encore davantage à maitriser. -
bibi57 a écrit, le 2010-11-02 23:22:42 : strohteam a écrit, le 2010-11-02 16:51:45 : Ben faut pas utiliser un mot comme "essentiel", alors. C'est très fort comme qualificatif.
Pas dans mon esprit. Je me réfère à l'essence même, donc à l'origine, tout en considérant que les choses ont changé
C'est n'importe quoi. Non, les choses n'ont pas changé, du moins pas en tant que telles. Les proportions ont évolué, ce qui n'est guère surprenant. Mais il y a depuis bien longtemps (toujours ?) des Alsaciens qui ne parlent pas l'alsacien, ni même aucun autre dialecte parfois. Ils ne le sont pas moins que les autres. Et ça vaut pour toutes les régions.
Ton histoire d'essence ou d'origine, au singulier, c'est le mirage de Fichte. Ca n'existe pas, ou alors seulement de façon majoritaire. Tu te construis ton propre passé mythifié. Tu pourras rétorquer que la vision d'un Renan - ou, en fait, d'un Renan très particulier - à laquelle je semble adhérer est également difficilement tangible. Certes. Mais, au moins, avec cette version on ne vient pas nous péter les couilles à grand coup de brevets moralisateurs sur une fidélité à je ne sais quelle matrice frelatée à l'aune des frustrations des uns et des autres.
Ca n'est pas très judicieux de généraliser avec les identités. C'est déjà assez compliqué de définir la sienne propre. -
"Car il y a la règle et il y a l'exception. Il y a la culture qui est la règle, et il y a l'exception, qui est de l'art. Tous disent la règle, ordinateur, T-shirts, télévision, personne ne dit l'exception, cela ne se dit pas. Cela s'écrit, Flaubert, Dostoïevski, cela se compose, Gershwin, Mozart, cela se peint, Cézanne, Vermeer, cela s'enregistre, Antonioni, Vigo. Ou cela se vit, et c'est alors l'art de vivre, Srebrenica, Mostar, Sarajevo. Il est de la règle de vouloir la mort de l'exception, il sera donc de la règle de l'Europe de la culture d'organiser la mort de l'art de vivre qui fleurit encore à nos pieds. Quand il faudra fermer le livre, ce sera sans regretter rien. J'ai vu tant de gens si mal vivre, et tant de gens mourir si bien."
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Et au final c'est quoi la différence entre le francique et l'alsacien ? :D
Passons sur les origines de la langue, mais sur les sonorités ? Vous avez des exemples d'une même phrase, une en alsacien, l'autre en francique rhénan, mosellan c'que vous voulez. -
fuchsi a écrit, le 2010-11-02 23:52:22 : bibi57 a écrit, le 2010-11-02 23:22:42 : strohteam a écrit, le 2010-11-02 16:51:45 : Ben faut pas utiliser un mot comme "essentiel", alors. C'est très fort comme qualificatif.
Pas dans mon esprit. Je me réfère à l'essence même, donc à l'origine, tout en considérant que les choses ont changé et que la connaissance du dialecte n'est pas indispensable mais sacrément souhaitable pour affirmer son identité.
Mmm, il ne serait pas en train de rééditer le même tour de passe-passe étymologique que pour le terme "populisme", le bougre. :D
Humour inside, hein.
Citation:
Au moment où on essaye de faire croire que l'identité locale, régionale, nationale se dilue dans une entité cosmopolite inéluctable vaguement définie par l'Europe, la délocalisation et la concurrence sauvage il est important de se raccrocher aux valeurs traditionnelles.
En revanche, cet argument repose uniquement sur des extrapolations déraisonnables et infondées d'eurosceptique (malheureusement) mal informé. Je ne dis pas que c'est ton cas, attention.
La politique européenne, c'est à dire celle impulsée par le Conseil européen et appliquée par la Commission, n'est que l'émanation directe de la volonté même des Etats. Ainsi, absolument rien n'est inéluctable. Si les Etats viennent à communément décider de sauvegarder les particularismes régionaux (ce qui est en partie le cas) et c'est un droit européen protecteur qui s'appliquera ou inversement.
Mais il n'existe absolument pas "d'entité vague", indépendante et technocrate, qui viendrait à vampiriser et oblitérer les derniers vestiges des cultures régionales.
Après, la problématique économique est bien plus vaste et compliquée à cerner et encore davantage à maitriser.
Je pense que tu as compris mon propos. J'ai été ( le suis-je encore avec l'accumulation inadaptée des derniers pays signataires) un européen convaincu. Malheureusement, tant au niveau culturel qu'économique, j'ai effectivement tendance à faire preuve de scepticisme. Ce serait compliqué d'approfondir.
Dans le cadre de mon activité professionnelle, principalement axée sur une orientation " sociale " au sens économique du terme, j'ai des rapports constants avec l'Allemagne.
Je connais donc parfaitement les particularismes des uns et des autres, ce qui ne m'empêche pas de penser qu'on est en train de vouloir tout uniformiser sous l'égide européenne sans se donner les moyens de réaliser un semblant de cohésion.
Mais là on est dans un autre débat.
Mon combat ( toutes proportions gardées ) est de fédérer une population autour d'un projet commun guidé par le seul intérêt culturel. -
oudin a écrit, le 2010-11-03 00:31:06 : Et au final c'est quoi la différence entre le francique et l'alsacien ? :D
Passons sur les origines de la langue, mais sur les sonorités ? Vous avez des exemples d'une même phrase, une en alsacien, l'autre en francique rhénan, mosellan c'que vous voulez.
L'alémanique et le francique sont très proches, seul la prononciation les différencie. Il m'est difficile de donner des exemples de phrases tant la nuance est infime ( sauf pour ce qui concerne le Haut-rhin ) . Je retiendrai pour l'anecdote le " dü " alsacien par rapport au " dou " mosellan. -
Ce qui change tout évidemment...
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mediasoc a écrit, le 2010-11-02 23:57:48 : "Car il y a la règle et il y a l'exception. Il y a la culture qui est la règle, et il y a l'exception, qui est de l'art. Tous disent la règle, ordinateur, T-shirts, télévision, personne ne dit l'exception, cela ne se dit pas. Cela s'écrit, Flaubert, Dostoïevski, cela se compose, Gershwin, Mozart, cela se peint, Cézanne, Vermeer, cela s'enregistre, Antonioni, Vigo. Ou cela se vit, et c'est alors l'art de vivre, Srebrenica, Mostar, Sarajevo. Il est de la règle de vouloir la mort de l'exception, il sera donc de la règle de l'Europe de la culture d'organiser la mort de l'art de vivre qui fleurit encore à nos pieds. Quand il faudra fermer le livre, ce sera sans regretter rien. J'ai vu tant de gens si mal vivre, et tant de gens mourir si bien."
J'apprécie énormément Godard mais la marche de l'histoire démontre que cette fois, il avait tout faux pour le coup.
Depuis une vingtaine d'années, l'Europe dans son sens le plus large s'est réellement attelée à atteindre un objectif prioritaire de préservation et de promotion des minorités et de leur culture.
En effet, la guerres de Yougoslavie ayant en partie laissé des traces, on a assisté dès lors à l'apparition de toute une kyrielle de textes juridiques, aujourd'hui ratifiés, adoptés et appliqués, extrêmement protecteurs de ces particularismes régionaux (notamment à l'origine sous l'impulsion de l'ONU et de certains Etats membres).
J'en fais simplement ici un prompt et succint florilège.
- la Convention Européenne des Droits de l'Homme, notamment à travers ses articles 9 et 14, donc le respect est assuré par la Cour Européenne des Droits de l'Homme
- la Charte européenne des langues régionales et minoritaires de 1992
- la décision du Conseil européen de Copenhague en 1994 qui instaure comme critère d'adhésion à l'UE le respect des minorités et de leurs droits
- la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales de 1995
- l'instauration du Haut Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales
- les Recommandations d'Oslo concernant les droits linguistiques des minorités en 1998
- les Recommandations de Lund sur la participation effective des minorités nationales à la vie publique de 1999
...
Après, je concède volontiers que le fossé entre la théorie et la pratique reste encore immense, de même que le nombre de vides juridiques ou encore l'application défectueuse des textes par certains Etats (qui ne sont pas forcément ceux que l'on croit).
Néanmoins, affirmer que l'Europe souhaite organiser la disparition des minorités, c'est tout de même fort en café. -
roquettesyntaxe a écrit, le 2010-11-03 00:57:04 : Ce qui change tout évidemment...
Tout est dans la nuance et réciproquement.
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