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Adhésion de la Turquie à l'UE : oui ou non ?

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Flux RSS 99 messages · 2.751 lectures · Premier message par latteigne · Dernier message par mosto

  • Pour moi c'est NON à l'adhésion Turque pour toutes les raisons déjà dites par Latteigne et keemy avec lesquelles je suis entièrement d'accord.
  • keemy a écrit :
    :( M'enfin..... Le discours n'était pas seulement de dire j'aime Allah c'était bien plus que ça. On en a parlé dans le cours d'allemand.
    Le président n'est pas un extrémiste si j'ai bien compris par contre, il a été obligé de prononcer ce discours je ne sais pas pourquoi d'ailleurs on en parle pas en France.
    Dans ce discours, il dit que seule la voix d'Allah est bonne que ceux qui s'en détournent sont des " chiens" et qu'ils iront en enfer. Par la suite je n'ai pas les mots exacts mais il disait que le Jihad était bon pour un musulman et qu'il fallait islamiser le monde. ce n'est pas une invention Boogie. Tout comme toi je n'ai rien contre les musulmans mais contre les extrémistes tout comme les catholiques qui tiennent des propos choquants.
    Et puis j'ai réfléchis je pense que mon discours est cohérent mes arguments réfléchis non?


    Désolé Keemy, mais je n'étais pas en cours d'allemand avec toi... :p

    Et puis quand tu dis ça :

    keemy a écrit :
    Les extrémistes sont bel et bien au pouvoir en Turquie et le président a même fait un discour récemment pour clamer tout son amour d'Allah


    les termes sont quand même assez clairs... On va dire que tu t'exprimes mal.

    En tout cas, tu ne connais manifestement pas assez bien la religion musulmane, parce qu'effectivement, un de ces 4 principes de bases, c'est l'expansion de cette religion partout dans le monde. On peut appeler ça une islamisation du monde si on veut polémiquer. Le terme est-il pour autant plus choquant que celui de christianisation du monde ? Il me semble d'ailleurs que la colonisation, dont le monde occidental ne peut pas vraiment être fier, a eu lieu en partie pour des raisons religieuses... Les bons petits missionnaires blancs qui venaient apporter la bonne parole chrétienne à toutes ces peuplades ignardes et sous le joug de ce méchant Islam... mais qui n'hésitaients jamais à brimer ces gentils sauvages pour mieux pouvoir les dresser. :(
  • boogie a écrit :
    En tout cas, tu ne connais manifestement pas assez bien la religion musulmane, parce qu'effectivement, un de ces 4 principes de bases, c'est l'expansion de cette religion partout dans le monde. On peut appeler ça une islamisation du monde si on veut polémiquer.


    Sauf ton respect Boogie, ce que tu appelles les "4 principes de base de l'Islam" sont au nombre de 5 :

    1) la profession de foi, qui est l'obligation pour tout musulman de reconnaître que Dieu est Un dans son essence, ses attributs, ses activités et sa royauté et que Mahomet est le sceau des prophètes et messagers divins.
    2) la prière, obligatoire 5 fois par jour.
    3) le jeûne du Ramadan
    4) l'aumône légale
    5) le pélerinage à la Mecque.

    Je n'y vois aucunement l'obligation d'expansionnisme de l'Islam. Mais peut-être détiens-tu d'autres informations ?

    boogie a écrit :
    Il me semble d'ailleurs que la colonisation, dont le monde occidental ne peut pas vraiment être fier, a eu lieu en partie pour des raisons religieuses... Les bons petits missionnaires blancs qui venaient apporter la bonne parole chrétienne à toutes ces peuplades ignardes et sous le joug de ce méchant Islam... mais qui n'hésitaients jamais à brimer ces gentils sauvages pour mieux pouvoir les dresser. :(


    Les colonisations n'avaient pas pour dessein premier l'évangélisation des "gentils sauvages" mais l'expansionnisme à but économique et stratégique.

    Elève Boogie, vous me ferez 100 lignes : "Je ne dois pas diffuser de conneries et je dois réfléchir 15 minutes avant d'exprimer toute opinion".
  • Désolé, mais pour la colonisation, j'ai bien précisé "en partie" et je le maintien bien haut et fort ! Les missionnaires ne sont pas allé précher la bonne parole opour des raisons économiques... Il ne s'agit donc pas d'une connerie et ta punition, tu sais où tu peux te la mettre. ;)

    Pour ce qui est de l'Islam, je me suis peut être fourvoyé (je suis au boulôt et je n'ai pu consulter mes informatiosn personnelles sur l'Islam et m'a mémoires m'a trahi) , mais il n'en demeure pas moins que cette forme d'expansionisme de l'Islam est inscrite dans la nature même de cette religion, et j'en suis plus que certain :) Au départ, ça m'a effectivement choqué, mais après réflexion, je me suis dit que la religion chrétienne ne faisait rien d'autre et qu'une religion, par définition même, tente d'attirer vers elle un maximum de personnes... En définitive, je n'y vois rien de choquant. [-X
  • Message supprimé à la demande de son auteur
  • boogie a écrit :
    Désolé, mais pour la colonisation, j'ai bien précisé "en partie" et je le maintien bien haut et fort ! Les missionnaires ne sont pas allé précher la bonne parole opour des raisons économiques... Il ne s'agit donc pas d'une connerie et ta punition, tu sais où tu peux te la mettre. ;)


    Soyons précis si tu le veux bien : l'unique but de la colonisation était économique, point final. Ce dont tu parles, c'est l'évangélisation, çà n'a rien à voir.

    boogie a écrit :
    Pour ce qui est de l'Islam, je me suis peut être fourvoyé (je suis au boulôt et je n'ai pu consulter mes informatiosn personnelles sur l'Islam et m'a mémoires m'a trahi) , mais il n'en demeure pas moins que cette forme d'expansionisme de l'Islam est inscrite dans la nature même de cette religion, et j'en suis plus que certain :) Au départ, ça m'a effectivement choqué, mais après réflexion, je me suis dit que la religion chrétienne ne faisait rien d'autre et qu'une religion, par définition même, tente d'attirer vers elle un maximum de personnes... En définitive, je n'y vois rien de choquant. [-X


    Permets-moi de te mettre en face de tes propres contradictions. Tu n'es pas choqué par l'expansionnisme musulman (qui a commencé au 7ème siècle, je te le rappelle), mais tu hurles contre l'expansionnisme chrétien. Je te cite : "Les bons petits missionnaires blancs qui venaient apporter la bonne parole chrétienne à toutes ces peuplades ignardes et sous le joug de ce méchant Islam... mais qui n'hésitaients jamais à brimer ces gentils sauvages pour mieux pouvoir les dresser." Quel paradoxe, tu l'avoueras !

    Donc, tu voudras bien faire tes 100 lignes, sauf ton respect.
  • Petite note qui va servir à rien mais bon ... Merci beaucoup, j'ai une dissertation à faire pour bientot sur le thème de ...

    "La Turquie a-t-elle une vocation européenne?"

    Donc ce topic ne peut que m'aider bien entendu :p
  • zemams a écrit :
    Dans le genre de déclarations intégristes religieuses, celle qui me fait bien plus froid dnas le dos qu'un quelconque discours politique turque est celle d'un certain président américain faisant prier le sénat américain pour la guerre du golfe et déclarant ouvertement que c'était une guerre de la chrétienté contre le mal.


    Ouaip, mais là, personne ne trouve ça particulièrmeent choquant...

    Et puis pour répondre à latteigne (qui porte bien son nom :p ), je ne peux te confirmer une nouvelle fois, haut et fort, que je pense que la colonisation et l'évangélisation sont liés, que la colonisation s'explique EN PARTIE par cette volonté d'apporter la bonne parole chrétienne à travers le monde. Bon, si en même temps, on peut récupérer les pépettes, on va pas se géner non plus.

    Et puis pour ce qui conerne le fameux paradoxe auquel tu fais allusion, tu ne fais que retourner le problème alors que c'est moi qui met les gens, choqués par cet expansionisme islamique, devant leurs propres contradictions par rapport à l'histoire de la religion chrétienne... Alors tu ne peux pas vraiment me retourner l'argument...

    Personnelelemnt, bien que catholique, je suis athée de conviction. Et je suis géné par toute forme d'expansionisme religieux, qu'il soit islamique ou catholique... J'en suis géné, voire agressé, mais je le comprends tout à fait. Lorsque l'on croit en quelque chose d'aussi fort, qu'on en ressent un immense bonheur, comment ne pas avoir envie de le faire partager au monde entier.

    Ma question est donc la suivante : pourquoi être géné par l'expansionisme islamique et non par l'expansionisme chrétien...? D'ailleurs, la "croisade" engagée par W ne s'apprente-t'elle pas à une forme d'expansionsime chrétien, voire de colonisation ? :)
  • Boogie, homme de peu de foi et de mauvaise foi, tu nous fais dévier du sujet avec ces commentaires qui trahissent ta colère ! Tu n'apprécies pas la controverse, voire les remises en place, normal ! Ton ego surdimensionné ne s'y prête pas. Mais quand on se permet de donner des leçons, tu devrais savoir qu'il faut soi-même être irréprochable. Donc, tu me feras tes 100 lignes, et que çà saute !

    La bien nommée, te laisse à tes contradictions et autres billevesées : je ne ferai donc aucun commentaire de texte.

    Pour répondre à ta question cependant : il me paraît que tout expansionnisme est condamnable, dès lors qu'il met en péril une civilisation, peu importe donc laquelle. Pour ce qui est de la chrétienté, son expansionnisme sanglant date de plusieurs siècles, ce n'est donc plus d'actualité. En revanche, le musulman reprend depuis quelques décennies de la vigueur. Et là, je trouve à y redire, ne t'en déplaise. Pour le moment, il est insidieux, dans quelque temps, au train où vont les choses, surtout avec un Bush à la tête des Etats Unis, il deviendra pernicieux. Quand à Bush, il est tombé dans le piège tendu par les intégristes musulmans, à savoir donner l'impression de mener une guerre de civilisation. Je ne vois cependant dans son action aucune forme de "colonisation" au sens où tu l'entends, ni même d'expansionnisme chrétien, juste une guerre stratégique.
  • latteigne a écrit :
    Boogie, homme de peu de foi et de mauvaise foi, tu nous fais dévier du sujet avec ces commentaires qui trahissent ta colère ! Tu n'apprécies pas la controverse, voire les remises en place, normal ! Ton ego surdimensionné ne s'y prête pas. Mais quand on se permet de donner des leçons, tu devrais savoir qu'il faut soi-même être irréprochable. Donc, tu me feras tes 100 lignes, et que çà saute !



    Mouarf ! Mais quelle colère ? #-o :))

    J'adore la controverse, au contraire =P~ Ca prouve que tu ne me connais pas autant que tu veux bien le faire croire....

    Et je te confirme que je ne suis pas irréprochable, ce qui ne doit surtout pas m'empêcher d'exprimer mon opinion sur-dimensionée et de donner des leçons si je le souhaite et quand je l'estime nécessaire. Et puis prout dans ta face. :p
  • boogie a écrit :
    Et puis prout dans ta face. :p


    Manifestement, nous avons été élevés dans 2 mondes bien différents. J'émettrais cependant un avis : ta vulgarité n'a d'égale que ta connerie. Et ce n'est pas la peine d'en remettre une couche nauséabonde, tu ne fais rire que toi. Donc, comme je suis allergique à la connerie, tu feras bien de ne plus intervenir sur ce topic.
  • Take it easy...
  • latteigne a écrit :

    Manifestement, nous avons été élevés dans 2 mondes bien différents. J'émettrais cependant un avis : ta vulgarité n'a d'égale que ta connerie. Et ce n'est pas la peine d'en remettre une couche nauséabonde, tu ne fais rire que toi. Donc, comme je suis allergique à la connerie, tu feras bien de ne plus intervenir sur ce topic.


    Tss. tss.. Ce n'est vraiment pas à toi de me dire si je dois ou non intervenir sur ce topic ou même sur un autre... [-X :) T'es un extrémiste toi ! :)) Et puis tu ne comprends manifestement pas la plaisanteire et les smileys qui aggrémentent mes interventions. C'est vraiment dommage :(
  • En ce qui me concerne je suis contre! A mes yeux la seule raison qui motive cette possible entrée de la Turquie dans l'Union Européenne est l'appât du gain!!!
    Ce n'est pas un pays européen... Alors que ferait-il en Europe ????
    Ensuite, je refuse qu'un pays dont les prisons sont loin d'être citées en exemple, et ce malgré les progrès effectués ces dernières années soit inclus dans une Europe, qui en elle-même, me dérange beaucoup déjà!!! (Mais bon ce n'est pas le sujet!)
    Pour terminer, N'oublions pas le problême kurde qui n'a toujours pas été résolu... Sans entrer dans les détails, c'est assez honteux à traîner comme boulet d'éligibilité!!!!!
    Donc, lorsque référendum il y aura, je voterai non!
  • Et puis aussi je retire mon prout qui a tant déplu à latteigne... Je les partage qu'avec des gens à leur hauteur. :p
  • latteigne a écrit :
    Quand à Bush, il est tombé dans le piège tendu par les intégristes musulmans, à savoir donner l'impression de mener une guerre de civilisation.


    :))

    Alors ça c'est grandiose... Et excuse moi de te dire que la vulgaire ici c'est toi!!!
    Boogie a certes dévié du topic, mais a posé des questions pertinentes et son avis n'a rien d'hypocrite ou de malséant....
    Il serait judicieux que certaines personnes relisent ce topic, n'est-ce pas latteigne, à savoir que chacun à le droit de donner son avis sans être jugé!!! Sans quoi plus personne n'oserait s'exprimer de peur d'être mal vu!!!!
    Je ne vois pas, pour revenir dans la discussion, de raison religieuse qui empêcherait la Turquie d'adhérer, simplement j'estime, que d'un point de vue géographique cette adhésion ne devrait pas avoir lieu!
  • Voici une note qu'a adressée Bernard Poignant, député européen (PS), à ses amis politiques à propos de la candidature de la Turquie à l'Union européenne.
    ________________________

    6 janvier 2003

    Le débat sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne a ouvert celui sur ses frontières. Où doit s'arrêter cette Union ? A-t-elle des limites géographiques ? L'Union européenne a-t-elle vocation à fédérer tous les États du continent européen ? Les États Unis d'Amérique n'ont jamais prétendu fédérer le continent américain tout entier. Ils ont su se donner des limites donc s'arrêter. Sommes-nous capables d'en faire autant ? Ou alors l'Union européenne serait-elle la nouvelle forme de l'expansion européenne après celle des Grandes Découvertes et celle de la colonisation ? Tant que le Mur de Berlin était debout, c'est lui qui fixait la frontière. Nos concitoyens savaient la dessiner. C'était la frontière de la liberté, la plus commode à tracer sur la carte.

    En réalité, et sans le dire, le Sommet de Copenhague des 12 et 13 décembre 2002 a dessiné les frontières de l'Union. Il suffit de colorier les pays qu'il cite avec des couleurs différentes selon l'avenir qu'il leur destine et vous aurez la carte future de l'Union européenne.

    Tout se trouve dans le paragraphe «l'Union élargie et ses voisins». Ainsi, le Sommet réaffirme «la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux inscrits dans le processus de stabilisation et d'association». En clair : la Croatie, l'Albanie, la Bosnie, la Macédoine, la Fédération yougoslave avec la Serbie, la Voïvodie et le Kosovo pourront demain devenir des pays membres à part entière. Il y faudra du temps, de la stabilité, de la démocratie mais c'est inscrit dans le cours de l'Histoire. Plus que des voisins, ce sont des cousins.

    Au-delà, «l'élargissement resserrera les relations avec la Russie et l'Union européenne..., souhaite également accroître ses relations avec l'Ukraine, la Moldova, la Belarus et les pays du Sud de la Méditerranée...» En clair, il n'y a pas d'adhésion à la clé mais des partenariats privilégiés et peut être des Traités d'étroite association à concevoir et à signer.

    On s'attendrait à voir figurer la Turquie parmi ces voisins. Mais elle a un traitement particulier puisque acceptée comme pays candidat en décembre 1999 (Sommet d'Helsinki) après avoir été reconnue «vocation européenne» en 1963.

    Mille neuf cent soixante trois : tout part de là et il faut s'arrêter un instant sur cette date.

    Cette année-là, il n'est pas question d'imaginer une «vocation européenne» à un pays du Maghreb : le Maroc a vu son indépendance reconnue depuis le 2 mars 1956, la Tunisie le 20 mars de la même année, l'Algérie le 19 mars 1962 après huit ans de guerre, un million de rapatriés rejoignant la rive Nord de la Méditerranée.

    Il n'est pas non plus envisageable de donner une «vocation européenne» à tout pays soit partie prenante de l'URSS soit évoluant dans son orbite ou plutôt sous sa botte.

    La Turquie n'est dans aucun de ces cas de figure : ni décolonisation, ni domination étrangère. Par contre, sa position géographique est stratégique dans la guerre froide. Elle est au flanc Sud de l'URSS. Elle contrôle un des accès aux mers chaudes de l'ancienne Russie : la sortie de la Mer Noire par le Bosphore et les Dardanelles. Sa position est décisive au lendemain de la crise des fusées de Cuba d'octobre 1962. Les Américains viennent de découvrir l'installation dans cette île de fusées offensives russes à moyenne portée dirigées vers leur territoire. A l'Ouest, ils ont l'Allemagne ; au Sud il leur faut la Turquie. Reconnaître à celle-ci une «vocation européenne» est une façon de l'arrimer au camp occidental.

    1963 est aussi l'année où la France, par la voix du Général de Gaulle oppose son veto, au mois de janvier, à la demande d'adhésion du Royaume Uni. L'Europe ne comprend que six pays, très éloignés de la Turquie. Par la route, il faut traverser la Yougoslavie communiste pour la rejoindre. Qui peut imaginer que la construction européenne est une préoccupation dans toute cette affaire ?

    L'insistance des États Unis auprès des chefs d'État et de gouvernement réunis à Copenhague pour qu'ils donnent un rendez-vous à la Turquie pour commencer les négociations d'adhésion relèvent du même ordre d'idées, quarante ans après. Cette fois, la Turquie est au flanc ouest de l'Irak, un des pays de «l'axe du Mal» depuis 1990. Elle a la même nécessité pour les États Unis. Ceux-ci ont besoin de ses ports et aéroports pour préparer sa guerre préventive. L'Europe doit donc faire une autre avance : après la vocation reconnue en 1963, la candidature acceptée en 1999, la date proposée en 2002 pour un rendez vous en 2004. Il ne faut pas chercher là-dedans un intérêt quelconque pour l'Union européenne, son intégration, son modèle politique et social, ses capacités de diplomatie et de défense communes.

    Ajoutons à cela la proximité de ce pays avec l'éponge pétrolière du monde : fin 2001, les réserves de pétrole prouvées étaient de 908 milliards de barils dont 685,5 pour le seul Proche Orient soit 75,5% du total. Le monde entier voudra puiser dans cette immense nappe, la Chine en premier lieu. La Turquie a donc besoin des yeux doux de l'Europe qui à son tour plie devant les yeux noirs de l'Amérique.

    En tous cas, c'est fait. L'Union européenne a donné sa parole et c'est vrai qu'il n'est jamais bon de blesser un pays, d'humilier un peuple et de rejeter une population. Si les critères politiques et démocratiques sont remplis, une date sera donnée. Je considère que l'Union a eu tort de donner cette parole. Aujourd'hui, il faut donc faire avec ! Cela n'interdit pas de passer en revue quelques arguments et commentaires. Et cette histoire n'est pas encore finie.

    La Turquie n'appartient pas au continent européen : 97% de son territoire est en Asie, c'est la péninsule anatolienne ; 3% est en Europe, c'est la Thrace orientale. 90% de la population vit dans la partie asiatique ; 10% dans la partie européenne. Ce sont des faits. L'ex-Empire ottoman a gardé cette partie européenne à la suite de la victoire des Turcs sur les Grecs pendant la guerre d'août 1921 à octobre 1922. C'est le Traité de Lausanne (24 juillet 1923) qui donna définitivement la Thrace orientale à la Turquie avec les deux villes d'Andrinople (Edirne aujourd'hui) et de Constantinople (Istanbul aujourd'hui).

    Où s'arrête le continent européen ? Le plus simple est de regarder les manuels de géographie utilisés par les élèves des classes élémentaires : CE2 Hachette ou CM1 Hatier. Les contours sont clairs : l'Europe s'arrête aux détroits de Gibraltar pour le Sud, du Bosphore et des Dardanelles pour le Sud Est et va jusqu'à l'Oural à l'Ouest. On peut vouloir une référence plus quotidienne : elle est donnée tous les jours en page «Aujourd'hui», rubrique «Météorologie» du journal Le Monde. A côté des cartes qui annoncent les prévisions figurent, classées en quatre continents, les villes et leurs températures minimales et maximales : Istanbul y figure sous le chapeau «Europe» avec Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg. C'est donc la même carte. Voilà pour la géographie lue et enseignée.

    Si tout pays qui a un bout de son territoire sur le continent européen peut demain appartenir à l'Union européenne, il vaudrait mieux l'écrire noir sur blanc. Dans ce cas, l'Union a vocation à se calquer sur le Conseil de l'Europe. Celui-ci se rapproche en effet de cette géographie. Il est né en 1949 avant le Traité CECA (1951) ou celui du Marché Commun (1957). Dans cette hypothèse, il faut s'attendre à d'autres adhésions, jusqu'à la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, au total 44 États membres dont la Russie.

    L'Arménie est évidemment un cas particulier. Dans une résolution en date du 18 juin 1987, le Parlement européen a qualifié de «génocide» le massacre des Arméniens en 1915, suivant en cela la sous commission des droits de l'Homme de l'ONU en 1985. La France est allée plus loin : Jacques Chirac a promulgué le 29 janvier 2001 la loi relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915. Comment pourra-t-elle accepter l'adhésion de la Turquie sans que celle-ci ait procédé à la même reconnaissance ? On n'imagine mal l'Allemagne refusant de reconnaître le génocide juif et demandant dans le même temps son adhésion à l'Union européenne.

    A moins que les futurs contours de l'Union européenne soient ceux de l'OTAN. Récemment, on a peu mis en avant, cet élargissement de l'OTAN, conjoint du nôtre. A l'exception de Chypre, les 11 autres pays qui doivent nous rejoindre d'ici 2007 ont déjà intégré l'OTAN. Macédoine et Albanie sont candidats. La carte de l'Union européenne finira par épouser la carte de l'OTAN. Et le tour est joué : la prospérité par l'Union européenne ; la sécurité par les États Unis d'Amérique. C'est la vraie volonté de beaucoup de pays du Royaume uni à la Bulgarie.

    Il se ferait en Europe ce que Georges Bush a prévu pour son continent : la création avant 2005 d'une zone de libre échange de toutes les Amériques. C'est pour cela qu'il a reçu Lula, le nouveau Président du Brésil dès la mi-décembre. Il voulait vérifier qu'il ne contrarierait pas son projet. De l'autre côté de l'Atlantique, la mise en place d'une zone de libre échange eurasienne lui conviendrait.

    A ce point de la démonstration, n'oublions pas de jeter un regard sur les nouvelles frontières de l'Union en cas d'adhésion de la Turquie. Elles toucheraient cinq pays : la Géorgie, l'Arménie, la Syrie, l'Irak et l'Iran. J'imagine la rédaction du même paragraphe qu'à Copenhague intitulé «l'Union élargie et ses voisins». Quels voisins ! Je sais qu'on ne les choisit pas mais on n'est pas obligé de se précipiter au pas de leur porte.

    Evidemment, il y a la question religieuse ! Elle va tout embrouiller. La Turquie est un pays laïc et les Turcs sont une population musulmane. La laïcité est garantie par une armée qui n'a pas la réputation d'être attachée au fonctionnement démocratique. L'islam est évoqué par ceux qui veulent plus de liberté contre un régime trop militaire. Que choisir ? La laïcité et ses tortionnaires ou l'Islam et ses intégristes. Il y a 10 ans, la France a approuvé l'interruption d'un processus électoral en Algérie pour contrecarrer une victoire des islamistes : la facture se compte par milliers de morts. Il y a 25 ans et moins, elle a soutenu l'Irak de Saddam Hussein parce que le parti Baas était un parti laïc : la facture se compte par centaines de milliers de morts pas tous dus aux Américains.

    L'islam trouvera de lui-même le chemin de sa laïcité ! Il faut faire confiance aux musulmans pour établir leurs formes de tolérance religieuse. Autrefois, l'esprit missionnaire consistait à apporter «notre Dieu» aux Infidèles ; nous n'avons pas à nous en vanter. Au 21ème siècle, nous n'avons pas à inventer un nouvel esprit missionnaire pour leur apporter notre laïcité. Si un des objectifs politiques de l'Union est de bâtir un pont avec le monde musulman, pourquoi avoir refusé la perspective de l'adhésion du Maroc en 1987 ? .

    Pour ce pays, il a été dit à l'époque qu'il n'appartenait pas au continent européen. Mais ce critère ne figure pas dans la liste arrêtée à Copenhague en 1993. Si la géographie ne compte pas, si la religion n'intervient pas, si les seules «valeurs» doivent nous réunir, il n'y a aucune raison valable pour écarter le pays du Maghreb séparé de nous par l'étroit détroit de Gibraltar.

    C'est vrai que l'Union européenne n'a pas à être un «club chrétien», ni juif, ni païen, ni musulman. Pour nous, Français, il lui suffit d'être un club laïc, à notre façon qui n'est pas celle de l'Irlande, de l'Espagne, de la Suède, encore moins de la Pologne demain. Les musulmans comme les autres sont les bienvenus. Ils sont présents dans beaucoup de villes. Ils ont tant marqué l'Andalousie. Demain, ceux de Bosnie et d'Albanie rejoindront l'Union comme vient de le dire le sommet de Copenhague.

    Il faut savoir fixer les limites de l'Union européenne. Si c'est une géographie, il faut englober tout le continent, de la Russie à l'Azerbaïdjan. Si c'est un marché, le continent ne suffit pas : plus on est de clients mieux c'est. Si c'est une politique, donc un projet, il faut des limites raisonnables, un nombre d'habitants qui n'atteigne pas demain les 700 millions ; il ne faut pas chercher à embrasser la planète toute entière. La France est présente sur le continent américain, de Saint Pierre et Miquelon à la Guyane en passant par les Antilles, ce n'est pas pour cela qu'elle est américaine et qu'elle demande à participer à l'ALENA. L'Espagne est présente en Afrique par Ceuta et Melilla. Ce n'est pas pour autant qu'elle participe à l'OUA.

    Pour conclure, méfiance : les plus ardents avocats de l'adhésion de la Turquie sont de drôles de compagnons pour ceux qui croient à un modèle européen : les États-Unis d'Amérique, les conservateurs britanniques, les partisans de Berlusconi. Cela me rappelle un propos de Clemenceau à la Chambre des députés avant 1914 : «Si j'ai un doute, je regarde ce que disent les militaires et les curés, normalement j'ai un point de vue contraire».

    L'hypocrisie n'est pas non plus à exclure. L'adhésion de la Turquie se fera à l'unanimité. Il faudra, outre l'avis conforme du Parlement européen, la ratification de chaque État membre soit 27 au moins, par référendum populaire ou vote parlementaire. Il s'en trouvera bien un pour dire non, à la grande désolation des 26 autres ! Gageons que personne ne demandera de revoter comme pour le Danemark et le Traité de Maastricht en 1992 ou l'Irlande et le traité de Nice en 2002.

    Machiavel veille !

    Bernard Poignant, député européen
  • J'ai pas vraiment d'avis sur la question mais y a un truc qui me choque c'est qu'un des arguments contre leur rentrée soit la religion et la culture qui va avec. Vraiment choquant...
    Après, le problème des Kurdes, la pauvreté du pays (ne le sont-ils pas les derniers pays rentrant dans l'UE?), l'irrespect des droits de l'homme, c'est défendable comme arguments mais pas la religion...

    (On va me dire que quand on parle de la religion en Turquie, on pense à l'extrémisme mais j'ai déja vu, entendu à la télé ou certaines personnes l'avouer à demi-mot, que la religion et uniquement la religion était un problème)
  • latteigne a écrit :
    Tant que le Mur de Berlin était debout, c'est lui qui fixait la frontière. Nos concitoyens savaient la dessiner. C'était la frontière de la liberté, la plus commode à tracer sur la carte.




    D'après ce que je comprends, mais peut-être que je me trompe, le mur de Berlin était la frontière de la liberté ??? #-o
    Ce député me semble bien étrange...

    Citation:
    Machiavel veille !


    :))

    Il a dit ça ? A la fin de son discours, il a dit ça ????
  • arthemis a écrit :
    latteigne a écrit :
    Quand à Bush, il est tombé dans le piège tendu par les intégristes musulmans, à savoir donner l'impression de mener une guerre de civilisation.


    :))

    Alors ça c'est grandiose... Et excuse moi de te dire que la vulgaire ici c'est toi!!!
    Boogie a certes dévié du topic, mais a posé des questions pertinentes et son avis n'a rien d'hypocrite ou de malséant....
    Il serait judicieux que certaines personnes relisent ce topic, n'est-ce pas latteigne, à savoir que chacun à le droit de donner son avis sans être jugé!!! Sans quoi plus personne n'oserait s'exprimer de peur d'être mal vu!!!!
    Je ne vois pas, pour revenir dans la discussion, de raison religieuse qui empêcherait la Turquie d'adhérer, simplement j'estime, que d'un point de vue géographique cette adhésion ne devrait pas avoir lieu!


    Arthémis, je te trouve bien gentille mais je me passe de tes commentaires. En redresseuse de tort tu ne te pose vraiment pas là ! Relis bien ce topic depuis le début, essaies de comprendre ce qui a été écrit et ne viens plus m'agresser.
  • latteigne a écrit :

    Arthémis, je te trouve bien gentille mais je me passe de tes commentaires. En redresseuse de tort tu ne te pose vraiment pas là ! Relis bien ce topic depuis le début, essaies de comprendre ce qui a été écrit et ne viens plus m'agresser.


    Toi, arrête d'agresser!!!!
    Je sais lire merci!!! Depuis l'âge de cinq ans d'ailleurs... Je ne redresse pas les torts, mais je m'insurge devant ton intolérance!!!
    Alors, toi, ne me dis pas ce que j'ai à faire!
  • arthemis a écrit :
    latteigne a écrit :

    Arthémis, je te trouve bien gentille mais je me passe de tes commentaires. En redresseuse de tort tu ne te pose vraiment pas là ! Relis bien ce topic depuis le début, essaies de comprendre ce qui a été écrit et ne viens plus m'agresser.


    Toi, arrête d'agresser!!!!
    Je sais lire merci!!! Depuis l'âge de cinq ans d'ailleurs... Je ne redresse pas les torts, mais je m'insurge devant ton intolérance!!!
    Alors, toi, ne me dis pas ce que j'ai à faire!


    Je te réitère mon conseil : relis bien ce topic depuis le début, essaies de comprendre ce qui a été écrit et ne viens plus m'agresser !

    Je vais te faire un aveu : la connerie me donne des allergies et là, franchement, je suis servie.
  • latteigne a écrit :
    [

    Je te réitère mon conseil : relis bien ce topic depuis le début, essaies de comprendre ce qui a été écrit et ne viens plus m'agresser !

    Je vais te faire un aveu : la connerie me donne des allergies et là, franchement, je suis servie.


    Garde les tes conseils, je trouve que tu as été bien intolérante avec boogie, nous sommes là pour discuter et pas pour juger les opinions!!!
    Alors ce n'est pas à moi, mais à toi de te calmer... Ensuite, si quand moi je ne suis pas d'accord avec toi, tu estimes que c'est une agression, imagine l'impact de tes posts sur les autres!!!!

    Citation:
    J'émettrais cependant un avis : ta vulgarité n'a d'égale que ta connerie. Et ce n'est pas la peine d'en remettre une couche nauséabonde, tu ne fais rire que toi. Donc, comme je suis allergique à la connerie, tu feras bien de ne plus intervenir sur ce topic.


    Dois-je ajouter autre chose ?
  • Voilà un autre article glané au hasard de mes pérégrinations sur internet :


    "L'enjeu turc

    Le débat sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne revient de plus belle avant son examen par le Sommet européen du 17 décembre 2004.

    Trois questions de principe sous-tendent le débat :

    1– L'Union européenne a-t-elle vocation à rassembler des peuples unis par une communauté de destin ou à devenir une vaste zone de libre-échange ?

    2– La Turquie est-elle européenne ?

    3– La Turquie est-elle asiatique ?

    – La réponse à la troisième question est d'évidence positive. Les Turcs appartiennent à 90% à une région appelée Asie mineure et leurs cousins de langue turque (Azéris, Turkmènes,...) sont dispersés jusqu'aux frontières de la Chine.
    La Turquie compte par ailleurs près de 20 millions de Kurdes qui n'ont jamais été associés de près ou de loin à l'histoire de l'Europe.
    Les diplomates de Washington ne se sont pas trompés sur cette réalité en faisant figurer la Turquie dans son projet de «Grand Moyen-Orient»... Mais après tout, l'Union européenne a accueilli Chypre en 2004. L'île de Vénus appartient par la géographie au Proche-Orient et non à l'Europe. Alors, disent certains, pourquoi pas la Turquie ?

    – La Turquie est plus étrangère à l'aire de civilisation européenne que bien d'autres pays du sud de la Méditerranée.
    Elle a colonisé pendant cinq siècles les Balkans et le bassin du Danube, de la même façon que la France et la Grande-Bretagne ont colonisé l'Afrique.
    Sous la férule sévère du général Moustafa Kémal, les institutions turques se sont laïcisées et occidentalisées. Mais cette modernisation sous la contrainte concerne surtout la bourgeoisie d'Istamboul et d'Ankara et n'a guère pénétré les campagnes d'Asie mineure.
    L'économie turque, fragile, est peu intégrée à l'Europe, beaucoup moins en tout cas que les économies du Maghreb ou d'Israël. Elle souffre qui plus est d'une corruption très importante.

    – Quel avenir voulons-nous pour l'Union européenne ? Là est la vraie question.
    Partisan de l'adhésion de la Turquie, l'historien Alexandre Adler la justifie en considérant qu'après l'élargissement à l'Europe orientale, l'Union européenne n'a plus pour perspective que d'être une zone de libre-échange (Le Figaro, 21 avril 2004). Même conviction chez le chroniqueur Bernard Guetta ou encore le député Pierre Moscovici, également partisans de l'adhésion de la Turquie. De leur point de vue, l'européanité de la Turquie n'est plus qu'une question secondaire...

    Conclusion : le véritable débat porte moins sur l'entrée d'un énième pays dans l'Union que sur la perspective de bâtir une Union européenne politique, forte et cohérente, capable d'assurer la prospérité à ses habitants et d'agir en faveur de la paix dans le monde, en contrepoids efficace des Etats-Unis.

    Ceux qui s'accrochent à cette perspective rejettent l'adhésion de la Turquie (VGE, François Bayrou, Robert Badinter, Laurent Fabius,...).

    Ceux qui y ont renoncé acceptent ce nouvel élargissement de l'Union européenne (ou se proposent d'en débattre aux calendes...turques). Parmi eux Jacques Chirac, Michel Rocard, José Bové, Noël Mamère,... et George W. Bush.

    Sans surprise, le président étasunien est le plus fervent partisan de l'intégration de la Turquie dans l'Europe, Washington préférant avoir affaire à une Europe molle qu'à une Europe forte.
  • :(( :( S'il vous plaît ne vous disputez pas c'est un débat souvent houleux d'ailleurs on en parle dans mes cours et ça fini toujours comme ça mais ça en vaut pas la peine de toutes façon les têtes pensantes ce n'est pas nous.
    Et puis si j'ai bien lu Latteigne comme toi Arthémis avez un point en commun vous êtes contre l'entrée de la turquie. Je ne connais pas beaucoup Latteigne mais toi Arthémis un peu plus. Tu es une personne réfléchie et adorable et je sais que c'est gonflé de ma part mais ne t'énerve pas pour un sujet comme celui là. C'est vraiment dommage. (+)

    Allez on continue le débat.
Discussion verrouillée.
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